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Commission de la location immobilière de l'Ontario (CLI) : comment fonctionne le processus

La Commission de la location immobilière (CLI) est le tribunal qui tranche presque tous les différends entre locateurs et locataires de l'Ontario en vertu de la Loi de 2006 sur la location à usage d'habitation, et sa compétence exclusive signifie que ces affaires ne sont pas portées devant un tribunal judiciaire ordinaire, sauf si une partie interjette appel d'une décision sur une question de droit.
Informations vérifiées le 2026-08-17. Cet article n'a pas encore été révisé par un avocat.
Cet article porte sur le fonctionnement de la Commission de la location immobilière elle-même : ce qu'est ce tribunal, comment déposer une requête, à quoi ressemble une audience, les délais d'attente actuels et comment une ordonnance est exécutée. Il ne traite pas des avis d'expulsion qu'un locateur doit signifier avant de déposer une requête, des lignes directrices provinciales sur l'augmentation de loyer, ni des droits des locataires de l'Ontario en général; pour ces sujets, voir Avis d'expulsion au Canada, Règles d'augmentation de loyer au Canada et Droits des locataires de l'Ontario. Les locateurs qui utilisent l'avis N12 pour usage personnel, l'un des types de requêtes les plus contestés devant la CLI, devraient aussi consulter L'avis N12 et l'usage personnel du locateur. Le tribunal équivalent du Québec, le TAL, est traité séparément dans Le Tribunal administratif du logement.
Ce qu'est la Commission de la location immobilière
La Commission de la location immobilière (CLI), appelée Landlord and Tenant Board en anglais, est un tribunal relevant de Tribunaux décisionnels Ontario, prorogé en vertu du paragraphe 168(1) de la Loi de 2006 sur la location à usage d'habitation (la Loi) comme successeur de l'ancien Tribunal du logement de l'Ontario. Le paragraphe 168(2) constitue le fondement de la compétence de la CLI :
"La Commission a compétence exclusive pour décider des requêtes présentées en vertu de la présente loi et pour traiter des questions à l'égard desquelles celle-ci la rend compétente." (Loi, par. 168(2))
L'article 174 ajoute que la Commission décide tant des questions de droit que des questions de fait relevant de sa compétence. Deux conséquences découlent de cette compétence exclusive. D'abord, la plupart des différends en matière de location résidentielle en Ontario ne peuvent pas être introduits devant un tribunal judiciaire ordinaire; ils doivent être portés devant la CLI. Ensuite, comme la CLI est régie sur le plan procédural par la Loi sur l'exercice des compétences légales plutôt que par la Loi sur les tribunaux judiciaires (par. 184(1) de la Loi), il s'agit d'un tribunal administratif, et non d'un tribunal judiciaire, même si elle fonctionne comme tel pour les différends dont elle est saisie. Elle suit un processus plus informel qu'un procès civil, notamment les options de médiation et de règlement des différends en ligne décrites plus loin, et ses décisions ne peuvent être portées en appel devant un véritable tribunal judiciaire que dans les circonstances précises décrites plus loin dans cet article.
Au-delà des affaires locateur-locataire ordinaires, Tribunaux décisionnels Ontario décrit largement le rôle de la CLI : elle règle les différends entre locateurs et locataires et peut mettre fin à une location ou à l'occupation d'un membre d'une coopérative. Ce dernier point est important, car la CLI tranche aussi les requêtes d'expulsion visant les coopératives de logement sans but lucratif, un volet distinct des locations résidentielles ordinaires, au moyen de ses propres formulaires de série C.
Amorcer une affaire : requêtes, formulaires et droits
Toute affaire devant la CLI commence par une requête, et le formulaire à déposer dépend de qui présente la requête et pourquoi. Les requêtes des locateurs portent le préfixe L, les requêtes des locataires portent le préfixe T, et une série commune de formulaires à préfixe A couvre les questions que l'une ou l'autre partie peut soulever, par exemple si la Loi s'applique à une location. Le tableau ci-dessous présente les formulaires les plus utilisés; il ne s'agit pas de la liste complète, et le barème de droits en vigueur devrait toujours être vérifié directement auprès de la CLI avant de déposer une requête, car les droits peuvent changer.

| Formulaire | Objet | Droits par la poste ou messagerie | Droits par le Portail |
|---|---|---|---|
| L1 | Expulser un locataire pour non-paiement du loyer et recouvrer le loyer dû | 201 $ | 186 $ |
| L2 | Mettre fin à une location et expulser pour des motifs autres que le non-paiement du loyer | 201 $ | 186 $ |
| L3 | Mettre fin à une location lorsque le locataire a donné un avis ou accepté d'y mettre fin | 201 $ | 186 $ |
| L9 | Recouvrer le loyer dû après la fin de la location | 201 $ | 186 $ |
| L10 | Recouvrer une somme due par un ancien locataire | 201 $ | 186 $ |
| T1 | Requête du locataire pour un remboursement | 53 $ | 48 $ |
| T2 | Plainte relative aux droits du locataire, portant sur le harcèlement, l'entrée illégale, l'expulsion illégale et des questions semblables | 53 $ | 48 $ |
| T5 | Le locateur a donné un avis de résiliation de mauvaise foi | 53 $ | 48 $ |
| T6 | Requête du locataire relative à l'entretien | 53 $ | 48 $ |
| A1 | Requête portant sur l'application de la Loi à une location | 53 $ | non offert |
Un locateur qui demande une augmentation supérieure au taux légal (Above Guideline Increase) dépose une requête distincte, le formulaire L5, dont le coût est établi selon un barème progressif fondé sur le nombre de logements plutôt qu'un montant fixe; une requête multilocataires, où plusieurs locataires se joignent à une même requête, coûte 53 $ pour le premier logement plus 5 $ pour chaque logement additionnel, jusqu'à un maximum de 450 $, et doit être déposée par la poste ou par messagerie, puisqu'il s'agit de l'un des types de requêtes que le Portail en ligne n'accepte pas.
Le Portail de Tribunaux décisionnels Ontario est le système de dépôt et de gestion des dossiers en ligne de la CLI. Il couvre la plupart des requêtes L1 à L10, ainsi que les requêtes T1, T2, T5, T6 et les requêtes de coopératives C1 et C2, et permet à une partie de déposer une requête et de payer les droits, de suivre un dossier, de soumettre des éléments de preuve, de communiquer avec l'autre partie et, dans certains cas, d'utiliser l'Outil de règlement des différends en ligne décrit dans la section suivante. Le dépôt exige un compte Sécurité publique (Public Secure), et une partie qui répond à une requête lie son propre compte au dossier au moyen du numéro de dossier et d'un NIP à cinq chiffres délivré par la CLI.
Presque tous les droits exigés par la CLI sont non remboursables. La seule exception concerne les droits liés à une demande de réexamen d'une ordonnance, traitée plus loin dans cet article, que l'article 182 de la Loi permet à la Commission de rembourser si le réexamen entraîne la modification, la suspension ou l'annulation de l'ordonnance. Un formulaire de demande de dispense de droits existe pour les parties qui n'ont pas les moyens de payer les droits de dépôt, à soumettre par la poste, par messagerie ou en personne dans un point de service ServiceOntario; la documentation de la CLI décrit le formulaire sans préciser le critère de revenu ou d'admissibilité appliqué, de sorte que quiconque souhaite s'en prévaloir devrait confirmer les critères actuels directement auprès de la CLI plutôt que de présumer un seuil.
Comment se déroule une audience à la CLI
Une fois la requête déposée, la CLI envoie un avis d'audience précisant le type de requête, son objet, le mode de l'audience ainsi que la date et l'heure; la plupart des parties le reçoivent par courriel, et les avis papier sont surtout envoyés aux parties non représentées qui n'ont pas accepté la signification électronique.
Les audiences de la CLI se déroulent selon l'un de trois modes. Les audiences par vidéoconférence, généralement sur Zoom, sont le mode le plus courant, et les parties sont invitées à se connecter environ 15 minutes à l'avance; les audiences téléphoniques sont aussi utilisées. Les audiences écrites, où les parties soumettent des explications et des documents plutôt que de comparaître en direct, sont surtout utilisées pour les requêtes L5 d'augmentation supérieure au taux légal. Les audiences en personne n'ont lieu que si une partie en fait la demande et que des mesures d'adaptation lui sont accordées parce que sa participation par voie électronique lui causerait un préjudice important.
Avant qu'une affaire ne se rende à une audience complète, les parties qui utilisent le Portail peuvent tenter de la régler elles-mêmes au moyen de l'Outil de règlement des différends en ligne, et un agent de règlement des différends peut intervenir pour aider à décider si l'affaire devrait passer par la médiation ou aller directement à l'audience. Un règlement obtenu de cette façon peut prendre la forme d'un plan de paiement, d'une ordonnance sur consentement ou d'une autre entente négociée, sans jamais se rendre à l'audience.
Se présenter à l'audience est important. La documentation de la CLI est directe quant à ce qui arrive à une partie qui ne se présente pas et n'est pas représentée : l'arbitre peut rejeter la requête ou trancher l'affaire sans cette partie.
Deux mesures d'accessibilité méritent d'être mentionnées précisément, car il s'agit d'aspects pratiques et non de simples notes de procédure. Une partie qui dépose sa requête en français se voit automatiquement attribuer un arbitre bilingue et obtient une instance bilingue; une partie répondante qui souhaite un service en français doit déposer à l'avance un formulaire de demande de services en français. Par ailleurs, un formulaire de demande de mesures d'adaptation, envoyé à la CLI, permet d'organiser l'interprétation en ASL ou en LSQ, le sous-titrage en temps réel et une audience en personne lorsque la participation électronique causerait un véritable préjudice.
Les locataires non représentés qui font face à une audience, notamment une requête en expulsion, ne sont pas laissés à eux-mêmes par défaut. Le Programme d'avocats de service pour locataires (Tenant Duty Counsel Program), offert par une trentaine de cliniques juridiques dans la province et financé par Aide juridique Ontario par l'entremise du Advocacy Centre for Tenants Ontario, offre des conseils juridiques et de l'aide gratuits, en accordant la priorité aux locataires menacés d'expulsion, disponibles à la date d'audience prévue ou avant celle-ci. L'inscription se fait à tdc.acto.ca. Cet article nomme le programme parce qu'il s'agit d'une ressource réelle et financée, et non parce qu'une clinique ou un avocat en particulier est recommandé.
Combien de temps prend une affaire : deux chiffres différents, pas un seul
Demandez combien de temps prend une affaire devant la CLI, et il existe deux réponses honnêtes mais différentes, parce que deux choses différentes sont mesurées. Les confondre revient soit à exagérer la rapidité du système, soit à sous-estimer les progrès réels qu'il a réalisés.
Le premier chiffre est la cible de rendement interne de Tribunaux décisionnels Ontario. Pour l'exercice 2025-2026 (du 1er avril 2025 au 31 mars 2026), la cible de la Commission est de fixer 80 pour cent des audiences dans les 50 jours civils suivant le dépôt pour les requêtes L1 et L9, ou dans les 55 jours civils pour les autres types de requêtes; au cours des trois premiers trimestres, cette cible a été atteinte de 78 à 81 pour cent du temps. Une deuxième cible porte sur la rapidité de la publication des décisions après une audience : 80 pour cent des décisions dans les 20 jours civils pour les L1 et L9, ou dans les 35 jours civils pour les autres types, atteinte de 83 à 89 pour cent du temps jusqu'à présent. Une norme plus large de 90 jours, couvrant l'ensemble du cycle de l'affaire, du dépôt à la décision, n'a été atteinte que de 51 à 53 pour cent du temps pour les requêtes en anglais et de 32 à 39 pour cent pour les requêtes en français ou bilingues, deux résultats sous la cible de 80 pour cent que la Commission s'est elle-même fixée. Le volume au cours de cette même période a été considérable : environ 68 579 audiences en anglais et 857 audiences en français ou bilingues, avec 1 050 demandes de mesures d'adaptation accordées.
Le deuxième chiffre est la description en langage clair, fournie par la CLI elle-même, du temps qu'une partie attend réellement pour obtenir une date d'audience, et elle n'est pas du tout formulée comme une mesure du délai entre le dépôt et la fixation de l'audience. La Commission indique que les requêtes L1 et L9 sont maintenant fixées en environ 3 mois, comparativement à 8 à 10 mois au début de 2023, tandis que la plupart des autres types de requêtes prennent de 5 à 7 mois, et les affaires urgentes sont traitées en environ 5 à 6 semaines. Les décisions suivent habituellement dans les 30 jours suivant l'audience, et la Commission demande aux parties de la contacter si rien n'est reçu dans les 60 jours. Sur la même page, la Commission indique avoir fixé plus de 105 000 audiences et réglé près de 100 000 affaires en 2024, un volume qu'elle qualifie de plus élevé de son histoire pour les deux mesures.
Ces deux chiffres doivent être interprétés à la lumière de la situation de la CLI en 2023. Le rapport de mai 2023 de l'Ombudsman de l'Ontario, intitulé Administrative Justice Delayed, Fairness Denied, a révélé un arriéré de plus de 38 000 requêtes en attente en date de février 2023, les requêtes des locateurs étant généralement fixées de six à neuf mois plus tard et celles des locataires pouvant prendre jusqu'à deux ans. Le rapport a aussi révélé que la cible interne d'avant-crise de la Commission elle-même, soit fixer les requêtes en expulsion dans les 25 jours ouvrables, n'a été atteinte à aucune reprise durant l'exercice 2020-2021, alors que la moyenne réelle était de 72,7 jours, et il a formulé 61 recommandations à l'intention de la Commission et du gouvernement. Par rapport à ce point de départ, les deux chiffres actuels ci-dessus représentent une amélioration réelle et documentée. Par rapport à la cible actuelle de 80 pour cent que la Commission s'est elle-même fixée pour le cycle complet de 90 jours, l'amélioration est réelle mais incomplète : cette norme n'est toujours pas atteinte environ la moitié du temps. Ni l'idée que l'arriéré est résolu, ni l'idée que rien n'a changé depuis 2023, ne décrit fidèlement la situation actuelle.
Demander le réexamen d'une ordonnance de la CLI
Le réexamen est le mécanisme de correction interne propre à la CLI, distinct d'un appel devant un tribunal judiciaire, et il a changé d'une manière qui compte pour quiconque détient une ordonnance récente. Le paragraphe 209(1) de la Loi rend une ordonnance de la CLI définitive et exécutoire, sauf dans la mesure où l'article 21.2 de la Loi sur l'exercice des compétences légales en permet le réexamen. Depuis le 1er juillet 2026, en vertu du paragraphe 209(3) modifié de la Loi, une demande de réexamen de la totalité ou d'une partie d'une ordonnance doit être présentée dans les 15 jours civils suivant l'ordonnance, sauf si la Commission estime juste de proroger ce délai. Avant le 1er juillet 2026, le délai était de 30 jours; une ordonnance rendue avant cette date conserve le délai de 30 jours en vigueur à ce moment, tandis qu'une ordonnance rendue le 1er juillet 2026 ou après est assujettie au nouveau délai de 15 jours. Ce changement s'inscrit dans un ensemble plus large de modifications à la Loi entrées en vigueur le 1er juillet 2026, introduites par la Loi de 2025 visant à lutter contre les retards et à construire plus rapidement (projet de loi 60) et la Loi de 2023 visant à aider les acheteurs et à protéger les locataires (projet de loi 97); ce même ensemble a réduit de 14 à 7 jours le délai de signification d'une augmentation supérieure au taux légal et a fait augmenter les amendes maximales décrites plus loin dans cet article.

Le réexamen n'est pas offert simplement parce qu'une partie n'est pas d'accord avec le résultat. Les motifs sont une erreur grave dans l'ordonnance, ou le fait que la partie demanderesse n'a pas pu participer à l'instance initiale. Les droits sont de 58 $, et l'article 182 de la Loi en permet le remboursement, mais seulement si le réexamen entraîne la modification, la suspension ou l'annulation de l'ordonnance.
Interjeter appel devant la Cour divisionnaire
L'appel est un recours différent du réexamen, tranché par un organe différent, selon des motifs différents et avec un délai différent, et les deux sont faciles à confondre. Le paragraphe 210(1) de la Loi établit la voie d'appel : toute personne visée par une ordonnance de la CLI peut en appeler auprès de la Cour divisionnaire dans les 30 jours suivant le prononcé de l'ordonnance, mais uniquement sur une question de droit. Un désaccord sur la façon dont l'arbitre a apprécié la preuve, ou sur une décision discrétionnaire que l'arbitre avait le pouvoir de rendre, ne constitue pas en soi une question de droit et ne constitue pas, à elle seule, un motif d'appel valable.
Si l'appel est instruit, le paragraphe 210(4) confère à la Cour divisionnaire le pouvoir de confirmer, d'annuler, de modifier ou de remplacer la décision de la CLI, ou de renvoyer l'affaire à la Commission avec son opinion sur la question de droit. Le paragraphe 210(5) permet à la Cour de rendre toute autre ordonnance qu'elle estime opportune, y compris une ordonnance relative aux dépens. La Commission elle-même a également le droit d'interjeter appel d'une décision de la Cour divisionnaire comme si elle était partie à l'instance, en vertu de l'article 211.
En clair, si le problème est une erreur factuelle ou un manquement procédural répondant au critère de l'erreur grave, la voie la plus rapide et la moins coûteuse est une demande de réexamen dans les 15 jours auprès de la CLI. Si le problème est une véritable erreur de droit, la voie est un appel devant la Cour divisionnaire dans les 30 jours, ce qui constitue une véritable instance judiciaire, et non un simple formulaire déposé auprès de la Commission.
Faire exécuter une ordonnance de la CLI
Obtenir une ordonnance de la CLI ne permet pas, à lui seul, à un locateur de reprendre possession d'un logement. L'article 39 de la Loi énonce la règle directement : un locateur ne doit pas reprendre possession d'un logement locatif faisant l'objet d'une location, sauf si le locataire a quitté ou abandonné le logement, ou qu'une ordonnance d'expulsion de la CLI a autorisé la reprise de possession. L'article 85 détermine ensuite comment une ordonnance d'expulsion est exécutée : elle a le même effet, et est exécutée de la même façon, qu'un bref de mise en possession. En pratique, cela signifie que seul le shérif, agissant à titre de bureau d'exécution des ordonnances judiciaires (Court Enforcement Office), peut l'exécuter physiquement. La brochure de la CLI destinée aux locataires sur les expulsions illégales l'affirme sans réserve : seul un shérif du bureau d'exécution des ordonnances judiciaires peut forcer un locataire à quitter les lieux, et cela ne peut se produire qu'après que le locateur a reçu une ordonnance d'expulsion de la CLI et que le locataire n'a pas quitté les lieux à la date précisée dans l'ordonnance. Changer les serrures, retirer les biens du locataire ou couper les services publics pour le forcer à partir n'est pas un raccourci; l'alinéa 234w) de la Loi fait de la reprise illégale de possession d'un logement locatif une infraction provinciale, et depuis juillet 2026, l'amende maximale pour cette infraction est passée de 50 000 $ à 100 000 $ pour un particulier et de 250 000 $ à 500 000 $ pour une personne morale, en vertu de la Loi de 2023 visant à aider les acheteurs et à protéger les locataires, qui fait partie du même ensemble de modifications à la Loi entrées en vigueur en juillet 2026 décrit plus haut.
Les ordonnances d'expulsion expirent également si le locateur tarde à agir. En vertu de l'article 81 de la Loi, une ordonnance d'expulsion expire six mois après sa prise d'effet si elle n'est pas déposée dans ce délai auprès du shérif ayant compétence territoriale sur le lieu où se trouve le logement. Une ordonnance de remise en possession en faveur du locataire, du type qui rétablit un locataire illégalement expulsé en vertu de l'article 31, est assujettie à un délai beaucoup plus court : elle expire après 15 jours si elle n'est pas déposée auprès du shérif, ou après 45 jours si elle est déposée dans ce premier délai de 15 jours. Pour certains motifs, principalement un acte, un métier ou un commerce illicite exercé dans le logement, ou des avis donnés en vertu des articles 63, 65 ou 66, l'article 84 exige que la Commission demande au shérif d'accélérer l'exécution, une voie rapide explicite distincte de la file d'attente ordinaire.
Un locataire qui croit avoir été illégalement expulsé sans ordonnance dispose d'options avant ou en même temps que de contacter le shérif. La brochure de la CLI conseille de contacter la police au besoin, d'appeler la Rental Housing Enforcement Unit (unité d'application des règles sur le logement locatif), de déposer une requête T2 pour obtenir une ordonnance rétablissant l'accès et maintenant la location, et d'obtenir des conseils juridiques; elle avertit aussi que l'urgence compte : une fois qu'une autre personne habite le logement, la CLI ne peut pas ordonner au locateur de laisser le locataire d'origine réintégrer les lieux. Cet article décrit la Rental Housing Enforcement Unit uniquement au niveau où le fait la brochure de la CLI elle-même; son rôle légal complet n'a pas été vérifié de façon indépendante pour cet article, il faut donc la considérer comme un point de contact pour une plainte d'expulsion illégale plutôt qu'une description complète de tout ce que fait cette unité.

Avis : Cet article fournit des renseignements généraux sur la façon dont la Commission de la location immobilière traite les requêtes, les audiences, les réexamens, les appels et l'exécution des ordonnances en vertu de la Loi de 2006 sur la location à usage d'habitation et de la Loi sur l'exercice des compétences légales, à jour en date d'août 2026, y compris les changements de règles entrés en vigueur le 1er juillet 2026. Il ne s'agit pas de conseils juridiques. Cet article ne traite pas des types d'avis d'expulsion, des lignes directrices sur l'augmentation de loyer ni des droits des locataires de l'Ontario en général; voir les articles liés pour ces sujets. L'admissibilité à la dispense de droits, le volume actuel des dossiers en instance et d'autres changements législatifs annoncés pour septembre 2026 n'ont pas été confirmés de façon indépendante et ne sont pas présentés ici. Consultez directement la Commission de la location immobilière ou un avocat autorisé à exercer en Ontario pour obtenir des conseils sur une situation particulière.
Questions fréquentes
La Commission de la location immobilière est-elle un tribunal judiciaire ?
Non. Il s'agit d'un tribunal administratif prorogé en vertu de l'article 168 de la Loi, régi sur le plan procédural par la Loi sur l'exercice des compétences légales plutôt que par la Loi sur les tribunaux judiciaires (par. 184(1) de la Loi). Elle a compétence exclusive sur la plupart des différends en matière de location résidentielle en Ontario, et ses ordonnances ne peuvent être portées en appel devant la Cour divisionnaire, un véritable tribunal judiciaire, que sur une question de droit.
Un locateur peut-il expulser un locataire sans passer par la CLI ?
Non. L'article 39 de la Loi interdit à un locateur de reprendre possession d'un logement, sauf si le locataire l'a quitté ou abandonné, ou qu'une ordonnance de la CLI a autorisé l'expulsion. L'expulsion par ses propres moyens, comme changer les serrures ou retirer les biens du locataire, constitue une infraction provinciale en vertu de l'alinéa 234w), dont les amendes maximales sont passées à 100 000 dollars pour un particulier et à 500 000 dollars pour une personne morale depuis juillet 2026.
Combien de temps faut-il pour obtenir une audience à la CLI ?
Cela dépend de la mesure utilisée. La cible de rendement de la Commission est de fixer 80 pour cent des audiences dans les 50 à 55 jours civils suivant le dépôt, une cible atteinte de 78 à 81 pour cent du temps jusqu'à présent pour l'exercice 2025-2026. Par ailleurs, l'estimation en langage clair de la Commission est d'environ 3 mois pour les requêtes de non-paiement et de 5 à 7 mois pour la plupart des autres types, comparativement à 8 à 10 mois au début de 2023.
Quelle est la différence entre demander un réexamen et interjeter appel ?
Le réexamen demande à la CLI elle-même de reconsidérer sa propre ordonnance en raison d'une erreur grave ou parce qu'une partie n'a pas pu participer; il doit être présenté dans les 15 jours suivant l'ordonnance depuis le 1er juillet 2026, et coûte 58 dollars. L'appel est porté devant la Cour divisionnaire, un véritable tribunal judiciaire, uniquement sur une question de droit; il doit être interjeté dans les 30 jours en vertu du paragraphe 210(1) de la Loi, et constitue une instance judiciaire distincte, et non un formulaire déposé auprès de la Commission.
Qui peut réellement retirer un locataire d'un logement ?
Seul un shérif agissant par l'intermédiaire du bureau d'exécution des ordonnances judiciaires (Court Enforcement Office), et seulement après que le locateur détient une ordonnance d'expulsion à laquelle le locataire ne s'est pas conformé. L'article 85 de la Loi traite une ordonnance d'expulsion de la même façon qu'un bref de mise en possession, et un locateur qui tente de forcer un départ de toute autre façon commet une infraction en vertu de l'alinéa 234w).
Combien coûte le dépôt d'une requête à la CLI ?
Cela dépend du formulaire. La plupart des requêtes standards des locateurs, dont L1, L2, L3, L9 et L10, coûtent 201 dollars par la poste ou 186 dollars par le Portail de Tribunaux décisionnels Ontario; la plupart des requêtes des locataires, dont T1, T2, T5 et T6, coûtent 53 dollars par la poste ou 48 dollars par le Portail. Les droits peuvent changer, il faut donc confirmer le barème en vigueur directement auprès de la CLI avant de déposer une requête.
Existe-t-il de l'aide si je n'ai pas les moyens de payer un avocat ou les droits de dépôt ?
Un formulaire de demande de dispense de droits existe pour les parties qui n'ont pas les moyens de payer les droits de la CLI, mais cet article n'en précise pas les critères d'admissibilité puisque la documentation de la CLI ne les détaille pas; il faut confirmer les exigences en vigueur directement auprès de la CLI. Par ailleurs, le Programme d'avocats de service pour locataires offre de l'aide juridique gratuite aux locataires non représentés par l'entremise de cliniques financées par Aide juridique Ontario, en accordant la priorité aux locataires menacés d'expulsion.
Puis-je assister à une audience de la CLI en personne ?
Pas par défaut. La plupart des audiences se déroulent par vidéoconférence ou par téléphone, et les audiences écrites sont surtout utilisées pour les requêtes d'augmentation supérieure au taux légal. Une audience en personne n'a lieu que si une partie en fait la demande et que des mesures d'adaptation lui sont accordées parce que sa participation par voie électronique lui causerait un préjudice important.
Sources et références
- Loi de 2006 sur la location à usage d'habitation, L.O. 2006, chap. 17 (art. 39, 81, 84, 85, 168, 174, 182, 184, 209, 210, 211, 234) (Lois-en-ligne)(ontario.ca).gov
- Formulaires, dépôt et droits de la CLI, Tribunaux décisionnels Ontario(tribunalsontario.ca).gov
- Processus de requête et d'audience, Commission de la location immobilière, Tribunaux décisionnels Ontario(tribunalsontario.ca).gov
- Portail de Tribunaux décisionnels Ontario, Commission de la location immobilière(tribunalsontario.ca).gov
- Indicateurs de rendement clés de la CLI, exercice 2025-2026, Tribunaux décisionnels Ontario(tribunalsontario.ca).gov
- Mise à jour opérationnelle de la CLI : changements législatifs à la CLI (30 juin 2026), Tribunaux décisionnels Ontario(tribunalsontario.ca).gov
- Si vous êtes expulsé illégalement de votre logement : renseignements pour les locataires, brochure de la Commission de la location immobilière(tribunalsontario.ca).gov
- Programme d'avocats de service pour locataires, Advocacy Centre for Tenants Ontario (financé par Aide juridique Ontario)(acto.ca)
- Administrative Justice Delayed, Fairness Denied (mai 2023), Ombudsman de l'Ontario(ombudsman.on.ca).gov