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Squatters' Rights (droits des squatteurs) en Alberta : l'abolition de la possession adversative en décembre 2022

L'Alberta a aboli la possession adversative il n'y a que récemment, en vigueur depuis le 15 décembre 2022, lorsque la Property Rights Statutes Amendment Act, 2022 a ajouté une interdiction absolue à la Law of Property Act et à la Limitations Act, mettant fin à ce qui était véritablement une voie active de 10 ans, avec une clause de droits acquis réservée uniquement aux revendications déjà déposées devant les tribunaux.
Informations vérifiées le 2026-08-15. Cet article n'a pas encore été révisé par un avocat.
L'abolition de l'Alberta est récente, et cette nouveauté est précisément le point à retenir
Pendant des décennies, l'Alberta s'est distinguée de la Colombie-Britannique, de la Saskatchewan et du Manitoba, ses consœurs à régime Torrens. Ces provinces avaient déjà fermé la porte à la possession adversative contre les terrains enregistrés. L'Alberta ne l'avait pas fait. Une véritable voie de prescription de 10 ans existait : si un propriétaire n'intentait pas d'action en recouvrement dans les 10 ans suivant la possession adversative d'une autre personne, l'action du propriétaire devenait prescrite, et le possesseur pouvait entreprendre de parfaire son titre en vertu de l'ancien article 69 de la Law of Property Act et de la pratique de quiet-title.
Cela a changé avec la Property Rights Statutes Amendment Act, 2022 (SA 2022, c. 23), qui a ajouté un nouvel article 69.1 à la Law of Property Act et un nouvel article 3.2 à la Limitations Act. L'article 69.1(2) énonce désormais que, sauf disposition contraire de l'article lui-même, aucun droit ou titre sur un terrain ne peut être acquis par possession adversative. Les codifications actuelles du King's Printer pour les deux lois modifiées présentent ce nouveau texte comme étant à jour au 15 décembre 2022, ce qui constitue la meilleure confirmation disponible de la date d'entrée en vigueur. Cet article n'a pas repéré de façon indépendante une Gazette de l'Alberta distincte ou un décret en conseil nommant expressément cette date; il faut donc considérer le 15 décembre 2022 comme bien corroboré, mais sourcé indirectement.
Ce que permettait l'ancienne règle de 10 ans, et pourquoi ce n'est plus le cas
Si vous avez entendu dire qu'occuper le terrain d'autrui en Alberta pendant 10 ans pouvait éventuellement fonder une revendication sur ce terrain, c'était vrai, mais cela décrivait le droit avant le 15 décembre 2022, pas le droit actuel. L'article 3.2(1) de la Limitations Act énonce désormais clairement qu'il n'existe aucun délai de prescription pour une revendication visant à recouvrer la possession d'un bien réel, et qu'un défendeur n'a plus aucun moyen de défense fondé sur la possession adversative. L'article 69.1(3) ajoute une nuance à portée rétroactive : aucune licence implicite d'utiliser un terrain, ni aucun droit de ce type, n'est réputé avoir jamais été acquis par l'usage ou par possession adversative à l'avenir. Pour toute possession commençant aujourd'hui, peu importe sa durée, il n'existe aucune voie vers la propriété par ce moyen.
La clause de droits acquis pour les instances en cours
La réforme de 2022 n'a pas coupé court aux dossiers déjà en cours. L'article 69.1(5) de la Law of Property Act et l'article 3.2(2) de la Limitations Act préservent tous deux une action en vue d'une ordonnance réparatrice, ou en recouvrement de possession, déjà introduite et non conclue avant l'entrée en vigueur de la loi. Cette action se poursuit selon les anciennes règles, y compris le délai de prescription de 10 ans, comme si les nouveaux articles n'étaient pas en vigueur. Ce qui n'est confirmé par aucune jurisprudence examinée pour cet article, c'est ce qui compte exactement comme « introduite » pour une revendication qui n'était qu'informellement affirmée, plutôt que déposée devant un tribunal, avant la date limite. La lecture la plus prudente est que seule une revendication effectivement déposée devant un tribunal avant le 15 décembre 2022 bénéficie de l'ancienne règle; tout ce qui n'était pas encore déposé à cette date est régi par l'abolition actuelle.

Les servitudes par prescription sont également interdites
Le même article qui a aboli la possession adversative, l'article 69.1(4) de la Law of Property Act, interdit aussi l'acquisition d'une servitude, d'un droit en gross ou d'un profit à prendre par prescription, et énonce qu'aucun droit de ce type n'est réputé avoir jamais été acquis de cette façon. L'utilisation prolongée et non autorisée du terrain d'un voisin en Alberta, comme une entrée de voiture partagée, ne crée pas de droit exécutoire par des années d'usage.
Que se passe-t-il si quelqu'un occupe votre terrain maintenant
L'occupation non autorisée en Alberta est traitée comme une intrusion, en vertu de la Trespass to Premises Act, et non comme une quelconque forme de revendication de squatteur. Entrer ou demeurer sur des lieux après un avis d'interdiction, que cet avis soit verbal, écrit ou affiché, est interdit, et une personne qui a obtenu l'accès sous de faux prétextes est réputée avoir commis une intrusion. Les peines sont réelles : jusqu'à 10 000 $ d'amende et 6 mois de prison pour une première infraction commise par un particulier, jusqu'à 25 000 $ pour une infraction répétée sur les mêmes lieux, et jusqu'à 200 000 $ pour une société. Fait notable, l'Alberta permet au propriétaire du bien ou à un représentant autorisé d'arrêter personnellement un intrus sans mandat, et non seulement à un agent de la paix, bien que la personne arrêtée doive être remise à la police dès que possible. Un véritable différend sur la propriété réelle du bien est entièrement exclu du processus sommaire de cette loi et doit passer par les tribunaux civils ordinaires, et une personne ayant une supposition juste et raisonnable d'un droit d'être présente dispose d'un moyen de défense complet.
Squatteur ou locataire? La ligne qui détermine le processus
La Residential Tenancies Act définit une entente de location résidentielle comme une entente écrite, verbale ou implicite visant à louer des lieux résidentiels. Comme dans d'autres provinces, la conduite du propriétaire lui-même, comme accepter sciemment la présence continue d'un occupant dans une situation qui prend la forme d'une relation locateur-locataire, peut créer une location implicite. Un occupant couvert par cette loi ne peut alors être expulsé que par son propre processus, et non par l'application des règles d'intrusion. Un véritable squatteur, sans aucune relation avec un propriétaire, échappe à cette loi et relève plutôt de la Trespass to Premises Act ou des tribunaux civils. Consultez les droits des locataires en Alberta et les avis d'expulsion au Canada pour le processus applicable côté location.
Comment un propriétaire expulse réellement un squatteur
Le processus d'intrusion de l'Alberta est la voie normale pour un véritable squatteur, mais un propriétaire ne peut tout de même pas légalement forcer quelqu'un à partir. Le fait de pénétrer de force sur un bien d'une manière susceptible de provoquer une atteinte à la paix publique, ou une crainte raisonnable d'une telle atteinte, ou de le détenir sans y avoir légalement droit de la même manière, constitue en soi une infraction au Code criminel fédéral, peu importe qui est réellement propriétaire du bien. Cela s'applique en Alberta de la même façon que partout ailleurs au pays. Pour le processus complet d'expulsion à l'échelle nationale, consultez les droits des squatteurs au Canada.

Les terres publiques relèvent d'un régime distinct et plus sévère
Occuper un terrain public de l'Alberta sans autorisation n'est pas seulement improductif, cela coûte en réalité davantage à l'occupant que le régime applicable aux terrains privés. L'article 47(1) de la Public Lands Act répute qu'un occupant non autorisé est un intrus et énonce que toute amélioration construite par cette personne devient la propriété de la Couronne purement et simplement, et non seulement irrécupérable. L'article 47(2) va plus loin et met fin également à l'intérêt de toute autre personne dans ces améliorations. Il n'y a ici aucune question distincte de possession adversative à poser; occuper un terrain public sans autorisation entraîne simplement la confiscation de ce qui y a été construit.
Les empiètements de limites de propriété conservent un recours judiciaire
L'Alberta préserve sa propre version du recours en cas d'empiètement que d'autres provinces utilisent pour de véritables erreurs d'arpentage ou de construction. L'article 69 de la Law of Property Act, désormais le complément survivant de l'abolition à l'article 69.1, permet à un tribunal d'ordonner le retrait d'une amélioration empiétante, d'accorder une servitude, d'ordonner au propriétaire empiétant d'acquérir le terrain moyennant indemnité, ou d'ordonner au propriétaire enregistré d'indemniser l'améliorateur, tant pour les améliorations durables construites par erreur que pour les empiètements de construction spécifiquement. La version de l'Alberta est nettement plus clémente sur le plan de la preuve que celle de certaines autres provinces : le tribunal n'a pas besoin de preuve de la croyance réelle de propriété de l'améliorateur s'il estime qu'un recours est juste dans les circonstances. Il s'agit d'un processus judiciaire discrétionnaire et indemnisé pour une erreur honnête, et non d'une possession adversative déguisée. Consultez la possession adversative et les droits des squatteurs au Canada et les limites de propriété et les clôtures au Canada pour la doctrine applicable dans l'ensemble des provinces.
Une question ouverte sur la Land Titles Act
Certains résumés secondaires décrivent la réforme de 2022 comme ayant également modifié la Land Titles Act elle-même. Une recherche en texte intégral dans la codification actuelle de la Land Titles Act n'a révélé aucune référence à la possession adversative, à la prescription ou aux revendications possessoires nulle part dans son texte; cet article ne cite donc que les articles confirmés, soit l'article 69.1 de la Law of Property Act et l'article 3.2 de la Limitations Act, pour l'abolition elle-même. Toute modification de la Land Titles Act pourrait être un changement procédural, lié aux demandes de quiet-title, plutôt qu'une règle de fond, mais cela n'a pas été confirmé dans le texte examiné.
Une version beaucoup plus ancienne, déjà réglée, en Colombie-Britannique
L'abolition de l'Alberta est encore assez récente pour surprendre bien des propriétaires. Ce n'est pas le cas partout. La Colombie-Britannique a fermé la porte à la possession adversative il y a des décennies, avec une date limite absolue du 1er juillet 1975. Consultez les droits des squatteurs en Colombie-Britannique pour voir à quoi ressemble une version de la même règle, réglée depuis longtemps.

Avis de non-responsabilité
Cet article est fourni à titre informatif seulement et ne constitue pas un avis juridique. Quelques points demeurent véritablement non résolus par les sources primaires repérées durant la recherche : la date d'entrée en vigueur exacte du 15 décembre 2022 est corroborée par deux codifications légales du King's Printer plutôt que par une Gazette ou un décret en conseil repéré séparément; ce qui compte précisément comme une action introduite pour la clause de droits acquis des instances en cours n'a été confirmé par aucune jurisprudence examinée; et la question de savoir si la Land Titles Act elle-même a été modifiée de façon substantielle par la réforme de 2022, comme l'affirment certaines sources secondaires, n'a pas été confirmée dans le texte codifié actuel. Si vous êtes aux prises avec un possible squatteur, un empiètement de limite de propriété, ou une revendication de possession en cours antérieure au 15 décembre 2022, consultez rapidement un avocat autorisé.
Questions fréquentes
L'Alberta a-t-elle vraiment permis que le squattage mène à la propriété jusqu'à récemment?
Oui. L'Alberta avait une véritable voie de possession adversative de 10 ans en vertu de l'ancien article 69 de la Law of Property Act, contrairement à la Colombie-Britannique et à la Saskatchewan, qui l'avaient déjà abolie des décennies plus tôt. Cette voie a pris fin le 15 décembre 2022.
Qu'est-ce qui a changé le 15 décembre 2022?
La Property Rights Statutes Amendment Act, 2022 a ajouté l'article 69.1 à la Law of Property Act et l'article 3.2 à la Limitations Act, tous deux énonçant qu'aucun droit ou titre sur un terrain ne peut être acquis par possession adversative, et qu'un défendeur n'a plus de moyen de défense fondé sur la possession adversative contre une action en recouvrement.
J'ai amorcé une poursuite avant décembre 2022 en me fondant sur l'ancienne règle de 10 ans. La nouvelle loi l'annule-t-elle?
Non. Les deux lois modifiées incluent une clause de droits acquis pour une action déjà introduite et non conclue avant l'entrée en vigueur de la loi; cette action se poursuit selon les anciennes règles, y compris le délai de prescription de 10 ans. Une revendication qui n'était pas encore déposée devant un tribunal à cette date est plutôt régie par l'abolition actuelle.
Puis-je arrêter moi-même une personne qui commet une intrusion sur ma propriété en Alberta?
Oui. La Trespass to Premises Act permet au propriétaire ou à un représentant autorisé d'arrêter un intrus sans mandat, et non seulement à un agent de la paix, mais la personne doit ensuite être remise à la police dès que possible.
Quelles sont les peines pour intrusion en Alberta?
Jusqu'à 10 000 $ d'amende et 6 mois de prison pour une première infraction commise par un particulier, jusqu'à 25 000 $ pour une infraction répétée sur les mêmes lieux, et jusqu'à 200 000 $ pour une société, en vertu de la Trespass to Premises Act.
Que faire si la personne qui occupe ma propriété prétend être locataire?
Cela dépend de l'existence d'une entente écrite, verbale ou implicite de location en vertu de la Residential Tenancies Act. Si c'est le cas, elle ne peut être expulsée que par le processus de cette loi, et non par l'application des règles d'intrusion.
Qu'arrive-t-il aux améliorations construites par une personne qui occupe un terrain public de l'Alberta sans autorisation?
En vertu de la Public Lands Act, l'occupant est réputé être un intrus et toute amélioration qu'il a construite devient la propriété de la Couronne purement et simplement, et l'intérêt de toute autre personne dans ces améliorations est également éteint.
Quelqu'un peut-il acquérir un droit de passage sur mon terrain en Alberta en l'utilisant pendant des années?
Non. Le même article qui a aboli la possession adversative, l'article 69.1(4) de la Law of Property Act, interdit également l'acquisition d'une servitude ou d'un droit de passage par prescription, et énonce qu'aucun droit de ce type n'est réputé avoir jamais été acquis de cette façon.
Sources et références
- Law of Property Act, RSA 2000, c. L-7(qp.alberta.ca).gov
- Limitations Act, RSA 2000, c. L-12(qp.alberta.ca).gov
- Trespass to Premises Act, RSA 2000, c. T-7(qp.alberta.ca).gov
- Public Lands Act, RSA 2000, c. P-40(qp.alberta.ca).gov
- Residential Tenancies Act, SA 2004, c. R-17.1(qp.alberta.ca).gov
- Code criminel, LRC 1985, c. C-46, article 72 (prise de possession par la force et détention par la force)(laws-lois.justice.gc.ca).gov