Ontario
La conduite dangereuse de type cascade en Ontario (2026)

En Ontario, rouler à 40 km/h ou plus au-dessus de la limite dans une zone où la limite affichée est inférieure à 80 km/h, à 50 km/h ou plus au-dessus de la limite dans une zone où la limite affichée est de 80 km/h ou plus, ou à 150 km/h peu importe la limite, entraîne une accusation de conduite dangereuse de type cascade en vertu de l'article 172 du Code de la route (Highway Traffic Act, HTA), une suspension immédiate du permis de conduire de 30 jours et une mise en fourrière du véhicule de 14 jours au bord de la route, avant même toute déclaration de culpabilité.
Ce qui constitue la conduite dangereuse de type cascade en Ontario
La conduite dangereuse de type cascade est une infraction provinciale créée par l'article 172 du Code de la route (Highway Traffic Act). La Loi elle-même n'énumère pas les comportements visés; cette tâche revient au Règlement de l'Ontario 455/07 (Courses, concours et cascades), qui définit en détail les termes « course » et « cascade ». Comme les définitions figurent dans un règlement plutôt que dans la Loi, la liste des vitesses et des comportements visés peut être mise à jour sans qu'un projet de loi complet soit nécessaire, ce qui est exactement ce qui s'est produit en 2021.
L'accusation est souvent appelée « contravention pour conduite dangereuse de type cascade », mais il ne s'agit pas d'une simple contravention mineure. C'est une infraction grave au Code de la route dont les conséquences au bord de la route s'appliquent dès qu'un agent porte une accusation, peu importe la façon dont l'affaire est finalement tranchée par le tribunal.
Les seuils de vitesse qui déclenchent une accusation de conduite dangereuse de type cascade
La plupart des accusations de conduite dangereuse de type cascade en Ontario sont fondées sur la vitesse. Le Règl. de l'Ont. 455/07 établit trois seuils de vitesse distincts, et atteindre l'un ou l'autre suffit pour entraîner une accusation.
| Limite de vitesse affichée | Vitesse qui déclenche une accusation de cascade | Exemple |
|---|---|---|
| Moins de 80 km/h (p. ex. zones de 50, 60, 70 km/h) | 40 km/h ou plus au-dessus de la limite | Zone de 60 km/h, rouler à 100 km/h ou plus |
| 80 km/h ou plus (p. ex. zones de 80, 100, 110 km/h) | 50 km/h ou plus au-dessus de la limite | Zone de 100 km/h, rouler à 150 km/h ou plus |
| Toute route, peu importe la limite affichée | 150 km/h ou plus, seuil fixe | Même dans une zone d'autoroute à 110 km/h; 150 km/h seul suffit |
Le seuil de 150 km/h s'applique peu importe la limite affichée, de sorte qu'un conducteur circulant sur un tronçon d'autoroute à 110 km/h qui atteint 150 km/h est accusé de conduite dangereuse de type cascade même s'il ne dépasse la limite que de 40 km/h, puisque le seuil fixe de 150 km/h s'applique en plus des seuils basés sur le dépassement de la limite.
Les actes non liés à la vitesse qui comptent aussi comme conduite dangereuse de type cascade
Le Règl. de l'Ont. 455/07 définit plusieurs comportements non liés à la vitesse comme des cascades ou des courses en soi, indépendamment de la vitesse à laquelle le véhicule circule. Il s'agit notamment :
- Faire la course avec un autre véhicule, ou participer à un concours de vitesse, sur une voie publique.
- Conduire dans l'intention de faire tourner ou pivoter un véhicule, y compris faire des « donuts » ou un virage de 360 degrés.
- Soulever une partie ou la totalité des pneus de la chaussée, comme lors d'un « wheelie » ou d'un « burnout » qui soulève les roues avant.
- Poursuivre un autre véhicule.
- Conduire d'une manière qui empêche un autre véhicule de doubler, y compris coincer ou bloquer un autre conducteur.
- Conduire avec une personne dans le coffre, ou à l'extérieur de l'habitacle, d'un véhicule en mouvement.
- Suivre un autre véhicule de trop près dans le but d'intimider ou de décourager l'autre conducteur d'effectuer une manœuvre légale, comme un changement de voie.
Comme ces actes ne dépendent pas d'une mesure de vitesse, un agent peut porter une accusation de conduite dangereuse de type cascade en se fondant uniquement sur le comportement observé, sans preuve de radar ou de lidar. Cela a une importance pour l'application de la loi dans les stationnements, les places commerciales privées et d'autres endroits où une limite de vitesse peut ne pas être affichée du tout, puisqu'un acte de cascade non lié à la vitesse peut quand même y donner lieu à une accusation.
Conséquences au bord de la route : ce qui se passe dès que vous êtes accusé
La conduite dangereuse de type cascade se distingue des autres infractions au Code de la route parce que des peines sérieuses s'appliquent immédiatement dès l'accusation, bien avant que l'affaire ne soit portée devant le tribunal. Dès qu'un agent porte une accusation de conduite dangereuse de type cascade, le conducteur fait face à :
- Une suspension du permis de conduire de 30 jours, imposée sur-le-champ, au bord de la route.
- Une mise en fourrière du véhicule de 14 jours, également imposée au bord de la route, que le conducteur soit ou non propriétaire du véhicule.
Ces deux mesures sont des sanctions administratives, distinctes de ce que le tribunal décidera plus tard et qui s'y ajoutent. Les frais de remorquage, d'entreposage et de fourrière sont à la charge du conducteur, et ils s'accumulent peu importe l'issue éventuelle de l'accusation. Un conducteur qui est par la suite reconnu non coupable ne se fait pas rembourser les jours de suspension ni les frais de fourrière.
Peines en cas de déclaration de culpabilité
Si une accusation de conduite dangereuse de type cascade mène à une déclaration de culpabilité, les peines s'aggravent bien au-delà des conséquences imposées au bord de la route. Une première déclaration de culpabilité entraîne :
| Conséquence | Première déclaration de culpabilité |
|---|---|
| Amende | 2 000 $ à 10 000 $ |
| Emprisonnement | Jusqu'à 6 mois |
| Points d'inaptitude | 6 points |
| Suspension du permis | 1 à 3 ans |
| Autre | Cours obligatoire d'amélioration de la conduite |
Les déclarations de culpabilité répétées augmentent considérablement la durée de la suspension. Une deuxième déclaration de culpabilité entraîne une suspension du permis de 3 à 10 ans, et une troisième entraîne une suspension à vie, qui peut être réduite après 10 ans selon un processus qui sera établi par règlement. Une quatrième déclaration de culpabilité, ou toute déclaration subséquente, entraîne une suspension à vie sans possibilité de réduction. Les amendes peuvent aussi doubler à l'intérieur d'une zone de sécurité communautaire désignée.
En plus des peines provinciales prévues par le Code de la route, les cas extrêmes (vitesses très élevées, particulièrement lorsqu'il y a mort ou blessures) peuvent aussi entraîner une accusation distincte en vertu du Code criminel, comme la conduite dangereuse d'un véhicule à moteur, qui est une infraction criminelle entraînant un casier judiciaire et ses propres peines, plus sévères.
Impact sur les assurances d'une déclaration de culpabilité pour conduite dangereuse de type cascade
Une déclaration de culpabilité pour conduite dangereuse de type cascade ne fait pas qu'ajouter des points d'inaptitude; les assureurs la considèrent comme l'une des entrées les plus graves pouvant figurer à un dossier de conduite. Comme cette infraction se situe dans la même catégorie que la conduite imprudente et la conduite avec facultés affaiblies sur l'échelle de tarification de la plupart des assureurs, une seule déclaration de culpabilité entraîne couramment une hausse de prime de plusieurs centaines de pour cent, et certains assureurs refuseront carrément de renouveler la police.
La combinaison de la mise en fourrière du véhicule au bord de la route, de la suspension du permis et de la surprime d'assurance fait en sorte que le coût réel d'une accusation de conduite dangereuse de type cascade dépasse largement la fourchette de l'amende de 2 000 $ à 10 000 $, avant même de tenir compte des frais de remorquage, d'entreposage et des honoraires juridiques pour contester l'accusation.
Les changements apportés par la Loi MOMS de 2021
La version actuelle, plus sévère, de la loi ontarienne sur la conduite dangereuse de type cascade découle de la Loi de 2021 sur des déplacements plus sécuritaires en Ontario (Loi MOMS), entrée en vigueur par étapes en 2021. Deux changements issus de cette loi comptent le plus pour les conducteurs aujourd'hui :
- Le seuil applicable aux zones de moins de 80 km/h est passé de 50 km/h à 40 km/h au-dessus de la limite, ce qui signifie que les conducteurs dans les zones à vitesse réduite (rues résidentielles, plusieurs artères) sont désormais visés par la définition de conduite dangereuse de type cascade avec une marge plus petite au-dessus de la limite affichée qu'avant 2021.
- La suspension du permis au bord de la route est passée de 7 à 30 jours, et la période de mise en fourrière du véhicule a doublé, passant de 7 à 14 jours.
La Loi MOMS a aussi introduit les paliers de suspension croissants après déclaration de culpabilité décrits ci-dessus (1 à 3 ans, 3 à 10 ans, à vie), remplaçant un ancien régime de suspension moins structuré. Comme il s'agit de changements réglementaires et législatifs plutôt que d'ajustements ponctuels d'application, ils s'appliquent à toute accusation de conduite dangereuse de type cascade à venir; vérifiez toujours le texte en vigueur du Règl. de l'Ont. 455/07 avant de vous fier à un chiffre précis.
Contester une accusation de conduite dangereuse de type cascade
Une accusation de conduite dangereuse de type cascade n'est pas une conclusion inévitable. Les accusations fondées sur la vitesse dépendent de l'exactitude et de l'étalonnage de l'appareil utilisé (radar, lidar ou filature par un agent) et de la question de savoir si la limite de vitesse affichée à l'endroit précis a été établie correctement. Les accusations non liées à la vitesse dépendent de l'observation et de l'interprétation par l'agent du comportement du conducteur, ce qui peut être contesté.
Comme une accusation de conduite dangereuse de type cascade entraîne une suspension immédiate du permis et une mise en fourrière du véhicule peu importe l'issue éventuelle, et qu'une déclaration de culpabilité entraîne des points d'inaptitude, une amende importante et une possible peine d'emprisonnement, la plupart des conducteurs qui en reçoivent une ont avantage à comprendre leurs options pour contester une contravention routière au Canada plutôt que de simplement payer l'amende. Une déclaration de culpabilité pour conduite dangereuse de type cascade ajoute aussi des points d'inaptitude qui peuvent déclencher une suspension distincte fondée sur les points, en plus des peines de la conduite dangereuse de type cascade elles-mêmes, de sorte que les deux conséquences peuvent s'additionner.
Pour un portrait complet de la façon dont l'Ontario et les autres provinces traitent les infractions routières, les permis de conduire et les points d'inaptitude, consultez notre pôle des lois canadiennes sur la conduite.
Foire aux questions
Avis : Cet article fournit des renseignements généraux sur les lois ontariennes relatives à la conduite dangereuse de type cascade et à la course de rue et ne constitue pas un avis juridique. Les exigences et les montants des peines changent au fil du temps; vérifiez toujours les règles actuelles par rapport au texte en vigueur du Règlement de l'Ontario 455/07 et du Code de la route, ou consultez un parajuriste ou un avocat autorisé, avant de prendre des décisions concernant une accusation précise.
Questions fréquentes
Combien de km/h au-dessus de la limite de vitesse constitue une conduite dangereuse de type cascade en Ontario?
Cela dépend de la limite affichée. Lorsque la limite est inférieure à 80 km/h, 40 km/h ou plus au-dessus de la limite constitue une conduite dangereuse de type cascade. Lorsque la limite est de 80 km/h ou plus, 50 km/h ou plus au-dessus constitue une conduite dangereuse de type cascade. Peu importe la limite affichée, rouler à 150 km/h ou plus constitue toujours une conduite dangereuse de type cascade.
Que se passe-t-il immédiatement lorsque vous êtes accusé de conduite dangereuse de type cascade en Ontario?
La police impose une suspension du permis de conduire de 30 jours et une mise en fourrière du véhicule de 14 jours au bord de la route, sur-le-champ, avant même que l'accusation ne soit portée devant le tribunal. Ces peines imposées au bord de la route s'appliquent peu importe que le conducteur soit reconnu coupable par la suite, et les frais de remorquage et d'entreposage sont à la charge du conducteur.
Quelle est la peine pour une déclaration de culpabilité pour conduite dangereuse de type cascade en Ontario?
Une première déclaration de culpabilité entraîne une amende de 2 000 $ à 10 000 $, une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à 6 mois, 6 points d'inaptitude, un cours obligatoire d'amélioration de la conduite, et une suspension du permis de 1 à 3 ans. Une deuxième déclaration de culpabilité entraîne une suspension de 3 à 10 ans, et une troisième entraîne une suspension à vie, réductible après 10 ans.
L'Ontario a-t-elle récemment modifié sa loi sur la conduite dangereuse de type cascade?
Oui. La Loi de 2021 sur des déplacements plus sécuritaires en Ontario (Loi MOMS) a abaissé le seuil de vitesse pour les zones de moins de 80 km/h, le faisant passer de 50 km/h à 40 km/h au-dessus de la limite, et a augmenté la suspension du permis au bord de la route de 7 à 30 jours ainsi que la mise en fourrière du véhicule de 7 à 14 jours.
La conduite dangereuse de type cascade est-elle la même chose que la course de rue en Ontario?
Faire la course est un acte précis visé par l'infraction de conduite dangereuse de type cascade prévue à l'art. 172 du HTA et au Règl. de l'Ont. 455/07, mais l'infraction couvre bien plus que la course contre un autre conducteur. Elle inclut aussi des seuils fondés sur la vitesse et d'autres actes définis, comme les « donuts », les « wheelies », la poursuite d'un autre véhicule et le fait d'empêcher un autre véhicule de doubler, aucun desquels ne nécessite un second véhicule participant à une course.
La conduite dangereuse de type cascade peut-elle devenir une accusation criminelle en Ontario?
La conduite dangereuse de type cascade est en soi une infraction provinciale au Code de la route, et non une infraction au Code criminel. Cependant, les incidents particulièrement dangereux, surtout ceux impliquant des blessures ou la mort, peuvent aussi entraîner une accusation distincte en vertu du Code criminel, comme la conduite dangereuse d'un véhicule à moteur, qui comporte ses propres peines criminelles en plus des conséquences prévues par le Code de la route.
Mises à jour
La Loi de 2021 sur des déplacements plus sécuritaires en Ontario (Loi MOMS) a abaissé le seuil de vitesse de la conduite dangereuse de type cascade dans les zones affichées à moins de 80 km/h, le faisant passer de 50 km/h à 40 km/h au-dessus de la limite, et a introduit des paliers de suspension du permis croissants après déclaration de culpabilité (1-3 ans, 3-10 ans, à vie).
Les peines imposées au bord de la route pour une accusation de conduite dangereuse de type cascade sont passées d'une suspension du permis de 7 jours et d'une mise en fourrière du véhicule de 7 jours à la suspension actuelle de 30 jours et à la mise en fourrière de 14 jours.
Sources et références
- Ontario.ca : Vitesse excessive et conduite agressive (conduite dangereuse de type cascade et course de rue)(ontario.ca).gov
- Règlement de l'Ontario 455/07 : Courses, concours et cascades (pris en vertu du Code de la route)(ontario.ca).gov
- Loi sur le code de la route, L.R.O. 1990, chap. H.8 (article 172, course, cascades)(ontario.ca).gov
- Ontario.ca : Mise en fourrière du véhicule et suspension du permis de conduire(ontario.ca).gov
- Salle de presse de l'Ontario : L'Ontario sévit contre la conduite dangereuse pour protéger les usagers de la route en Ontario(news.ontario.ca).gov