Le divorce au Canada : motifs, processus et délais

Le divorce au Canada est régi par une seule loi fédérale, la Loi sur le divorce, et il n'existe qu'un seul motif juridique : l'échec du mariage, que la plupart des couples prouvent en vivant séparés pendant un an.
Quels sont les motifs de divorce au Canada
En vertu de l'article 8 de la Loi sur le divorce, il n'existe qu'un seul motif juridique de divorce au Canada : l'échec du mariage. Le Canada n'a pas de liste distincte de fautes qu'un époux doit plaider. L'échec du mariage est établi de l'une des trois façons suivantes :
- Vivre séparés depuis au moins un an
- L'adultère commis par l'époux contre qui le divorce est demandé
- La cruauté physique ou mentale rendant la vie commune intolérable
Un seul de ces trois motifs doit être prouvé. En pratique, la grande majorité des divorces canadiens reposent sur la voie de la séparation d'un an, car elle n'exige d'aucun des époux qu'il prouve une faute de l'autre.
La voie de la séparation d'un an
La séparation débute à la date où les époux commencent à vivre séparés avec l'intention de mettre fin au mariage. Les époux n'ont pas besoin de vivre dans des logements différents pour être considérés comme séparés. Les tribunaux canadiens reconnaissent la « séparation sous le même toit », une situation courante lorsque déménager n'est pas immédiatement possible financièrement.
Il est possible de déposer la demande de divorce avant que l'année complète de séparation ne soit écoulée. Le tribunal n'accordera simplement pas le divorce tant que l'année ne sera pas complétée. La Loi sur le divorce permet aussi aux époux de tenter une réconciliation sans perdre le bénéfice du délai d'un an : les périodes de reprise de la vie commune aux fins de réconciliation totalisant moins de 90 jours ne recommencent pas le calcul de la période de séparation, à condition que les époux reviennent ensuite à une vie séparée.
L'adultère et la cruauté : les motifs fondés sur la faute
L'adultère et la cruauté demeurent des motifs valides en vertu de l'article 8, et invoquer l'un d'eux peut, en théorie, permettre à un époux de demander le divorce avant qu'une année de séparation ne soit écoulée. En pratique, ces motifs sont invoqués beaucoup plus rarement. Ils exigent que la personne qui les invoque prouve que la conduite s'est produite, ce qui peut être difficile, ajoute au conflit et permet rarement de gagner un temps appréciable par rapport au simple fait d'attendre l'écoulement de l'année de séparation. La plupart des avocats en droit de la famille au Canada orientent leurs clients vers la voie sans faute, sauf raison particulière de faire autrement.
L'exigence de résidence : où déposer la demande
L'article 3 de la Loi sur le divorce exige qu'au moins un des époux ait résidé habituellement dans la province où la demande est déposée pendant au moins un an immédiatement avant l'introduction de l'instance. Un seul des époux doit satisfaire à cette exigence de résidence; les deux n'ont pas besoin de vivre dans la même province. Si aucun des époux n'a vécu au Canada pendant une année complète, un tribunal canadien ne peut généralement pas accorder le divorce.
Demandes conjointes, non contestées et contestées
Les demandes de divorce au Canada se répartissent généralement en trois catégories :
Demande conjointe. Les deux époux déposent la demande ensemble à titre de codemandeurs. Il s'agit généralement de la voie la plus rapide et la moins coûteuse, courante lorsque les époux ont déjà conclu une convention de séparation couvrant la pension alimentaire, les arrangements parentaux et les biens.
Demande non contestée (individuelle). Un époux dépose la demande et la signifie formellement à l'autre. Si l'autre époux ne dépose pas de réponse contestant le divorce ou les mesures demandées, l'affaire peut habituellement être traitée sur dossier, sans audience.
Demande contestée. Les époux sont en désaccord sur le divorce lui-même ou, plus fréquemment, sur des questions accessoires comme la pension alimentaire ou les arrangements parentaux. Les affaires contestées passent par des conférences de gestion de l'instance et, à défaut de règlement, par un procès. Elles prennent considérablement plus de temps et coûtent plus cher que les demandes conjointes ou non contestées.
Les mesures accessoires : pension alimentaire et arrangements parentaux
Une demande de divorce est souvent accompagnée d'une demande de « mesures accessoires », c'est-à-dire d'ordonnances judiciaires sur les questions liées à la fin d'un mariage. Pour les époux mariés, la Loi sur le divorce elle-même peut traiter :
- de la pension alimentaire pour le conjoint (article 15.2)
- de la pension alimentaire pour enfants
- des arrangements parentaux
Les modifications du projet de loi C-78 à la Loi sur le divorce, en vigueur depuis le 1er mars 2021, ont changé le vocabulaire utilisé par les tribunaux et les avocats pour les arrangements parentaux. Les anciens termes « garde » et « droit de visite » ne figurent plus dans la Loi. Les ordonnances utilisent désormais la responsabilité décisionnelle (l'autorité sur les décisions majeures telles que les soins de santé, l'éducation et la religion) et le temps parental (l'horaire que l'enfant passe avec chaque parent), avec des ordonnances de contact offertes aux non-conjoints, comme les grands-parents. Ces mêmes modifications ont codifié les facteurs relatifs à l'intérêt de l'enfant qui guident chaque décision parentale en vertu de l'article 16, notamment le point de vue de l'enfant, son besoin de stabilité et tout antécédent de violence familiale.
Pourquoi le tribunal doit d'abord voir un plan de pension alimentaire pour enfants
La Loi sur le divorce exige que le tribunal soit convaincu que des arrangements raisonnables ont été pris pour la pension alimentaire des enfants du mariage avant d'accorder le divorce. En pratique, cela signifie habituellement confirmer un montant de pension alimentaire pour enfants conforme aux Lignes directrices fédérales sur les pensions alimentaires pour enfants, qui, contrairement aux lignes directrices facultatives sur la pension alimentaire pour le conjoint, constituent un règlement fédéral contraignant. Si les arrangements sur papier semblent incompatibles avec les lignes directrices, un juge peut demander des explications ou refuser de finaliser le divorce tant que la question de la pension alimentaire n'est pas réglée. Pour un aperçu du calcul des montants selon la province, consultez notre guide sur la pension alimentaire pour enfants au Canada.
Le divorce relève du fédéral, le partage des biens relève du provincial
La Loi sur le divorce est une loi fédérale, et elle régit le divorce lui-même ainsi que la pension alimentaire pour le conjoint et les arrangements parentaux pour les époux mariés. Elle ne partage pas les biens. Le partage du foyer conjugal, des pensions, des épargnes et des dettes relève entièrement du droit provincial et territorial, appliqué dans des instances distinctes (bien que souvent coordonnées) :
- La Family Law Act de l'Ontario prévoit l'égalisation des biens familiaux nets
- La Family Law Act de la Colombie-Britannique prévoit le partage direct des biens familiaux
- Le Québec applique les règles du patrimoine familial prévues par le Code civil du Québec
Chaque province établit ses propres règles, délais et exemptions pour le partage des biens, de sorte que le résultat peut varier considérablement selon l'endroit où vit le couple. Consultez notre guide sur le partage des biens lors d'un divorce pour comprendre son fonctionnement, ainsi que nos pages provinciales sur le divorce en Ontario et le divorce en Colombie-Britannique pour des précisions propres à chaque province.
Le calendrier du divorce : du dépôt au certificat
Bien que les délais de traitement judiciaire varient selon la province et l'achalandage du greffe concerné, la séquence globale est la même partout au Canada.
| Étape | Ce qui se passe | Délai habituel |
|---|---|---|
| Début de la séparation | Les époux commencent à vivre séparés (peut être sous le même toit) | Jour 1 du délai d'un an |
| Dépôt de la demande | Demande conjointe ou individuelle de divorce déposée auprès du tribunal | À tout moment; généralement déposée vers la fin de l'année de séparation |
| Signification | S'il ne s'agit pas d'une demande conjointe, l'autre époux est formellement signifié | Peu après le dépôt |
| Délai de réponse | L'autre époux peut déposer une réponse contestant le divorce ou les mesures demandées | Fixé par les règles de procédure provinciales, souvent environ 30 jours |
| Ordonnance de divorce | Un juge examine le dossier et signe l'ordonnance de divorce | Une fois l'année de séparation complétée et le tribunal convaincu quant à la pension alimentaire pour enfants |
| Le divorce devient définitif | Le divorce prend effet juridique | 31e jour suivant l'ordonnance de divorce |
| Certificat de divorce | Preuve officielle du divorce, nécessaire pour se remarier ou mettre à jour des documents | Disponible sur demande une fois le divorce définitif |
Comme les règles de procédure provinciales fixent les délais de réponse et les files de traitement, les délais réels varient. Une demande conjointe bien préparée dans une province où les tribunaux sont moins engorgés peut être traitée plus rapidement qu'une demande contestée dans un greffe plus achalandé.
Ressources connexes
- Portail Droit de la famille au Canada
- Divorce en Ontario
- Divorce en Colombie-Britannique
- Partage des biens lors d'un divorce
- Pension alimentaire pour le conjoint au Canada
- Pension alimentaire pour enfants au Canada
- Calculateur de pension alimentaire pour le conjoint au Canada
- Calculateur de pension alimentaire pour enfants au Canada
Avis : Cet article explique le processus général de divorce en vertu de la Loi sur le divorce fédérale du Canada et ne constitue pas un avis juridique. Les procédures, délais et formulaires judiciaires provinciaux varient, et les règles de partage des biens diffèrent selon la province. Consultez un avocat en droit de la famille autorisé dans votre province au sujet de votre situation particulière.
Questions fréquentes
Ai-je besoin d'une raison autre que la séparation pour divorcer au Canada ?
Non. L'échec du mariage est le seul motif juridique, et il peut être démontré par une séparation d'un an, l'adultère ou la cruauté. Presque tous les divorces canadiens reposent sur la voie de la séparation d'un an, car elle n'exige pas de prouver une faute.
Mon époux et moi pouvons-nous être considérés comme séparés tout en vivant encore dans la même maison ?
Oui. Les tribunaux canadiens reconnaissent la séparation sous le même toit tant que les époux mènent des vies séparées avec l'intention de mettre fin au mariage, une situation courante lorsque déménager dans deux logements n'est pas immédiatement abordable.
Combien de temps prend un divorce non contesté au Canada ?
Cela varie selon la province et l'achalandage du greffe local. Une demande conjointe ou non contestée déposée une fois l'année de séparation complétée constitue généralement la voie la plus rapide, tandis qu'une demande contestée portant sur des questions litigieuses de pension alimentaire ou d'arrangements parentaux prend considérablement plus de temps.
La Loi sur le divorce partage-t-elle nos biens ?
Non. La Loi sur le divorce fédérale régit le divorce lui-même, la pension alimentaire pour le conjoint et les arrangements parentaux, mais le partage des biens relève entièrement du droit provincial, comme l'égalisation des biens familiaux nets en Ontario ou le partage direct des biens familiaux en Colombie-Britannique.
Quand puis-je me remarier après un divorce canadien ?
Le divorce devient légalement définitif le 31e jour suivant la signature de l'ordonnance de divorce par le juge. Un certificat de divorce, souvent requis pour se remarier ou mettre à jour des documents, peut être demandé après cette date.
Qu'est-il advenu des termes garde et droit de visite en droit canadien du divorce ?
Les modifications du projet de loi C-78 à la Loi sur le divorce, en vigueur depuis le 1er mars 2021, ont remplacé la garde et le droit de visite par la responsabilité décisionnelle et le temps parental pour les époux, et ont introduit des ordonnances de contact pour les non-conjoints, comme les grands-parents.
Mises à jour
Les modifications du projet de loi C-78 à la Loi sur le divorce sont entrées en vigueur, remplaçant la garde et le droit de visite par la responsabilité décisionnelle et le temps parental, ajoutant des ordonnances de contact pour les non-conjoints, et codifiant les facteurs relatifs à l'intérêt de l'enfant à l'article 16.
Sources et références
- Loi sur le divorce, L.R.C. 1985, ch. 3 (2e suppl.) - articles 3, 8, 11, 15.2 et 16(laws-lois.justice.gc.ca).gov
- Ministère de la Justice Canada - Divorce(justice.gc.ca).gov
- Ministère de la Justice Canada - Les arrangements parentaux et la Loi sur le divorce (modifications du projet de loi C-78, en vigueur depuis le 1er mars 2021)(justice.gc.ca).gov
- Lignes directrices fédérales sur les pensions alimentaires pour enfants, DORS/97-175(laws-lois.justice.gc.ca).gov