Lois canadiennes sur la pension alimentaire pour enfants : lignes directrices et calculs

Au Canada, la pension alimentaire pour enfants est calculée en vertu des Lignes directrices fédérales sur les pensions alimentaires pour enfants, en fonction du revenu brut du parent payeur et du nombre d'enfants. Les parents mariés présentent leur demande en vertu de la Loi sur le divorce; les parents non mariés présentent leur demande en vertu de la loi provinciale, laquelle reprend les règles fédérales dans presque toutes les provinces.
Ce guide fait partie de notre carrefour le droit canadien par province, qui indique où les règles fédérales s'appliquent uniformément au Canada et où les provinces et les territoires diffèrent.
Comment présenter une demande de pension alimentaire pour enfants au Canada
La demande de pension alimentaire pour enfants s'inscrit habituellement dans le cadre d'une entente de séparation ou d'une procédure de divorce. Il n'est pas toujours nécessaire de s'adresser aux tribunaux. De nombreux parents s'entendent sur le montant en consultant simplement le revenu du parent payeur dans les tables fédérales et en inscrivant ce montant dans une entente de séparation.

Si vous ne parvenez pas à vous entendre, vous devez présenter une demande au tribunal. La procédure dépend du fait que vous soyez marié ou non :
- Parents mariés : Vous présentez une demande de pension alimentaire pour enfants en vertu de la Loi sur le divorce fédérale, dans le cadre de votre demande de divorce devant la cour supérieure de votre province (par exemple, la Cour suprême de la Colombie-Britannique ou la Cour du Banc du Roi en Alberta).
- Parents non mariés : Vous présentez une demande en vertu de la loi provinciale sur le droit de la famille, devant le tribunal provincial. Bien que les lois soient provinciales, la méthode de calcul est presque identique aux règles fédérales.
Astuce : De nombreuses provinces offrent maintenant des services de calcul en ligne ou des services de recalcul administratif qui permettent d'établir ou de mettre à jour la pension alimentaire sans audience complète devant le tribunal. Consultez le site Web de votre gouvernement provincial pour connaître son « service de recalcul de la pension alimentaire pour enfants ».

Comment la paternité est-elle établie?
Avant qu'une pension alimentaire pour enfants puisse être ordonnée, la filiation (paternité) doit être établie. Au Canada, le droit fédéral s'en remet aux lois provinciales pour les règles relatives à l'établissement de la filiation.
En général, une personne est présumée être un parent si :
- elle était mariée à la mère biologique au moment de la naissance;
- elle vivait avec la mère biologique dans une relation d'une certaine permanence avant la naissance;
- elle figure sur le certificat de naissance.
Si la filiation est contestée, le tribunal peut ordonner un test d'ADN. Une fois la filiation confirmée, l'obligation légale de verser une pension alimentaire pour enfants commence immédiatement.
Lignes directrices fédérales et provinciales
Il peut être difficile de savoir quelle loi s'applique. Voici la répartition :
- Les lignes directrices fédérales s'appliquent si vous divorcez, sauf si les deux époux résident habituellement dans la même province désignée.
- Les lignes directrices provinciales s'appliquent si vous n'avez jamais été marié (union de fait), si vous êtes séparé sans divorcer, ainsi que dans un divorce où les deux époux résident habituellement dans une province désignée.
Les provinces désignées : Le paragraphe 2(1) de la Loi sur le divorce définit les « lignes directrices applicables » comme les règles de droit de la province précisée dans une ordonnance de désignation, lorsque les deux époux résident habituellement dans une province désignée en vertu du paragraphe 2(5), et, dans les autres cas, les lignes directrices fédérales sur les pensions alimentaires pour enfants. Trois provinces sont actuellement désignées, chacune par sa propre ordonnance : le Québec (DORS/97-237), le Nouveau-Brunswick (DORS/98-256) et le Manitoba (DORS/98-288). L'Île-du-Prince-Édouard avait été désignée en 1998, mais cette ordonnance a été abrogée en 2006. Si les époux résident habituellement dans des provinces différentes, les lignes directrices fédérales s'appliquent même si l'une de ces provinces, ou les deux, est désignée.
La règle du « miroir » : À l'extérieur du Québec, les lignes directrices provinciales sont étroitement calquées sur les lignes directrices fédérales, de sorte que le montant de la pension sera habituellement semblable, que vous soyez marié ou non. La désignation n'est pas un laissez-passer pour diverger librement : le paragraphe 2(5) ne la permet que lorsque les règles de droit de la province établissent des lignes directrices complètes sur les pensions alimentaires pour enfants traitant des questions visées à l'article 26.1 de la Loi sur le divorce. Le Québec demeure l'exception de fond, avec son propre modèle de calcul qui tient compte du revenu des deux parents. Si vous divorcez et que vous résidez tous les deux au Québec, au Nouveau-Brunswick ou au Manitoba, fondez-vous sur les lignes directrices de cette province plutôt que de présumer que les tables fédérales s'appliquent.
Que couvre la pension alimentaire pour enfants?
Le montant mensuel de base (le « montant de la table ») vise à couvrir les dépenses courantes. Cela comprend :
- la nourriture et l'épicerie;
- le logement (loyer/hypothèque, services publics);
- les vêtements;
- le transport de base;
- les articles de soins personnels.
La loi présume que le parent bénéficiaire contribue également directement à ces coûts en offrant un foyer et des soins à l'enfant. Le montant de la table représente la contribution du parent payeur à ces besoins de base. Il ne couvre pas les dépenses spéciales comme les frais de garderie ou les frais de scolarité d'une école privée (voir la section 7 ci-dessous).
Comment calculer la pension alimentaire pour enfants
En vertu des lignes directrices fédérales, le « montant de la table » est calculé à l'aide de seulement deux chiffres :
- Le revenu déterminant du parent payeur : L'article 16 des lignes directrices détermine le revenu annuel à partir des sources de revenu indiquées sous la rubrique « Revenu total » de la déclaration générale T1 délivrée par l'Agence du revenu du Canada, après rajustement conformément à l'annexe III. Sur le formulaire T1 actuel, cette rubrique correspond à la ligne 15000 (auparavant la ligne 150).
- Le nombre d'enfants : le nombre d'enfants ayant droit à une pension alimentaire.
Étape 1 : déterminer le revenu déterminant
Pour la plupart des salariés, cette étape est simple. Partez du revenu total et appliquez les rajustements de l'annexe III. Pour les travailleurs autonomes ou les personnes dont la structure d'entreprise est complexe, le paragraphe 19(1) permet au tribunal d'attribuer à un époux le revenu qu'il estime indiqué dans les circonstances, à partir de la liste de circonstances énoncées à cet article.
Étape 2 : consulter les tables
Repérez la province où réside le parent payeur. Trouvez sa tranche de revenu et la colonne correspondant au nombre d'enfants. Ce chiffre constitue le montant mensuel de base, selon la règle présomptive de l'article 3(1).

Tables de pensions alimentaires pour enfants (2025-2026)
Justice Canada a mis à jour les tables fédérales de pensions alimentaires pour enfants afin de tenir compte de règles fiscales plus récentes, et les tables mises à jour sont entrées en vigueur le 1er octobre 2025.
La table applicable dépend de la période visée par le calcul, et non de la date du jour :
- À compter du 1er octobre 2025 : utilisez les tables de 2025.
- Du 22 novembre 2017 au 30 septembre 2025 : utilisez les tables de 2017. Ces tables demeurent les tables exactes pour cette période antérieure, ce qui importe lorsque la pension est fixée rétroactivement ou que des arriérés sont calculés.
Vous pouvez consulter l'outil officiel de recherche des tables ici : Recherche des tables fédérales de pensions alimentaires pour enfants.
Remarque sur la « majoration » : Pour les ordonnances et les ententes conclues à compter du 1er mai 1997, la pension alimentaire pour enfants n'est ni déductible pour le parent payeur ni imposable pour le parent bénéficiaire; les tables sont donc établies à partir du revenu brut du parent payeur et conçues pour procurer un avantage net à l'enfant. Les ordonnances et les ententes antérieures au 1er mai 1997 peuvent encore relever de l'ancien régime déductible et imposable si elles n'ont pas été modifiées depuis, alors vérifiez la date de votre ordonnance avant de présumer que le traitement fiscal actuel s'applique.
Garde partagée et la règle des 40 %
L'une des questions les plus souvent litigieuses en matière de pension alimentaire pour enfants est l'article 9 des lignes directrices. Les internautes le cherchent encore sous le terme « garde partagée », mais l'article lui-même est fondé sur le temps parental exercé par chaque parent, et non sur une étiquette de garde :
« Si les deux époux exercent chacun au moins 40 % du temps parental au cours d'une année avec un enfant, le montant de l'ordonnance alimentaire est déterminé compte tenu... »
Source : Lignes directrices fédérales sur les pensions alimentaires pour enfants, DORS/97-175, art. 9
Notez la formulation : le critère porte sur la part de temps parental de chaque parent, de sorte que c'est le fait de franchir le seuil qui compte, peu importe lequel des parents est le payeur. L'article emploie également le vocabulaire du temps parental plutôt que celui de la garde physique, ce qui correspond à la terminologie qu'utilise désormais la Loi sur le divorce.
Si le seuil de 40 % est atteint, le montant total de la table n'est pas automatiquement exigible. L'article 9 demande plutôt au tribunal de tenir compte des éléments suivants :
- Le montant de compensation : calculer ce que le parent A verserait au parent B, et ce que le parent B verserait au parent A (comme si chacun payait l'autre). La différence (la compensation) constitue le point de départ.
- L'augmentation des coûts : l'augmentation des coûts liée aux arrangements de temps parental partagé (par exemple, le maintien de deux chambres complètes).
- La situation et les moyens : la situation financière et les besoins de chaque parent et de l'enfant.
Démystification : Atteindre 40 % de temps parental ne signifie pas automatiquement une pension alimentaire nulle. La compensation n'est qu'un point de départ que les deux autres facteurs peuvent faire varier, et le parent ayant le revenu le plus élevé verse habituellement encore un montant au parent ayant le revenu le moins élevé.
Dépenses spéciales et extraordinaires (article 7)
Le montant de base de la table couvre les besoins essentiels. Les « dépenses de l'article 7 » sont des coûts additionnels partagés par les parents proportionnellement à leurs revenus. Le paragraphe 7(1) énumère six catégories de dépenses, et seulement deux d'entre elles sont assorties d'un critère de dépense « extraordinaire » :
1. Dépenses spéciales
- Les frais de garde d'enfants (garderie, service de garde parascolaire) engagés pour permettre à l'époux ayant la majorité du temps parental d'occuper un emploi, de poursuivre des études ou de recevoir une formation en vue d'un emploi, ou engagés en raison d'une maladie ou d'une invalidité de cet époux, en vertu de l'alinéa 7(1)a).
- La portion des primes d'assurance médicale et dentaire attribuable à l'enfant, en vertu de l'alinéa 7(1)b).
- Les frais liés à la santé qui dépassent d'au moins 100 $ par année ce que rembourse l'assurance, y compris les traitements orthodontiques, les services de counseling professionnel et les frais similaires, en vertu de l'alinéa 7(1)c). Notez le libellé : les 100 $ correspondent à la somme qui reste après le remboursement de l'assurance, et non à la facture totale.
- Les frais relatifs aux études postsecondaires, en vertu de l'alinéa 7(1)e).
2. Dépenses extraordinaires
- Les frais extraordinaires relatifs aux études primaires ou secondaires, ou à tout autre programme éducatif qui répond aux besoins particuliers de l'enfant, en vertu de l'alinéa 7(1)d).
- Les frais extraordinaires relatifs aux activités parascolaires (par exemple, le hockey compétitif, la danse, les leçons de musique), en vertu de l'alinéa 7(1)f).
Les études postsecondaires ne sont pas une dépense « extraordinaire ». Le paragraphe 7(1.1) s'ouvre sur les mots « Pour l'application des alinéas (1)d) et f) », de sorte que le seuil d'extraordinarité, soit des frais qui excèdent ce que le parent demandeur peut raisonnablement assumer ou que le tribunal considère par ailleurs comme extraordinaires, ne s'applique qu'à ces deux alinéas. Les études postsecondaires constituent une catégorie autonome à l'alinéa 7(1)e), qui prévoit simplement « les frais relatifs aux études postsecondaires ». Un parent qui réclame des frais de scolarité n'a pas à satisfaire au critère du paragraphe 7(1.1).
Chaque dépense visée à l'article 7 doit tout de même satisfaire aux mots liminaires du paragraphe 7(1) : le tribunal soupèse la nécessité de la dépense au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant, ainsi que son caractère raisonnable au regard des moyens des parents et de l'enfant, et des habitudes de dépenses de la famille avant la séparation.
Comment partager les coûts de l'article 7 :
Ces coûts sont habituellement partagés proportionnellement au revenu, après déduction des crédits d'impôt et des subventions. Par exemple, si le parent A gagne 70 000 $ et le parent B gagne 30 000 $, le parent A pourrait payer 70 % du coût net de la garderie, et le parent B paierait 30 %.
Comment modifier la pension alimentaire pour enfants
La pension alimentaire n'est pas immuable. Elle devrait être modifiée chaque fois qu'il survient un « changement important dans la situation ». Voici des motifs courants de modification d'une ordonnance :
- le revenu du parent payeur augmente ou diminue;
- l'enfant entraîne une nouvelle dépense au titre de l'article 7 (par exemple, il a besoin d'un appareil dentaire);
- l'arrangement parental change (par exemple, l'enfant déménage chez l'autre parent);
- l'enfant atteint l'âge de la majorité.
Divulgation financière annuelle : Le paragraphe 25(1) des lignes directrices établit l'obligation continue de divulgation. L'époux visé par une ordonnance alimentaire pour enfants doit fournir les documents sur le revenu énumérés sur demande écrite de l'autre époux ou du cessionnaire de la créance alimentaire, et au plus une fois par année après le prononcé de l'ordonnance. Le paragraphe 25(2) étend le même mécanisme annuel, sur demande, à l'époux dont le revenu tombe sous le seuil à partir duquel ces documents seraient autrement exigés.
Les lignes directrices ne fixent pas de date civile précise, comme le 30 juin, pour cet échange. Les ordonnances judiciaires et les ententes de séparation individuelles fixent souvent une date annuelle précise, alors consultez votre propre ordonnance : la date qui vous lie est celle qui y est inscrite, et non une date par défaut à l'échelle nationale.
Exécution : que se passe-t-il si vous ne payez pas?
Le gouvernement fédéral ne perçoit pas directement la pension alimentaire pour enfants. L'exécution passe par un programme provincial ou territorial, et ce programme doit s'adresser à Ottawa avant que toute mesure fédérale ne soit utilisée.
Le programme ne porte pas le même nom partout. La plupart des provinces et territoires administrent un Programme d'exécution des ordonnances alimentaires, mais celui de l'Ontario est le Bureau des obligations familiales, celui de la Colombie-Britannique est l'Agence de maintien des familles de la Colombie-Britannique, et le Québec perçoit la pension alimentaire par l'entremise du programme de perception des pensions alimentaires administré par Revenu Québec. Justice Canada publie les coordonnées de chaque programme provincial et territorial.
Si un parent payeur accumule un arriéré, le programme d'exécution peut demander une mesure fédérale en vertu de la Loi d'aide à l'exécution des ordonnances et des ententes familiales (LAEOEF) et de la Loi sur la saisie-arrêt et la distraction de pensions (LSADP).
| Mesure d'exécution | Ce qu'elle vise |
|---|---|
| Refus de passeport et de permis fédéraux | La partie III de la LAEOEF permet à un programme d'exécution de demander qu'un permis soit refusé, suspendu ou révoqué en cas d'arriéré persistant. Le terme « permis » est défini largement, et l'annexe de la Loi énumère les passeports (Décret sur les passeports canadiens), les licences de pilote et les certificats médicaux délivrés en vertu de la Loi sur l'aéronautique, ainsi que des titres maritimes tels que les brevets de capitaine au long cours et d'officier de quart en vertu de la Loi de 2001 sur la marine marchande du Canada. |
| Saisie-arrêt de sommes fédérales | Le Règlement sur la saisie-arrêt pour l'exécution d'ordonnances et d'ententes alimentaires désigne les paiements fédéraux qui peuvent faire l'objet d'une saisie-arrêt. La liste comprend les remboursements d'impôt sur le revenu des particuliers (articles 164 et 216 de la Loi de l'impôt sur le revenu), les prestations d'assurance-emploi, les prestations du Régime de pensions du Canada et les prestations de la Sécurité de la vieillesse. |
| Distraction d'une pension fédérale | En vertu de la LSADP, une pension fédérale peut être détournée pour satisfaire à une ordonnance alimentaire jusqu'à concurrence de 50 % de la prestation de pension nette du bénéficiaire (art. 36). L'article 40.1 permet de dépasser ce plafond lorsque l'ordonnance vise des arriérés. |
| Saisie du salaire fédéral | La partie I de la LSADP assujettit la Couronne fédérale au droit provincial en matière de saisie-arrêt pour le salaire et la rémunération, de sorte que la portion protégée contre la saisie est celle que prévoit le droit de la province concernée. |
Il n'existe pas de plafond national unique en pourcentage. L'alinéa 61a.1) de la LAEOEF autorise des règlements qui fixent le pourcentage exempté des sommes saisissables séparément pour chaque loi, disposition ou programme fédéral, de sorte que le montant pouvant être saisi dépend du paiement visé et, pour le salaire, du droit provincial applicable en matière d'exemption. Considérez comme non fiable tout chiffre uniforme annoncé pour l'ensemble des sommes fédérales, et demandez au programme d'exécution responsable de votre dossier ce qui s'applique à votre situation.
Quand la pension alimentaire pour enfants prend-elle fin?
L'obligation de verser une pension alimentaire pour enfants ne prend pas automatiquement fin à 18 ans. Elle se poursuit tant que l'enfant est un « enfant à charge » au sens de la Loi sur le divorce.
- Avant l'âge de la majorité : la pension est obligatoire (sauf si l'enfant se soustrait à l'autorité parentale).
- Après l'âge de la majorité : la pension se poursuit souvent si l'enfant ne peut se soustraire à l'autorité parentale en raison d'une maladie, d'une incapacité ou, le plus souvent, de la poursuite d'études postsecondaires à temps plein.
Pour les étudiants universitaires, la pension se poursuit habituellement jusqu'à l'obtention d'un premier diplôme, souvent jusqu'au début de la vingtaine, mais il s'agit d'une décision qui dépend des faits de chaque cas plutôt que d'un âge limite fixe, et le montant de la table peut être ajusté si l'enfant vit loin du foyer familial.

Pension alimentaire rétroactive
Si le revenu d'un parent payeur a augmenté par le passé sans que la pension alimentaire ne soit mise à jour, le parent bénéficiaire peut demander une pension rétroactive. Dans l'affaire D.B.S. v. S.R.G., 2006 SCC 37, la Cour suprême du Canada a établi la règle générale selon laquelle une ordonnance rétroactive remonte à la date à laquelle le parent bénéficiaire a donné au parent payeur un avis effectif, mais pas au-delà de trois ans, à moins que le parent payeur n'ait eu une conduite répréhensible.
C'est la conduite répréhensible qui fait reculer cette date. Le fait de ne pas divulguer un changement important dans la situation, y compris une augmentation de revenu qui aurait modifié le montant payable, constitue en soi une conduite répréhensible, et peut faire reculer la date présomptive de rétroactivité jusqu'au moment où la situation a réellement changé.
La Cour suprême est revenue à ce cadre d'analyse dans l'arrêt Colucci v. Colucci, 2021 SCC 24, où un parent payeur avait présenté une demande fondée sur l'article 17 de la Loi sur le divorce afin de réduire rétroactivement la pension alimentaire et d'annuler les arriérés. La Cour a jugé qu'un parent payeur qui prouve une baisse de revenu passée n'a pas automatiquement droit à une réduction rétroactive remontant à la date de cette baisse, et elle a construit un pendant de l'approche établie dans D.B.S. : la pension est présumée réduite jusqu'à la date à laquelle le parent payeur a donné au parent bénéficiaire un avis effectif, et pas au-delà de trois ans avant l'avis formel de la demande. Un avis effectif donné par un parent payeur suppose une communication claire du changement, accompagnée des documents nécessaires pour l'étayer, et non la simple mention du sujet. La Cour a également confirmé que cette approche fondée sur une présomption s'applique lorsqu'un parent bénéficiaire demande une augmentation rétroactive, les facteurs établis dans D.B.S. guidant tout écart par rapport à la date présomptive.
Notions clés en matière de pension alimentaire
Essayez le calculateur de pension alimentaire pour enfants pour estimer le montant mensuel de la table fédérale (Ontario, Colombie-Britannique et Alberta).
- Comment fonctionnent les tables fédérales de pensions alimentaires
- La garde partagée et la règle des 40 %
- Les frais particuliers ou extraordinaires (article 7)
- Le modèle québécois de pension alimentaire
- La pension alimentaire rétroactive
Pension alimentaire pour enfants par province et territoire
Partout au Canada, la pension alimentaire pour enfants est calculée selon les Lignes directrices fédérales sur les pensions alimentaires pour enfants, sauf au Québec, qui utilise son propre modèle, et dans les divorces où les deux époux résident habituellement dans une province désignée (Québec, Nouveau-Brunswick ou Manitoba), auquel cas les lignes directrices de cette province s'appliquent. Chaque province et territoire administre son propre programme d'exécution et son propre service de recalcul. Sélectionnez votre juridiction pour connaître les montants de la table, les règles et les modalités de demande.
- Pension alimentaire pour enfants en Ontario
- Pension alimentaire pour enfants au Québec
- Pension alimentaire pour enfants en Colombie-Britannique
- Pension alimentaire pour enfants en Alberta
- Pension alimentaire pour enfants au Manitoba
- Pension alimentaire pour enfants en Saskatchewan
- Pension alimentaire pour enfants en Nouvelle-Écosse
- Pension alimentaire pour enfants au Nouveau-Brunswick
- Pension alimentaire pour enfants à Terre-Neuve-et-Labrador
- Pension alimentaire pour enfants à l'Île-du-Prince-Édouard
- Pension alimentaire pour enfants au Yukon
- Pension alimentaire pour enfants dans les Territoires du Nord-Ouest
- Pension alimentaire pour enfants au Nunavut
Guides canadiens connexes
Questions fréquentes
Comment la paternité est-elle établie?
Avant qu'une pension alimentaire pour enfants puisse être ordonnée, la filiation (paternité) doit être établie. Au Canada, le droit fédéral s'en remet aux lois provinciales pour les règles relatives à l'établissement de la filiation. En général, une personne est présumée être un parent si certaines conditions sont réunies (mariage avec la mère biologique, relation de permanence avant la naissance, ou inscription sur le certificat de naissance). Si la filiation est contestée, le tribunal peut ordonner un test d'ADN. Une fois la filiation confirmée, l'obligation légale de verser une pension alimentaire pour enfants commence immédiatement.
Que couvre la pension alimentaire pour enfants?
Le montant mensuel de la table couvre les frais courants de la vie quotidienne : la nourriture et l'épicerie, le logement et les services publics, les vêtements, le transport de base et les soins personnels. Les Lignes directrices fédérales sur les pensions alimentaires pour enfants présument que le parent qui reçoit la pension contribue également, et directement, à ces mêmes coûts en offrant un foyer et des soins à l'enfant. Le montant de la table ne couvre pas les dépenses spéciales ou extraordinaires, comme les frais de garde d'enfants, les primes d'assurance médicale et dentaire, ou les activités parascolaires compétitives. Celles-ci sont traitées séparément en vertu de l'article 7 et partagées proportionnellement au revenu de chaque parent.
Quelle table s'applique si la pension est établie pour une période antérieure?
La table applicable dépend de la période visée par le calcul, et non de la date du jour. Les tables fédérales de pensions alimentaires pour enfants mises à jour sont entrées en vigueur le 1er octobre 2025 et s'appliquent à compter de cette date. Pour une période allant du 22 novembre 2017 au 30 septembre 2025, les tables de 2017 demeurent les tables exactes. Cela importe surtout lorsqu'un tribunal fixe une pension rétroactivement ou qu'un programme d'exécution calcule des arriérés couvrant les deux périodes.
Exécution : que se passe-t-il si vous ne payez pas?
Le gouvernement fédéral ne perçoit pas lui-même la pension alimentaire pour enfants. L'exécution passe par le programme provincial ou territorial, soit le Bureau des obligations familiales en Ontario, l'Agence de maintien des familles de la Colombie-Britannique en Colombie-Britannique, le programme de perception des pensions alimentaires administré par Revenu Québec au Québec, et un programme d'exécution des ordonnances alimentaires dans la plupart des autres provinces et territoires. Une fois que le parent payeur accumule un arriéré, ce programme peut demander une mesure fédérale en vertu de la Loi d'aide à l'exécution des ordonnances et des ententes familiales, notamment la saisie-arrêt de sommes fédérales telles que les remboursements d'impôt, les prestations d'assurance-emploi, les prestations du Régime de pensions du Canada et celles de la Sécurité de la vieillesse, ainsi qu'une demande visant à faire refuser ou suspendre un passeport, une licence de pilote ou un certificat maritime.
Quelle part de mon salaire peut être saisie pour la pension alimentaire pour enfants?
Il n'existe pas de pourcentage national unique. La LAEOEF autorise des règlements qui fixent le pourcentage exempté séparément pour chaque loi, disposition ou programme fédéral, de sorte que la réponse dépend du paiement visé par la saisie. La distraction d'une pension fédérale est plafonnée à 50 % de la prestation de pension nette, bien que ce plafond puisse être dépassé lorsque l'ordonnance vise des arriérés. Pour le salaire et la rémunération, la Couronne fédérale suit le droit de la province concernée en matière de saisie-arrêt, de sorte que la portion protégée est fixée à l'échelle provinciale. Demandez au programme d'exécution responsable de votre dossier quelles règles s'appliquent à vous.
Quand la pension alimentaire pour enfants prend-elle fin?
L'obligation de verser une pension alimentaire pour enfants ne prend pas automatiquement fin à 18 ans. Elle se poursuit tant que l'enfant est un "enfant à charge" au sens de la *Loi sur le divorce*, ce qui vise un enfant qui ne peut se soustraire à l'autorité parentale en raison d'une maladie, d'une incapacité ou de la poursuite d'études postsecondaires à temps plein. Pour un étudiant, la pension se poursuit habituellement jusqu'à l'obtention d'un premier diplôme, souvent jusqu'au début de la vingtaine, mais il s'agit d'une décision qui dépend des faits de chaque cas plutôt que d'un âge fixe. Le montant de la table peut être ajusté lorsque l'enfant vit loin du foyer familial pendant l'année scolaire.
Mises à jour
Nous avons corrigé les règles applicables lors d'un divorce : les lignes directrices fédérales ne s'appliquent pas partout, car le Québec, le Nouveau-Brunswick et le Manitoba sont des provinces désignées dont les propres lignes directrices sur la pension alimentaire s'appliquent lorsque les deux époux y résident. Nous avons aussi corrigé la liste des dépenses de l'article 7 : les études postsecondaires forment leur propre catégorie à l'alinéa 7(1)e) et n'ont pas à être « extraordinaires » pour être réclamées, ce critère ne s'appliquant qu'aux études primaires ou secondaires et aux activités parascolaires. Les limites relatives à l'invalidité et à la majorité du temps parental ont été rétablies dans la disposition sur les frais de garde. Nous avons également retiré un chiffre de saisie-arrêt fixe de 50 % et une mention des crédits de TPS/TVH que le droit fédéral ne confirme pas, remplacé le nom générique du programme d'exécution par l'organisme réel de chaque province, remplacé une date limite de divulgation du 30 juin non étayée par la règle annuelle sur demande de l'article 25 des lignes directrices, précisé que les tables de 2017 s'appliquent encore aux périodes antérieures au 1er octobre 2025, ajouté la décision de 2021 de la Cour suprême dans l'affaire Colucci v. Colucci à la section sur la pension rétroactive, et porté la liste des sources à 19 sources primaires gouvernementales et judiciaires.
Vérification indépendante contre les sources primaires citées
Vérification indépendante contre les sources primaires citées
Sources et références
- Justice Canada : pension alimentaire pour enfants(justice.gc.ca).gov
- Lignes directrices fédérales sur les pensions alimentaires pour enfants, DORS/97-175 (texte intégral, y compris les art. 3, 7, 9, 16 et 19)(laws-lois.justice.gc.ca).gov
- Lignes directrices fédérales sur les pensions alimentaires pour enfants, art. 25 : obligation continue de fournir des renseignements sur le revenu(laws-lois.justice.gc.ca).gov
- Justice Canada : tables fédérales de pensions alimentaires pour enfants mises à jour, en vigueur depuis le 1er octobre 2025(justice.gc.ca).gov
- Justice Canada : recherche des tables fédérales de pensions alimentaires pour enfants (versions 2025 et 2017)(justice.gc.ca).gov
- Justice Canada : questions fréquentes sur la pension alimentaire pour enfants(justice.gc.ca).gov
- Justice Canada : mesures fédérales d'exécution des pensions alimentaires(justice.gc.ca).gov
- Justice Canada : programmes provinciaux et territoriaux d'exécution des ordonnances alimentaires(justice.gc.ca).gov
- Loi d'aide à l'exécution des ordonnances et des ententes familiales, partie II (saisie-arrêt) et art. 61a.1)(laws-lois.justice.gc.ca).gov
- Loi d'aide à l'exécution des ordonnances et des ententes familiales, annexe : permis pouvant être refusés(laws-lois.justice.gc.ca).gov
- Règlement sur la saisie-arrêt pour l'exécution d'ordonnances et d'ententes alimentaires, DORS/88-181(laws-lois.justice.gc.ca).gov
- Loi sur la saisie-arrêt et la distraction de pensions, LRC 1985, ch. G-2(laws-lois.justice.gc.ca).gov
- Agence du revenu du Canada, Folio de l'impôt sur le revenu S1-F3-C3 : Paiements de pension alimentaire(canada.ca).gov
- D.B.S. v. S.R.G., 2006 SCC 37, [2006] 2 SCR 231 (Cour suprême du Canada)(decisions.scc-csc.ca).gov
- Colucci v. Colucci, 2021 SCC 24, [2021] 2 SCR 3 (Cour suprême du Canada) : modification rétroactive de la pension alimentaire pour enfants en vertu de l'art. 17 de la Loi sur le divorce(decisions.scc-csc.ca).gov
- Loi sur le divorce, par. 2(1), définition des « lignes directrices applicables », et par. 2(5), pouvoir de désigner une province(laws-lois.justice.gc.ca).gov
- Loi sur le divorce, règlements pris en vertu de la Loi : ordonnances désignant le Québec (DORS/97-237), le Nouveau-Brunswick (DORS/98-256) et le Manitoba (DORS/98-288), et l'ordonnance abrogée visant l'Île-du-Prince-Édouard (DORS/98-9, abrogée par DORS/2006-145)(laws-lois.justice.gc.ca).gov
- Justice Canada, La pension alimentaire pour enfants étape par étape, étape 1 : provinces désignées et lignes directrices applicables(justice.gc.ca).gov
- Lignes directrices fédérales sur les pensions alimentaires pour enfants, art. 7 : frais spéciaux ou extraordinaires, alinéas 7(1)a) à f) et la définition de « frais extraordinaires » au par. 7(1.1)(laws-lois.justice.gc.ca).gov