Divorce en Colombie-Britannique : procédure et biens

En Colombie-Britannique, seule la Cour suprême de la Colombie-Britannique peut prononcer un divorce, tandis qu'une loi provinciale distincte, la Family Law Act, régit la division des biens du couple.
Quelle cour prononce le divorce en Colombie-Britannique?
La Colombie-Britannique compte deux tribunaux de première instance qui entendent les affaires de droit de la famille, et ils n'ont pas les mêmes pouvoirs. La Cour suprême de la Colombie-Britannique est le seul tribunal de la province habilité à prononcer un divorce. Elle peut aussi diviser les biens familiaux et les dettes, décider des arrangements parentaux et fixer la pension alimentaire pour enfants ou pour le conjoint.
La Cour provinciale de la Colombie-Britannique traite aussi de nombreuses questions familiales, notamment le temps parental, la responsabilité décisionnelle, la pension alimentaire pour enfants et pour le conjoint, la tutelle et les ordonnances de protection. Ce qu'elle ne peut pas faire, c'est prononcer un divorce ou diviser les biens et les dettes entre conjoints. Quiconque a besoin d'un divorce, ou d'une division de ses biens, doit s'adresser à la Cour suprême.
Certaines familles utilisent les deux tribunaux au fil du temps, par exemple une ordonnance parentale de la Cour provinciale suivie plus tard d'un divorce devant la Cour suprême. D'autres entament et terminent toutes leurs démarches devant la Cour suprême. Choisir le bon tribunal dès le départ évite les dépôts en double et les retards.
Motifs de divorce : la Loi sur le divorce fédérale s'applique toujours
Le divorce lui-même relève de la Loi sur le divorce fédérale à l'échelle nationale, et non du droit de la Colombie-Britannique. Le seul motif est l'échec du mariage, qu'un conjoint établit de l'une des trois façons suivantes : vivre séparé pendant au moins un an, l'adultère, ou la cruauté physique ou mentale. La voie de la séparation d'un an est de loin la plus courante et ne nécessite pas que l'un ou l'autre conjoint soit fautif.
Une demande peut être présentée avant que l'année de séparation ne soit écoulée, mais le tribunal ne prononcera le divorce qu'une fois l'année complète passée. Les conjoints peuvent être considérés comme séparés même s'ils vivent encore sous le même toit, s'ils ne fonctionnent plus comme un couple. Au moins un des conjoints doit avoir résidé habituellement en Colombie-Britannique pendant au moins un an immédiatement avant le dépôt de la demande. Pour un survol plus complet de ces règles fédérales, consultez notre guide sur le divorce au Canada.
Demandes individuelles et conjointes
Un divorce peut être déposé sous forme de demande conjointe, où les deux conjoints signent ensemble les mêmes documents judiciaires, ou sous forme de demande individuelle déposée par un seul conjoint. La demande conjointe est généralement plus simple, car les deux conjoints se sont déjà entendus et personne n'a besoin d'être signifié formellement.
Dans une demande individuelle, le conjoint qui dépose la demande doit faire signifier les documents judiciaires à l'autre conjoint conformément aux Supreme Court Family Rules, puis déposer une preuve que la signification a été effectuée. Si l'autre conjoint ne répond pas dans le délai imparti, la demande peut généralement être traitée comme non contestée.
Le processus de divorce sur dossier
Lorsqu'un divorce est non contesté, c'est-à-dire que les conjoints s'entendent sur le divorce et ont soit réglé, soit n'ont pas besoin que le tribunal tranche les questions de parentalité, de pension alimentaire et de biens, la Colombie-Britannique permet qu'il soit traité comme un divorce sur dossier. Un greffier, puis un juge, examinent les documents déposés, y compris un affidavit assermenté, sans que l'un ou l'autre conjoint n'ait à comparaître devant le tribunal.
Les documents doivent démontrer au tribunal que le mariage a échoué selon l'un des motifs prévus par la loi, que la signification a été correctement effectuée s'il s'agissait d'une demande individuelle, et que des arrangements raisonnables ont été pris pour les enfants du mariage. Si le dossier est complet et que rien n'est contesté, un juge peut signer l'ordonnance de divorce sur la seule base des documents.
Quand le divorce devient-il définitif?
Une ordonnance de divorce ne prend pas effet immédiatement. En vertu de la Loi sur le divorce, elle devient définitive, et le mariage prend fin légalement, 31 jours après que le juge a signé l'ordonnance, à moins qu'un appel ne soit déposé pendant ce délai. Une fois les 31 jours écoulés, l'un ou l'autre conjoint peut demander un certificat de divorce au greffe du tribunal, document nécessaire pour se remarier, mettre à jour un testament ou diviser certaines pensions.
Avant même qu'un divorce puisse être prononcé, le tribunal doit être convaincu que des arrangements raisonnables ont été pris pour le soutien des enfants du mariage, conformément aux Lignes directrices fédérales sur les pensions alimentaires pour enfants. Cela s'applique même lorsque les conjoints s'entendent sur tout le reste. Consultez notre aperçu de la pension alimentaire pour enfants au Canada pour savoir comment les montants sont calculés.
La division des biens relève de la compétence provinciale
La Loi sur le divorce traite de la dissolution du mariage et, pour les conjoints mariés, du soutien et de la parentalité. Elle ne divise pas les biens. En Colombie-Britannique, la division des biens et des dettes est régie par la loi provinciale Family Law Act, et seule la Cour suprême, et non la Cour provinciale, a le pouvoir de rendre des ordonnances de division des biens en vertu de cette loi. Pour une comparaison nationale de la façon dont chaque province aborde ce partage, consultez notre page sur la division des biens lors d'un divorce.
Qui est considéré comme conjoint aux fins de la division des biens
Selon l'article 3 de la Family Law Act, une personne est considérée comme conjoint si elle est mariée, ou si elle a vécu avec une autre personne dans une relation assimilable au mariage pendant une période continue d'au moins 2 ans. Un couple ayant un enfant ensemble mais moins de 2 ans de cohabitation peut aussi être considéré comme conjoint aux fins du soutien et de la parentalité, mais ce raccourci ne s'applique pas à la division des biens et des pensions, qui exige toujours les 2 années complètes.
Cela fait de la Colombie-Britannique l'une des provinces les plus généreuses envers les couples non mariés. Une fois le seuil de 2 ans atteint, un conjoint non marié a les mêmes droits de division des biens familiaux qu'un conjoint marié en vertu de la Family Law Act. Il s'agit d'une règle sensiblement différente de celle de plusieurs autres provinces, où les conjoints de fait peuvent avoir droit à une pension alimentaire pour le conjoint, mais n'obtiennent aucune part automatique des biens. Consultez notre page sur les unions de fait au Canada pour voir comment la Colombie-Britannique se compare à l'Ontario, à l'Alberta et au Québec.
Biens familiaux et biens exclus
Les biens familiaux sont définis largement. Ils comprennent généralement les biens détenus par l'un ou l'autre des conjoints, ou par les deux, à la date de la séparation, ainsi que les biens acquis par la suite au moyen de biens familiaux, les intérêts commerciaux et la plupart des pensions accumulées pendant la relation.
Les biens exclus sont soustraits de cet ensemble. Ils comprennent habituellement les biens qu'un conjoint possédait avant le début de la relation, un héritage ou un don reçu par un seul conjoint, certains biens détenus en fiducie, ainsi que certaines indemnités d'assurance ou dommages-intérêts. Les biens exclus ne sont pas partagés entre les conjoints et demeurent la propriété du conjoint qui les détient, à condition qu'ils puissent être retracés et que leur valeur soit documentée.
Il existe une exception importante. Bien que la valeur initiale des biens exclus soit protégée, toute augmentation de la valeur de ces biens survenue pendant la relation est traitée comme un bien familial et peut être divisée. Une maison possédée avant la relation, par exemple, conserve sa valeur de départ protégée, mais la plus-value accumulée pendant que le couple était ensemble ne l'est généralement pas.
Division égale et dettes familiales
Dès la séparation, chaque conjoint acquiert le droit à une part indivise de moitié dans les biens familiaux à titre de copropriétaire, et chacun est également responsable des dettes familiales, peu importe au nom de qui figure le bien ou qui a contracté la dette. Cette présomption de division égale s'applique que les conjoints aient été mariés ou qu'ils aient été considérés comme conjoints en raison de la cohabitation.
Un tribunal peut ordonner une division inégale, mais seulement lorsqu'un partage égal serait nettement inéquitable, compte tenu de facteurs comme la durée de la relation et les contributions de chaque conjoint. Rien ici ne permet de prédire comment un tribunal donné statuerait; l'issue dépend des faits propres à chaque affaire.
Le délai de prescription de 2 ans
Un conjoint qui souhaite que le tribunal divise les biens ou les dettes, divise une pension, ou fixe une pension alimentaire pour le conjoint dispose généralement d'un délai de seulement 2 ans pour intenter cette réclamation. Pour les conjoints mariés, le délai commence à courir à la date où le divorce est prononcé ou le mariage annulé. Pour les conjoints non mariés, le délai commence à courir à la date de la séparation, puisqu'il n'y a pas de divorce pour marquer l'échéance.
Cette distinction compte, car l'échéance d'un couple non marié peut expirer bien avant que l'un ou l'autre partenaire ne songe à agir, puisqu'elle est liée à la séparation plutôt qu'à une procédure judiciaire. Le fait de manquer ce délai peut définitivement faire obstacle à une réclamation de biens ou de pension alimentaire, de sorte que quiconque n'est pas certain de sa situation devrait consulter rapidement un avocat plutôt que d'attendre.
Cour suprême de la Colombie-Britannique et Cour provinciale
| Question | Cour suprême de la C.-B. | Cour provinciale |
|---|---|---|
| Prononcer un divorce | Oui | Non |
| Diviser les biens ou dettes familiaux | Oui | Non |
| Diviser une pension | Oui | Non |
| Temps parental et responsabilité décisionnelle | Oui | Oui |
| Pension alimentaire pour enfants | Oui | Oui |
| Pension alimentaire pour le conjoint | Oui | Oui |
| Ordonnances de protection | Oui | Oui |
Quiconque n'a besoin que d'une ordonnance parentale ou de soutien, sans avoir besoin d'un divorce ou d'une division des biens, peut généralement choisir l'un ou l'autre tribunal. Dès qu'un divorce ou une réclamation de biens entre en jeu, la Cour suprême devient la seule option.
Avis : Cet article explique en termes généraux le processus de divorce et les règles de division des biens en Colombie-Britannique et ne constitue pas un avis juridique. Les issues en droit de la famille dépendent des circonstances propres à chaque situation. Consultez un avocat en droit de la famille de la Colombie-Britannique ou les ressources de Family Law in BC pour obtenir des conseils adaptés à votre situation.
Questions fréquentes
Puis-je obtenir un divorce devant la Cour provinciale de la Colombie-Britannique?
Non. Seule la Cour suprême de la Colombie-Britannique peut prononcer un divorce. La Cour provinciale peut traiter du temps parental, de la pension alimentaire pour enfants et pour le conjoint, ainsi que des ordonnances de protection, mais elle n'a pas le pouvoir de dissoudre un mariage ni de diviser les biens familiaux.
Qu'est-ce qu'un divorce sur dossier en Colombie-Britannique?
Il s'agit du processus utilisé pour un divorce non contesté, où un juge examine les documents judiciaires déposés et un affidavit assermenté, puis signe l'ordonnance de divorce sans que l'un ou l'autre conjoint n'ait à comparaître devant le tribunal. Cette option n'est offerte que lorsque le divorce et les questions connexes ne sont pas contestés.
Le fait de vivre ensemble pendant 2 ans en Colombie-Britannique donne-t-il à mon partenaire des droits sur mes biens?
Généralement, oui. En vertu de la Family Law Act, un couple ayant vécu dans une relation assimilable au mariage pendant une période continue d'au moins 2 ans est considéré comme conjoint, ce qui lui donne les mêmes droits de division des biens familiaux qu'un couple marié, y compris la présomption de division égale.
Qu'advient-il des biens que je possédais avant la relation?
Les biens que vous possédiez avant le début de la relation sont généralement traités comme des biens exclus et demeurent votre propriété plutôt que d'être divisés, à condition que vous puissiez les retracer et en documenter la valeur. Toutefois, toute augmentation de la valeur de ces biens survenue pendant la relation est traitée comme un bien familial et peut être divisée.
Combien de temps ai-je pour présenter une réclamation de biens après une séparation en Colombie-Britannique?
Généralement 2 ans. Pour les conjoints mariés, le délai de 2 ans court à partir de la date à laquelle le divorce est prononcé. Pour les conjoints non mariés qui sont considérés comme conjoints en vertu de la Family Law Act, le délai de 2 ans court plutôt à partir de la date de la séparation, puisqu'il n'y a pas d'ordonnance de divorce pour marquer l'échéance.
Combien de temps dois-je attendre avant de me remarier après un divorce en Colombie-Britannique?
Pas avant que le divorce ne prenne effet, soit 31 jours après que le juge a signé l'ordonnance, et généralement pas avant d'avoir obtenu un certificat de divorce confirmant qu'aucun appel n'a été déposé.
Sources et références
- Divorce Act, R.S.C., 1985, c. 3 (2nd Supp.)(laws-lois.justice.gc.ca).gov
- Family Law Act, SBC 2011, c 25(bclaws.gov.bc.ca).gov
- Ministère de la Justice du Canada, Divorce(justice.gc.ca).gov
- Gouvernement de la Colombie-Britannique, À quelle cour dois-je m'adresser?(gov.bc.ca).gov
- Gouvernement de la Colombie-Britannique, Se présenter à la Cour provinciale(gov.bc.ca).gov
- Gouvernement de la Colombie-Britannique, Que dois-je savoir pour obtenir un divorce?(gov.bc.ca).gov
- Supreme Court Family Rules de la Colombie-Britannique, Formulaire F38 (Affidavit, divorce sur dossier)(bclaws.gov.bc.ca).gov