Vérifications des antécédents judiciaires au Canada

Les vérifications des antécédents judiciaires au Canada comportent trois paliers distincts, et c'est le type de poste ou de rôle bénévole visé, et non une préférence personnelle, qui détermine quel palier un organisme est autorisé à demander.
Les trois paliers, comparés
Chaque vérification des antécédents judiciaires offerte par un service de police canadien ou un fournisseur tiers accrédité appartient à l'un de trois paliers. Chacun interroge un éventail plus large de renseignements que le précédent, et chacun exige que l'organisme demandeur justifie pourquoi il a besoin de ce niveau de détail.
| Palier | Ce qu'il interroge | Qui peut le demander | Ce qu'il peut révéler |
|---|---|---|---|
| Vérification des antécédents judiciaires (fondée sur le nom) | Antécédents judiciaires au CIPC par nom et date de naissance | La plupart des employeurs, organismes bénévoles, propriétaires dans certaines provinces | Condamnations dont le casier n'a pas encore été suspendu |
| Vérification des antécédents judiciaires et des affaires judiciaires | CIPC plus accusations en instance, mandats, ordonnances judiciaires (probation, engagements de ne pas troubler l'ordre public), certaines absolutions dans les délais de conservation | Employeurs et organismes ayant un besoin légitime d'un portrait judiciaire plus complet, comme certaines professions réglementées | Tout ce qui figure au palier un, plus les accusations en instance, les mandats et les ordonnances judiciaires actives |
| Vérification des antécédents en vue d'un travail auprès de personnes vulnérables (VAVP) | CIPC, affaires judiciaires et vérification d'un signalement au Registre national des délinquants sexuels; vérifications des antécédents auprès des services de police locaux dans certaines provinces | Seulement les organismes dont le poste ou le rôle bénévole implique une autorité sur, ou une relation de confiance avec, des enfants ou des personnes vulnérables | Tout ce qui figure au palier deux, plus les condamnations pour infraction sexuelle dont le casier a été suspendu et, dans certaines provinces, certains contacts policiers ne découlant pas d'une condamnation |
Palier 1 : vérification des antécédents judiciaires (fondée sur le nom, CIPC)
La vérification la plus courante et la moins intrusive est une recherche fondée sur le nom dans le Centre d'information de la police canadienne (CIPC), le répertoire national tenu par la GRC. Le nom et la date de naissance du demandeur sont comparés à la base de données, et le résultat révèle les condamnations pour des infractions dont le casier n'a pas été suspendu.
C'est le palier que la plupart des employeurs, propriétaires et coordonnateurs de bénévoles demandent pour les postes courants. Il ne révèle pas les accusations en instance, les ordonnances judiciaires ni les absolutions hors de leurs délais de conservation, et il ne peut pas révéler une condamnation dont le casier a été suspendu.
Palier 2 : vérification des antécédents judiciaires et des affaires judiciaires
Une vérification des antécédents judiciaires et des affaires judiciaires s'appuie sur la recherche fondée sur le nom en y ajoutant les accusations en instance, les mandats en vigueur, les ordonnances judiciaires comme les ordonnances de probation et les engagements de ne pas troubler l'ordre public, et, dans leurs délais de conservation, certaines absolutions inconditionnelles et sous conditions. Ce palier est courant pour des postes comportant un degré plus élevé de confiance du public ou de surveillance réglementaire, comme certains rôles financiers, de transport ou d'accréditation professionnelle, où l'organisme demandeur a un fondement juridique ou réglementaire défini pour la demander.
Palier 3 : vérification des antécédents en vue d'un travail auprès de personnes vulnérables (VAVP)
La vérification des antécédents en vue d'un travail auprès de personnes vulnérables est le palier le plus approfondi, et elle est délibérément restreinte. Elle n'est offerte que lorsque le poste ou le rôle bénévole implique réellement un travail auprès d'enfants ou de personnes vulnérables, comme l'entraînement, l'enseignement, les familles d'accueil ou les rôles en santé et services sociaux. Un organisme ne peut pas obtenir une VAVP simplement en la demandant; il doit attester, par l'entremise du service de police ou du fournisseur accrédité qui traite la demande, que le poste atteint ce seuil.
La VAVP est le seul palier qui peut révéler une condamnation pour infraction sexuelle dont le casier a été suspendu. Le Parlement a créé délibérément cette exception : une suspension du casier retire habituellement une condamnation des vérifications standard, mais les infractions sexuelles contre une personne en situation de vulnérabilité sont signalées précisément en raison du risque accru pour les personnes que la vérification vise à protéger. Dans certaines provinces, une VAVP peut aussi inclure une vérification des antécédents auprès des services de police locaux qui capte certains contacts ne découlant pas d'une condamnation, comme certaines interactions policières liées à la santé mentale, même si la portée de cette couche additionnelle varie selon le service de police.
Une personne ne peut pas demander une vérification des antécédents en vue d'un travail auprès de personnes vulnérables pour elle-même pour un emploi qui ne l'exige pas, et aucun fournisseur légitime n'en effectuera une sans que l'organisme confirme l'admissibilité. Quiconque offre une VAVP « sur demande » en dehors d'un poste ou d'un rôle admissible devrait être traité avec prudence.
Vérification des empreintes digitales : quand une correspondance de nom ne suffit pas
Une recherche fondée sur le nom ne compare qu'un nom et une date de naissance, alors si la recherche révèle une correspondance possible, cette correspondance ne peut pas être confirmée ni écartée sur la seule base du nom. Dans cette situation, le service de police ou le fournisseur exige des empreintes digitales pour confirmer positivement l'identité du demandeur, et les empreintes sont comparées aux dossiers détenus par la GRC.
C'est pourquoi les délais varient autant. Une recherche fondée sur le nom sans correspondance possible peut être retournée en quelques minutes à quelques jours. Une recherche qui révèle une « correspondance » nécessitant une confirmation par empreintes digitales peut prendre plusieurs semaines, car les empreintes doivent être traitées par le système de la GRC plutôt que par la seule base de données locale. Ce délai est une étape de vérification d'identité de routine, et non une preuve que le demandeur a un casier judiciaire.
Les absolutions : une règle largement mal comprise
Une absolution est un verdict de culpabilité où le tribunal choisit de ne pas inscrire de condamnation. Il en existe deux types :
- Une absolution inconditionnelle prend effet immédiatement sans aucune condition.
- Une absolution sous conditions s'accompagne de conditions énoncées dans une ordonnance de probation.
Depuis des modifications entrées en vigueur le 24 juillet 2000, les deux types d'absolution sont automatiquement retirés du CIPC, sans que la personne n'ait à en faire la demande : une absolution inconditionnelle est retirée un an après avoir été accordée, et une absolution sous conditions est retirée trois ans après avoir été accordée. Avant la fermeture de ce délai, l'absolution peut tout de même apparaître dans une vérification des antécédents judiciaires et des affaires judiciaires; une fois le délai écoulé, elle ne devrait plus apparaître dans une recherche standard. Beaucoup de gens croient à tort qu'une absolution demeure au dossier de façon permanente ou qu'ils doivent présenter une demande pour la faire retirer. Ni l'une ni l'autre n'est exacte en droit actuel.
Les dossiers de jeunes suivent un régime distinct
Les dossiers créés lorsqu'une personne était un adolescent en vertu de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents (LSJPA) sont régis par leurs propres règles d'accès et de conservation, généralement beaucoup plus courtes, distinctes du régime applicable aux dossiers d'adultes. L'accès aux dossiers de jeunes est restreint à des personnes précises pour des fins précises et pour des périodes définies, habituellement plus courtes que la période de conservation équivalente pour un adulte, après quoi le dossier est scellé ou détruit en vertu de la Loi. Une vérification des antécédents axée sur les adultes ne reporte pas automatiquement les constats de la justice pour adolescents de la même façon qu'elle traite les condamnations d'adultes.
Suspensions du casier : ce qu'elles retirent et ce qu'elles ne retirent pas
Une suspension du casier (le terme juridique actuel; « pardon » est l'ancienne appellation encore couramment employée) est accordée par la Commission des libérations conditionnelles du Canada une fois les délais d'admissibilité et les autres conditions respectés. L'octroi d'une suspension du casier garde la condamnation séparée du dossier CIPC standard utilisé dans les vérifications de palier un et deux, alors elle n'y apparaîtra pas. Elle n'efface ni ne détruit le dossier, et elle peut être révoquée si la personne est déclarée coupable par la suite de certaines infractions ou si l'on découvre qu'elle était inadmissible.
C'est pourquoi l'exception de la vérification des antécédents en vue d'un travail auprès de personnes vulnérables pour les infractions sexuelles compte : sans elle, une suspension du casier retirerait même une infraction sexuelle dont le casier a été suspendu du regard d'un organisme qui vérifie une personne pour un contact direct et non supervisé avec des enfants ou des adultes vulnérables.
Une suspension du casier n'est pas la même chose qu'une radiation, qui détruit de façon permanente un dossier et n'est offerte que dans des circonstances restreintes et précises pour des condamnations historiquement injustes, comme celles liées à une activité consensuelle qui n'aurait jamais dû être criminalisée. La radiation n'est pas un recours à usage général offert à la plupart des personnes ayant un casier judiciaire. Pour un survol complet de l'admissibilité, des délais d'attente et du processus de demande, consultez notre guide sur les suspensions du casier et les pardons au Canada.
Qui effectue la vérification, et les différences provinciales
Les vérifications fondées sur le nom (paliers un et deux) sont habituellement traitées par un service de police local ou un fournisseur tiers accrédité par la GRC, selon la province et le service de police compétent. La confirmation d'identité par empreintes digitales est traitée par la GRC, peu importe quel service de police ou fournisseur a prélevé les empreintes originales.
Des différences pratiques d'une province et d'un service de police à l'autre sont courantes :
- Les délais varient considérablement d'un service de police à l'autre, et certains acceptent les demandes en ligne tandis que d'autres exigent une visite en personne.
- Les frais diffèrent selon le service de police et le palier de vérification demandé.
- La question de savoir si une vérification des antécédents en vue d'un travail auprès de personnes vulnérables inclut une vérification supplémentaire des dossiers locaux, et ce que cette vérification peut capter, varie selon le service de police plutôt que selon une norme nationale unique.
- Certaines provinces offrent des protections additionnelles en matière de droits de la personne limitant la façon dont une absolution ou une condamnation dont le casier a été suspendu peut jouer dans les décisions d'embauche; consultez notre guide sur les vérifications des antécédents et l'emploi au Canada pour voir comment cela se déroule pour les candidats à un emploi.
Quiconque présente une demande pour un poste exigeant une vérification devrait confirmer directement auprès de l'organisme demandeur, ou du service de police responsable du traitement, quel palier s'applique et quels documents sont nécessaires, plutôt que de présumer en se fondant sur une vérification effectuée pour un rôle différent dans le passé.
Pour des processus connexes qui peuvent apparaître dans, ou être confondus avec, un casier judiciaire, consultez nos guides sur les engagements de ne pas troubler l'ordre public au Canada, qui ne sont ni une condamnation ni un casier judiciaire même s'ils peuvent apparaître dans certaines vérifications, et le pôle du droit criminel au Canada pour le reste de cette série.
Avis de non-responsabilité : cet article fournit des renseignements généraux sur les vérifications des antécédents judiciaires au Canada et ne constitue pas un avis juridique. Les règles, les délais de conservation et les frais varient selon le service de police et la province et peuvent changer. Consultez la Commission des libérations conditionnelles du Canada, la GRC ou un avocat pour un avis sur une situation précise.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre une vérification des antécédents judiciaires et une vérification des antécédents en vue d'un travail auprès de personnes vulnérables au Canada?
Une vérification des antécédents judiciaires de base est une recherche fondée sur le nom dans la base de données du CIPC pour des condamnations dont le casier n'a pas été suspendu. Une vérification des antécédents en vue d'un travail auprès de personnes vulnérables va plus loin et n'est offerte que pour des postes impliquant des enfants ou des personnes vulnérables; c'est la seule vérification qui peut révéler une infraction sexuelle dont le casier a été suspendu et, dans certaines provinces, des renseignements ne découlant pas d'une condamnation comme certains constats judiciaires ou dossiers policiers locaux.
Une personne peut-elle demander une vérification des antécédents en vue d'un travail auprès de personnes vulnérables pour elle-même ou pour une autre personne?
Non. Une vérification des antécédents en vue d'un travail auprès de personnes vulnérables ne peut être demandée que par l'entremise d'un organisme dont le poste ou le rôle bénévole implique réellement une autorité sur, ou une relation de confiance avec, des enfants ou des personnes vulnérables, et l'organisme demandeur doit le confirmer au service de police ou au fournisseur accrédité qui traite la demande. Ce n'est pas une vérification des antécédents à usage général offerte sur demande.
Pourquoi certaines vérifications des antécédents judiciaires exigent-elles des empreintes digitales?
Une vérification fondée sur le nom ne compare qu'un nom et une date de naissance au CIPC. Si cette comparaison révèle une personne portant un nom similaire, le dossier ne peut pas être confirmé comme appartenant au demandeur sans un identifiant unique, alors le service de police ou la GRC exige des empreintes digitales pour confirmer ou écarter positivement l'identité. La vérification par empreintes digitales est traitée par la GRC et prend habituellement plus de temps qu'une simple vérification par nom sans correspondance.
Une absolution apparaît-elle dans une vérification des antécédents judiciaires au Canada?
Cela dépend du moment. Une absolution inconditionnelle est automatiquement retirée du CIPC un an après avoir été accordée, et une absolution sous conditions est retirée trois ans après avoir été accordée, une règle qui s'applique automatiquement depuis 2000. Dans ces délais, une absolution peut encore apparaître dans une vérification; par la suite, elle est retirée du répertoire national et ne devrait pas apparaître dans une recherche standard.
Une suspension du casier signifie-t-elle qu'une condamnation disparaît de toute vérification des antécédents?
Une suspension du casier retire une condamnation de la base de données CIPC utilisée pour les vérifications standard et les vérifications des affaires judiciaires, alors elle n'y apparaîtra pas. Toutefois, elle n'efface pas entièrement le dossier; le fichier est conservé séparément et peut être rétabli si la personne est déclarée coupable d'une nouvelle infraction. Une vérification des antécédents en vue d'un travail auprès de personnes vulnérables peut tout de même signaler une condamnation pour infraction sexuelle dont le casier a été suspendu, précisément en raison des protections additionnelles applicables aux postes de confiance auprès de personnes vulnérables.
Les dossiers de jeunes sont-ils traités de la même façon que les dossiers d'adultes dans une vérification des antécédents judiciaires?
Non. Les dossiers créés en vertu de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents suivent leurs propres périodes d'accès et de conservation, généralement plus courtes, et les dossiers de jeunes sont assujettis à des règles plus strictes sur qui peut y accéder et pour combien de temps ils demeurent au dossier. Ils ne sont pas simplement intégrés au dossier CIPC des adultes de la même façon ou pour la même durée.
Mises à jour
Des modifications au Criminal Records Act ont commencé à retirer automatiquement les absolutions inconditionnelles du CIPC après 1 an et les absolutions sous conditions après 3 ans, plutôt que d'exiger une demande distincte.
La Safe Streets and Communities Act a renommé le pardon en suspension du casier et resserré les délais d'admissibilité, changeant la terminologie qui apparaît maintenant dans les directives officielles sur la suspension du casier auxquelles renvoient les employeurs effectuant des vérifications.
Sources et références
- GRC - Vérifications des antécédents judiciaires(rcmp-grc.gc.ca).gov
- GRC - Vérifications en vue d'un travail auprès de personnes vulnérables(rcmp-grc.gc.ca).gov
- Commission des libérations conditionnelles du Canada - Suspensions du casier(canada.ca).gov
- Criminal Records Act(laws-lois.justice.gc.ca).gov
- Youth Criminal Justice Act(laws-lois.justice.gc.ca).gov
- Expungement of Historically Unjust Convictions Act(laws-lois.justice.gc.ca).gov