Suspension du casier (pardon) au Canada : coût, admissibilité

Une suspension du casier canadienne, encore souvent appelée un pardon, coûte maintenant 50 $ pour présenter une demande, des frais réduits de 657,77 $ entrés en vigueur le 1er janvier 2022, même si la plupart des demandeurs doivent aussi respecter un délai d'attente de plusieurs années après avoir purgé leur peine avant que la Commission des libérations conditionnelles du Canada n'examine même la demande.
Ce qu'est réellement une suspension du casier
Une suspension du casier est une ordonnance rendue par la Commission des libérations conditionnelles du Canada en vertu du Criminal Records Act. Une fois accordée, elle retire le casier judiciaire d'une personne de la base de données du Centre d'information de la police canadienne (CIPC) et le garde séparé des autres casiers judiciaires détenus par les ministères et organismes fédéraux.
Cette séparation est ce qui permet à la plupart des employeurs, propriétaires et organismes bénévoles d'effectuer une vérification des antécédents judiciaires standard et de ne rien voir, même si la condamnation a eu lieu. Il s'agit d'un changement pratique important pour quelqu'un qui tente de tourner la page sur une ancienne condamnation, mais c'est un statut juridique, pas un effacement de la mémoire. Consultez les vérifications des antécédents judiciaires au Canada pour voir comment les différents paliers de vérification des antécédents traitent un casier suspendu.
« Pardon » et « suspension du casier » désignent la même chose
La plupart des gens, et bien des sites Web, disent encore pardon. Ce n'est pas incorrect dans une conversation informelle, c'est simplement l'ancienne appellation juridique. Le Parlement a changé la terminologie en 2012, et la Commission des libérations conditionnelles du Canada emploie maintenant suspension du casier dans sa loi, ses formulaires et ses documents publics. Cet article emploie suspension du casier partout et traite pardon comme son surnom courant, et non comme un processus distinct.
Un véritable pardon au sens de la clémence existe encore techniquement en vertu de la prérogative royale de clémence, administrée séparément pour des cas rares et exceptionnels. Ce n'est pas ce que presque personne cherchant pardon Canada demande réellement, alors le reste de cette page se concentre sur le processus de suspension du casier dont les gens ont réellement besoin.
Les frais sont de 50 $, pas de 657,77 $
Cela vaut la peine d'être dit clairement, car c'est le fait unique au sujet de ce processus qui est répété incorrectement le plus souvent en ligne.
À compter du 1er janvier 2022, la Commission des libérations conditionnelles du Canada a réduit les frais de demande de suspension du casier à 50 $. Avant cette date, les frais étaient de 657,77 $. Un certain nombre d'articles, de guides et même certaines publicités de services de pardon payants citent encore 657,77 $, 631 $ ou un chiffre ancien semblable. Toute source qui affirme que les frais s'élèvent à plusieurs centaines de dollars décrit une règle qui n'est plus en vigueur depuis 2022.
Les frais de 50 $ couvrent l'examen de la demande elle-même par la Commission. Ils ne couvrent pas le coût de rassembler les documents justificatifs exigés par la demande, y compris un casier judiciaire fondé sur les empreintes digitales de la GRC, des vérifications des antécédents auprès des services de police locaux de chaque endroit où la personne a vécu, et des documents judiciaires prouvant comment chaque accusation a été réglée. Selon le nombre de juridictions et d'infractions en cause, ces coûts justificatifs peuvent s'additionner à plus que les frais de 50 $ eux-mêmes.
Une autre exception vaut la peine d'être connue. Les personnes condamnées uniquement pour possession simple de cannabis, à l'époque où c'était encore une infraction criminelle, peuvent présenter une demande par l'entremise d'un programme distinct sans aucuns frais et sans aucun délai d'attente, reflétant la position du Parlement selon laquelle ces condamnations n'auraient pas dû entraîner les mêmes conséquences après la légalisation.
Admissibilité : combien de temps faut-il attendre
L'admissibilité dépend du type d'infraction et du temps écoulé depuis que la peine a été purgée, et non du temps écoulé depuis l'infraction elle-même.
| Type d'infraction | Délai d'attente | Le délai commence quand |
|---|---|---|
| Infraction punissable par procédure sommaire | 5 ans | La peine complète est purgée |
| Acte criminel | 10 ans | La peine complète est purgée |
| Possession simple de cannabis seulement | Aucun | Peine purgée (aucuns frais, aucun délai) |
Purger la peine signifie plus qu'être libéré ou avoir fini une période de détention. Cela inclut de payer chaque amende en entier, de terminer toute ordonnance de probation et de payer toute restitution ordonnée à une victime. Si une amende ou un paiement de restitution demeure impayé, le délai d'attente n'a pas encore commencé, même si la personne est demeurée hors de tout ennui depuis l'infraction initiale.
Qui ne peut pas obtenir une suspension du casier
Toutes les condamnations ne deviennent pas admissibles peu importe le temps écoulé. Le Criminal Records Act exclut deux groupes principaux de toute demande.
- Quiconque a été déclaré coupable de certaines infractions sexuelles contre un mineur énumérées à l'annexe 1 de la Loi, sous réserve d'une exception restreinte que la Commission des libérations conditionnelles du Canada ne peut appliquer que dans des circonstances précises impliquant une conduite consensuelle entre personnes d'âges rapprochés.
- Quiconque a été déclaré coupable de plus de trois infractions poursuivies par mise en accusation (c'est-à-dire quatre ou plus), chacune assortie d'une peine d'emprisonnement de deux ans ou plus. Exactement trois condamnations de ce genre ne déclenche pas cette exclusion.
Une personne qui purge actuellement une peine, y compris une probation active, ou qui fait face à des accusations en instance, n'est pas non plus en mesure de présenter une demande, puisque la peine n'a pas été purgée.
Ce qu'une suspension du casier fait, et ce qu'elle ne fait pas
Une suspension du casier met le dossier de côté et le garde séparé des autres casiers judiciaires. Ce n'est pas un effacement et ce n'est pas une destruction. La condamnation a bel et bien eu lieu, le dossier existe toujours physiquement, et il peut être divulgué de nouveau dans des circonstances précises et limitées, par exemple une vérification des antécédents en vue d'un travail auprès de personnes vulnérables portant sur certaines infractions sexuelles, ou si la personne récidive.
Une suspension du casier peut aussi être entièrement révoquée. La Commission des libérations conditionnelles du Canada peut en révoquer une si la personne est déclarée coupable d'un nouvel acte criminel, si l'on constate qu'elle n'est plus de bonne conduite, ou si l'on découvre plus tard qu'elle a caché des renseignements ou fourni de faux renseignements dans la demande. Une suspension du casier révoquée signifie que le dossier redevient visible dans le CIPC, comme s'il n'avait jamais été suspendu.
Suspension du casier contre radiation : deux recours différents
Ces deux termes sont constamment confondus, et la différence compte. Une suspension du casier met un dossier de côté; elle ne l'efface pas. La radiation, en revanche, détruit le dossier de façon permanente.
La radiation au Canada n'est pas un recours général offert pour la plupart des condamnations. Elle existe seulement en vertu de l'Expungement of Historically Unjust Convictions Act (Loi sur la radiation de condamnations constituant des injustices historiques), adoptée en 2018, et s'applique à une liste restreinte d'infractions qui criminalisaient une conduite qui n'aurait jamais dû être un crime au départ, notamment l'activité sexuelle consensuelle entre adultes de même sexe. Consultez radiation contre suspension du casier pour la comparaison complète et la liste des infractions admissibles.
Comment fonctionne le processus de demande
Présenter une demande de suspension du casier est en grande partie un exercice de rassemblement de documents, même s'il exige tout de même de la rigueur et de l'exactitude. En général, un demandeur doit habituellement :
- Obtenir le guide et les formulaires officiels de demande de la Commission des libérations conditionnelles du Canada.
- Obtenir un casier judiciaire fondé sur les empreintes digitales auprès de la GRC pour confirmer le dossier au fichier.
- Obtenir des vérifications des antécédents auprès de chaque service de police de chaque collectivité où la personne a vécu depuis l'infraction.
- Obtenir des documents judiciaires, y compris la preuve de la condamnation et les détails de la détermination de la peine, pour chaque infraction visée par la suspension.
- Remplir entièrement les formulaires de la Commission et payer les frais de demande de 50 $.
- Soumettre le dossier complet à la Commission des libérations conditionnelles du Canada aux fins d'examen.
La Commission examine le dossier quant à son exhaustivité et à l'admissibilité avant de rendre une décision. Si elle est convaincue que la suspension procurerait un avantage mesurable, soutiendrait la réadaptation de la personne et ne déconsidérerait pas l'administration de la justice, elle ordonne la suspension.
Combien de temps cela prend
La norme de service publiée par la Commission des libérations conditionnelles du Canada vise un traitement dans un délai de 6 mois pour une demande acceptée et complète visant une infraction punissable par procédure sommaire, et de 12 mois pour un acte criminel. Les demandes pour lesquelles la Commission envisage un refus peuvent prendre jusqu'à 24 mois. Ce sont des cibles plutôt que des garanties, et le traitement réel peut prendre plus de temps selon le volume de demandes et si le dossier manque de documents.
Traverser la frontière américaine avec une suspension du casier
C'est l'une des questions de suivi les plus courantes, et la réponse surprend beaucoup de gens. Une suspension du casier canadienne ne lie pas les agents frontaliers des États-Unis.
Les autorités frontalières américaines peuvent voir, et peuvent agir sur, un casier judiciaire canadien indépendamment de ce que le Canada en a fait. Une suspension du casier ne garantit pas l'entrée, et un agent frontalier peut tout de même refuser l'entrée en se fondant sur la condamnation sous-jacente. Quiconque a un casier judiciaire canadien et a besoin d'une entrée fiable aux États-Unis, pour le travail, le voyage ou des raisons familiales, a généralement besoin d'une dispense d'entrée américaine distincte, une demande différente auprès d'un autre gouvernement, selon son propre échéancier. Consultez voyager avec un casier judiciaire pour en savoir plus sur la façon dont cela se déroule à la frontière et dans d'autres pays.
Méfiez-vous des « services de pardon » payants
Un certain nombre d'entreprises privées font la publicité d'une aide pour présenter une demande de pardon canadien pour des frais pouvant atteindre des milliers de dollars. Une partie de cette aide est légitime pour les formalités administratives, mais le processus gouvernemental sous-jacent lui-même coûte 50 $ plus le coût d'obtention des documents justificatifs, et un demandeur individuel peut effectuer toute la demande sans payer une entreprise pour le faire.
Méfiez-vous de toute entreprise qui laisse entendre qu'elle peut garantir l'approbation, accélérer les échéanciers de la Commission, ou qu'une suspension du casier est requise pour éviter une exposition juridique continue. Comparez tous frais cités aux frais gouvernementaux de 50 $ et au coût réel d'obtention d'une vérification de la GRC, de vérifications des antécédents auprès des services de police locaux et de documents judiciaires avant d'accepter de payer qui que ce soit pour de l'aide à la demande.
Pour un portrait complet des sujets de droit criminel canadien, consultez le pôle du droit criminel au Canada.
Avis de non-responsabilité : cet article fournit des renseignements généraux sur les suspensions du casier au Canada et ne constitue pas un avis juridique. L'admissibilité, les délais d'attente et les résultats dépendent des faits précis de chaque condamnation et de chaque peine. Quiconque envisage de présenter une demande devrait consulter les directives officielles de la Commission des libérations conditionnelles du Canada ou un avocat autorisé ou un parajuriste dans sa province ou son territoire.
Questions fréquentes
Combien coûte une suspension du casier au Canada?
Les frais de demande de la Commission des libérations conditionnelles du Canada sont de 50 $, réduits de 657,77 $ à compter du 1er janvier 2022. Les demandeurs paient aussi séparément pour les documents justificatifs comme une vérification des antécédents de la GRC, des vérifications des antécédents auprès des services de police locaux et des documents judiciaires, qui ne font pas partie des frais de demande.
Un pardon est-il la même chose qu'une suspension du casier?
Oui. Pardon est le nom courant que la plupart des gens emploient encore, mais le terme juridique depuis 2012 est suspension du casier, et la Commission des libérations conditionnelles du Canada est l'organisme fédéral qui l'accorde en vertu du Criminal Records Act.
Combien de temps dois-je attendre avant de pouvoir présenter une demande?
Cinq ans après avoir purgé la peine complète pour une infraction punissable par procédure sommaire, ou 10 ans pour un acte criminel. Purger la peine inclut payer chaque amende et toute restitution en entier et terminer la probation, pas seulement être libéré ou sortir de détention.
Une suspension du casier efface-t-elle mon casier judiciaire?
Non. Une suspension du casier met le dossier de côté et le garde séparé des autres casiers judiciaires. Elle ne détruit ni n'efface la condamnation, elle peut encore être divulguée dans des circonstances limitées comme une vérification des antécédents en vue d'un travail auprès de personnes vulnérables, et elle peut être entièrement révoquée.
Une suspension du casier me permettra-t-elle d'entrer aux États-Unis sans aucun problème?
Pas nécessairement. Une suspension du casier canadienne ne lie pas les agents frontaliers des États-Unis, qui peuvent voir la condamnation sous-jacente et refuser l'entrée sur cette base. Une dispense d'entrée américaine distincte est généralement nécessaire pour un passage fiable et répété de la frontière.
Dois-je payer une entreprise pour présenter une demande de suspension du casier?
Non. Une personne peut effectuer toute la demande directement auprès de la Commission des libérations conditionnelles du Canada pour les frais gouvernementaux de 50 $ plus le coût d'obtention des documents justificatifs. Les services de pardon payants ne sont pas requis, et certains facturent des frais bien au-delà de ce que le processus gouvernemental coûte réellement.
Mises à jour
La Commission des libérations conditionnelles du Canada a réduit les frais de demande de suspension du casier (pardon) de 657,77 $ à 50 $.
Sources et références
- Commission des libérations conditionnelles du Canada, Réduction des frais de demande de suspension du casier (pardon)(canada.ca).gov
- Commission des libérations conditionnelles du Canada, Qui est admissible à une suspension du casier?(canada.ca).gov
- Commission des libérations conditionnelles du Canada, Qu'est-ce qu'une suspension du casier?(canada.ca).gov
- Commission des libérations conditionnelles du Canada, Présenter une demande de suspension du casier(canada.ca).gov
- Commission des libérations conditionnelles du Canada, Normes de service pour les suspensions du casier(canada.ca).gov
- Criminal Records Act, RSC 1985, c C-47 (admissibilité à la suspension du casier, délais d'attente et dispositions sur la révocation)(laws-lois.justice.gc.ca).gov
- Expungement of Historically Unjust Convictions Act, SC 2018, c 11(laws-lois.justice.gc.ca).gov
- Gouvernement du Canada, Libération conditionnelle, suspension du casier, radiation et clémence(canada.ca).gov