Fonction de juré au Canada: admissibilité, salaire, sélection

La fonction de juré au Canada relève des lois provinciales, de sorte que les personnes convoquées, les motifs d'exemption, le déroulement de la sélection et la rémunération d'un juré dépendent tous de la province où se tient le procès, et non d'une seule règle nationale.
La fonction de juré relève du droit provincial, même pour les procès criminels
Cela surprend bien des Canadiens d'apprendre que la fonction de juré n'est pas encadrée par une seule loi fédérale. Le Code criminel crée le droit à un procès devant jury pour les infractions graves et fixe certaines règles de base, comme la taille du jury et le processus de récusation, mais les mécanismes du service de juré lui-même, soit qui est convoqué, comment les jurés sont choisis, quels motifs excusent une personne et ce qu'un juré est payé, proviennent de la Juries Act propre à chaque province (ou, au Québec, la Loi sur les jurés). Cela s'applique même lorsque le procès porte sur une infraction au Code criminel, puisque les tribunaux criminels sont administrés au niveau provincial.
En pratique, cela signifie qu'un juré convoqué pour un procès pour meurtre en Alberta et un autre convoqué pour un procès pour meurtre en Nouvelle-Écosse sont assujettis à deux lois complètement différentes pour tout, sauf la procédure de procès elle-même. Il faut toujours vérifier le site Web du tribunal de la province concernée ou les instructions imprimées sur la convocation plutôt que de présumer qu'une règle d'une province s'applique ailleurs.
Comment on vous choisit: liste, convocation, tableau des jurés et constitution du jury
La sélection des jurés se déroule en plusieurs étapes distinctes, et les termes utilisés sont souvent employés de façon imprécise mais désignent des choses différentes:
- Liste des jurés. Une fois par année, chaque district judiciaire dresse une liste des jurés en tirant au hasard des noms d'une liste source, le plus souvent les dossiers d'inscription à l'assurance-maladie de la province ou, dans certaines provinces, la liste électorale. L'Ontario, par exemple, tire sa liste source des données d'inscription à l'AMO.
- Questionnaire d'admissibilité et convocation. Les personnes tirées pour la liste reçoivent généralement un questionnaire portant sur la citoyenneté, la résidence et toute condamnation ou profession disqualifiante. Réussir ce filtre place une personne sur la liste pour l'année; être tiré de la liste pour un procès réel déclenche une convocation officielle ordonnant de se présenter au palais de justice à une date précise.
- Tableau des jurés. Toutes les personnes qui se présentent au tribunal en réponse à une convocation pour un procès particulier forment le tableau des jurés, soit le bassin duquel sera tiré le jury du procès. Faire partie du tableau ne signifie pas qu'une personne siégera; cela signifie qu'elle est admissible à être appelée et interrogée.
- Constitution du jury. À partir du tableau, le juge, la Couronne et la défense passent par le processus de sélection (voir ci-dessous) jusqu'à ce que 12 jurés (moins pour certaines instances) soient choisis et assermentés. Ce n'est qu'à ce moment qu'une personne est assermentée et devient légalement juré pour ce procès. Les membres du tableau non choisis sont habituellement libérés, bien que les règles provinciales varient quant à la possibilité de les convoquer pour un autre procès la même journée.
Ignorer une convocation entraîne de vraies conséquences
Une convocation à titre de juré est une ordonnance légale, pas une invitation. Ne pas répondre à un questionnaire d'admissibilité ou ne pas se présenter après avoir été convoqué, sans excuse légitime, peut être traité comme un outrage au tribunal et, séparément, comme une infraction en vertu de la Juries Act provinciale applicable. La Juries Act de l'Ontario, par exemple, prévoit une amende pouvant atteindre 5 000 $ et une peine d'emprisonnement pouvant atteindre six mois pour ne pas avoir retourné le questionnaire d'admissibilité ou pour y avoir donné de faux renseignements. Les peines pour ne pas s'être présenté après une convocation sont fixées séparément, alors il faut vérifier la loi en vigueur pour sa situation. Le Code criminel érige aussi en outrage au tribunal, punissable d'une amende ou d'une peine d'emprisonnement pouvant atteindre 90 jours, le fait de ne pas se présenter sans excuse légitime lorsqu'on y est légalement tenu. Quiconque ne peut réellement pas siéger devrait demander une exemption ou un report (voir ci-dessous) plutôt que de simplement ne pas répondre.
La sélection au procès: récusations motivées et la fin des récusations péremptoires en 2019
Une fois qu'un tableau se présente pour un procès précis, la Couronne et la défense interrogent les membres du tableau et peuvent s'y opposer avant qu'ils ne soient assermentés. Jusqu'en 2019, le droit canadien permettait deux types d'objection:
- Une récusation motivée, où une partie soutient qu'un membre précis du tableau ne peut être impartial (par exemple, en raison d'un parti pris déclaré), et un juge ou des vérificateurs tranchent la récusation.
- Une récusation péremptoire, qui permettait à la Couronne ou à la défense de refuser un membre du tableau sans donner aucune raison, jusqu'à un nombre fixé selon l'infraction.
Les récusations péremptoires ont été abolies partout au Canada à compter du 19 septembre 2019, lorsque les modifications relatives à la sélection des jurés du projet de loi C-75 sont entrées en vigueur. Ce changement a suivi une inquiétude publique, notamment lors du procès très médiatisé de Gerald Stanley, selon laquelle les récusations péremptoires pouvaient servir à exclure systématiquement des membres autochtones et d'autres membres du tableau sans aucune reddition de comptes. La Cour suprême du Canada a confirmé la constitutionnalité de cette abolition dans R c Chouhan. Depuis 2019, les seuls outils disponibles pour retirer un membre du tableau sont la récusation motivée, tranchée par le juge du procès, et le pouvoir du juge d'ordonner à un membre du tableau de se « mettre à l'écart » temporairement afin de protéger la confiance du public envers le jury. Le projet de loi C-75 a également assoupli une règle de disqualification, en relevant le seuil d'exclusion automatique pour une peine d'emprisonnement passée de plus de 12 mois à plus de 2 ans.
Qui est admissible, et qui est disqualifié
Chaque province exige qu'un juré soit citoyen canadien, résident de la province et généralement âgé d'au moins 18 ans (certaines provinces fixent un seuil plus élevé, comme 19 ans). Au-delà de cette base, les motifs de disqualification varient selon la province mais comprennent habituellement:
- Certaines condamnations criminelles. La plupart des provinces disqualifient quiconque a été déclaré coupable d'une infraction pouvant faire l'objet d'une mise en accusation, sauf si la personne a depuis obtenu une suspension du casier (le terme juridique actuel; voir notre guide sur les suspensions du casier et pardons au Canada). L'Ontario, par exemple, disqualifie une personne condamnée pour une infraction mixte ou punissable par mise en accusation, généralement sans égard strict à une fenêtre de cinq ans, sauf si une suspension du casier a été accordée, et les autres provinces fixent leurs propres seuils et périodes de rétrospection. Quiconque fait actuellement l'objet d'une accusation criminelle en instance est habituellement exclu d'emblée.
- Exclusions professionnelles. Les avocats, les stagiaires en droit, les juges, les policiers et divers employés du système judiciaire sont exclus dans la plupart des provinces, au motif que leur rôle professionnel pourrait compromettre l'impartialité ou créer un conflit.
- Incapacité physique ou mentale qui ne peut être raisonnablement accommodée pour permettre à la personne de siéger.
Comme les catégories et les périodes de rétrospection varient, une personne ayant une condamnation antérieure ne devrait pas présumer qu'elle est automatiquement exclue ou automatiquement admissible; l'étape la plus prudente consiste à répondre honnêtement au questionnaire d'admissibilité et à laisser le bureau des jurés trancher, ou à appeler le palais de justice indiqué sur la convocation pour des questions précises. Pour savoir comment un casier judiciaire apparaît (ou non) en dehors du contexte du jury, consultez notre guide sur les vérifications des antécédents judiciaires au Canada.
Ce que rapporte la fonction de juré, selon la province
La rémunération des jurés est l'un des sujets les plus recherchés, et les plus critiqués, du service de juré au Canada. Chaque province verse un montant quotidien fixe aux jurés réellement assermentés; les personnes qui se présentent pour un tableau mais qui ne sont pas choisies ne sont généralement pas payées du tout. Les taux sont fixés par règlement et augmentés périodiquement, parfois seulement après des pressions publiques sur leur faible niveau.
| Province | Taux quotidien pour les jurés assermentés | Notes |
|---|---|---|
| Ontario | 120 $ par jour dès le premier jour de service | Augmenté par rapport à un système qui ne payait rien pour les premiers jours de service, à compter du 1er octobre 2025 |
| Québec | 103 $ par jour, passant à 160 $ par jour à partir du 57e jour | Indemnité additionnelle pour les audiences ou délibérations en soirée; indexé annuellement |
| Saskatchewan | 110 $ par jour, tant pour les procès civils que criminels | Couvre aussi les frais de garde d'enfants et de personnes à charge jusqu'à des maximums quotidiens fixés |
| Manitoba | 80 $ par jour dès le premier jour | Remplace un système antérieur qui ne payait rien pour les 10 premiers jours |
| Colombie-Britannique | 20 $ par jour pour les jours 1 à 10, 60 $ par jour pour les jours 11 à 49, 100 $ par jour à partir du 50e jour | Aucune indemnité pour les membres du tableau non sélectionnés; des indemnités distinctes de kilométrage, de stationnement et de garde d'enfants s'appliquent |
| Alberta | 50 $ par jour | Fixé dans le Jury Act Regulation; le remboursement des frais est traité séparément |
| Nouveau-Brunswick | 40 $ par journée complète (des taux de demi-journée s'appliquent pour des séances plus courtes), en hausse après le 10e jour d'un procès | Ce taux a fait l'objet de critiques publiques pour son faible niveau comparativement aux autres provinces |
| Nouvelle-Écosse | 40 $ par jour, plus le kilométrage et le stationnement | Des augmentations de la rémunération des jurés ont été proposées, mais les lecteurs devraient vérifier le taux actuel auprès des tribunaux avant de s'y fier |
| Terre-Neuve-et-Labrador | Fixé par règlement | La seule province canadienne qui exige séparément qu'un employeur continue de verser le salaire habituel d'un employé pendant le service de juré, en plus de toute indemnité versée par le tribunal |
L'Île-du-Prince-Édouard et les territoires fixent leurs propres indemnités quotidiennes, elles aussi modestes; comme les taux changent par règlement et ne sont pas toujours à jour en ligne, il faut confirmer le montant exact auprès du bureau des jurés du tribunal concerné plutôt que de se fier à un ancien taux.
Obligations de l'employeur: emploi protégé, généralement sans solde
Chaque province accorde aux employés un congé protégé pour la fonction de juré: un employeur ne peut pas discipliner, rétrograder, suspendre ou congédier une personne pour avoir répondu à une convocation ou avoir siégé comme juré, et la personne doit être réintégrée dans son emploi, ou un emploi comparable, par la suite. Ce que la plupart des provinces n'exigent pas, c'est que l'employeur continue de verser un salaire pendant ce congé; sauf indication contraire d'un contrat de travail, d'une convention collective ou d'une politique d'entreprise, le congé est sans solde et l'employé se fie plutôt à l'indemnité quotidienne provinciale des jurés. Terre-Neuve-et-Labrador fait exception, en exigeant que les employeurs continuent de verser le salaire habituel et les avantages sociaux d'un employé pendant le service de juré. Certains employeurs comblent volontairement, ou couvrent entièrement, l'écart entre le salaire habituel d'un juré et l'indemnité quotidienne provinciale; il s'agit d'une politique d'employeur, non d'une exigence légale, ailleurs qu'à Terre-Neuve-et-Labrador.
Demander une exemption ou un report
Une personne qui reçoit une convocation mais a une raison véritable pour laquelle elle ne peut siéger à la date fixée peut demander au tribunal un report (service reporté à une date ou une séance ultérieure) ou une dispense (service annulé pour ce cycle). Les tribunaux s'attendent généralement à recevoir la demande par écrit, le plus tôt possible, avec des documents à l'appui. Les motifs généralement acceptés comprennent:
- Un problème de santé documenté, appuyé par une note de médecin.
- Être le seul aidant disponible pour un enfant ou une personne à charge, sans autre arrangement de garde possible.
- Des difficultés financières sérieuses, particulièrement pour les travailleurs autonomes sans revenu pendant l'absence.
- Un voyage important déjà réservé ou un déménagement hors du ressort.
- Un âge avancé, que plusieurs provinces traitent comme un motif automatique de dispense sur demande.
Un juge, ou dans certaines provinces le shérif ou le bureau des jurés, tranche la demande. Ne simplement pas se présenter, plutôt que de demander une exemption, comporte les risques d'outrage et de conséquences décrits ci-dessus en vertu de la loi provinciale.
Le Québec et les jurys civils
La Loi sur les jurés du Québec régit le service de juré pour les procès criminels dans la province, suivant le même schéma général de liste, convocation, tableau et constitution du jury décrit ci-dessus, avec ses propres règles d'admissibilité et son propre barème de rémunération. Le Québec a toutefois aboli les procès civils devant jury; les litiges civils au Québec sont tranchés par un juge seul. Cela place le Québec à une extrémité d'un spectre: certaines provinces, notamment l'Ontario, permettent encore un jury dans certaines affaires civiles, comme certaines réclamations pour blessures corporelles et diffamation, alors que plusieurs autres ont restreint ou éliminé les jurys civils au fil du temps. Quiconque est convoqué pour un procès au Québec devrait présumer qu'il s'agit d'une affaire criminelle, puisqu'un jury civil n'apparaîtra jamais au rôle d'un tribunal québécois.
Avertissement: Cet article fournit des renseignements généraux sur la fonction de juré au Canada et ne constitue pas un avis juridique. Les règles d'admissibilité, les motifs de disqualification, les taux de rémunération et les procédures d'exemption sont fixés par chaque province et changent périodiquement. Consultez le tribunal précis indiqué sur une convocation, la Juries Act provinciale applicable, ou un avocat pour obtenir un avis sur une situation précise.
Questions fréquentes
La fonction de juré relève-t-elle du droit fédéral ou provincial au Canada?
Du droit provincial. Le Code criminel crée le droit à un procès devant jury pour les infractions graves et fixe certaines règles au niveau du procès, mais la Juries Act de chaque province, ou la Loi sur les jurés au Québec, régit qui est convoqué, comment les jurés sont sélectionnés, quels motifs excusent une personne et combien un juré est payé. Les règles diffèrent considérablement d'une province à l'autre.
Que se passe-t-il si on ignore une convocation à titre de juré au Canada?
Ignorer une convocation ou un questionnaire d'admissibilité sans excuse légitime peut être traité comme un outrage au tribunal en vertu du Code criminel, punissable d'une amende ou d'une peine d'emprisonnement pouvant atteindre 90 jours, et séparément comme une infraction en vertu de la Juries Act de la province concernée. La Juries Act de l'Ontario, par exemple, permet une amende pouvant atteindre 5 000 $ et une peine pouvant atteindre six mois pour avoir ignoré un questionnaire ou une convocation sans motif valable. Quiconque ne peut se présenter devrait demander un report ou une dispense plutôt que de ne pas répondre.
Un casier judiciaire disqualifie-t-il quelqu'un de la fonction de juré au Canada?
Dans la plupart des provinces, oui, si la condamnation visait une infraction pouvant faire l'objet d'une mise en accusation, sauf si la personne a depuis obtenu une suspension du casier. Les règles exactes, les périodes de rétrospection et la prise en compte des infractions mixtes varient selon la province, et quiconque fait actuellement l'objet d'une accusation en instance est habituellement exclu d'emblée. Le questionnaire d'admissibilité envoyé avec une convocation est l'endroit où cela est évalué.
Les récusations péremptoires sont-elles encore permises dans la sélection des jurys au Canada?
Non. Les récusations péremptoires, qui permettaient à la Couronne ou à la défense de refuser un juré potentiel sans énoncer de raison, ont été abolies partout au Canada à compter du 19 septembre 2019, en vertu du projet de loi C-75. La Cour suprême du Canada a confirmé la constitutionnalité de ce changement. Seules les récusations motivées, tranchées par le juge du procès, et le pouvoir du juge de mettre un membre du tableau à l'écart subsistent.
Combien rapporte la fonction de juré au Canada?
Cela dépend entièrement de la province, et les taux changent périodiquement. Selon les données les plus récentes disponibles, l'Ontario verse 120 $ par jour dès le premier jour, le Québec verse 103 $ par jour, passant à 160 $ après le 56e jour, et les autres provinces varient d'environ 20 $ à 110 $ par jour selon la durée du procès. Les personnes qui se présentent au tableau mais ne sont pas sélectionnées ne sont généralement pas payées du tout. Il faut confirmer le taux actuel auprès du tribunal indiqué sur la convocation.
Un employeur doit-il payer un employé pendant la fonction de juré au Canada?
Généralement non. Chaque province accorde un congé protégé pour le service de juré, ce qui signifie qu'un employeur ne peut pas discipliner ou congédier un employé pour avoir siégé, mais seul Terre-Neuve-et-Labrador exige légalement que l'employeur continue de verser le salaire habituel pendant ce congé. Ailleurs, le congé est sans solde à moins que la politique de l'employeur ou une convention collective ne prévoie le contraire, et le juré se fie plutôt à l'indemnité quotidienne de la province.
Mises à jour
Le projet de loi C-75 est entré en vigueur, abolissant les récusations péremptoires dans la sélection des jurys partout au Canada et relevant le seuil de disqualification automatique pour une peine d'emprisonnement passée de plus de 12 mois à plus de 2 ans.
L'Ontario a augmenté la rémunération des jurés à 120 $ par jour dès le premier jour de service, remplaçant le système antérieur qui ne payait rien aux jurés non représentés pendant environ les dix premiers jours d'un procès.
Sources et références
- Code criminel, art 708 (outrage au tribunal), Site Web de la législation (Justice)(laws-lois.justice.gc.ca).gov
- Ministère de la Justice Canada, Contexte législatif, projet de loi C-75 (réformes de la sélection des jurys)(justice.gc.ca).gov
- Ontario, Juries Act, LRO 1990, c J.3(ontario.ca).gov
- Ontario, renseignements sur la convocation des jurés(ontario.ca).gov
- Colombie-Britannique, Jury Act, RSBC 1996, c 242(bclaws.gov.bc.ca).gov
- Province de la Colombie-Britannique, Indemnisation pour l'absence du travail en raison de la fonction de juré(gov.bc.ca).gov
- Alberta, Jury Act, RSA 2000, c J-3 (CanLII)(canlii.org)
- Alberta.ca, Fonction de juré(alberta.ca).gov
- Québec, Loi sur les jurés, RLRQ c J-2(legisquebec.gouv.qc.ca).gov
- Quebec.ca, Fonction de juré(quebec.ca).gov
- Tribunaux de la Saskatchewan, Renseignements sur les jurys(sasklawcourts.ca).gov
- Manitoba, Loi sur les jurés, CPLM c J30(gov.mb.ca).gov
- Nouvelle-Écosse, Juries Act et règlements sur les jurys(novascotia.ca).gov