Voyager avec un casier judiciaire depuis le Canada

Une suspension du casier canadienne ne fonctionne qu'à l'intérieur du Canada; les gouvernements étrangers, au premier chef le Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis, prennent leurs propres décisions d'admissibilité indépendantes en vertu de leur propre droit et peuvent tout de même tenir compte d'un dossier canadien suspendu ou pardonné.
La suspension du casier s'arrête à la frontière
Une suspension du casier, une fois accordée par la Commission des libérations conditionnelles du Canada, retire une condamnation de la base de données du Centre d'information de la police canadienne et la tient séparée des dossiers que la plupart des employeurs et propriétaires canadiens peuvent consulter. Il s'agit d'un changement réel et utile à l'intérieur du Canada. Consultez notre guide sur les suspensions du casier et pardons au Canada pour savoir comment fonctionnent l'admissibilité et les périodes d'attente.
Aucune de ces autorités ne s'étend au-delà de la frontière. Une suspension du casier est une ordonnance administrative canadienne prise en vertu d'une loi canadienne. Elle n'a aucune force juridique aux États-Unis, au Royaume-Uni ou dans tout autre pays, et elle n'efface pas le fait qu'une condamnation a eu lieu. Les gouvernements étrangers sont libres de s'informer à son sujet, de la découvrir par leurs propres canaux, et de refuser l'entrée en raison de celle-ci, suspension ou non.
Le Canada applique la même logique en sens inverse. L'Agence des services frontaliers du Canada filtre de façon indépendante les personnes qui tentent d'entrer au Canada pour l'interdiction de territoire liée à la criminalité, peu importe ce qu'un autre pays a décidé au sujet du dossier de cette personne. Chaque pays garde sa propre frontière selon ses propres conditions, et le Canada ne fait pas exception à cette règle.
Les États-Unis: la question la plus fréquente
La plupart des gens qui s'informent sur le fait de voyager avec un dossier canadien s'interrogent en réalité sur les États-Unis, de loin le voyage transfrontalier le plus fréquent pour les Canadiens et la destination dotée des règles d'admissibilité les plus élaborées, et les moins clémentes.
Les motifs qui peuvent rendre un Canadien interdit de territoire
Le droit de l'immigration américain énumère des catégories précises de condamnations qui peuvent rendre un visiteur interdit de territoire, indépendamment de tout ce que le Canada a fait avec le dossier.
| Motif | Ce qu'il couvre | Remarque pratique |
|---|---|---|
| Crime impliquant une turpitude morale | Infractions impliquant généralement la fraude, le vol ou une violence grave | Une seule infraction admissible peut relever de l'exception pour délit mineur ci-dessous |
| Infraction liée à une substance contrôlée | Toute condamnation liée à une substance contrôlée, y compris la simple possession | Plus large que les règles d'expulsion américaines; même une condamnation mineure pour drogue peut déclencher ce motif |
| Condamnations criminelles multiples | Deux condamnations ou plus totalisant une peine cumulative de cinq ans ou plus | S'applique peu importe l'ancienneté des condamnations |
Ces motifs proviennent du droit américain, pas du droit canadien, et la qualification d'une infraction par un tribunal canadien ne détermine pas comment un agent américain la classe aux fins de l'admissibilité.
L'exception pour délit mineur
Une exception étroite peut excuser un seul crime impliquant une turpitude morale. Elle s'applique seulement si la personne a été déclarée coupable ou a admis un seul crime de ce type, que la peine maximale possible pour ce crime ne dépassait pas un an, et que toute peine réellement imposée n'a pas dépassé six mois. Répondre à ces trois conditions peut signifier qu'aucune dispense n'est nécessaire pour cette infraction précise.
L'exception est réellement étroite. Elle ne peut excuser une deuxième infraction admissible, et elle ne s'applique absolument pas aux infractions liées à une substance contrôlée, qui en sont exclues d'emblée, peu importe la gravité mineure de la conduite sous-jacente.
Admettre une consommation passée de cannabis
Le Canada a légalisé le cannabis récréatif à l'échelle nationale en vertu de la Loi sur le cannabis en 2018. Cette légalisation ne change rien à la frontière américaine. Le cannabis demeure illégal en vertu du droit fédéral américain, et un motif d'interdiction de territoire lié à une substance contrôlée peut être déclenché par une simple admission de consommation passée, et non seulement par une condamnation.
Des agents du CBP ont refusé l'entrée à des Canadiens, et dans certains cas leur ont imposé des interdictions à vie, après qu'ils eurent volontairement mentionné avoir consommé du cannabis dans le passé, y compris pour des raisons liées à l'industrie canadienne du cannabis désormais légale. Rien dans cet article ne constitue un conseil de répondre malhonnêtement aux questions d'un agent frontalier, et la fausse déclaration entraîne ses propres conséquences graves, dont il est question ci-dessous. L'approche la plus prudente en général consiste simplement à ne pas divulguer volontairement des renseignements sur une consommation de drogue qui n'ont pas été demandés, tout en répondant honnêtement à toute question directe.
La dispense d'entrée américaine: le formulaire I-192
Une personne jugée interdite de territoire, ou qui s'attend à l'être, peut demander une dispense d'entrée américaine au moyen du formulaire I-192, Demande de permission anticipée d'entrer à titre de non-immigrant, déposée auprès du Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis ou des Services de citoyenneté et d'immigration des États-Unis. Il s'agit d'un processus américain entièrement distinct de tout ce que fait la Commission des libérations conditionnelles du Canada, et une suspension du casier canadienne ne s'y substitue pas.
Quelques points pratiques comptent pour la planification:
- Les frais de dépôt dépassent généralement mille dollars, et les demandeurs canadiens ont aussi généralement besoin d'une vérification certifiée des antécédents judiciaires de la GRC fondée sur les empreintes digitales, dans le cadre des documents à l'appui.
- Les directives du CBP demandent aux demandeurs de prévoir au moins 180 jours, et un examen complet peut prendre six mois ou plus, alors ce n'est pas quelque chose à demander la semaine précédant un voyage.
- Une dispense approuvée est généralement accordée pour une période limitée plutôt qu'indéfiniment, et elle doit être renouvelée avant son expiration pour continuer à voyager aux États-Unis sans problème.
En raison de ces délais, quiconque sait avoir une condamnation canadienne admissible et a besoin d'une entrée fiable aux États-Unis, pour le travail, la famille ou des voyages récurrents, devrait entamer le processus de dispense de nombreux mois avant le voyage qui compte réellement.
Autres destinations courantes
Au-delà des États-Unis, plusieurs autres destinations populaires pour les voyageurs canadiens mènent leur propre filtrage de moralité ou de criminalité, bien que les détails diffèrent grandement.
| Destination | Ce qu'ils vérifient | Point clé |
|---|---|---|
| Royaume-Uni | Antécédents criminels divulgués dans la demande de visa, réputés non avenus ou non | Une peine de détention de 12 mois ou plus est un motif de refus obligatoire; les règles du Royaume-Uni ont été resserrées de nouveau en 2026 pour inclure les peines avec sursis de la même durée |
| Espace Schengen (UE) | Filtrage d'ordre public et de sécurité lié à la demande de visa | Chaque État Schengen applique des conditions d'entrée communes mais prend sa propre décision pour un demandeur donné |
| Australie | Critère de moralité en vertu de l'article 501 du Migration Act 1958 | Un casier judiciaire important, généralement une peine de 12 mois ou plus, peut à lui seul faire échouer le critère de moralité |
| Nouvelle-Zélande | Exigences de moralité liées à la durée de la peine et au type d'infraction | Une peine de prison, ou une infraction pouvant entraîner une peine possible de trois mois ou plus, peut bloquer un visa sans une dispense de moralité |
Une courte visite dans de nombreux autres pays à titre de simple touriste peut ne déclencher aucune question sur le casier judiciaire, puisque le tourisme de courte durée dans un grand nombre de pays ne nécessite pas de demande de visa posant des questions sur les condamnations. C'est différent de dire qu'aucun pays ne vérifie. Toute demande qui pose la question, pour un visa de travail, un visa de long séjour, la résidence permanente ou la citoyenneté, exige une réponse honnête, et les décisions d'immigration dans la plupart de ces pays sont explicitement exemptées de toute loi nationale qui permettrait autrement de considérer une vieille condamnation comme non avenue.
Étapes pratiques avant de voyager
- Obtenez d'abord votre propre vérification du casier judiciaire. Avant de présumer ce qui figure ou non à votre dossier, demandez votre propre vérification afin de savoir exactement ce qu'un gouvernement étranger pourrait voir. Consultez notre guide sur les vérifications des antécédents judiciaires au Canada pour connaître le fonctionnement des différents niveaux.
- Demandez une suspension du casier si vous y êtes admissible. Elle ne liera pas un autre pays, mais elle demeure utile pour son effet à l'intérieur du Canada, et certaines destinations peuvent la considérer comme une preuve de réhabilitation même sans y être liées.
- Renseignez-vous tôt sur les règles précises de la destination, plutôt que de vous fier à des suppositions générales sur ce que les pays vérifient ou non.
- Amorcez une demande de dispense américaine bien à l'avance de tout voyage où une entrée fiable importe, compte tenu des délais de traitement réalistes de six mois ou plus.
- Ne mentez jamais à un agent frontalier ni sur une demande de visa. Répondez honnêtement à toute question sur votre dossier, même lorsque la réponse véridique est fâcheuse.
Pourquoi la fausse déclaration est pire que le dossier lui-même
Un agent frontalier qui surprend un voyageur en train de mentir au sujet d'une condamnation, ou d'une conduite passée comme la consommation de drogue, ne traite plus seulement du dossier sous-jacent. La fraude ou la fausse déclaration volontaire constitue son propre motif distinct d'interdiction de territoire en droit américain et dans les règles d'immigration de la plupart des autres pays, et elle entraîne habituellement une interdiction plus longue ou plus absolue que ne l'aurait fait l'infraction d'origine à elle seule.
Cette page n'offre pas, et n'offrira pas, de conseils sur la dissimulation d'un dossier, l'évitement du filtrage frontalier ou le fait de répondre malhonnêtement aux questions d'un agent frontalier. La voie réaliste et la moins risquée pour une personne ayant un casier judiciaire consiste à savoir ce qui figure réellement au dossier, à comprendre les règles réelles du pays de destination, à demander toute mesure formelle réellement applicable, qu'il s'agisse d'une suspension du casier canadienne ou d'une dispense étrangère, et à répondre honnêtement à toute question même lorsque la vérité est gênante.
Pour le reste de ce dossier, y compris le fonctionnement des vérifications des antécédents judiciaires et des suspensions du casier à l'intérieur du Canada, consultez le carrefour du droit criminel au Canada.
Avertissement: Cet article fournit des renseignements généraux sur le fait de voyager à l'international avec un casier judiciaire canadien et ne constitue pas un avis juridique ou d'immigration. Les règles d'admissibilité, les processus de dispense et les délais de traitement changent et varient selon le pays de destination et la situation personnelle. Quiconque ayant un casier judiciaire et ayant besoin d'une entrée fiable dans un autre pays devrait consulter l'autorité d'immigration officielle de ce pays ou un avocat en immigration autorisé.
Questions fréquentes
Une suspension du casier canadienne me permet-elle d'entrer aux États-Unis sans problème?
Pas nécessairement. Une suspension du casier canadienne est une ordonnance administrative canadienne qui n'a aucun effet contraignant sur le Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis. Les agents américains peuvent toujours voir la condamnation sous-jacente grâce aux renseignements partagés entre organismes d'application de la loi, et peuvent refuser l'entrée en raison de celle-ci, suspension ou non.
Qu'est-ce que l'exception pour délit mineur?
Il s'agit d'une règle étroite du droit de l'immigration américain qui peut excuser un seul crime impliquant une turpitude morale si la peine maximale possible ne dépassait pas un an et si toute peine réellement purgée n'a pas dépassé six mois. Elle ne s'applique qu'à une seule infraction admissible et ne s'applique pas du tout aux infractions liées à une substance contrôlée.
Combien coûte une dispense d'entrée américaine et combien de temps prend-elle?
Le formulaire I-192, la dispense d'entrée américaine, comporte des frais de dépôt dépassant généralement mille dollars, et le Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis conseille aux demandeurs de prévoir au moins 180 jours pour une décision, un examen complet pouvant parfois prendre plus longtemps. Une dispense approuvée est généralement accordée pour une période limitée et doit être renouvelée avant son expiration.
Admettre une consommation passée de cannabis peut-elle me faire interdire d'entrée aux États-Unis?
Oui. Le cannabis demeure illégal en vertu du droit fédéral américain, peu importe son statut légal au Canada, et admettre une consommation passée à un agent frontalier peut être traité comme un aveu d'une infraction liée à une substance contrôlée, ce qui a mené à des refus d'entrée et à des interdictions à vie pour certains voyageurs canadiens.
Dois-je divulguer une condamnation réputée non avenue ou dont le casier est suspendu dans une demande de visa pour le Royaume-Uni, l'Australie ou la Nouvelle-Zélande?
Généralement oui. Les décisions d'immigration et de visa dans ces pays sont explicitement exemptées des règles nationales qui traiteraient autrement une vieille condamnation comme non avenue, alors les demandeurs sont censés divulguer honnêtement leurs condamnations, peu importe une suspension du casier canadienne ou un pardon étranger équivalent.
Que dois-je faire si un agent frontalier m'interroge sur mon casier judiciaire?
Répondez honnêtement. La fausse déclaration ou la fraude constitue son propre motif distinct d'interdiction de territoire en droit américain et dans les règles d'immigration de la plupart des autres pays, et elle est habituellement traitée plus sévèrement que la condamnation sous-jacente. Cet article n'offre pas, et n'offrira pas, de conseils sur la dissimulation d'un dossier ou le fait de tromper un agent frontalier.
Mises à jour
Le Home Office britannique a modifié les Immigration Rules pour étendre les motifs de refus et d'annulation obligatoires aux peines de prison avec sursis de 12 mois ou plus, en plus des peines de détention de la même durée.
Le Canada a légalisé le cannabis récréatif à l'échelle nationale en vertu de la Loi sur le cannabis. Le cannabis demeure illégal en vertu du droit fédéral américain, alors admettre une consommation passée peut tout de même déclencher un motif d'interdiction de territoire lié à une substance contrôlée aux États-Unis.
Sources et références
- Commission des libérations conditionnelles du Canada, Qu'est-ce qu'une suspension du casier?(canada.ca).gov
- Agence des services frontaliers du Canada, Découvrez si vous pouvez entrer au Canada: Interdiction de territoire(canada.ca).gov
- Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis, Formulaire I-192: Demande de permission anticipée d'entrer à titre de non-immigrant(cbp.gov).gov
- USCIS, I-192, Demande de permission anticipée d'entrer à titre de non-immigrant(uscis.gov).gov
- Département d'État des États-Unis, 9 FAM 302.3, Inadmissibilité fondée sur l'activité criminelle, les condamnations criminelles et les activités connexes(fam.state.gov).gov
- Home Office du Royaume-Uni, Admissibilité: motifs de refus et d'annulation, criminalité(gov.uk).gov
- Ministère australien des Affaires intérieures, Exigences de moralité pour les visas(homeaffairs.gov.au).gov
- Immigration Nouvelle-Zélande, Exigences de moralité pour les visas néo-zélandais(immigration.govt.nz).gov