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Licenciement Abusif en France : le barème et les cas où il ne s'applique pas

Par Équipe éditoriale de Recording Law15 min de lecture
Licenciement Abusif en France : le barème et les cas où il ne s'applique pas

Questions fréquentes

Le barème Macron s'applique-t-il à tous les licenciements abusifs en France ?

Non. L'article L1235-3-1 du Code du travail dispose expressément que l'article L1235-3 n'est pas applicable lorsque le juge constate que le licenciement est entaché de l'une des nullités qu'il énumère. Ces nullités comprennent l'atteinte à une liberté fondamentale, les faits de harcèlement moral ou de harcèlement sexuel, un licenciement discriminatoire, un licenciement faisant suite à une action relative à l'égalité entre les femmes et les hommes ou au signalement de crimes et de délits, le licenciement d'un salarié protégé en raison de son mandat, et le licenciement en méconnaissance de la protection liée à la maternité ou aux accidents du travail. Dans ces cas, l'indemnité ne peut être inférieure aux six derniers mois de salaire et aucun maximum légal ne s'applique.

Quelle est la différence entre un licenciement nul et un licenciement sans cause réelle et sérieuse ?

Un licenciement sans cause réelle et sérieuse est un licenciement dont le motif invoqué ne tient pas : il n'est pas réel, ou il n'est pas assez sérieux pour justifier la rupture du contrat. Un licenciement nul est un licenciement fondé sur un motif que la loi interdit purement et simplement, de sorte que l'acte lui-même n'a aucune existence juridique. Les conséquences pratiques diffèrent : un licenciement nul ouvre le droit de demander la réintégration, que l'employeur ne peut refuser, et lorsque la réintégration n'est pas demandée ou est impossible, il ouvre droit au plancher illimité de six mois prévu par l'article L1235-3-1.

Un juge français peut-il accorder plus que le maximum figurant dans le tableau ?

Pas pour un licenciement simplement sans cause réelle et sérieuse. Dans ses décisions du 11 mai 2022 (pourvois 21-14.490 et 21-15.247), la Cour de cassation a jugé que le barème est compatible avec l'article 10 de la convention n° 158 de l'OIT, que l'appréciation de l'indemnisation ne se prête pas à un contrôle de conventionnalité au cas par cas, et que l'article 24 de la Charte sociale européenne est dépourvu d'effet direct en France. Des indemnisations supérieures au plafond restent possibles lorsque le licenciement est nul, car le tableau ne régit tout simplement pas cette situation.

L'indemnité du barème est-elle la seule somme versée par l'employeur ?

Non. L'indemnisation prévue par l'article L1235-3 répare le préjudice causé par le licenciement lui-même. Elle ne remplace ni l'indemnité de licenciement légale ou conventionnelle, ni le paiement en lieu et place du préavis lorsque celui-ci n'a pas été exécuté, ni l'indemnité compensatrice de congés payés pour les congés non pris. Par ailleurs, l'article L1235-4 impose au juge d'ordonner à l'employeur de rembourser les allocations chômage versées au salarié, dans la limite de six mois.

Que se passe-t-il si le motif était valable mais que l'employeur a commis une erreur de procédure ?

Il s'agit alors d'un licenciement irrégulier. Lorsque le juge constate que le licenciement repose sur une cause réelle et sérieuse mais que la procédure n'a pas été respectée, par exemple en l'absence de convocation régulière à l'entretien préalable, le salarié se voit allouer une indemnité qui ne peut excéder un mois de salaire en vertu de l'article L1235-2. Il s'agit d'une réparation bien plus faible que celle du barème, ce qui explique pourquoi la qualification du vice importe davantage que le simple constat qu'une erreur a été commise.

Sources et références

  1. Code du travail, article L1235-3, barème d'indemnisation du licenciement sans cause réelle et sérieuse(legifrance.gouv.fr).gov
  2. Code du travail, article L1235-3-1, barème exclu en cas de licenciement nul, plancher de six mois de salaire(legifrance.gouv.fr).gov
  3. Code du travail, article L1235-2, indemnité plafonnée à un mois pour un licenciement seulement irrégulier(legifrance.gouv.fr).gov
  4. Code du travail, article L1235-4, employeur condamné à rembourser jusqu'à six mois d'allocations chômage(legifrance.gouv.fr).gov
  5. Code du travail, article L1471-1, délai de prescription de douze mois pour contester la rupture du contrat(legifrance.gouv.fr).gov
  6. Cour de cassation, chambre sociale, 11 mai 2022, pourvois 21-14.490 et 21-15.247, communiqué sur le barème(courdecassation.fr).gov
  7. Cour de cassation, chambre sociale, 11 mai 2022, pourvoi 21-14.490 (décision intégrale)(courdecassation.fr).gov
  8. Service-Public, licenciement pour motif personnel nul, sans cause réelle et sérieuse ou irrégulier(service-public.gouv.fr).gov
  9. Service-Public, saisir le conseil de prud'hommes, délais et procédure(service-public.gouv.fr).gov
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