EnglishFrançais
France flag

France

Droit du travail en France : licenciement, démission, indemnités et salaire

Par Équipe éditoriale de Recording Law14 min de lecture
Droit du travail en France : licenciement, démission, indemnités et salaire

Questions fréquentes

Le droit français fixe-t-il un délai de préavis lorsqu'un salarié démissionne ?

Pas en règle générale. Le Code du travail ne fixe pas de délai de préavis général pour la démission ; l'existence et la durée d'un préavis de démission proviennent donc de la convention collective applicable ou, à défaut, des usages locaux et professionnels. Seules quelques professions ont un préavis fixé directement par la loi, notamment les VRP, les journalistes professionnels et les assistants maternels. Le préavis de trois mois souvent cité pour les cadres provient d'une convention collective, et non du Code du travail. Voir notre page sur le préavis de démission en France.

Quelle est la différence entre une rupture conventionnelle et une démission ?

La rupture conventionnelle est décidée d'un commun accord et ne peut être imposée par aucune des deux parties. Elle suit une procédure formelle comportant un délai de rétractation de 15 jours calendaires et une étape d'homologation par la DREETS, et elle ouvre des droits aux allocations chômage. Une démission ordinaire est un acte unilatéral du salarié et n'ouvre pas de droits aux allocations chômage, sauf dans le cas d'une liste définie de démissions légitimes, ou après 121 jours de recherche d'emploi documentée permettant une demande de réexamen.

Quel montant d'indemnité de licenciement un salarié licencié perçoit-il en France ?

Un salarié licencié pour un motif autre qu'une faute grave ou lourde a droit à l'indemnité légale de licenciement dès qu'il atteint 8 mois d'ancienneté continue chez le même employeur. La formule légale est d'un quart de mois de salaire de référence par année d'ancienneté pour les 10 premières années, puis d'un tiers de mois par année au-delà de 10 ans, les années incomplètes étant comptées mois par mois. Une convention collective, un contrat de travail ou un usage d'entreprise peuvent fixer un montant supérieur, et le salarié perçoit le montant le plus élevé, et non les deux cumulés.

Que se passe-t-il si un salarié cesse de se présenter au travail en France ?

Depuis 2023, l'abandon de poste n'est plus automatiquement considéré comme un motif de licenciement disciplinaire. Le mécanisme par défaut est une présomption de démission, qui exige de l'employeur qu'il envoie une mise en demeure formelle et laisse au salarié au moins 15 jours pour répondre, comptés à partir de la date de présentation de la lettre. Des raisons médicales, une grève licite, le refus d'exécuter une instruction illicite, l'exercice du droit de retrait face à un danger, et une modification unilatérale du contrat par l'employeur peuvent tous bloquer cette présomption.

Combien de temps un salarié a-t-il pour contester un licenciement en France ?

Un salarié dispose de 12 mois à compter de la notification du licenciement pour le contester devant le conseil de prud'hommes. D'autres délais s'appliquent à d'autres réclamations : un reçu pour solde de tout compte signé peut être formellement contesté pendant six mois, tandis que les sommes omises de ce document restent récupérables dans le cadre de la prescription triennale ordinaire applicable aux créances salariales.

Sources et références

  1. Code du travail, article L1237-1 (absence de durée légale générale du préavis de démission)(legifrance.gouv.fr).gov
  2. Code du travail, article L1237-13 (délai de rétractation de 15 jours et plancher de l'indemnité)(code.travail.gouv.fr).gov
  3. Code du travail, article L1237-14 (homologation par la DREETS, 15 jours ouvrables)(code.travail.gouv.fr).gov
  4. Code du travail, article L1234-9, ancienneté minimale de 8 mois pour l'indemnité de licenciement(code.travail.gouv.fr).gov
  5. Code du travail, article R1234-2, formule de l'indemnité de licenciement, taux d'un quart de mois et d'un tiers de mois(code.travail.gouv.fr).gov
  6. Code du travail, art. L1471-1, prescription de 12 mois pour contester un licenciement(legifrance.gouv.fr).gov
  7. Code du travail, art. L1233-3, définition et motifs du licenciement économique, seuils des difficultés économiques(legifrance.gouv.fr).gov
  8. Code du travail numérique, art. R1237-13, délai de 15 jours, point de départ, motifs légitimes(code.travail.gouv.fr).gov
  9. Code du travail, art. L1234-20 (reçu pour solde de tout compte, délai de contestation de 6 mois)(code.travail.gouv.fr).gov
  10. Code du travail, article L3121-36 (majoration des heures supplémentaires)(legifrance.gouv.fr).gov
Partager :