Règlements sur le bruit au Canada: guide ville par ville

Le bruit au Canada est réglementé par votre municipalité, et non par une loi provinciale ou fédérale, de sorte que les heures de silence, les limites de décibels et les amendes réelles dépendent entièrement de la ville ou du village où vous habitez.
Le bruit est une affaire municipale, pas provinciale ou fédérale
Il n'existe aucune loi canadienne sur le bruit et aucune loi provinciale sur le bruit qui fixe des heures de silence pour tout le monde en Ontario, en Colombie-Britannique ou dans toute autre province. Le contrôle du bruit est délégué aux municipalités, de sorte qu'un conseil municipal rédige et modifie son propre règlement sur le bruit, et une ville voisine à vingt minutes de route peut fixer des heures et des pénalités entièrement différentes.
C'est exactement pourquoi une recherche générale sur « heures de silence Canada » ne donne pas une seule réponse claire. Cette page n'inventera pas une seule règle nationale, parce qu'aucune n'existe. Elle explique plutôt les deux structures réglementaires dont tout règlement canadien sur le bruit est construit, afin que vous puissiez trouver rapidement la version de votre propre ville et savoir ce que vous regardez une fois que vous l'aurez trouvée.
Deux façons dont les villes réglementent le bruit
Les heures de silence basées sur l'horaire
La plupart des municipalités canadiennes fixent un bloc d'heures nocturnes, commençant souvent aux alentours de 23 h et se terminant vers 7 h en semaine, durant lequel tout bruit qui dérange un voisin peut constituer une infraction réglementaire peu importe le niveau de décibels. Les matins de fin de semaine et de jours fériés bénéficient souvent d'une heure de début plus tardive, puisque les gens font la grasse matinée.
La construction, les livraisons, la collecte des déchets et d'autres activités précises ont habituellement leur propre horaire distinct, souvent plus restreint que la fenêtre générale des heures de silence résidentielles (la construction doit typiquement s'arrêter plus tôt en soirée qu'une chaîne stéréo).
Les limites basées sur les décibels
Certaines villes fixent un niveau sonore maximal réel, mesuré en décibels (dBA) à la limite de propriété ou à une propriété réceptrice, plutôt que de se fier uniquement à une horloge. Un système basé sur les décibels fixe habituellement une limite plus basse la nuit et une limite plus élevée le jour, puisque le bruit ambiant en ville est plus fort le jour peu importe la source.
Les limites de décibels exigent qu'un agent des règlements mesure réellement le son avec un sonomètre pour prouver une infraction, ce qui est une exigence de preuve plus lourde qu'une simple question « était-ce après 23 h », de sorte que bien des villes combinent les deux approches: une interdiction générale la nuit plus des limites de décibels applicables à d'autres heures.
Les règles précises par activité
En plus du cadre général des heures de silence ou des décibels, presque tout règlement municipal sur le bruit comporte une liste d'activités précises fréquemment visées par des plaintes, chacune avec ses propres règles: heures de construction et de rénovation, souffleuses à feuilles et équipement de jardinage, équipement de déneigement, son amplifié ou reproduit (chaînes stéréo, systèmes de sonorisation, audio automobile), véhicules au ralenti, et aboiements ou autres animaux constamment bruyants. Ces règles précises existent souvent parce qu'une norme générique unique de « bruit déraisonnable » est difficile à faire respecter contre une souffleuse à feuilles ou un chien qui aboie, alors les conseils écrivent plutôt une règle nette.
Heures de silence dans cinq grandes villes canadiennes
Le tableau ci-dessous décrit la structure générale que chaque ville utilise actuellement. Les règlements sont modifiés périodiquement, alors confirmez toujours les heures et limites actuelles sur la page officielle du règlement de la municipalité avant de vous fier à une heure précise.
| Ville | Approche générale | Heures de silence nocturnes typiques | Règlement source |
|---|---|---|---|
| Toronto | Basée sur l'horaire, avec une norme générale de nuisance | 23 h à 7 h en semaine, jusqu'à 9 h les samedis, dimanches et jours fériés | Code municipal, chapitre 591, Bruit |
| Vancouver | Principalement basée sur les décibels et la nuisance, avec des fenêtres propres à chaque activité plutôt qu'une seule horloge générale | Aucune horloge nocturne unique pour toute la ville; la construction et les autres activités ont chacune leur propre fenêtre permise | Règlement sur le contrôle du bruit no 6555 |
| Calgary | Basée sur les décibels, divisée en périodes diurnes et nocturnes | Le jour va de 7 h à 22 h du lundi au samedi, et de 9 h à 22 h le dimanche et les jours fériés; la nuit couvre le reste des heures, avec une limite de décibels plus basse | Règlement sur les normes communautaires |
| Montréal | Établie arrondissement par arrondissement selon un cadre réglementaire municipal sur le bruit | Varie selon l'arrondissement; le bruit des terrasses commerciales, par exemple, doit cesser à 23 h ou 21 h selon la rue | Règlement sur le bruit (par arrondissement) |
| Ottawa | Hybride: une interdiction générale la nuit plus des limites de décibels le jour | 23 h à 7 h pour le bruit général et les appareils de reproduction sonore; la construction s'arrête plus tôt, à 22 h | Règlement no 2017-255, Bruit |
Remarquez que Vancouver et Montréal ne se résument pas à un seul chiffre nocturne simple comme Toronto et Ottawa. Le règlement de Vancouver s'articule autour de limites de décibels et d'une longue liste de fenêtres permises propres à chaque activité plutôt qu'une seule horloge générale de silence, et Montréal délègue les détails à ses arrondissements individuels, de sorte que deux adresses montréalaises à quelques rues d'écart peuvent être régies par des spécificités différentes sous le même cadre municipal. Si votre ville ne figure pas dans cette liste, son règlement est presque certainement construit à partir des deux mêmes ingrédients, les plages horaires et les limites de décibels, dans sa propre combinaison.
Comment les plaintes pour bruit sont appliquées
Déposer une plainte
La plupart des villes acheminent les plaintes pour bruit par une ligne centrale, souvent le 311 là où il existe, plutôt que le 911. Une plainte nécessite habituellement une adresse, une description du bruit et de sa source, et l'heure à laquelle il s'est produit. Bien des villes dépêchent un agent des règlements ou du contrôle du bruit pour enquêter, parfois avec une couverture prolongée en soirée ou de nuit précisément parce que la plupart des bruits surviennent en dehors d'un quart de travail habituel de 9 à 5.
La police n'est généralement pas la répondante par défaut à une plainte pour bruit. L'intervention policière est habituellement réservée aux appels tard le soir lorsqu'aucun agent des règlements n'est en poste, ou aux situations qui ont dégénéré en perturbation, en menace, ou en demande d'intervention policière pour des raisons de sécurité.
Le problème de la preuve
La partie la plus difficile de l'application de tout règlement sur le bruit est le moment: le temps que l'agent arrive, la fête est souvent terminée, la chaîne stéréo a été éteinte, ou les aboiements ont cessé. Une seule visite qui ne trouve aucun bruit actif peut se solder par aucune infraction émise du tout.
C'est pourquoi la documentation compte. Un journal des dates, heures et durées, la corroboration d'autres voisins, et surtout un enregistrement audio ou vidéo horodaté du bruit au moment où il se produit, renforcent considérablement une plainte, tant pour un agent des règlements décidant s'il faut émettre un constat que pour une réclamation civile ultérieure.
Amendes et escalade
Les amendes pour une infraction réglementaire s'élèvent typiquement à quelques centaines de dollars pour une première infraction, augmentant pour les récidives dans une période donnée, et un petit nombre de ressorts autorisent des pénalités beaucoup plus élevées pour des cas aggravés ou répétés. Un bruit persistant et non résolu provenant de la même source, surtout un immeuble commercial, une location à court terme ou un voisin chroniquement bruyant, peut mener à des constats répétés, une citation à comparaître ou, dans certaines villes, une conséquence sur le permis d'une entreprise.
Lorsque la voie réglementaire échoue: les recours civils
Le délit de nuisance
Lorsque l'application du règlement ne met pas fin à un problème de bruit véritablement persistant, la common law canadienne accorde à un propriétaire ou locataire un recours civil distinct: le délit de nuisance. L'énoncé moderne de principe de la Cour suprême du Canada, dans Antrim Truck Centre Ltd c. Ontario (Transportation), établit un test de nuisance en deux étapes: l'atteinte à l'usage et à la jouissance du terrain doit être substantielle (plus qu'un désagrément trivial ou léger) et déraisonnable dans toutes les circonstances, en soupesant des facteurs comme la gravité, la fréquence et la durée du bruit ainsi que le caractère du quartier.
Une réclamation en nuisance n'exige pas de condamnation réglementaire préalable, bien qu'un historique documenté de plaintes et de constats réglementaires contre la même source constitue une preuve à l'appui solide. La tradition de droit civil du Québec parvient à un résultat similaire par les règles sur les troubles de voisinage du Code civil plutôt que par le délit de common law, mais l'effet pratique pour un voisin persistamment bruyant est comparable.
La cour des petites créances
Une réclamation en nuisance pour un montant modeste de dommages-intérêts, ou une ordonnance obligeant un voisin à cesser une activité bruyante précise, peut généralement être intentée devant la cour provinciale des petites créances sans avoir besoin d'engager un avocat pour un procès civil complet. Voir notre aperçu de la cour des petites créances au Canada pour savoir comment le processus, les plafonds monétaires et les étapes de dépôt fonctionnent dans votre province.
Locataires et propriétaires de condo ou de strata
Un locataire aux prises avec un voisin bruyant dans le même immeuble, ou une source bruyante contrôlée par le propriétaire comme l'équipement mécanique partagé, soulève généralement la question d'abord avec le propriétaire et, si cela échoue, par l'entremise de son tribunal provincial du logement plutôt que la cour des petites créances. Voir droits des locataires au Canada pour savoir comment ce processus fonctionne.
Un propriétaire de condo ou de strata dispose d'une option supplémentaire: de nombreux syndicats de condominium et conseils de strata ont leurs propres règles sur le bruit dans la déclaration ou les règlements, et un nombre croissant de provinces acheminent les différends de bruit non résolus entre propriétaires vers un tribunal dédié plutôt que les tribunaux ordinaires. En Ontario, le Tribunal de l'autorité des condominiums (CAT) entend certains différends de nuisance, y compris le bruit, entre propriétaires de condo. En Colombie-Britannique, le Tribunal de résolution civile (CRT) a compétence sur les différends liés aux biens strata, y compris le bruit, sans plafond monétaire pour les réclamations de strata. Vérifiez les documents constitutifs de votre propre condo et le tribunal de votre province avant de présumer que les tribunaux ordinaires sont la seule option.
Est-il légal d'enregistrer le bruit?
Faire votre propre enregistrement d'un problème de bruit, une vidéo avec une horloge ou un horodatage visible, un extrait audio, ou une lecture de sonomètre, est généralement licite et constitue souvent la preuve la plus convaincante que vous puissiez apporter à un agent des règlements, un tribunal ou la cour des petites créances, parce que cela résout le problème de moment décrit plus haut.
Ce que vous enregistrez compte. Enregistrer le bruit ambiant lui-même (musique, machinerie, aboiements) est différent d'enregistrer secrètement une conversation privée entre d'autres personnes dont vous ne faites pas partie, ce qui est une question distincte régie par les règles d'interception du Code criminel. Voir les lois canadiennes sur l'enregistrement pour savoir comment fonctionne la règle canadienne du consentement d'une seule partie si un enregistrement capte une conversation en plus, ou au lieu, du bruit lui-même.
Lecture connexe
Le bruit n'est qu'un élément du portrait plus large des relations de voisinage. Voir les différends de voisinage au Canada pour les enjeux de bornage, de clôture et d'arbres qui sont aussi de nature municipale, et le portail du droit de la propriété au Canada pour tous les sujets connexes de ce groupe.
Avis: Cet article est fourni à titre informatif général seulement et ne constitue pas un avis juridique. Les règlements sur le bruit sont établis et modifiés par chaque municipalité et changent avec le temps; confirmez les heures de silence, les limites de décibels et le processus de plainte actuels sur la page officielle du règlement de votre propre ville avant de vous fier à une heure ou un chiffre précis.
Questions fréquentes
Existe-t-il une loi nationale sur le bruit au Canada?
Non. Le contrôle du bruit est une responsabilité municipale au Canada. Aucune loi fédérale ou provinciale ne fixe des heures de silence ou des limites de décibels à l'échelle nationale, de sorte que chaque ville ou village a son propre règlement sur le bruit.
À quelle heure commencent habituellement les heures de silence dans les villes canadiennes?
Bien des villes fixent des heures de silence nocturnes commençant aux alentours de 23 h en semaine, souvent avec un début plus tardif les matins de fin de semaine et de jours fériés, mais cela varie selon la ville et certaines villes utilisent des limites de décibels au lieu, ou en plus, d'une horloge fixe. Confirmez toujours le règlement actuel de votre propre municipalité.
Qui applique une plainte pour bruit, la police ou les agents des règlements?
Ce sont normalement les agents des règlements ou du contrôle du bruit qui traitent les plaintes pour bruit, pas la police. La police intervient généralement seulement tard le soir lorsqu'aucun agent des règlements n'est en poste, ou une fois qu'une situation a dégénéré en perturbation.
Que puis-je faire si l'application du règlement sur le bruit ne résout pas le problème?
Vous pouvez poursuivre le voisin civilement en vertu du délit de nuisance pour une atteinte substantielle et déraisonnable à l'usage et à la jouissance de votre propriété, typiquement par la cour des petites créances pour une réclamation de dommages-intérêts modeste ou une ordonnance de cesser l'activité.
Est-ce différent pour les locataires ou les propriétaires de condo?
Oui. Les locataires soulèvent généralement un problème de bruit persistant avec leur propriétaire et, si non résolu, avec leur tribunal provincial du logement. Les propriétaires de condo ont souvent accès à une voie de tribunal plus rapide, comme le Tribunal de l'autorité des condominiums de l'Ontario ou le Tribunal de résolution civile de la Colombie-Britannique, pour les différends entre propriétaires.
Puis-je enregistrer mon voisin bruyant comme preuve?
Généralement oui. Enregistrer le bruit lui-même, comme une vidéo ou un extrait audio horodaté, est généralement licite et aide à résoudre le problème courant du bruit qui cesse avant l'arrivée d'un agent des règlements. Enregistrer secrètement une conversation privée dont vous ne faites pas partie est une question juridique distincte en vertu de la règle du consentement d'une seule partie du Code criminel.
Mises à jour
Le règlement modifié de Toronto sur le bruit, le règlement 878-2019, est entré en vigueur, mettant à jour le chapitre 591 du Code municipal et élargissant l'intervention dédiée de la ville en matière de bruit à sept jours par semaine.
Sources et références
- City of Toronto, Noise (bylaw enforcement)(toronto.ca).gov
- Toronto Municipal Code, Chapter 591, Noise(toronto.ca).gov
- City of Vancouver, Noise Control By-law No. 6555(vancouver.ca).gov
- City of Vancouver, Noise limits for various activities(vancouver.ca).gov
- City of Calgary, Bylaws related to noise(calgary.ca).gov
- City of Calgary, Noise on residential properties(calgary.ca).gov
- Ville de Montreal, Bruit (noise)(montreal.ca).gov
- City of Ottawa, Noise By-law No. 2017-255(ottawa.ca).gov
- Antrim Truck Centre Ltd v Ontario (Transportation), 2013 SCC 13(canlii.org)
- Province of British Columbia, The Civil Resolution Tribunal and strata disputes(gov.bc.ca).gov
- Condominium Authority Tribunal, About the Tribunal(condoauthorityontario.ca)