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Relevé d'emploi (RE) au Canada : délais, codes et ce que les employés doivent savoir

Un employeur doit établir un relevé d'emploi chaque fois que la rémunération d'un employé subit un arrêt, et le délai pour le remettre varie fortement selon qu'il est produit sur papier ou par voie électronique, allant de 5 jours après le dernier en date de deux jours déclencheurs sur papier à aussi peu que 5 jours après la fin de la période de paie lorsqu'il est produit en ligne.
Informations vérifiées le 2026-08-17. Cet article n'a pas encore été révisé par un avocat.
Cet article traite de l'obligation fédérale de relevé d'emploi (RE) prévue par le Règlement sur l'assurance-emploi, DORS/96-332, et la Loi sur l'assurance-emploi, L.C. 1996, ch. 23, qui s'appliquent toutes deux à l'emploi assurable partout au Canada, y compris au Québec. Il ne traite pas du préavis ou de l'indemnité de départ dus à un employé une fois l'emploi terminé; à ce sujet, voir Délais de la dernière paie au Canada. Il ne traite pas non plus de la protection d'emploi qu'offre votre province pendant un congé, une question juridique distincte de la prestation fédérale de revenu qu'alimente un RE; voir Prestations de l'assurance-emploi et congé protégé d'emploi au Canada pour cette distinction.
Ce qu'est un RE et qui doit en délivrer un
Un relevé d'emploi est le formulaire que l'employeur établit chaque fois qu'une personne exerçant un emploi assurable subit un arrêt de rémunération. Il ne s'agit pas en soi d'une demande de prestations d'assurance-emploi. C'est le document que Service Canada utilise pour déterminer si une personne est admissible à des prestations et le montant qu'elle peut recevoir. L'article 19(2) du Règlement sur l'assurance-emploi rend sa délivrance obligatoire, et non facultative :
« L'employeur établit un relevé d'emploi, sur le formulaire fourni par la Commission, lorsque la personne qui exerce un emploi assurable à son service subit un arrêt de rémunération. » (Règlement sur l'assurance-emploi, DORS/96-332, art. 19(2))
L'article 19(1) précise que cette obligation incombe aussi à un employeur failli ou au syndic qui agit à sa place, de sorte que l'échec d'une entreprise n'efface pas l'obligation.
Le délai du RE : papier contre électronique
C'est le détail le plus souvent réduit à une seule règle vague, alors qu'il n'y en a pas qu'une seule. Le Règlement sur l'assurance-emploi prévoit deux délais différents selon la façon dont le RE est produit.

| Format | Délai | Fondement légal |
|---|---|---|
| RE papier, exemplaire de l'employé | Dans les 5 jours suivant le dernier en date des jours suivants : le premier jour de l'arrêt de rémunération, ou le jour où l'employeur en prend connaissance | Règlement sur l'AE, art. 19(3)a) |
| RE électronique, cycle de paie de plus de 13 périodes de paie par année (hebdomadaire, aux deux semaines, deux fois par mois) | 5 jours civils après la fin de la période de paie où survient l'arrêt de rémunération. Il n'existe pas d'option de 15 jours pour ce cycle de paie. | Règlement sur l'AE, art. 19(3.1)a)(i) |
| RE électronique, cycle de paie de 13 périodes de paie ou moins par année (environ mensuel ou moins fréquent) | Le premier en date entre : 5 jours civils après la fin de la période de paie où survient l'arrêt de rémunération, ou 15 jours civils après le premier jour de l'arrêt de rémunération | Règlement sur l'AE, art. 19(3.1)a) |
Pour un RE papier, l'article 19(3)a) exige que l'exemplaire de l'employé soit remis « à l'assuré dans les cinq jours suivant le dernier en date des jours suivants », soit le début de l'arrêt de rémunération, soit le moment où l'employeur en prend connaissance. L'exemplaire de la Commission suit le même échéancier fondé sur le papier, en vertu de l'article 19(3)b).
Pour un RE électronique, l'article 19(3.1) fonctionne différemment, et il ne s'agit pas de la même règle unique pour tous les employeurs. Le délai compte toujours 5 jours à partir de la fin de la période de paie où survient l'arrêt de rémunération. Une deuxième comparaison, le premier en date par rapport à un délai de 15 jours à compter de la date de l'arrêt de rémunération, n'existe que pour les employeurs dont le cycle de paie compte 13 périodes de paie ou moins par année, ce qui correspond en pratique à une paie mensuelle ou moins fréquente. Les employeurs qui paient chaque semaine, aux deux semaines ou deux fois par mois, ce qui couvre la plupart des milieux de travail, n'ont pas du tout accès à cette deuxième option; pour eux, le délai de 5 jours suivant la période de paie est le seul délai applicable.
Les paragraphes 19(4) à (6) du Règlement traitent aussi de situations plus précises : une remise devenue impossible pour des raisons indépendantes de la volonté de l'employeur, un demandeur qui ne dispose pas d'un exemplaire et peut le remplacer par une déclaration accompagnée de preuves à l'appui, et les cas d'employeur failli où la Commission détermine elle-même les heures et la rémunération.
Ce qui constitue un arrêt de rémunération
Un RE ne vise pas seulement les personnes congédiées ou qui ont démissionné. L'article 14 du Règlement sur l'assurance-emploi définit l'arrêt de rémunération de deux façons différentes, et la seconde surprend bon nombre d'employés qui demeurent techniquement en emploi.
« […] un arrêt de rémunération se produit lorsque, après une période d'emploi, l'assuré est licencié ou cesse d'être au service de son employeur et se trouve à ne pas travailler pour cet employeur durant une période d'au moins sept jours consécutifs à l'égard de laquelle aucune rémunération provenant de cet emploi […] ne lui est payable ni attribuée. » (Règlement sur l'assurance-emploi, art. 14(1))
C'est la règle générale : un écart de travail de 7 jours ou plus à la suite d'une mise à pied ou d'une cessation d'emploi. Mais l'article 14(2) crée un déclencheur distinct qui ne dépend pas d'une cessation d'emploi :
« L'arrêt de la rémunération provenant d'un emploi se produit au début de la semaine où l'assuré subit une réduction de rémunération représentant plus de quarante pour cent de sa rémunération hebdomadaire normale du fait qu'il cesse d'exercer cet emploi en raison d'une maladie, d'une blessure ou d'une mise en quarantaine […] » (Règlement sur l'assurance-emploi, art. 14(2))
Le texte du paragraphe se poursuit au-delà de « mise en quarantaine » pour couvrir aussi la grossesse et certaines situations de soins à donner à la famille ou de maladie grave à titre de déclencheurs additionnels selon le même seuil de 40 %; cet article se concentre sur le volet maladie, blessure et quarantaine, puisque c'est ce volet qui alimente une demande de prestations de maladie de l'assurance-emploi.
C'est cette deuxième règle qui permet un RE, et une demande de prestations de maladie de l'assurance-emploi, pour une personne dont l'emploi existe toujours mais dont la paie a diminué parce qu'elle est en congé de maladie. Il n'y a aucune exigence d'écart de 7 jours dans ce volet, et aucun besoin que la relation d'emploi prenne fin. Pour ce que cette prestation verse elle-même et sa durée une fois ce déclencheur applicable, voir Prestations de maladie de l'assurance-emploi au Canada, qui utilise aussi le code de motif D du RE décrit ci-dessous.
Vous n'avez pas besoin du RE en main pour présenter une demande d'assurance-emploi
Un malentendu courant et coûteux consiste à attendre un RE papier avant de présenter une demande d'assurance-emploi. Canada.ca réfute directement cette idée à deux endroits. La page officielle sur le RE indique :
« vous n'avez même pas à fournir de copie papier à vos employés, car ils n'en ont pas besoin pour présenter une demande de prestations d'assurance-emploi. Les RE sont toujours accessibles en ligne. »
Et la page de demande de prestations de maladie de l'assurance-emploi ajoute une consigne claire de ne pas attendre :
« N'attendez pas d'avoir les documents pour présenter votre demande. Remplissez et présentez votre demande en ligne immédiatement. Vous pouvez envoyer les documents nécessaires après avoir présenté votre demande. »
Cette page avertit aussi que présenter une demande plus de 4 semaines après le dernier jour travaillé risque de faire perdre des semaines de prestations, ce qui fait d'attendre les documents un coût réel, et non simplement un délai inutile. Lorsqu'un employeur produit un RE par voie électronique, celui-ci parvient directement à Service Canada, parfois dans un lot pouvant compter jusqu'à 1 200 RE à la fois, sans que l'employé ait quoi que ce soit à faire pour déclencher ce transfert. Les employés peuvent aussi consulter et imprimer tout RE qui leur a été délivré, papier ou électronique, par l'intermédiaire de Mon dossier Service Canada; Service Canada conserve les RE pendant 11 ans et peut en fournir une copie sur demande.
Lire le RE : la signification des codes de la case 16
La case 16 du RE indique le motif de l'arrêt de rémunération au moyen d'un seul code alphabétique. Le tableau ci-dessous présente les principaux codes décrits dans le guide officiel du relevé d'emploi. Il ne s'agit pas d'une liste exhaustive garantie; le guide officiel fait autorité sur l'ensemble des codes et sur tout ajout ou changement à ceux-ci.

| Code | Motif |
|---|---|
| A | Manque de travail, mise à pied |
| B | Grève ou lock-out |
| D | Maladie ou blessure |
| E | Départ volontaire |
| F | Maternité |
| G | Retraite obligatoire ou réduction approuvée des effectifs |
| H | Travail partagé |
| J | Formation d'apprenti |
| K | Autre |
| M | Congédiement ou suspension |
| N | Congé sans solde |
| P | Congé parental ou d'adoption |
| Z | Congé de soignant ou pour proche aidant |
Les codes E et M sont généralement ceux qui incitent le plus Service Canada à examiner de plus près si un prestataire a quitté volontairement son emploi ou a été congédié pour inconduite, puisque ces circonstances peuvent influer sur l'admissibilité à l'assurance-emploi selon les règles d'exclusion de la Loi. Les mécanismes précis de cet examen n'ont pas été confirmés de façon indépendante pour cet article; il faut donc considérer cela comme une orientation générale plutôt qu'un guide de procédure.
Inscrire un motif faux ou trompeur sur un RE n'est pas une simple erreur administrative, c'est une infraction distincte. Le guide officiel affirme clairement qu'il s'agit d'une infraction grave de déformer le motif de délivrance d'un RE, et qu'inscrire sciemment un motif faux ou trompeur peut entraîner des amendes ou des poursuites. Cela concorde avec la disposition sur les infractions de l'article 135 de la Loi sur l'assurance-emploi, qui vise les fausses déclarations faites sciemment et les renseignements faux ou trompeurs exigés en vertu de la Loi ou des règlements, avec une peine d'une amende d'au moins 200 $ et d'au plus 5 000 $, plus jusqu'au double des prestations obtenues indûment, et jusqu'à 6 mois d'emprisonnement. La question de savoir si cette même disposition, par opposition à une autre, s'applique à un RE simplement en retard ou refusé, sans qu'aucune inscription fausse n'y figure, n'a pas été confirmée pour cet article; le texte législatif confirmé vise précisément les fausses déclarations et les inscriptions fausses au RE, et non un simple défaut de le délivrer.
Si votre employeur refuse ou tarde à délivrer un RE
L'obligation de délivrer un RE dans le délai prévu par la loi est impérative en vertu du « établit » de l'article 19(2), et non quelque chose qu'un employeur peut choisir d'ignorer. Si un employeur refuse de délivrer un RE, ou accuse un retard important sans que l'une des exceptions étroites des paragraphes 19(4) à (6) s'applique, la démarche pratique consiste à communiquer directement avec Service Canada plutôt que d'attendre indéfiniment. Cet article ne mentionne pas de numéro de téléphone précis, de numéro de formulaire ou de pénalité en dollars pour un simple refus de délivrer un RE, puisque les mécanismes précis de recours pour cette situation, distincts de la pénalité pour fausse déclaration décrite plus haut, n'ont pas été confirmés de façon indépendante auprès d'une source gouvernementale pour cet article. Tout chiffre ou toute procédure précise que vous rencontrez ailleurs doit être considéré comme quelque chose à vérifier directement auprès de Service Canada plutôt que comme établi ici.
Le Québec et le relevé d'emploi
L'obligation fédérale du RE s'applique de la même façon au Québec que partout ailleurs au Canada. Rien dans les dispositions du Règlement sur l'assurance-emploi concernant l'arrêt de rémunération ou la délivrance du RE ne prévoit d'exception distincte pour les employeurs ou les employés du Québec. Le régime québécois d'assurance parentale, qui gère les prestations de maternité, parentales et d'adoption pour les travailleurs du Québec au lieu de l'assurance-emploi, s'appuie sur le même RE fédéral aux fins habituelles. Un formulaire provincial distinct, le « Relevé de renseignements sur l'emploi », s'applique seulement lorsqu'un employé cotise au régime québécois mais non à l'assurance-emploi fédérale en raison de la nature de son emploi. Confirmez les exigences documentaires actuelles directement auprès du régime québécois si une demande parentale ou d'adoption est ce qui vous amène ici.

Avis : Cet article fournit des renseignements généraux sur l'obligation fédérale de relevé d'emploi prévue par le Règlement sur l'assurance-emploi, DORS/96-332, et la Loi sur l'assurance-emploi, L.C. 1996, ch. 23, à jour en date d'août 2026. Il ne s'agit pas de conseils juridiques. Il ne traite pas du préavis, de l'indemnité de départ ou de l'indemnité de cessation d'emploi dus à un employé, et il ne confirme pas de façon indépendante le processus de recours précis applicable à un employeur qui refuse ou tarde à délivrer un RE. Consultez Service Canada ou un avocat autorisé à exercer dans votre province pour obtenir des conseils sur votre situation particulière.
Questions fréquentes
Quel est le délai pour qu'un employeur délivre un RE?
Cela dépend du format. Un RE papier doit parvenir à l'employé dans les 5 jours suivant le dernier en date entre le début de l'arrêt de rémunération ou le moment où l'employeur en prend connaissance, selon l'article 19(3)a) du Règlement sur l'AE. Un RE électronique doit parvenir à Service Canada dans les 5 jours suivant la fin de la période de paie où survient l'arrêt de rémunération. Seuls les employeurs dont le cycle de paie compte 13 périodes de paie ou moins par année, soit environ mensuel ou moins fréquent, ont accès à une deuxième option : le premier en date entre ce délai de 5 jours ou 15 jours après le début de l'arrêt de rémunération, selon l'article 19(3.1); les paies hebdomadaires, aux deux semaines et deux fois par mois n'ont pas du tout accès à l'option de 15 jours.
Dois-je avoir mon RE en main avant de pouvoir présenter une demande d'assurance-emploi?
Non. Canada.ca affirme directement que vous n'avez pas besoin de fournir de copie papier pour présenter une demande, puisque les RE sont accessibles en ligne, et que vous devriez soumettre votre demande d'assurance-emploi immédiatement plutôt que d'attendre les documents. Présenter une demande plus de 4 semaines après votre dernier jour travaillé peut vous faire perdre des semaines de prestations.
Faut-il être congédié ou avoir démissionné pour qu'un RE soit nécessaire?
Non. Un arrêt de rémunération peut aussi survenir pendant qu'une personne demeure en emploi. Selon l'article 14(2) du Règlement sur l'AE, une diminution de plus de 40 % de la rémunération hebdomadaire normale en raison d'une maladie, d'une blessure ou d'une mise en quarantaine déclenche à elle seule un arrêt de rémunération, sans qu'aucune cessation d'emploi ne soit requise.
Que signifient les codes de la case 16 d'un RE?
La case 16 indique le motif de l'arrêt de rémunération au moyen d'un code alphabétique. Les codes courants incluent A pour manque de travail, B pour une grève ou un lock-out, D pour maladie ou blessure, E pour un départ volontaire, F pour la maternité, M pour un congédiement ou une suspension, N pour un congé sans solde et P pour un congé parental ou d'adoption. Cet article présente les principaux codes, non une liste exhaustive garantie; le guide officiel du relevé d'emploi fait autorité sur l'ensemble des codes.
Que se passe-t-il si mon employeur refuse de délivrer un RE?
Délivrer un RE dans le délai prévu par la loi est une obligation impérative selon l'article 19(2) du Règlement sur l'AE, et non quelque chose qu'un employeur peut choisir de ne pas faire. Si un employeur refuse ou accuse un retard important, communiquez directement avec Service Canada. Cet article n'énonce pas de pénalité précise pour un simple refus, puisque les mécanismes exacts d'application pour cette situation n'ont pas été confirmés de façon indépendante auprès d'une source gouvernementale.
Le processus du RE est-il différent pour les employés du Québec?
L'obligation fédérale du RE elle-même s'applique de la même façon partout au Canada, y compris au Québec, puisque rien dans le Règlement sur l'assurance-emploi ne prévoit d'exception québécoise. Le régime québécois d'assurance parentale possède des formulaires distincts pour un revenu non assurable en vertu de l'assurance-emploi fédérale; vérifiez directement auprès de ce régime pour tout ce qui concerne une demande parentale ou d'adoption.
Sources et références
- Règlement sur l'assurance-emploi, DORS/96-332, art. 19 (obligation de délivrer un RE; délais de remise sur papier et par voie électronique) (Site Web de la législation (Justice))(laws-lois.justice.gc.ca).gov
- Règlement sur l'assurance-emploi, DORS/96-332, art. 14 (arrêt de rémunération; déclencheur de maladie, de blessure ou de mise en quarantaine) (Site Web de la législation (Justice))(laws-lois.justice.gc.ca).gov
- Loi sur l'assurance-emploi, L.C. 1996, ch. 23, art. 135 (infractions et peines pour déclarations fausses ou trompeuses) (Site Web de la législation (Justice))(laws-lois.justice.gc.ca).gov
- Guide de production du relevé d'emploi, Emploi et Développement social Canada(canada.ca).gov
- Relevé d'emploi sur le Web, Gouvernement du Canada(canada.ca).gov
- Prestations de maladie de l'assurance-emploi : présenter une demande, Gouvernement du Canada(canada.ca).gov
- Informations à fournir par l'employeur lors d'une demande de congé parental, Gouvernement du Québec (formulaire d'information sur l'emploi du RQAP par rapport au RE fédéral)(quebec.ca).gov