Droits de succession en France : barème et abattements 2026

Les droits de succession sont l'impôt français sur les successions, prélevé sur la part individuelle reçue par chaque héritier plutôt que sur la succession dans son ensemble. Le montant dû dépend du lien de parenté entre l'héritier et le défunt, d'un abattement lié à ce lien de parenté, et d'un barème progressif qui va de 5 % à 60 %.
Informations vérifiées pour la dernière fois le 19 juillet 2026. Cet article présente des informations juridiques générales, et non un conseil juridique.
Simulateur de droits de succession
Applique l'abattement et le barème de l'article 777 du CGI selon le lien de parenté avec le défunt. Le barème en ligne directe est progressif, comme les tranches de l'impôt sur le revenu : chaque tranche du montant imposable est taxée à son propre taux.
Lien de parenté avec le défunt
Ce simulateur fournit des informations générales et ne constitue ni un conseil juridique ni un conseil fiscal pour un cas individuel. L'administration fiscale détermine le montant réellement dû.
Champ d'application : Cet article traite exclusivement des droits de succession en droit français national. Il n'aborde pas les règles de droits de succession ou de droits sur les successions d'aucun autre pays.
Droits de succession : qui paie, combien, et sur quoi
L'impôt sur les successions en France n'est pas un impôt unique appliqué à l'ensemble de la succession avant son partage, comme c'est le cas pour l'estate tax de type américain. Chaque héritier est au contraire imposé individuellement sur la part nette qu'il reçoit personnellement, après paiement des dettes de la succession. Deux héritiers recevant des montants très différents, ou entretenant des liens de parenté très différents avec le défunt, peuvent se retrouver avec des impositions très différentes pour une même succession.
Le point de départ est le même processus en trois étapes pour chaque héritier. Premièrement, identifier l'abattement applicable au lien de parenté de cet héritier avec le défunt. Deuxièmement, soustraire cet abattement de la part de l'héritier pour obtenir la base imposable. Troisièmement, appliquer à cette base imposable le barème correspondant à ce lien de parenté. Les sections ci-dessous détaillent chaque catégorie de lien de parenté, puis présentent un exemple chiffré complet.
Le barème complet en ligne directe (enfants, petits-enfants, parents)
Les héritiers en ligne directe, c'est-à-dire les enfants, petits-enfants ou parents, sont imposés selon un barème progressif à sept tranches fixé par l'article 777 du Code général des impôts (CGI). Le taux ne s'applique qu'à la fraction de la part imposable comprise dans chaque tranche, et non à la totalité du montant au taux le plus élevé.
| Part taxable après abattement | Taux |
|---|---|
| Jusqu'à 8 072 € | 5 % |
| De 8 072 € à 12 109 € | 10 % |
| De 12 109 € à 15 932 € | 15 % |
| De 15 932 € à 552 324 € | 20 % |
| De 552 324 € à 902 838 € | 30 % |
| De 902 838 € à 1 805 677 € | 40 % |
| Au-delà de 1 805 677 € | 45 % |
Le barème étant progressif, la plupart des successions en ligne directe n'atteignent jamais les tranches supérieures. Une part taxable de 300 000 €, par exemple, est imposée en partie à 5 %, en partie à 10 %, en partie à 15 %, et le reste à 20 %, et non entièrement à 20 %. L'exemple chiffré ci-dessous détaille ce calcul étape par étape.
Abattements selon le lien de parenté : le tableau complet 2026
L'abattement de chaque héritier dépend de son lien de parenté avec le défunt. Ces montants s'appliquent aux successions en 2026 et n'ont pas changé depuis les dates indiquées.
| Lien de parenté | Abattement |
|---|---|
| Enfant ou petit-enfant, par parent | 100 000 € |
| Conjoint ou partenaire de PACS | Exonération totale, sans plafond |
| Héritier en situation de handicap, quel que soit le lien | 159 325 €, cumulable avec l'autre abattement de l'héritier |
| Frère ou sœur | 15 932 € |
| Neveu ou nièce | 7 967 € |
| Héritier sans lien de parenté | 1 594 € |
L'abattement de 100 000 € en ligne directe est gelé depuis le 17 août 2012, date à laquelle il a été fixé par la loi n° 2012-958, et il n'a été ni relevé ni indexé sur l'inflation depuis. Ce point surprend de nombreux lecteurs, qui supposent qu'un abattement d'une telle importance évoluerait avec le coût de la vie. Ce n'est pas le cas.
Il convient aussi d'être précis sur la portée de ce montant : les 100 000 € s'entendent par enfant et par parent, et non comme un plafond unique de 100 000 € partagé entre les deux parents. Un enfant peut donc recevoir jusqu'à 100 000 € en franchise d'impôt de la succession de sa mère, puis 100 000 € supplémentaires en franchise d'impôt de la succession de son père. Ce même abattement se renouvelle également pour les donations tous les 15 ans, un mécanisme détaillé sur notre page consacrée aux donations, qui explique aussi la règle de rappel fiscal de 15 ans qui rend ce renouvellement possible.
L'abattement de 159 325 € pour héritier en situation de handicap, prévu à l'article 779, II du CGI, est généralement présenté comme se cumulant avec tout autre abattement dont bénéficie déjà cet héritier. Un enfant en situation de handicap, par exemple, bénéficie à la fois de l'abattement de 100 000 € en ligne directe et de l'abattement de 159 325 € pour handicap.
Conjoint et partenaire de PACS : exonération totale
Le conjoint survivant ou le partenaire de PACS survivant ne paie aucun droit de succession, quel que soit le montant hérité, en vertu de l'article 796-0 bis du CGI. Il s'agit d'une exonération totale et non d'un simple abattement élevé : il n'existe donc aucun plafond au-delà duquel l'impôt commencerait à s'appliquer. Pour en savoir plus sur ce qu'est le PACS et en quoi il diffère du mariage, consultez notre page sur le pacte civil de solidarité en France.
Cette exonération applicable au conjoint et au partenaire de PACS est spécifique aux droits de succession. Elle ne détermine pas à elle seule la part de la succession à laquelle un conjoint ou un partenaire a droit, une question distincte traitée sur notre page de présentation des successions.
Frères et sœurs : l'abattement de 15 932 € et l'exonération totale conditionnelle
Les frères et sœurs occupent une position intermédiaire. Chaque frère ou sœur bénéficie automatiquement de l'abattement de 15 932 € indiqué dans le tableau ci-dessus. Séparément, et uniquement lorsque des conditions précises sont réunies, un frère ou une sœur peut prétendre à une exonération totale des droits de succession en vertu de l'article 796-0 ter du CGI, dont l'effet est comparable à celui de l'exonération applicable au conjoint.
Cette exonération totale suppose que les trois conditions suivantes soient réunies simultanément. Le frère ou la sœur survivant doit être célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps. Il doit également être âgé de plus de 50 ans ou dans l'incapacité de travailler en raison d'un handicap. Enfin, il doit avoir été domicilié de manière continue avec le défunt pendant les cinq années précédant immédiatement le décès, une exigence de domiciliation légale que l'administration fiscale vérifie par la correspondance des adresses fiscales, et non par la simple affirmation de séjours fréquents.
Un piège mérite d'être signalé : un frère ou une sœur pacsé avec une autre personne n'est pas considéré comme célibataire pour les besoins de cette exonération, même si le PACS n'est pas un mariage. Une décision rapportée de la Cour de cassation, datée du 28 mai 2025, confirme que la condition de célibat, veuvage, divorce ou séparation prévue par le texte exclut toute forme d'union civile, y compris un PACS avec un tiers, même lorsque le frère ou la sœur remplit par ailleurs la condition d'âge ou de handicap et la condition de cohabitation de cinq ans. Un frère ou une sœur dans cette situation conserve l'abattement ordinaire de 15 932 € mais perd le bénéfice de l'exonération totale.
À défaut d'exonération, le taux applicable aux frères et soeurs n'est pas celui du barème en ligne directe. Les frères et soeurs sont imposés à 35 % sur les premiers 24 430 EUR après abattement, puis à 45 % au-delà. Les neveux et nièces, ainsi que les parents jusqu'au quatrième degré, sont imposés au taux forfaitaire de 55 %. Les personnes plus éloignées ou sans lien de parenté acquittent 60 %. Ces taux figurent à l'article 777 du CGI aux côtés du barème en ligne directe, et ils expliquent pourquoi le lien de parenté entre le défunt et l'héritier pèse généralement bien plus sur la note finale que le montant de la succession.
Nouveauté 2026 : un abattement pour les beaux-enfants
La loi de finances pour 2026 aurait introduit un nouvel abattement pour les beaux-enfants, fixé à 15 932 €, soit le même montant que l'abattement applicable aux frères et sœurs. Selon les informations rapportées, il s'applique lorsque le beau-parent décédé était marié ou pacsé avec le parent de l'enfant, et a apporté à l'enfant des soins et un soutien effectifs et continus pendant au moins cinq ans durant sa minorité, ou, si l'enfant était déjà majeur au moment du décès, soit cinq ans de ce soutien apporté durant la minorité, soit dix ans répartis entre la minorité et la majorité.
Ce montant et ces conditions de durée de soins sont corroborés par plusieurs sources secondaires indépendantes, mais l'article précis du Code général des impôts créant cet abattement n'a pas pu être confirmé au regard du texte législatif primaire au moment de la rédaction ; aucun numéro d'article n'est donc cité ici. Toute personne dans une situation de famille recomposée susceptible d'être concernée par cet abattement devrait en confirmer les conditions précises et actuelles auprès d'un notaire ou directement auprès de l'administration fiscale avant de s'y fier, s'agissant d'une évolution récemment rapportée.
Calcul des droits de succession : un exemple chiffré, étape par étape
L'exemple ci-dessous est purement illustratif et utilise des chiffres ronds pour présenter le mécanisme de calcul. L'imposition réelle d'une succession dépend de faits propres à chaque situation, notamment la manière dont un bien indivis ou un usufruit est évalué, et le fait que le défunt ait consenti ou non d'autres donations au cours de la période de rappel fiscal de 15 ans qui précède.
Prenons l'exemple d'un parent qui décède en laissant à son enfant unique une part nette de 400 000 €, après paiement des dettes.
Étape 1. Appliquer l'abattement de 100 000 € en ligne directe. 400 000 € moins 100 000 € laisse une part taxable de 300 000 €.
Étape 2. Appliquer le barème par tranches de l'article 777 à cette part taxable de 300 000 €, tranche par tranche.
- Les premiers 8 072 € sont taxés à 5 % : 403,60 €.
- Les 4 037 € suivants, de 8 072 € à 12 109 €, sont taxés à 10 % : 403,70 €.
- Les 3 823 € suivants, de 12 109 € à 15 932 €, sont taxés à 15 % : 573,45 €.
- Le solde de 284 068 €, de 15 932 € à 300 000 €, est taxé à 20 % : 56 813,60 €.
Étape 3. Additionner les quatre montants. 403,60 plus 403,70 plus 573,45 plus 56 813,60 égalent 58 194,35 € de droits de succession.
Sur un héritage brut de 400 000 €, cela représente un taux effectif d'environ 14,5 %, nettement inférieur au taux marginal de 20 % qui s'applique à l'essentiel de la part taxable, car l'abattement et les tranches inférieures absorbent la première partie de l'héritage avant que la tranche à 20 % ne prenne le relais.
À titre de comparaison, si ces mêmes 400 000 € avaient été transmis à un conjoint survivant, l'impôt dû aurait été nul, les conjoints étant totalement exonérés. S'ils avaient été transmis à un ami sans lien de parenté, seuls 1 594 € auraient été exonérés et les 398 406 € restants auraient été taxés au taux fixe de 60 %, un résultat très différent pour un même montant de départ. Le capital d'une assurance vie suit un régime distinct, décrit sur notre page consacrée à l'assurance vie et à la succession.
Délais de déclaration : 6 mois ou 12 mois
Une succession doit être déclarée à l'administration fiscale dans un délai de 6 mois à compter de la date du décès, si celui-ci est survenu en France, ou dans un délai de 12 mois, si le décès est survenu à l'étranger. Des délais plus larges s'appliquent dans certaines situations éloignées ou d'outre-mer, mais il s'agit de cas particuliers plutôt que de la règle générale à laquelle la plupart des héritiers seront confrontés.
Paiement : en totalité, de manière fractionnée, ou différé
Les droits de succession sont normalement dus au moment du dépôt de la déclaration. Lorsque cela n'est pas possible, les héritiers peuvent demander un paiement fractionné, étalé sur une durée maximale d'un an, portée à trois ans lorsque des actifs peu liquides, tels qu'un bien immobilier ou une entreprise, représentent au moins 50 % de la succession. Dans des situations plus restreintes, principalement une transmission de la nue-propriété avec un conjoint usufruitier survivant ou certaines transmissions agricoles à caractère préférentiel, un paiement différé peut être disponible à la place.
Ces deux dispositifs exigent des garanties et donnent lieu au paiement d'intérêts. Ce taux d'intérêt est de 2 % par an pour les demandes formulées depuis le 1er janvier 2026, ramené à 0,6 % pour certaines transmissions d'entreprises.
Avertissement
Cet article fournit des informations générales sur les droits de succession en droit français, à la date de vérification indiquée ci-dessus. Il ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou financier et ne crée aucune relation d'avocat à client ni aucune autre relation professionnelle. Le calcul des droits de succession dépend de faits propres à chaque situation, notamment la manière dont un usufruit, un bien indivis ou des donations antérieures affectent la base imposable, et les lecteurs devraient consulter un notaire ou un conseiller fiscal qualifié au sujet d'une succession donnée.
Questions fréquentes
Quel est l'abattement applicable à un enfant héritant d'un parent en 2026 ?
100 000 € par enfant et par parent, en vertu de l'article 779 du CGI. Ce montant est fixé depuis les successions ouvertes à compter du 17 août 2012 et n'a été ni relevé ni indexé sur l'inflation depuis.
Le conjoint survivant paie-t-il des droits de succession ?
Non. Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés des droits de succession en vertu de l'article 796-0 bis du CGI, quel que soit le montant reçu.
Un frère ou une sœur peut-il être exonéré des droits de succession ?
Seulement s'il est célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps, âgé de plus de 50 ans ou dans l'incapacité de travailler en raison d'un handicap, et domicilié à la même adresse que le défunt pendant les cinq années précédant le décès. Les trois conditions doivent être réunies en vertu de l'article 796-0 ter du CGI. Un frère ou une sœur pacsé avec une autre personne n'est pas considéré comme célibataire à cette fin et perd le bénéfice de l'exonération même si les autres conditions sont remplies.
Existe-t-il un nouvel abattement pour les beaux-enfants en 2026 ?
Certaines sources font état d'un nouvel abattement pour les beaux-enfants créé par la loi de finances pour 2026, rapporté à hauteur de 15 932 €, conditionné à plusieurs années de soins documentés apportés par le beau-parent décédé. Le numéro exact de l'article le créant n'a pas pu être confirmé au moment de la rédaction ; les lecteurs devraient donc en vérifier les modalités actuelles auprès d'un notaire avant de s'y fier.
De combien de temps est-ce que je dispose pour déclarer une succession en France ?
6 mois à compter de la date du décès si celui-ci est survenu en France, ou 12 mois s'il est survenu à l'étranger. Des délais plus larges s'appliquent dans certains cas éloignés ou d'outre-mer, mais il s'agit d'exceptions plutôt que de la règle générale.
Quel est le taux le plus élevé des droits de succession ?
60 %, applicable aux héritiers sans lien de parenté et aux parents au-delà du quatrième degré, après un abattement de seulement 1 594 €. Les héritiers en ligne directe plafonnent à 45 % sur les montants supérieurs à 1 805 677 €.
L'abattement pour personne handicapée remplace-t-il l'abattement ordinaire ?
Non. L'abattement de 159 325 € pour héritier en situation de handicap est généralement présenté comme s'ajoutant à l'autre abattement dont bénéficie l'héritier, de sorte qu'un enfant en situation de handicap, par exemple, bénéficie à la fois de l'abattement de 100 000 € en ligne directe et de l'abattement pour handicap.
Les droits de succession peuvent-ils être payés de manière échelonnée ?
Oui, dans certaines circonstances. Les héritiers peuvent demander un paiement fractionné, étalé sur une durée maximale d'un an, portée à trois ans lorsque des actifs peu liquides représentent au moins la moitié de la succession, ou un paiement différé dans des situations plus restreintes telles qu'une transmission de la nue-propriété avec un conjoint usufruitier survivant. Ces deux dispositifs exigent des garanties et donnent lieu à des intérêts annuels de 2 % pour les demandes formulées depuis le 1er janvier 2026.
Sources et références
- Code général des impôts, article 779 (abattements en ligne directe, handicap, frères et sœurs, neveux et nièces)(legifrance.gouv.fr).gov
- BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-50-20, abattement en ligne directe applicable depuis le 17 août 2012(bofip.impots.gouv.fr).gov
- Code général des impôts, article 796-0 bis (exonération du conjoint et du partenaire de PACS)(legifrance.gouv.fr).gov
- Code général des impôts, article 796-0 ter (exonération conditionnelle des frères et sœurs)(legifrance.gouv.fr).gov
- Code général des impôts, article 777 (barème en ligne directe et autres barèmes)(legifrance.gouv.fr).gov
- service-public.gouv.fr, délais de déclaration de succession(service-public.gouv.fr).gov
- impots.gouv.fr, paiement des droits de succession (fractionnement et report)(impots.gouv.fr).gov
- Article 788 du CGI (abattement par défaut pour les héritiers sans lien de parenté plus proche)(legifrance.gouv.fr).gov
- Cass. com., 28 mai 2025, n° 21-16.632 (un frère ou une sœur pacsé n'est pas considéré comme célibataire pour l'exonération de l'article 796-0 ter)(legifrance.gouv.fr).gov