Le PACS en France : comment fonctionne le pacte civil de solidarité

Le PACS (pacte civil de solidarité) permet à deux adultes d'enregistrer un partenariat légal auprès de l'État français, sans se marier. Il ouvre droit à l'imposition commune et à une exonération totale des droits de succession pour le partenaire désigné, mais il ne fait pas des partenaires des héritiers automatiques l'un de l'autre, et il ne confère pas tous les droits qu'offre le mariage.
Informations vérifiées pour la dernière fois le 19 juillet 2026. Cet article présente des informations juridiques générales et ne constitue pas un avis juridique.
Champ d'application : Cet article traite du pacte civil de solidarité (PACS) tel que prévu par le droit national français (le Code civil), applicable en France métropolitaine. Il ne traite pas du droit du partenariat ou du concubinage dans d'autres pays.
Qu'est-ce que le PACS
Le PACS, abréviation de pacte civil de solidarité, est un contrat conclu entre deux adultes qui souhaitent organiser leur vie commune sans se marier. En vertu de l'article 515-1 du Code civil, les deux partenaires peuvent être de sexe différent ou de même sexe. Le contrat crée des obligations réciproques, mais il constitue un statut juridique distinct du mariage, avec ses propres règles en matière de biens, de fiscalité et de conséquences en cas de rupture.
La France a instauré le PACS en 1999, et il est depuis devenu une alternative courante au mariage. De nombreux couples le choisissent parce que l'enregistrement est plus simple et plus rapide qu'un mariage, et parce qu'il procure malgré tout des avantages juridiques et fiscaux substantiels. Il ne s'agit toutefois pas d'une version amoindrie du mariage sur tous les plans : certains droits jouent en sa faveur, et d'autres sont réellement équivalents.
PACS, mariage ou concubinage : comparaison des statuts
Trois statuts juridiques existent pour un couple en France : le concubinage, le PACS et le mariage. Chacun confère un ensemble de droits différent.
Le concubinage ne nécessite aucun enregistrement et ne crée presque aucune obligation juridique entre les partenaires. Le PACS se situe entre les deux : c'est un statut contractuel enregistré, avec de réelles conséquences fiscales et successorales, mais il ne crée pas automatiquement de droits successoraux ni de droit à une pension de réversion. Le mariage reste le seul statut qui offre les deux.
L'écart entre le PACS et le mariage s'est réduit au fil des années. L'adoption conjointe, traitée plus loin, était autrefois réservée aux couples mariés ; cela a changé pour les partenaires pacsés en février 2022. Deux écarts demeurent importants : la pension de réversion et les droits successoraux automatiques, tous deux abordés plus loin, que le PACS ne crée toujours pas.
Comment enregistrer un PACS : formalités et lieu de signature
En vertu de l'article 515-3 du Code civil, le PACS est enregistré à la mairie de la résidence commune du couple. L'enregistrement en mairie est gratuit. Les couples peuvent aussi choisir de l'enregistrer chez un notaire, option payante, qui conserve alors l'original du contrat signé. Les couples résidant à l'étranger peuvent également enregistrer leur PACS auprès d'un consulat ou d'une ambassade de France.
L'enregistrement exige une pièce d'identité pour chacun des partenaires, un contrat de PACS signé, et une déclaration conjointe confirmant l'absence de lien de parenté proche et la résidence commune des partenaires. Une fois enregistré, le PACS est mentionné en marge de l'acte de naissance de chaque partenaire.
Les biens pendant le PACS : séparation par défaut, ou indivision
Depuis le 1er janvier 2007, le régime de biens par défaut du PACS est celui de la séparation des biens : chaque partenaire conserve la propriété exclusive et la gestion de ce qu'il détient individuellement, que ce soit acquis avant ou pendant le PACS. Rien n'est automatiquement partagé.
Les partenaires qui préfèrent un régime de biens partagés peuvent opter pour l'indivision, prévue dans le contrat de PACS dès l'enregistrement. Sous ce régime, les biens acquis pendant le PACS, sous réserve de certaines exceptions prévues au contrat, appartiennent conjointement aux deux partenaires à parts égales, quel que soit celui qui les a effectivement payés.
Le choix entre les deux régimes mérite d'être fait de manière réfléchie plutôt que par défaut, car il détermine à la fois ce qui se passe en cas de séparation du couple et, dans une moindre mesure, ce qui se passe si l'un des partenaires décède alors que le PACS est toujours en cours.
Le PACS et la fiscalité : la déclaration commune
Les partenaires pacsés sont imposés comme un seul foyer fiscal dès l'année d'enregistrement du PACS. Plutôt que de déposer chacun une déclaration individuelle, le couple dépose une déclaration commune couvrant les revenus des deux partenaires pour cette année.
Il existe une exception limitée pour l'année d'enregistrement elle-même : les partenaires peuvent opter pour des déclarations séparées pour cette seule première année. À partir de l'année suivante, la déclaration commune devient obligatoire et l'option de déclaration séparée ne s'applique plus.
Le PACS et la succession : exonération fiscale totale, mais pas d'héritage automatique
C'est ici que le PACS surprend souvent, car il tire dans deux directions opposées à la fois.
D'abord, le volet qui protège financièrement le partenaire survivant : en vertu de l'article 796-0 bis du CGI, le partenaire pacsé survivant désigné légataire dans un testament est totalement exonéré des droits de succession. Cette exonération est identique à celle accordée au conjoint survivant. Tout ce qui est légué au partenaire pacsé par testament lui revient sans aucun droit de succession à payer.
Ensuite, le volet qui prend les gens au dépourvu : le PACS ne fait pas, à lui seul, des partenaires des héritiers l'un de l'autre. En droit successoral français, sans testament, le partenaire pacsé n'a aucun droit sur la succession de son partenaire décédé, quelle qu'ait été la durée du partenariat. Le testament est le seul moyen de laisser quoi que ce soit au partenaire pacsé. Il vaut mieux s'en occuper bien avant que cela ne devienne nécessaire, car il n'est pas possible d'y remédier après coup. Pour une vue d'ensemble du traitement des testaments, des héritiers et des différentes situations familiales en droit successoral français, consultez l'aperçu de la succession pour la France.
Le droit temporaire au logement d'un an
Indépendamment de l'exigence de testament, le partenaire pacsé survivant conserve automatiquement le droit de rester dans la résidence principale commune du couple pendant un an après le décès de l'autre partenaire. Ce droit s'applique qu'il existe un testament ou non. Le partenaire survivant peut occuper le logement gratuitement pendant cette année, et les loyers éventuellement dus sur le bien durant cette période sont pris en charge par la succession plutôt que par le partenaire survivant.
Ce droit d'un an est temporaire par nature. Il offre au partenaire survivant un répit immédiatement après le décès, et non un droit permanent sur le bien lui-même.
Ce que le PACS ne donne toujours pas, et ce qu'il donne désormais
Deux écarts entre le PACS et le mariage méritent d'être précisés, car se tromper dans un sens comme dans l'autre pose de réels problèmes.
Le PACS ne donne jamais droit à une pension de réversion, la pension de survivant versée par le régime de retraite de la personne décédée. Cela vaut pour tous les régimes de retraite en France : seul le mariage ouvre ce droit, et ni le PACS ni le concubinage n'y donnent accès, quelle qu'ait été la durée de la relation.
Le PACS ne crée pas non plus, à lui seul, de droits successoraux automatiques, comme indiqué plus haut.
Un écart qui existait autrefois a disparu. D'anciennes sources présentaient souvent l'adoption comme réservée au mariage. Ce n'est plus exact. La loi n. 2022-219 du 21 février 2022, entrée en vigueur le 23 février 2022, a ouvert l'adoption conjointe aux partenaires pacsés, ainsi qu'aux concubins, dans les mêmes conditions que celles déjà applicables aux couples mariés : justifier d'au moins un an de vie commune, ou que les deux partenaires aient plus de 26 ans. Un couple qui envisage également de formaliser des dispositions d'autorité parentale pour un enfant doit savoir que le statut de PACS ne constitue plus un obstacle à une demande d'adoption conjointe.
Comment mettre fin à un PACS
Un PACS peut prendre fin de trois manières. Les partenaires qui s'accordent pour y mettre fin ensemble déposent une déclaration conjointe, au moyen du formulaire Cerfa n. 15789, auprès de l'autorité qui a enregistré le PACS : la mairie, le notaire, ou le consulat.
Un partenaire qui souhaite mettre fin au PACS sans l'accord de l'autre peut le faire unilatéralement, en faisant signifier la décision à l'autre partenaire par un commissaire de justice. Cette voie fonctionne quelle que soit l'autorité qui a initialement enregistré le PACS, mais elle implique des frais pour les services du commissaire de justice.
La troisième voie ne nécessite aucune démarche : le PACS se dissout automatiquement dès que l'un des partenaires se marie, que ce soit avec l'autre partenaire ou avec une autre personne. Mettre fin à un PACS par le mariage signifie que le statut juridique du couple bascule du jour au lendemain des règles du PACS à celles du mariage, ce qui est un bon moment pour comparer les différences entre les deux régimes, y compris la manière dont un mariage pourrait ensuite être dissous, par exemple via le divorce par consentement mutuel.
Pour une vue d'ensemble de la manière dont le PACS s'inscrit parmi les autres sujets de droit de la famille en France, consultez le portail France.
Avertissement
Cet article est fourni à titre d'information générale uniquement et ne constitue pas un avis juridique. L'enregistrement du PACS, les régimes de biens et les règles successorales peuvent être affectés par des circonstances individuelles, des réformes légales ultérieures, et la formulation précise d'un testament ou d'un contrat de PACS. Toute personne prenant des décisions concernant l'enregistrement, la modification ou la fin d'un PACS, ou la planification successorale, devrait consulter un notaire ou un avocat en droit de la famille qualifié.
Questions fréquentes
Le partenaire pacsé hérite-t-il automatiquement au décès de son partenaire ?
Non. Sans testament, le partenaire pacsé n'a aucun droit successoral dans la succession de son partenaire. Un testament est nécessaire pour lui laisser quoi que ce soit.
Le partenaire pacsé paie-t-il des droits de succession en France ?
Pas s'il est désigné légataire dans un testament. L'article 796-0 bis du CGI exonère totalement le partenaire pacsé survivant des droits de succession, sur le même pied que le conjoint survivant.
Les partenaires pacsés peuvent-ils adopter conjointement un enfant ?
Oui. Depuis la loi n. 2022-219 du 21 février 2022, entrée en vigueur le 23 février 2022, les partenaires pacsés peuvent demander une adoption conjointe dans les mêmes conditions que les couples mariés : justifier d'au moins un an de vie commune, ou que les deux partenaires aient plus de 26 ans.
Le PACS donne-t-il droit à une pension de réversion ?
Non, jamais, quel que soit le régime de retraite. Le droit à la pension de réversion est réservé aux conjoints survivants ; le PACS et le concubinage n'y donnent pas accès.
Que deviennent les biens détenus en commun en cas de séparation du couple ?
Cela dépend du régime de biens choisi lors de l'enregistrement. Sous le régime par défaut de la séparation des biens, chaque partenaire conserve ce qu'il possède individuellement ; sous le régime de l'indivision, les biens acquis en commun sont partagés et doivent être répartis lors de la dissolution.
Comment un PACS est-il dissous ?
Par une déclaration conjointe au moyen du formulaire Cerfa n. 15789, par la signification unilatérale d'un partenaire à l'autre par l'intermédiaire d'un commissaire de justice, ou automatiquement dès qu'un des partenaires se marie, sans aucune démarche nécessaire.
L'enregistrement d'un PACS est-il gratuit ?
L'enregistrement à la mairie de la résidence commune du couple est gratuit. L'enregistrement chez un notaire est en revanche une option payante, et le notaire conserve alors l'original du document.
Les partenaires pacsés sont-ils imposés ensemble ?
Oui. Les partenaires déposent une seule déclaration commune du foyer fiscal dès l'année d'enregistrement du PACS, avec une option ponctuelle de déclaration séparée pour cette seule première année.
Sources et références
- Code civil, article 515-1, définition du contrat de PACS(legifrance.gouv.fr).gov
- Service-public.gouv.fr, formalités d'enregistrement du PACS, mairie ou notaire, régime de biens par défaut(service-public.gouv.fr).gov
- Code général des impôts, article 796-0 bis, exonération des droits de succession pour le conjoint survivant et le partenaire pacsé(legifrance.gouv.fr).gov
- Service-public.gouv.fr, PACS et succession, absence d'héritage automatique, droit temporaire au logement d'un an(service-public.gouv.fr).gov
- Service-public.gouv.fr, dissolution du PACS, Cerfa 15789, dissolution unilatérale et automatique(service-public.gouv.fr).gov
- Impots.gouv.fr, déclaration fiscale commune pour les partenaires pacsés, option de déclaration séparée la première année(impots.gouv.fr).gov
- Article 343 du Code civil, tel que modifié par la loi n. 2022-219 du 21 février 2022 (adoption conjointe ouverte aux partenaires pacsés et aux concubins)(legifrance.gouv.fr).gov