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L'Autorité Parentale en droit français de la famille

Par Équipe éditoriale de Recording Law14 min de lecture
L'Autorité Parentale en droit français de la famille

Questions fréquentes

Les deux parents partagent-ils automatiquement l'autorité parentale ?

Oui, l'exercice conjoint est la règle par défaut en vertu de l'article 372 du Code civil. L'exception principale s'applique lorsque le second lien de filiation d'un enfant est établi plus d'un an après la naissance. Dans ce cas, le parent dont la filiation a été établie en premier reste seul détenteur de l'exercice de l'autorité parentale, sauf rétablissement de l'exercice conjoint par déclaration conjointe ou décision du juge.

Quelle est la différence entre un acte usuel et un acte important ?

Un acte usuel est une décision courante du quotidien qui n'engage pas l'avenir de l'enfant ni ses droits fondamentaux, comme un soin médical courant ou une inscription scolaire, et un seul parent peut la gérer seul. Un acte important, comme une décision médicale majeure ou un changement dans l'éducation religieuse de l'enfant, requiert l'accord des deux parents.

Une condamnation pénale retire-t-elle automatiquement l'autorité parentale d'un parent ?

Depuis la loi Santiago du 18 mars 2024, le retrait total est l'issue que la juridiction pénale doit prononcer par défaut lors de la condamnation d'un parent pour un crime ou une agression sexuelle incestueuse contre l'enfant, ou pour un crime contre l'autre parent, sauf motifs spécialement énoncés en sens contraire. Si le tribunal ne prononce pas le retrait total, il doit à la place prononcer un retrait partiel ou un retrait de l'exercice, sauf, là encore, motifs spécialement énoncés.

L'autorité parentale est-elle suspendue avant une condamnation si un parent fait l'objet d'une enquête ?

Oui, en vertu d'une disposition distincte, l'article 378-2 du Code civil. L'exercice de l'autorité parentale ainsi que les droits de visite et d'hébergement sont automatiquement suspendus dès qu'un parent est poursuivi par le procureur de la République ou mis en examen pour viol ou agression sexuelle incestueuse sur l'enfant, ou pour un crime contre l'autre parent. Cette suspension s'applique avant toute condamnation et dure jusqu'à ce que le juge aux affaires familiales, le juge d'instruction, ou la juridiction pénale en décide autrement.

L'autorité parentale peut-elle être retirée pour d'autres motifs qu'un crime ?

Oui. L'article 378-1 du Code civil permet un retrait pour des motifs non pénaux tels que des mauvais traitements habituels, une consommation habituelle et excessive d'alcool ou de stupéfiants, une inconduite notoire ou un comportement délinquant, ou un défaut de soins ou de direction qui met manifestement en danger la sécurité, la santé ou la moralité de l'enfant.

Un parent peut-il transférer une partie de son autorité parentale à quelqu'un d'autre ?

Oui, par une délégation de l'autorité parentale accordée par le juge aux affaires familiales, qui peut transférer tout ou partie de l'autorité à un tiers, comme un beau-parent, tandis que le titulaire d'origine conserve en général ses propres droits sauf décision contraire du tribunal.

Les articles 378 et 378-2 constituent-ils la même règle ?

Non, ce sont des dispositions distinctes qui couvrent des stades différents. L'article 378 concerne la décision de la juridiction pénale sur le retrait de l'autorité parentale à la suite d'une condamnation. L'article 378-2 est une protection distincte et antérieure, qui suspend automatiquement l'exercice de l'autorité et les droits de visite d'un parent dès qu'il est poursuivi ou mis en examen, bien avant toute condamnation.

Sources et références

  1. Code civil, article 372 (exercice conjoint de l'autorité parentale par défaut ; exception de filiation tardive)(legifrance.gouv.fr).gov
  2. Code civil, article 378, modifié par la loi n. 2024-233 du 18 mars 2024 (loi Santiago ; retrait total par défaut en cas de condamnation)(legifrance.gouv.fr).gov
  3. Code civil, article 378-2 (suspension automatique de l'exercice de l'autorité et des droits de visite en cas de poursuite ou de mise en examen)(legifrance.gouv.fr).gov
  4. Code civil, article 378-1 (retrait de l'autorité parentale pour des motifs non pénaux)(legifrance.gouv.fr).gov
  5. Service-public.gouv.fr, Exercice de l'autorité parentale (actes usuels et actes importants ; délégation)(service-public.gouv.fr).gov
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