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Testament et succession en France : héritage, réserve héréditaire et droits de succession

Par Équipe éditoriale de Recording Law13 min de lecture
Testament et succession en France : héritage, réserve héréditaire et droits de succession

Questions fréquentes

Peut-on déshériter un enfant en France ?

En règle générale, non. Le droit français considère les enfants comme des héritiers réservataires et leur réserve une part de la succession qu'un testament ou une donation entre vifs ne peut leur retirer. Selon l'article 913 du Code civil, la réserve héréditaire est de la moitié de la succession en présence d'un enfant, des deux tiers en présence de deux enfants, et des trois quarts en présence de trois enfants ou plus. Une donation ou un legs qui porte atteinte à cette réserve n'est pas automatiquement nul, mais il peut être ramené à la quotité disponible par une action appelée l'action en réduction, prévue à l'article 920. Consultez notre page sur la réserve héréditaire pour plus de détails.

Un testament manuscrit est-il valable en France ?

Oui, et c'est même la forme la plus courante. Le testament olographe est valable en vertu de l'article 970 du Code civil s'il est écrit entièrement de la main du testateur, daté et signé par lui, sans autre formalité ni signature de témoin requise. Un document tapé, imprimé, ou rempli par ordinateur et seulement signé à la main n'est pas valable, quel qu'en soit le contenu. La principale faiblesse pratique tient à sa découverte : le fichier central FCDDV ne recense que les testaments confiés à un notaire, de sorte qu'un testament conservé au domicile peut ne jamais apparaître lors d'une recherche effectuée après le décès.

Combien hérite un conjoint survivant en France ?

Cela dépend des autres survivants. Lorsqu'il y a des enfants et que tous sont issus des deux époux, le conjoint survivant choisit entre l'usufruit de la totalité de la succession ou le quart en pleine propriété ; si l'un des enfants n'est pas issu des deux époux, le conjoint reçoit le quart en pleine propriété. En l'absence de descendants, le conjoint recueille la moitié de la succession si les deux parents du défunt sont encore en vie, les trois quarts si un seul parent survit, et la totalité de la succession si aucun des deux ne survit. La page consacrée à l'héritage détaille chacune de ces situations.

L'assurance vie fait-elle partie d'une succession française ?

Généralement pas au sens ordinaire du terme. Les capitaux versés à un bénéficiaire désigné échappent à la succession en vertu du droit des assurances français, de sorte qu'ils ne sont ni partagés ni imposés comme le reste de la succession. Les primes versées avant les 70 ans de l'assuré donnent à chaque bénéficiaire un abattement de 152 500 EUR, puis un taux de 20 % jusqu'à 700 000 EUR et de 31,25 % au-delà, en vertu de l'article 990 I du CGI. Les primes versées après 70 ans partagent un abattement unique de 30 500 EUR en vertu de l'article 757 B du CGI. Cette séparation n'est pas inconditionnelle : les primes manifestement exagérées au regard des facultés du souscripteur peuvent être réintégrées comme une donation indirecte.

Un indivisaire peut-il forcer la vente d'un bien immobilier hérité en France ?

Tout indivisaire peut demander le partage à tout moment en vertu de l'article 815 du Code civil, nul ne pouvant être contraint de rester dans l'indivision, sauf si un jugement ou une convention a suspendu ce droit. Par ailleurs, l'article 815-5-1, en vigueur depuis le 1er janvier 2020, permet aux indivisaires détenant au moins deux tiers des droits indivis de demander au tribunal judiciaire d'autoriser la vente du bien malgré l'opposition d'un indivisaire minoritaire. La procédure débute chez un notaire, qui laisse aux autres indivisaires un délai de trois mois pour répondre, et le tribunal ne peut autoriser la vente que si elle ne porte pas une atteinte excessive aux droits des autres indivisaires.

Sources et références

  1. Code civil, article 913 (réserve héréditaire et quotité disponible)(legifrance.gouv.fr).gov
  2. Code civil, article 914-1 (réserve du conjoint survivant)(legifrance.gouv.fr).gov
  3. Code civil, article 734 (ordre des héritiers)(legifrance.gouv.fr).gov
  4. Code civil, article 757 (conjoint survivant en présence de descendants)(legifrance.gouv.fr).gov
  5. Code civil, article 920 (action en réduction)(legifrance.gouv.fr).gov
  6. Code civil, article 970 (testament olographe)(legifrance.gouv.fr).gov
  7. Code général des impôts, article 779 (abattements en ligne directe, personnes handicapées, frères et sœurs, neveux et nièces)(legifrance.gouv.fr).gov
  8. Code général des impôts, article 796-0 bis (exonération du conjoint et du partenaire de PACS)(legifrance.gouv.fr).gov
  9. Code général des impôts, article 990 I (assurance vie, primes versées avant 70 ans)(legifrance.gouv.fr).gov
  10. Code civil, article 815-5-1 (vente judiciaire du bien indivis à la majorité des 2/3, en vigueur depuis le 1er janvier 2020)(legifrance.gouv.fr).gov
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