Les frais de notaire sur une succession en France

Lorsqu'une personne décède en France en possédant des biens, la succession est en général réglée par un notaire, et la facture qui en résulte est presque toujours désignée sous le nom de frais de notaire. Cette appellation est trompeuse, car il ne s'agit pas d'un frais unique. C'est un ensemble de trois éléments très différents : les émoluments réglementés propres au notaire, les débours qu'il avance à des tiers pour le compte de la succession, et les taxes qu'il collecte pour le compte de l'État. Comprendre à quelle catégorie appartient chaque poste fait toute la différence entre une mauvaise surprise et un coût prévisible.
Le point le plus important à connaître d'emblée est que les émoluments, la part qui revient réellement au notaire, ne se négocient pas et ne varient pas d'une étude à l'autre. Ils sont fixés par un tarif national inscrit dans le Code de commerce, et chaque notaire en France applique les mêmes pourcentages au même acte. Ce qui suit explique comment fonctionne ce tarif en 2026, en quoi il diffère des droits de succession, et dans quels cas le recours à un notaire est réellement obligatoire.
Informations vérifiées pour la dernière fois le 22 juillet 2026. Cette page présente des informations juridiques générales, et non un conseil juridique personnalisé.
Les frais de notaire recouvrent trois éléments, pas un seul
Le mot « frais » masque trois composantes distinctes, et une seule d'entre elles constitue une somme que le notaire conserve.
La première composante est les émoluments. Ce sont les charges réglementées pour les actes que le notaire rédige, et c'est la seule part fixée par le tarif officiel du notaire. La deuxième composante est les débours, les sommes que le notaire avance à des tiers pour faire avancer le dossier, comme les frais de publicité foncière, les extraits cadastraux, les documents d'état civil et les frais postaux. Ils sont remboursés à l'euro près. La troisième composante regroupe les taxes et droits collectés pour le compte de l'État, notamment les droits d'enregistrement et la taxe de publicité foncière lorsqu'un bien immobilier change de mains.
Dans de nombreuses successions, les taxes et les débours réunis dépassent les honoraires propres du notaire. Il est important de distinguer ces trois éléments, car seuls les émoluments suivent les pourcentages du tarif, tandis que le reste correspond à des sommes que le notaire se contente de reverser et ne peut pas réduire.
Comment sont fixés les émoluments réglementés
Les frais sont régis par les tarifs réglementés des notaires, énoncés dans le Code de commerce aux articles A444-53 à A444-186. Ce barème est révisé selon un cycle d'environ deux ans par un arrêté pris en application de l'article L444-3 du même code.
La version en vigueur en 2026 a été fixée par l'arrêté du 25 février 2026 (NOR ECOC2604872A). Il s'applique aux prestations effectuées entre le 1er mars 2026 et le 29 février 2028. Le barème étant réinitialisé à chaque cycle, les chiffres exacts sont toujours ceux de l'arrêté en vigueur au jour de la signature de l'acte ; mieux vaut donc vérifier le texte applicable plutôt que de se fier à un tableau ancien.
Pour une succession, deux actes donnent lieu à des émoluments proportionnels. Le premier est la déclaration de succession, préparée par le notaire. Le second, qui n'intervient que si la succession comprend un bien immobilier, est l'attestation de propriété immobilière qui transfère le titre du défunt aux héritiers.
Les barèmes proportionnels 2026
Chaque émolument proportionnel est calculé selon un barème dégressif, appliqué tranche par tranche. Chaque tranche de valeur est taxée à son propre taux et les montants sont additionnés, de sorte que le pourcentage moyen diminue à mesure que la succession augmente. Tous les chiffres ci-dessous sont exprimés hors taxe, avant application de la TVA à 20 %.
Pour la déclaration de succession, l'émolument est calculé sur l'actif brut total :
- 1,548 % sur la valeur de 0 à 6 500 euros
- 0,851 % de 6 500 à 17 000 euros
- 0,580 % de 17 000 à 30 000 euros
- 0,426 % sur la valeur au-delà de 30 000 euros
Pour l'attestation de propriété immobilière, calculée sur la valeur du bien immobilier transmis aux héritiers, le barème est plus élevé :
- 1,935 % de 0 à 6 500 euros
- 1,064 % de 6 500 à 17 000 euros
- 0,726 % de 17 000 à 30 000 euros
- 0,532 % sur la valeur au-delà de 30 000 euros
Certains actes donnent lieu à un émolument fixe plutôt qu'à un pourcentage. Par exemple, l'acte de notoriété, qui identifie formellement les héritiers, est facturé à un montant forfaitaire plutôt qu'en fonction de la valeur de la succession.
Ces pourcentages correspondent au barème national réglementé le plus récemment fixé ; le barème étant révisé à chaque cycle, il convient de vérifier l'arrêté en vigueur avant de considérer un chiffre comme définitif.
Un exemple chiffré
Imaginons une succession de 250 000 euros composée uniquement d'un logement. L'émolument de l'attestation immobilière n'est pas de 0,532 % de la totalité. Chaque tranche est au contraire taxée à son propre taux : 1,935 % sur les premiers 6 500 euros, puis 1,064 % sur la tranche suivante, puis 0,726 % sur la tranche d'après, et enfin 0,532 % sur tout ce qui dépasse 30 000 euros. Ces montants sont additionnés, puis la TVA à 20 % est appliquée au total. L'émolument de la déclaration de succession est calculé de la même façon, selon son propre barème.
Le résultat est qu'une succession plus importante paie, au global, un pourcentage plus faible, ce qui est précisément l'objectif d'un tarif dégressif. Ce même calcul signifie aussi que deux successions de tailles très différentes ne paient jamais le même taux, de sorte qu'un pourcentage unique annoncé n'est jamais qu'une moyenne valable pour une valeur de succession donnée.
Les frais de notaire ne sont pas l'impôt sur la succession
La confusion la plus fréquente est celle entre les frais de notaire et les droits de succession. Ces deux éléments sont entièrement distincts.
Les émoluments sont la rémunération réglementée du notaire pour le traitement du dossier. Les droits de succession sont un impôt payé au Trésor public, calculé sur la part nette reçue par chaque héritier et son lien de parenté avec le défunt, après application des abattements personnels que la loi française accorde à chaque catégorie d'héritier. Un conjoint survivant ne paie aucun droit de succession, tandis qu'un parent éloigné peut être taxé à un taux très élevé, alors même que les frais de notaire sur la même succession ne changent pas. L'impôt étant souvent bien plus élevé que les frais, confondre les deux dans un seul chiffre surestime largement ce que perçoit réellement le notaire.
Pour savoir comment l'impôt lui-même est calculé et quels abattements s'appliquent, voir le guide sur les droits de succession.
Quand le recours à un notaire est obligatoire
Il n'est pas toujours possible de se passer du notaire. La loi française rend le recours à un notaire obligatoire lorsque la succession comprend un bien immobilier, car seul un acte notarié peut transférer et publier le titre de propriété. Un notaire est également requis pour régler une succession comportant un testament ou un contrat de mariage, ainsi que pour établir l'acte de notoriété lorsque la succession atteint le seuil à partir duquel une preuve formelle de la qualité d'héritier est nécessaire.
Une petite succession sans bien immobilier, sans testament, et comportant uniquement des soldes bancaires modestes peut parfois être réglée directement entre les héritiers et la banque, sans frais de notaire. Lorsque le défunt a laissé des dispositions, les règles sur les testaments et, en l'absence de testament, sur la succession sans testament déterminent les personnes que le notaire doit reconnaître comme héritiers.
Où va réellement l'argent
Pour une succession classique comprenant un logement, le total des frais de notaire est généralement dominé par les taxes et l'émolument de l'attestation immobilière, le reste étant constitué de l'émolument de la déclaration de succession, des débours et de la TVA. Les émoluments eux-mêmes sont identiques dans toutes les études notariales, si bien que faire jouer la concurrence ne les fait pas baisser, même si un notaire peut appliquer une remise autorisée sur les émoluments proportionnels au-delà d'un certain seuil légal, à condition de l'offrir de manière uniforme à tous ses clients.
Pour une vue d'ensemble de la façon dont une succession française est administrée, voir la présentation générale des successions, les règles sur la réserve héréditaire des enfants, le régime de l'indivision, et le pôle successions et testaments.
Questions fréquentes
Les frais de notaire sont-ils la même chose que les droits de succession en France ?
Non. Les frais de notaire couvrent le coût des prestations du notaire ainsi que les débours et taxes d'enregistrement liés aux formalités. Les droits de succession sont une charge distincte payée au Trésor public, calculée sur la part nette reçue par chaque héritier et son lien de parenté avec le défunt. Les deux sont facturés ensemble par l'étude notariale, mais ils sont juridiquement distincts, et les droits de succession représentent en général le montant de loin le plus élevé sur une succession imposable.
Les frais de notaire sur une succession sont-ils négociables ?
Les émoluments réglementés ne se négocient pas librement, car ils sont fixés par un tarif national. Le notaire peut toutefois accorder une remise, dans la limite d'un pourcentage fixé, sur les émoluments proportionnels pour la part de valeur dépassant un seuil légal, à condition que cette remise soit appliquée de manière uniforme à tous les clients. Les débours et les taxes sont des sommes simplement reversées par le notaire et ne peuvent pas être réduits.
Quel arrêté fixe le tarif actuel des notaires ?
Les tarifs réglementés des notaires figurent dans le Code de commerce aux articles A444-53 à A444-186 et sont révisés environ tous les deux ans par un arrêté pris en application de l'article L444-3. La version en vigueur en 2026 a été fixée par l'arrêté du 25 février 2026 (NOR ECOC2604872A), applicable aux prestations effectuées entre le 1er mars 2026 et le 29 février 2028. Il convient toujours de vérifier l'arrêté en vigueur à la date de signature de l'acte, car le barème change à chaque cycle de révision.
Doit-on payer des frais de notaire si la succession ne comprend aucun bien immobilier ?
L'émolument proportionnel le plus élevé, celui de l'attestation immobilière, ne s'applique que si la succession comprend un bien immobilier ; une succession uniquement en liquidités y échappe donc. Vous pouvez tout de même devoir un émolument fixe pour des actes comme l'acte de notoriété identifiant les héritiers, ainsi que l'émolument de préparation de la déclaration de succession. Une très petite succession sans bien immobilier et sans testament peut parfois être réglée entre les héritiers et la banque sans aucun notaire.
Comment l'émolument proportionnel est-il réellement calculé ?
Le barème est dégressif et s'applique par tranche, et non selon un taux fixe unique. Chaque tranche de valeur est taxée à son propre taux et les montants sont additionnés, de sorte qu'une succession plus importante paie un pourcentage moyen plus faible. Pour la déclaration de succession, les tranches sont de 1,548 % jusqu'à 6 500 euros, 0,851 % de 6 500 à 17 000 euros, 0,580 % de 17 000 à 30 000 euros, et 0,426 % au-delà de 30 000 euros, chaque taux étant exprimé hors taxe avant application de la TVA à 20 %.
Sources et références
- Code de commerce, section 3 : Tarifs des notaires (articles A444-53 à A444-186), Légifrance(legifrance.gouv.fr).gov
- Arrêté du 25 février 2026 fixant l'objectif de taux de résultat moyen et les tarifs réglementés des notaires (NOR ECOC2604872A), Légifrance(legifrance.gouv.fr).gov
- Code de commerce, titre IV bis : Des tarifs réglementés (articles A444-1 à A444-203), Légifrance(legifrance.gouv.fr).gov
- Frais de succession et fiscalité (droits de succession), impots.gouv.fr(impots.gouv.fr).gov
- Règlement d'une succession : le rôle du notaire, service-public.gouv.fr(service-public.gouv.fr).gov
- Déclaration de succession, service-public.gouv.fr(service-public.gouv.fr).gov
- Code civil, article 720 et suivants : Des successions, Légifrance(legifrance.gouv.fr).gov