Y a-t-il une loi anti-citron au Canada?

Si vous venez de découvrir que votre véhicule neuf a un problème grave et récurrent, la réponse courte est que le Canada n'a pas de loi semblable aux « lemon laws » américaines, qui obligent automatiquement un fabricant à racheter ou remplacer un véhicule neuf défectueux après un nombre fixe de réparations infructueuses. Il n'existe aucune loi anti-citron fédérale, et jusqu'à récemment, aucune province n'en avait une non plus.
Cela ne signifie pas que les acheteurs canadiens sont sans protection. Les garanties du fabricant, un programme d'arbitrage national gratuit appelé PAVAC (CAMVAP en anglais), le droit provincial de la protection du consommateur et, depuis octobre 2023, une véritable nouvelle règle québécoise offrent tous aux Canadiens des moyens réels de régler un problème de véhicule défectueux. Cet article explique ce qui s'applique réellement, où, et quoi faire ensuite.
Réponse rapide
Non. Le Canada n'a pas de loi anti-citron au sens où la plupart des gens l'entendent, soit une loi qui oblige automatiquement un fabricant à racheter ou remplacer un véhicule neuf après un nombre fixe de réparations infructueuses, comme le font de nombreuses lois d'État américaines. Le Bureau de la consommation du gouvernement du Canada le dit clairement : il n'existe pas de lois anti-citron au Canada, bien que des mesures soient en place pour aider les consommateurs.
Le Québec constitue maintenant la seule exception notable. Depuis le 5 octobre 2023, une modification à la Loi sur la protection du consommateur du Québec permet à un tribunal de déclarer qu'un véhicule est une « automobile gravement défectueuse » dans des circonstances précises et restreintes, décrites plus loin. Aucune autre province n'a de disposition comparable.
Ce que les Canadiens ont à la place d'une loi anti-citron
Le PAVAC : un arbitrage gratuit et exécutoire
Le principal outil offert partout au pays est le Plan d'arbitrage pour les véhicules automobiles du Canada, ou PAVAC. Il s'agit d'un programme d'arbitrage national et gratuit pour les différends portant sur des défauts de fabrication allégués dans un véhicule ou sur la façon dont un fabricant a traité sa garantie sur véhicule neuf.
Pour être admissible, un véhicule doit généralement être de l'année-modèle courante ou de l'une des quatre années-modèles précédentes, avoir parcouru moins de 160 000 kilomètres et être utilisé principalement à des fins personnelles. Le fabricant doit aussi participer au programme. La plupart des grands constructeurs y participent, dont Ford, General Motors, Honda, Hyundai, Toyota, Nissan, Mazda, Subaru, Volkswagen, Volvo, Porsche, Kia et Jaguar Land Rover, qui couvrent ensemble la grande majorité des ventes de véhicules neufs au Canada. BMW et MINI sont des absents notables. Les propriétaires de ces marques ne peuvent pas utiliser le PAVAC et doivent plutôt compter sur les conditions de la garantie, le droit provincial de la protection du consommateur ou les tribunaux.
Un dossier au PAVAC prend généralement de 70 à 90 jours entre la demande et la décision, avec une audience tenue le plus près possible du domicile du propriétaire. La décision d'un arbitre est finale et exécutoire pour le fabricant, et peut inclure une réparation aux frais du fabricant, un rachat du véhicule selon une formule établie, ou le remboursement des frais de diagnostic et de réparation et de certaines dépenses personnelles. Il n'y a aucuns frais pour le consommateur pour déposer une demande ou utiliser le programme. Voir Le PAVAC expliqué pour le processus complet de demande.
La garantie du fabricant
Chaque véhicule neuf vendu au Canada est accompagné d'une garantie du fabricant, et c'est le premier endroit à vérifier. Les conditions de couverture varient selon la marque et selon qu'il s'agit de la protection du groupe motopropulseur ou de la protection pare-chocs à pare-chocs, mais un fabricant qui refuse d'honorer sa propre garantie écrite est exactement le type de différend que le PAVAC et la cour des petites créances sont conçus pour régler.
La garantie légale implicite prévue par le droit provincial
Indépendamment de toute garantie écrite, la plupart des provinces ont une Loi sur la vente d'objets (l'équivalent québécois se trouve plutôt dans son Code civil et sa Loi sur la protection du consommateur) qui implique une garantie de base dans la plupart des ventes, même en l'absence de promesse écrite. En Ontario, par exemple, la Loi sur la vente d'objets implique que les biens vendus par un concessionnaire sont de qualité marchande et raisonnablement propres à leur usage, et la Consumer Protection Act, 2002 de l'Ontario renforce cette règle en interdisant à un concessionnaire d'y renoncer, même dans une vente « tel quel » à un consommateur.
Ces règles de garantie légale s'appliquent généralement aux véhicules neufs et d'occasion achetés chez un concessionnaire, bien qu'elles soient appliquées au cas par cas devant un tribunal plutôt que selon une formule fixe fondée sur un nombre de réparations. Pour un survol plus large de la façon dont ces recours s'articulent entre eux, voir les recours en cas de défaut du véhicule.
Les lois provinciales sur la protection du consommateur et la cour des petites créances
Chaque province a aussi une loi générale sur la protection du consommateur qui couvre les fausses représentations des concessionnaires et leur permis d'exploitation, et plusieurs provinces rattachent un fonds d'indemnisation à ce permis, ce qui peut aider si un concessionnaire a fait une fausse représentation au sujet d'un véhicule ou a cessé ses activités. Les bureaux provinciaux de protection du consommateur peuvent orienter un acheteur vers le bon processus de plainte selon sa situation.
Si rien de ce qui précède ne règle la situation, la cour des petites créances demeure accessible dans chaque province, généralement comme étape suivant une tentative de règlement direct avec le concessionnaire ou le fabricant. Voir la protection du consommateur au Canada pour des ressources propres à chaque province, ou le droit canadien par province pour d'autres sujets.
La nouvelle règle anti-citron du Québec
Le Québec se distingue, et pas seulement en raison de sa tradition distincte de droit civil. Depuis le 5 octobre 2023, une modification à la Loi sur la protection du consommateur, adoptée dans le cadre du Bill 29, permet à un propriétaire québécois ou à un locataire à long terme de demander à un tribunal de déclarer qu'un véhicule est une automobile gravement défectueuse.
Un véhicule peut être admissible si un défaut apparaît au cours des trois premières années ou des 60 000 premiers kilomètres, selon la première éventualité, et que ce défaut rend le véhicule impropre à son usage normal ou réduit considérablement son utilité. En plus de cela, l'une des conditions suivantes doit aussi être remplie : le même défaut a résisté à trois tentatives de réparation distinctes; le fabricant ou le concessionnaire a gardé le véhicule plus de 30 jours en tentant de réparer une ou deux occurrences du même défaut; ou le véhicule a été amené douze fois pour des réparations liées à des problèmes non liés entre eux.
Si un tribunal est d'accord, le véhicule est considéré comme affecté d'un vice caché, et le propriétaire peut demander l'annulation de la vente, une réduction du prix payé et des dommages-intérêts, y compris des dommages-intérêts punitifs dans les cas appropriés. La règle s'applique actuellement aux véhicules neufs à essence, hybrides et électriques achetés ou loués à long terme. Les véhicules d'occasion relèvent plutôt de la garantie distincte de bon fonctionnement du Québec, qui varie selon l'âge et le kilométrage du véhicule plutôt que selon le nombre de tentatives de réparation.
Rien de tout cela ne remplace le PAVAC au Québec. Le PAVAC est offert aux résidents du Québec, tout comme partout ailleurs au Canada, de sorte qu'un propriétaire québécois aux prises avec un véhicule défectueux peut choisir entre l'arbitrage du PAVAC et ce nouveau processus judiciaire, selon ce qui convient le mieux à sa situation. Pour un portrait complet, voir la protection du consommateur au Québec et les défauts de véhicule.
Existe-t-il une règle des trois tentatives ailleurs au Canada?
Pas vraiment. En dehors de la règle propre au Québec sur les automobiles, le droit canadien ne fixe pas de nombre déterminé de tentatives de réparation, ni de nombre déterminé de jours au garage, qui transforme automatiquement un véhicule en citron au sens juridique. Un arbitre du PAVAC soupèse les faits de chaque cas à la lumière de la garantie du fabricant et de l'historique de réparation du véhicule plutôt que d'appliquer une formule fixe, et un tribunal qui applique la Loi sur la vente d'objets d'une province se demande si le véhicule était de qualité marchande et propre à son usage au moment de la vente, et non s'il a atteint un nombre précis de réparations.
En pratique, cependant, une série de réparations infructueuses répétées pour le même problème, ou un véhicule immobilisé pendant une longue période, constitue exactement le type de preuve qui appuie une demande au PAVAC ou une cause aux petites créances, peu importe la province. Conserver des dossiers détaillés de chaque visite d'entretien, incluant la date, le kilométrage et la description du problème, facilite le recours à n'importe laquelle de ces voies.
Que faire si vous pensez avoir acheté un citron
- Mettez le problème par écrit à l'intention du concessionnaire et du fabricant, et conservez une trace écrite de chaque visite d'entretien.
- Consultez la garantie de votre fabricant pour savoir exactement ce qu'elle couvre et pour combien de temps.
- Vérifiez si votre fabricant participe au PAVAC, et si votre véhicule respecte les limites d'année-modèle et de kilométrage.
- Au Québec, faites le suivi du nombre de tentatives de réparation qu'a nécessitées le même défaut, et de la durée pendant laquelle le véhicule a été immobilisé, au cas où les seuils anti-citron seraient atteints.
- Si le fabricant refuse de régler la situation, déposez une demande au PAVAC, ou communiquez avec votre bureau provincial de protection du consommateur pour connaître les prochaines étapes, y compris la cour des petites créances.
Avis de non-responsabilité
Cet article fournit des renseignements généraux sur les recours en cas de défaut de véhicule au Canada. Il ne constitue pas un avis juridique et ne crée pas de relation avocat-client. Le droit de la protection du consommateur et des garanties est établi aux échelons fédéral, provincial et à celui des programmes, et des détails comme les limites d'année-modèle du PAVAC et les fabricants participants changent avec le temps. Les renseignements de cet article ont été vérifiés pour la dernière fois en juillet 2026. Quiconque fait face à un différend précis lié à un défaut de véhicule devrait confirmer les règles actuelles auprès du PAVAC, de son bureau provincial de protection du consommateur ou d'un avocat de sa juridiction.
Questions fréquentes
Le Canada a-t-il une loi anti-citron comme aux États-Unis?
Non, pas de la façon dont la plupart des États américains en ont une. Le Canada n'a pas de loi anti-citron fédérale, et jusqu'à la réforme québécoise de 2023, aucune province n'en avait une non plus. Les Canadiens comptent plutôt sur les garanties du fabricant, le programme d'arbitrage du PAVAC, le droit provincial de la protection du consommateur et la cour des petites créances.
Qu'est-ce que le PAVAC et qui peut l'utiliser?
Le PAVAC, le Plan d'arbitrage pour les véhicules automobiles du Canada, est un programme d'arbitrage gratuit et exécutoire pour les différends portant sur des défauts de fabrication ou sur la façon dont un fabricant a honoré sa garantie sur véhicule neuf. Il couvre généralement les véhicules de l'année-modèle courante et des quatre années-modèles précédentes ayant moins de 160 000 kilomètres, pourvu que le fabricant participe au programme.
Quels fabricants ne participent pas au PAVAC?
BMW et MINI sont les absents les plus souvent cités. Les propriétaires de ces marques ne peuvent pas utiliser le PAVAC et doivent plutôt compter sur la garantie du fabricant, le droit provincial de la protection du consommateur ou la cour des petites créances.
La règle anti-citron du Québec est-elle la même chose qu'une loi anti-citron américaine?
Elle s'en rapproche plus que toute autre disposition au Canada, mais elle est plus restreinte. Elle ne s'applique qu'aux véhicules neufs dans leurs trois premières années ou leurs 60 000 premiers kilomètres, exige que des seuils précis de tentatives de réparation ou d'immobilisation soient atteints, et fonctionne par requête au tribunal plutôt que par rachat automatique.
Existe-t-il une règle des trois tentatives pour les réparations ailleurs au Canada?
Seulement au Québec, et ce n'est pas exactement trois tentatives. Un véhicule peut y être considéré comme gravement défectueux après trois tentatives infructueuses pour la même réparation, plus de 30 jours au garage pour une ou deux tentatives, ou douze tentatives pour des problèmes non liés entre eux. Aucune autre province n'a de règle fixe basée sur un nombre de réparations.
Une garantie légale implicite couvre-t-elle un véhicule d'occasion acheté chez un concessionnaire?
Généralement, oui. Les lois provinciales sur la vente d'objets impliquent une garantie de base de qualité marchande et d'aptitude à l'usage prévu dans la plupart des ventes de véhicules neufs ou d'occasion par un concessionnaire, même sans promesse écrite, bien que la faire respecter exige habituellement une plainte au concessionnaire, à un tribunal administratif ou à la cour des petites créances plutôt qu'un recours automatique.
Sources et références
- Innovation, Sciences et Développement économique Canada, Bureau de la consommation - Recours en cas de défauts de véhicule (confirme que le Canada n'a pas de lois anti-citron; décrit les recours de garantie, du PAVAC et de la cour des petites créances)(ised-isde.canada.ca).gov
- PAVAC (Plan d'arbitrage pour les véhicules automobiles du Canada) - Avant de présenter une demande (admissibilité : année-modèle courante + 4 précédentes, moins de 160 000 km, recours offerts)(camvap.ca)
- PAVAC - Foire aux questions (gratuit pour le consommateur, processus de 70 à 90 jours, plafonds de remboursement pour les frais de diagnostic, les dépenses personnelles, les témoins et les pièces après-marché, offert dans toutes les provinces et tous les territoires)(camvap.ca)
- Office de la protection du consommateur (Québec) - Garantie anti-citron pour les automobiles récentes (fenêtre de 3 ans/60 000 km, seuils de 3/12 tentatives et de 30 jours, recours par requête au tribunal)(opc.gouv.qc.ca).gov
- Office de la protection du consommateur (Québec) - Nouvelles protections pour les consommateurs (dates d'entrée en vigueur du Bill 29, y compris la disposition anti-citron du 5 octobre 2023)(opc.gouv.qc.ca).gov
- Office de la protection du consommateur (Québec) - Automobile neuve achetée d'un concessionnaire : résoudre un problème (confirme que le PAVAC est offert aux consommateurs québécois en plus des recours provinciaux)(opc.gouv.qc.ca).gov
- Gouvernement de l'Ontario (Lois-en-ligne) - Sale of Goods Act, RSO 1990, c S.1 (condition implicite de qualité marchande et d'aptitude à l'usage prévu, art. 15)(ontario.ca).gov
- Legis Québec - Consumer Protection Act, CQLR c P-40.1 (fondement législatif des dispositions anti-citron et de garantie de bon fonctionnement pour les automobiles d'occasion)(legisquebec.gouv.qc.ca).gov