Règles de recouvrement de créances au Canada, par province

Recevoir un appel d'une agence de recouvrement ne signifie pas que l'appelant peut faire n'importe quoi pour se faire payer. Au Canada, les agences de recouvrement sont autorisées et réglementées à l'échelle provinciale, et non par une seule loi nationale sur le recouvrement de créances, de sorte que les limites précises concernant l'avis, les heures d'appel et la conduite sont fixées par chaque province plutôt que par Ottawa.
Cet article prend l'Ontario comme point d'ancrage, puisque sa Collection and Debt Settlement Services Act est l'un des régimes de recouvrement les plus détaillés au pays, et le compare à l'Alberta, à la Colombie-Britannique et au Québec. Si votre province n'est pas couverte ici, le schéma général, permis, délai d'avis, heures restreintes et interdiction de harcèlement, est commun à l'ensemble du pays, alors vérifiez les chiffres exacts auprès de l'organisme de réglementation de votre province. Pour des sujets connexes, voir la protection du consommateur au Canada.
Comment le recouvrement de créances est réglementé au Canada
Un créancier, une banque, un propriétaire, une compagnie de téléphone, un hôpital, peut recouvrer une dette lui-même, embaucher une agence de recouvrement tierce, ou vendre la dette purement et simplement. Une agence tierce doit généralement être autorisée dans la province du débiteur, et sa conduite est régie par la loi sur la protection du consommateur de cette province, et non par une seule loi fédérale.
Le régime de l'Ontario est la Collection and Debt Settlement Services Act (CDSSA), administrée par Protection du consommateur Ontario. L'Alberta autorise les agents de recouvrement en vertu du Collection and Debt Repayment Practices Regulation. Les règles de la Colombie-Britannique se trouvent dans la Business Practices and Consumer Protection Act, Consumer Protection BC s'occupant des permis et des plaintes. Le Québec autorise les agents en vertu de la Loi sur le recouvrement de certaines créances, appliquée par l'Office de la protection du consommateur (OPC). Chaque organisme de réglementation peut suspendre ou révoquer un permis, et certains peuvent aussi imposer une amende à une agence, pour avoir enfreint ces règles.
Avis écrit avant le premier appel
Plusieurs provinces exigent qu'un agent de recouvrement mette la dette par écrit avant de téléphoner pour exiger le paiement, plutôt que d'appeler à l'improviste.
En Ontario, une agence doit généralement poster ou envoyer par courriel un avis écrit, nom du créancier, montant réclamé, numéro d'inscription de l'agence et énoncé des droits, puis attendre 6 jours avant d'appeler pour exiger le paiement. Un agent de recouvrement qui joint le débiteur plus tôt ne peut que confirmer son identité et indiquer qu'une lettre s'en vient.
La Loi sur le recouvrement de certaines créances du Québec fonctionne essentiellement de la même façon : un agent de recouvrement doit envoyer un avis de réclamation écrit et attendre 5 jours avant de téléphoner.
La Colombie-Britannique s'attend généralement elle aussi à un avis écrit préalable, avec des exceptions limitées, comme un appel pour confirmer les coordonnées, ou un acheteur de créance devenu lui-même le créancier. Le règlement de l'Alberta ne comporte pas d'exigence équivalente d'avis écrit préalable, de sorte qu'un agent de recouvrement autorisé en Alberta peut généralement téléphoner sans lettre préalable, dans les limites des heures d'appel et de la fréquence décrites ci-dessous.
Heures d'appel et fréquence des contacts
Ontario : interdit avant 7 h ou après 21 h en semaine et le samedi, restreint de 13 h à 17 h le dimanche, entièrement interdit les jours fériés. Après le premier contact, au plus 3 tentatives par période de 7 jours pour la même dette, à moins que le débiteur n'accepte davantage.
Alberta : la même plage de 7 h à 22 h s'applique, ainsi que le même plafond hebdomadaire, au plus 3 contacts non sollicités (appels, messages vocaux, textos ou courriels) sur 7 jours consécutifs, et cela couvre le débiteur, les membres de son foyer, ses proches, ses amis et son employeur.
Colombie-Britannique : de 7 h à 21 h en semaine et le samedi, de 13 h à 17 h le dimanche, et aucun contact avec le débiteur, un membre de la famille ou un ami les jours fériés.
Québec : contact seulement du lundi au samedi, entre 8 h et 20 h, jamais le dimanche ni les jours fériés.
Dans les quatre cas, le même schéma se répète : une plage horaire quotidienne fixe, un plafond hebdomadaire sur les tentatives répétées, et aucun contact le jour de repos.
Un agent de recouvrement peut-il m'appeler au travail?
Cela dépend de qui l'agent de recouvrement tente de joindre, le débiteur personnellement ou l'employeur.
Appeler le propre numéro du débiteur, même si celui-ci est répondu sur les lieux de travail, est généralement permis dans les limites des heures d'appel ci-dessus, à moins que le débiteur ne demande à l'agent de cesser et ne fournisse un autre moyen raisonnable de le joindre; l'Ontario et l'Alberta exigent généralement que cette demande soit respectée.
Contacter l'employeur lui-même est beaucoup plus restreint. L'Ontario et l'Alberta limitent tous deux une agence à contacter un employeur une seule fois, uniquement pour confirmer le statut d'emploi, le titre du poste et l'adresse; discuter de la dette elle-même exige une garantie de l'employeur ou une ordonnance du tribunal, comme une saisie de salaire. Pour ce qui se passe après un jugement, voir la saisie de salaire au Canada.
Contacter la famille, les amis et d'autres tiers
La position par défaut d'un agent de recouvrement devrait être que la dette est une affaire entre lui et le débiteur. Les membres de la famille, les colocataires, les voisins et les amis peuvent généralement être contactés dans un seul but, obtenir ou confirmer l'adresse ou le numéro de téléphone du débiteur, à moins que cette personne n'ait personnellement garanti la dette.
Le règlement de l'Ontario précise explicitement qu'un agent de recouvrement ne peut pas discuter des détails de la dette avec un tiers ni le contacter à répétition une fois que l'endroit où se trouve le débiteur est connu. L'Alberta et le Québec appliquent la même restriction : les tiers servent à localiser le débiteur, pas à exercer de la pression.
Harcèlement, menaces et autres tactiques interdites
Chaque province couverte ici interdit la même conduite générale, peu importe le nom de la loi locale :
- Un langage menaçant, injurieux, intimidant ou coercitif
- Un contact si fréquent, ou à des heures si inhabituelles, qu'il équivaut à du harcèlement
- De fausses déclarations, y compris laisser entendre que le non-paiement d'une dette ordinaire est un crime ou pourrait mener à une arrestation
- Menacer d'une poursuite, d'une saisie de salaire ou d'une saisie de biens que le créancier n'a pas autorisée ou n'a pas véritablement l'intention d'entreprendre
- Publier, ou menacer de publier, le nom d'un débiteur comme mauvais payeur sans autorité légale
Un débiteur qui vit une telle situation peut porter plainte auprès de l'organisme de réglementation compétent (Protection du consommateur Ontario, le bureau de protection du consommateur de l'Alberta, Consumer Protection BC ou l'OPC du Québec), qui peut enquêter et, dans les cas graves, suspendre ou révoquer le permis de l'agence.
Exiger une communication écrite seulement
Dans plusieurs provinces, un débiteur peut aviser un agent de recouvrement que tout contact ultérieur doit se faire d'une façon précise.
La règle du Québec est la plus directe : dès qu'un débiteur avise par écrit un agent de recouvrement de ne traiter qu'avec un représentant légal, l'agent doit s'y conformer. La Colombie-Britannique permet de la même façon à un débiteur de demander un contact écrit seulement, ou un contact par l'intermédiaire d'un avocat, généralement par courrier recommandé, télécopieur ou courriel, bien que l'agent dispose d'un court délai pour y donner suite.
L'Ontario diffère. Le simple fait de demander à communiquer par écrit seulement n'arrête pas, à lui seul, les appels téléphoniques en vertu de la CDSSA. Ce qui les arrête est un avis, transmis par l'entremise d'un avocat ou d'un parajuriste autorisé, ordonnant à l'agence de ne traiter qu'avec ce représentant, ou un avis contestant la dette et demandant une action en justice; l'un ou l'autre oblige légalement l'agence à cesser de contacter directement le débiteur. Confirmez le processus actuel auprès de l'organisme de réglementation de votre province.
Ce que ces règles ne changent pas
Aucune des règles de contact ci-dessus ne fait disparaître une dette réelle. Un agent de recouvrement qui respecte toutes les règles sur l'avis, les heures et la conduite peut continuer à réclamer le paiement, et un créancier qui n'est pas payé peut toujours poursuivre, pourvu qu'il agisse dans le délai de prescription applicable. Une fois ce délai expiré, un créancier ne peut généralement plus poursuivre avec succès pour la dette, mais la dette elle-même n'est pas automatiquement effacée et peut, dans certaines provinces, être ravivée si le débiteur effectue plus tard un paiement ou la reconnaît par écrit. Pour les délais précis, voir le délai de prescription au Canada, et pour les règles par province de façon plus générale, voir le droit canadien par province.
Comparaison des provinces
| Province | Avis écrit avant le premier appel | Heures d'appel (semaine et samedi) | Plafond hebdomadaire de contacts |
|---|---|---|---|
| Ontario | Oui, puis une attente de 6 jours | 7 h à 21 h | 3 contacts par 7 jours |
| Alberta | Non requis | 7 h à 22 h | 3 contacts par 7 jours |
| Colombie-Britannique | Oui, avec des exceptions limitées | 7 h à 21 h | La fréquence ne doit pas équivaloir à du harcèlement |
| Québec | Oui, puis une attente de 5 jours | 8 h à 20 h, du lundi au samedi seulement | La fréquence ne doit pas équivaloir à du harcèlement |
Avis de non-responsabilité
Cet article fournit des renseignements généraux sur les règles de recouvrement de créances au Canada. Il ne constitue pas un avis juridique. La réglementation des agences de recouvrement est établie à l'échelle provinciale, et les délais d'avis, les heures d'appel et les limites de contact décrits ici peuvent changer; les précisions ont été vérifiées pour la dernière fois en juillet 2026. Quiconque traite avec une agence de recouvrement, conteste une dette ou fait face à une action en justice devrait confirmer les règles actuelles auprès du bureau provincial de protection du consommateur ou d'un avocat ou parajuriste autorisé dans sa juridiction.
Questions fréquentes
Un agent de recouvrement peut-il m'appeler au travail au Canada?
En général, oui, appeler le propre numéro du débiteur est permis dans les limites des heures d'appel de la province, même si l'appel se trouve à être répondu sur les lieux de travail, mais un débiteur peut demander à l'agent de cesser d'appeler au travail et fournir un autre moyen de le joindre. Contacter l'employeur lui-même est beaucoup plus restreint, habituellement limité à confirmer les détails d'emploi une seule fois.
Combien de fois un agent de recouvrement peut-il m'appeler en une semaine?
En Ontario et en Alberta, un agent de recouvrement est généralement limité à 3 tentatives de contact par période de 7 jours pour la même dette, une fois qu'il a joint le débiteur. La Colombie-Britannique et le Québec ne fixent pas de nombre exact, mais interdisent un contact suffisamment fréquent pour équivaloir à du harcèlement.
Un agent de recouvrement doit-il m'envoyer quelque chose par écrit avant de m'appeler?
En Ontario et au Québec, oui, avec une attente de 6 jours et de 5 jours respectivement après l'avis. La Colombie-Britannique s'attend elle aussi généralement à un avis préalable, avec des exceptions limitées, tandis que l'Alberta n'exige pas d'avis écrit avant le premier appel.
Une agence de recouvrement peut-elle contacter ma famille ou mon employeur au sujet de ma dette?
Seulement dans des circonstances limitées. La famille, les amis et les voisins peuvent généralement être contactés uniquement pour confirmer l'adresse ou le numéro de téléphone du débiteur, et un employeur peut généralement être contacté une seule fois pour confirmer les détails d'emploi, mais discuter de la dette elle-même avec l'un ou l'autre exige une garantie ou une ordonnance du tribunal.
Si j'ignore un agent de recouvrement, la dette disparaît-elle?
Non. Ignorer les appels n'efface pas la dette, et un créancier peut toujours poursuivre dans le délai de prescription de la province. Ces règles de contact limitent la façon dont un agent de recouvrement peut réclamer le paiement, pas si la dette est due.
Sources et références
- Protection du consommateur Ontario (ontario.ca) - Arrêter les appels d'une agence de recouvrement : avis écrit, attente de 6 jours, heures d'appel permises (7 h à 21 h en semaine et le samedi, 13 h à 17 h le dimanche), et la limite de 3 contacts par 7 jours(ontario.ca).gov
- Protection du consommateur Ontario (ontario.ca) - Guide sur les agences de recouvrement : pratiques et conduite interdites (limites de contact avec l'employeur et les tiers, harcèlement, menaces, fausses déclarations)(ontario.ca).gov
- Gouvernement de l'Ontario (Lois-en-ligne) - Collection and Debt Settlement Services Act, RSO 1990, c C.14(ontario.ca).gov
- General, RRO 1990, Reg 74 (Ontario), pris en vertu de la Collection and Debt Settlement Services Act, règles de conduite de l'agent de recouvrement à l'article 22 (CanLII)(canlii.org)
- Gouvernement de l'Alberta (alberta.ca) - Créanciers, agences de recouvrement et remboursement de dettes : heures d'appel (7 h à 22 h), plafond de 3 contacts par 7 jours, règles concernant l'employeur et les tiers(alberta.ca).gov
- Collection and Debt Repayment Practices Regulation, Alta Reg 194/1999 (CanLII)(canlii.org)
- Consumer Protection BC - Recouvrement de créances : heures d'appel, interdiction les jours fériés, demandes de communication écrite seulement(consumerprotectionbc.ca).gov
- Office de la protection du consommateur (Québec) - Règles régissant les communications avec un agent de recouvrement (heures d'appel de 8 h à 20 h du lundi au samedi, demandes de communication écrite seulement)(opc.gouv.qc.ca).gov
- Loi sur le recouvrement de certaines créances, RLRQ c R-2.2 (LegisQuebec, texte officiel du gouvernement du Québec)(legisquebec.gouv.qc.ca).gov