Droit belge de la diffamation : calomnie, diffamation et dénonciation calomnieuse (2026)

Le droit belge de la diffamation répartit l'atteinte à la réputation en davantage de catégories que la plupart des lecteurs ne l'imaginent, et celle qui s'applique peut déterminer des éléments concrets, par exemple si la vérité de ce qui a été dit est même pertinente. Cette section contient deux pages détaillées : l'une sur la distinction essentielle entre calomnie et diffamation, l'autre sur l'infraction distincte de dénonciation calomnieuse auprès des autorités.
Ce qui suit est une orientation sur la façon dont ces deux pages s'articulent, sur la voie civile qu'empruntent aujourd'hui la plupart des litiges en matière de diffamation, et sur une particularité procédurale bien belge concernant la presse.
Informations vérifiées pour la dernière fois le 21 juillet 2026. Cette page fournit des informations juridiques générales et ne constitue pas un conseil juridique pour un cas individuel.
Ce que couvre cette section
Cette section contient deux pages faciles à confondre mais réellement distinctes. La diffamation en Belgique traite la distinction essentielle entre calomnie et diffamation, la peine prévue à l'article 444, la simple injure à l'article 448, et la voie civile qu'empruntent aujourd'hui la plupart des litiges. La dénonciation calomnieuse aux autorités en Belgique traite l'article 445, une infraction plus étroite et distincte, visant spécifiquement une plainte écrite malveillante adressée à une autorité judiciaire ou autre, plutôt qu'une déclaration faite au public ou à la personne concernée. Lorsqu'un enregistrement fait légalement est utilisé pour accuser quelqu'un, le fait même de réaliser l'enregistrement est traité dans la section droit belge de l'enregistrement.
Calomnie contre diffamation
L'article 443 du Code pénal définit l'infraction comme le fait d'imputer méchamment à une personne un fait précis susceptible de porter atteinte à son honneur ou de l'exposer au mépris public, et la scinde en deux selon que la loi permet ou non à l'accusé de prouver la vérité de ce fait. Lorsque la loi admet la preuve et que l'imputation est fausse ou non prouvée, l'infraction est la calomnie. Lorsque la loi n'admet pas du tout la preuve, même si la déclaration s'avère vraie, l'infraction est la diffamation. L'article 444 fixe une seule peine, un emprisonnement de 8 jours à 1 an assorti d'une amende, pour les deux infractions. La distinction complète, y compris la simple injure prévue à l'article 448 et les raisons pour lesquelles les deux infractions sont facilement confondues, se trouve sur la page La diffamation en Belgique.

Une infraction différente : la dénonciation calomnieuse aux autorités
Dénoncer quelqu'un à la police, à un procureur ou à une autre autorité est un acte réellement différent du fait de le diffamer dans une conversation ou par écrit, et l'article 445 en fait une infraction à part, la dénonciation calomnieuse, punie de 15 jours à 6 mois d'emprisonnement assortis d'une amende. Elle exige une plainte écrite formulée avec à la fois malveillance et fausseté, ce qui la distingue des infractions ordinaires de diffamation ci-dessus. Une plainte faite de bonne foi, qui se révèle ensuite erronée, ne constitue pas cette infraction. Les éléments complets figurent sur la page La dénonciation calomnieuse aux autorités en Belgique.
La voie civile : le Livre 6 du Code civil
Une grande partie de ce qui ressemble à un litige de diffamation en Belgique ne débouche jamais sur des poursuites pénales, et se règle plutôt par une action civile en dommages et intérêts. L'ancienne règle de l'article 1382 du Code civil est désormais abrogée. Le Livre 6 du Code civil est entré en vigueur le 1er janvier 2025 et régit désormais la responsabilité extracontractuelle, avec la règle générale de la faute à l'article 6.5 et la faute elle-même définie à l'article 6.6. Ce qui compte, c'est la date du fait dommageable, et non la date d'introduction de l'action : une déclaration faite avant le 1er janvier 2025 reste jugée sous l'ancien article 1382, même si l'action à ce sujet est introduite bien après l'entrée en vigueur du Livre 6.
Les délits de presse et la Cour d'assises
Une caractéristique procédurale distinctive du droit belge de la diffamation est qu'un délit de presse a traditionnellement été renvoyé devant la Cour d'assises, la juridiction normalement réservée aux crimes les plus graves, plutôt que devant un tribunal correctionnel ordinaire, en vertu de l'article 150 de la Constitution. La seule exception notable est un délit de presse motivé par le racisme ou la xénophobie, qui est correctionnalisé et traité par les juridictions pénales ordinaires.

Ce qui change le 1er septembre 2026
Un tout nouveau Code pénal entre en vigueur le 1er septembre 2026 et, pour la diffamation, ne se limite pas à une renumérotation. Il fusionne la calomnie et la diffamation, la distinction même expliquée ci-dessus, en une seule infraction appelée calomnie, à l'article 240, placée au niveau 1, le plus bas des huit niveaux de peine du nouveau code, qui ne comporte aucune peine d'emprisonnement. L'article 445 devient l'article 242 et l'article 448 devient l'article 244. Si vous lisez ceci après cette date, les deux pages de cette section mentionnent les nouveaux numéros à côté des numéros actuels.
Pour aller plus loin
Pour la distinction complète entre calomnie et diffamation, voir La diffamation en Belgique. Pour l'infraction distincte de plainte écrite malveillante et mensongère à une autorité, voir La dénonciation calomnieuse aux autorités en Belgique. Pour l'enregistrement d'une conversation, voir la section droit belge de l'enregistrement, et pour les caméras et la surveillance, voir la section droit belge de la vie privée. Pour les autres sujets, retournez à Droit belge.

Cette page fournit des informations juridiques générales sur un système juridique étranger et ne constitue pas un conseil juridique pour un cas individuel. Le fait qu'une déclaration donnée constitue une calomnie, une diffamation, ou aucune de ces deux infractions, dépend des faits exacts, et le droit change substantiellement le 1er septembre 2026. Vérifiez le texte en vigueur sur ejustice.just.fgov.be, ou consultez un avocat, avant d'agir sur la base de ce qui précède.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre la calomnie et la diffamation en droit belge ?
La calomnie consiste à imputer un fait que la loi permet à l'accusé d'essayer de prouver, lorsque cette imputation s'avère fausse ou non prouvée. La diffamation consiste à imputer un fait que la loi ne permet pas du tout de prouver, de sorte que la vérité n'est pas une défense, même si la déclaration s'avère exacte. Les deux infractions figurent à l'article 443 et partagent la même peine à l'article 444.
Une fausse accusation à la police est-elle la même infraction que la diffamation ?
Non. Une plainte écrite, malveillante et mensongère, adressée à une autorité judiciaire ou autre, constitue une infraction à part à l'article 445, la dénonciation calomnieuse, qui exige à la fois la malveillance et la fausseté, et qui fait l'objet de sa propre page dans cette section plutôt que de la page générale sur la diffamation.
Puis-je introduire une action en diffamation en Belgique sans procédure pénale ?
Oui, et c'est ainsi que la plupart des litiges sont réglés. Une action civile en dommages et intérêts, désormais régie par les articles 6.5 et 6.6 du Livre 6 du Code civil pour les faits survenus à partir du 1er janvier 2025, ne nécessite pas de condamnation pénale.
L'ancien article 1382 s'applique-t-il encore aux actions en diffamation ?
Seulement aux faits survenus avant le 1er janvier 2025. Le Livre 6 du Code civil, en vigueur depuis cette date, régit les déclarations faites après, avec la règle générale de la faute à l'article 6.5.
Pourquoi certaines affaires belges de diffamation sont-elles jugées par la Cour d'assises ?
Un délit de presse a traditionnellement été jugé devant la Cour d'assises plutôt que devant un tribunal correctionnel ordinaire, en vertu de l'article 150 de la Constitution, avec une exception : un délit de presse motivé par le racisme ou la xénophobie est correctionnalisé et traité par les juridictions pénales ordinaires.
Le droit belge de la diffamation va-t-il bientôt changer ?
Oui, de façon substantielle. Un nouveau Code pénal entrant en vigueur le 1er septembre 2026 fusionne la calomnie et la diffamation en une seule infraction à l'article 240, placée au niveau de peine le plus bas, le niveau 1, qui ne comporte aucune peine de prison dans le nouveau code.
Sources et références
- Code pénal, texte coordonné (articles 443 à 452, atteintes portées à l'honneur ou à la considération des personnes)(ejustice.just.fgov.be).gov
- Constitution belge, texte coordonné (article 150, jury pour les délits de presse)(ejustice.just.fgov.be).gov
- Loi du 7 février 2024 introduisant le Livre 6 "La responsabilité extracontractuelle" du Code civil(ejustice.just.fgov.be).gov
- SPF Justice, Réforme du Code pénal(justice.belgium.be).gov
- SPF Justice, Nouveau Code pénal : entrée en vigueur reportée au 1er septembre 2026(justice.belgium.be).gov
- SPF Justice, Réforme du Code civil(justice.belgium.be).gov