Le droit belge expliqué : codes, régions, tribunaux et règles clés (2026)

Le droit belge pose à son lecteur deux questions avant de répondre à quoi que ce soit. Dans quelle langue est votre source, et quel niveau de pouvoir est compétent pour la règle en cause.
Ces deux questions ont des conséquences pratiques, et aucune n'a d'équivalent américain ou britannique. La Belgique publie ses lois en néerlandais et en français (et, pour une partie, en allemand), les deux versions faisant également foi. Le pays répartit en outre le pouvoir législatif entre un État fédéral, trois Régions et trois Communautés, si bien que deux foyers séparés d'un trajet de tram peuvent être soumis à des droits de succession réellement différents, à des droits d'enregistrement réellement différents lors de l'achat d'une maison, et à des règles réellement différentes concernant leur garantie locative.
La bonne nouvelle, c'est que cette répartition n'est pas arbitraire. Une fois que l'on sait de quel côté de la ligne se situe un sujet, la réponse est en général nette.
Informations vérifiées pour la dernière fois le 20 juillet 2026. Cette page fournit des informations juridiques générales et ne constitue pas un avis juridique pour un cas individuel.
Des codes, pas de jurisprudence
La Belgique appartient à la tradition de droit civil (civil law). Le Parlement rédige des codes destinés à couvrir un domaine entier, et un litige se règle en identifiant l'article applicable et en déterminant sa portée.
Cela ne rend pas les décisions de justice sans importance pour autant. La Cour de cassation, la plus haute juridiction du pays, façonne fortement la pratique, et certaines des règles les plus utiles pour un lecteur ordinaire n'existent que dans sa jurisprudence. Ce qui diffère d'un système de common law, c'est le mécanisme : un tribunal belge interprète une disposition écrite plutôt que de prolonger une ligne de précédents qui vaudrait par elle-même.
L'avantage pratique est que l'on peut généralement lire soi-même la règle exacte, dans son texte exact, gratuitement. Le Moniteur belge (Belgisch Staatsblad) publie chaque loi, et sa base de données Justel contient des versions coordonnées où les modifications ont déjà été intégrées. Lorsque les pages belges de ce site citent une source, c'est presque toujours vers ce site qu'elles renvoient.
Une mise en garde concernant les textes coordonnés : ils montrent le droit tel qu'il est aujourd'hui, ce qui signifie qu'un texte peut changer silencieusement sous un numéro d'article que vous aviez cité l'année précédente. Ce point compte énormément en 2026 en raison du Code pénal, abordé à la fin de cette page.
Les codes que vous rencontrerez le plus souvent
La Belgique est à mi-chemin du remplacement de son Code civil de 1804, de sorte que le code applicable dépend du sujet. C'est la façon la plus courante dont une source sur le droit belge devient obsolète.
Le nouveau Code civil (Burgerlijk Wetboek) est entré en vigueur par morceaux :
- Le Livre 3 (biens, troubles de voisinage, copropriété) est entré en vigueur le 1er septembre 2021.
- Le Livre 2, Titre 3 (régime matrimonial) est entré en vigueur le 1er juillet 2022.
- Le Livre 4 (successions, testaments et donations) est entré en vigueur le 1er juillet 2022.
- Le Livre 6 (responsabilité extracontractuelle) est entré en vigueur le 1er janvier 2025.
Le Livre 6 est celui qui risque le plus de prendre une source en défaut, car il a remplacé l'article sur lequel se fondait autrefois toute action civile belge. Pendant des décennies, la réponse à « quelqu'un m'a causé un dommage, sur quel fondement puis-je agir » était l'article 1382 de l'ancien code. Les articles 1382 à 1386bis sont désormais abrogés, et la règle de la responsabilité pour faute se trouve à l'article 6.5, la faute elle-même étant définie à l'article 6.6. Le basculement se détermine selon le moment où le fait dommageable s'est produit, et non selon la date d'introduction de l'action : les faits survenus à partir du 1er janvier 2025 relèvent du Livre 6, et tout ce qui est antérieur reste jugé sous l'ancien article 1382. Toute source qui fonde encore une demande civile actuelle uniquement sur l'article 1382 travaille sur la base du droit antérieur à 2025.

L'ancien Code civil de 1804 continue de régir les personnes et la famille au sens strict. Les causes de divorce, la filiation, l'autorité parentale, les pensions alimentaires pour enfants et les pensions alimentaires entre époux n'ont pas été recodifiées, et aucun projet de loi couvrant ces titres n'a été déposé au Parlement. Notez l'exception, car il est facile de s'y tromper dans l'autre sens : le régime matrimonial, lui, est passé dans le nouveau code, de sorte qu'une question sur votre régime matrimonial relève du nouveau code, tandis qu'une question sur votre divorce relève de l'ancien.
Le Code pénal est le code répressif et contient les infractions que ce site suit le plus attentivement, notamment l'enregistrement illicite d'une conversation privée et les infractions de diffamation. C'est le code qui sera remplacé le 1er septembre 2026.
Le droit du travail se situe entièrement en dehors du Code civil, dans la loi du 3 juillet 1978 relative aux contrats de travail. Les délais de préavis ont été réécrits par la réforme du statut unique du 26 décembre 2013, puis à nouveau deux fois en 2026.
La procédure relève du Code judiciaire, et les règles de circulation de la loi relative à la police de la circulation routière et du code de la route.
Droit fédéral, droit régional, et la ligne qui les sépare
La Belgique compte un État fédéral, trois Régions et trois Communautés. Les deux niveaux ne recouvrent pas la même carte, et les confondre est l'erreur classique du nouveau venu.
Les Régions sont territoriales : la Région flamande, la Région wallonne et la Région de Bruxelles-Capitale. Elles gèrent les matières liées au territoire, et c'est le niveau qui compte pour les sujets traités dans cette page.
Les Communautés sont liées à la langue plutôt qu'au territoire : la Communauté flamande, la Communauté française et la Communauté germanophone, cette dernière regroupant environ 79 500 personnes autour d'Eupen, à l'est du pays. Les Communautés gèrent l'enseignement, l'aide à la jeunesse, et une grande partie de la politique de santé et de la politique familiale. Bruxelles ne dispose pas d'un gouvernement communautaire unique qui lui soit propre ; trois organes y exercent les compétences communautaires : la VGC pour la Communauté flamande, la COCOF pour la Communauté française, et l'organe bicommunautaire, la COCOM.
Pour le droit du travail, les successions, le bail et le droit pénal, les Communautés ne sont pas le niveau pertinent, raison pour laquelle le reste de cette page ne parle que des Régions. Mais si votre question concerne un mineur en délicatesse avec la loi, un litige scolaire, ou les services de l'aide à la jeunesse, c'est une Communauté qui est compétente.
Les matières suivantes sont fédérales et uniformes dans tout le pays :
- Les contrats de travail, les délais de préavis, le licenciement et l'indemnité de rupture
- Le divorce, les pensions alimentaires pour enfants, les pensions alimentaires entre époux et la filiation
- Les règles civiles des successions : qui hérite, quelle part est réservée, comment fonctionnent les testaments
- Le droit pénal, y compris les infractions d'enregistrement, de vie privée et de diffamation
- Le casier judiciaire et les extraits qui en sont délivrés
- Les infractions de roulage, les amendes et le retrait de permis
- Les troubles de voisinage et la copropriété
Les matières suivantes sont régionales, et c'est là qu'une réponse nationale unique est tout simplement fausse :
- Les droits de succession et de donation. La Flandre, la Wallonie et Bruxelles fixent chacune leurs propres tranches, taux, exonérations et réductions, et les différences sont substantielles. L'administration flamande est le VLABEL ; la Wallonie et Bruxelles ont chacune la leur.
- Les droits d'enregistrement lors de l'achat d'un logement. Ils diffèrent par Région, à la fois dans leur ampleur et dans leur mécanisme. La Flandre applique un taux de 2 pour cent pour une habitation propre et unique occupée par son propriétaire, contre un taux standard de 12 pour cent. La Wallonie applique 3 pour cent sur une habitation propre et unique, contre un taux standard de 12,5 pour cent. Bruxelles ne réduit pas du tout le taux, qui reste à 12,5 pour cent, mais exonère les premiers 200 000 euros du prix lorsque le montant total ne dépasse pas 600 000 euros, ce qui représente jusqu'à 25 000 euros. Lisez bien cette différence : deux Régions vous offrent un pourcentage plus bas, la troisième vous offre une base imposable réduite.
- Le bail de résidence principale. Régionalisé par la sixième réforme de l'État en 2014, chaque Région légiférant séparément à partir de 2018. Les plafonds de garantie locative et les règles de préavis diffèrent réellement.
Il existe un piège classique qu'il vaut la peine de nommer. On entend souvent dire que « le droit du travail est régional en Belgique ». Cette formule confond deux choses différentes. Le droit du travail au sens strict, c'est-à-dire votre contrat, votre préavis et vos droits en cas de licenciement, est fédéral. La politique du marché de l'emploi, c'est-à-dire le placement des demandeurs d'emploi par le VDAB en Flandre, le Forem en Wallonie et Actiris à Bruxelles, est régionale depuis la troisième réforme de l'État de 1988 et 1989, la sixième réforme de l'État de 2014 ayant ajouté un ensemble complémentaire de compétences couvrant l'activation des demandeurs d'emploi, les contrôles de disponibilité, les titres-services et les mesures ciblées sur certains groupes. Votre préavis ne change pas lorsque vous franchissez une frontière régionale. Votre bureau de l'emploi, lui, change.
Un quatrième niveau : votre commune
En dessous des Régions se trouve un niveau qui surprend souvent les nouveaux arrivants, car il a de véritables conséquences. Chaque commune peut sanctionner les infractions à ses propres règlements locaux au moyen des sanctions administratives communales, universellement abrégées en SAC. Elles couvrent le bruit, les déchets, les nuisances à l'ordre public et certains stationnements, et elles sont infligées par un fonctionnaire sanctionnateur communal plutôt que par un juge. Le maximum est de 500 euros pour un adulte et de 175 euros pour un mineur. Un adulte conteste une amende SAC devant le tribunal de police ; l'affaire d'un mineur relève, elle, du tribunal de la jeunesse.
Quelle Région s'applique à vous
Pour les droits de succession et de donation, la Région compétente se détermine par le domicile fiscal du défunt ou du donateur, plus précisément le lieu où il a vécu le plus longtemps au cours des cinq années précédant le décès ou la donation. Ce n'est ni le lieu de résidence des héritiers, ni la localisation du bien qui compte. Une personne qui décède dans un hôpital flamand après des décennies passées à Namur est taxée par la Wallonie.
Pour le bail et pour les droits d'enregistrement, la règle est plus simple : c'est la localisation du bien qui détermine le régime applicable.
Le niveau qui se superpose à la loi sur le travail
Se limiter à la loi fédérale sur le travail donne une image trompeuse de ce à quoi un travailleur belge a réellement droit, car un second niveau vient s'y superposer.
Le travail en Belgique est organisé par secteurs, chacun disposant d'une commission paritaire, un organe conjoint composé de représentants des employeurs et des syndicats. Ces commissions concluent des conventions collectives de travail (CCT), qui couvrent les barèmes salariaux minimums, les primes de fin d'année, les congés supplémentaires, les régimes complémentaires de préavis, et bien d'autres matières. Lorsqu'une telle convention est rendue obligatoire par arrêté royal, mécanisme appelé force obligatoire, elle lie tous les employeurs relevant du champ de compétence de cette commission, qu'ils appartiennent ou non à une fédération patronale et que leur personnel soit ou non syndiqué.
La conséquence pratique est que deux travailleurs ayant la même ancienneté, dans la même ville, exerçant des fonctions similaires, peuvent avoir des droits sensiblement différents, uniquement parce qu'ils relèvent de secteurs différents. Le numéro de votre commission paritaire est la clé pour savoir quelles conventions vous sont applicables, et il figure généralement sur votre fiche de paie, bien que les règles fédérales sur le contenu minimal de la fiche de paie ne l'imposent pas elles-mêmes et que l'usage varie selon la commission.
La langue, et pourquoi c'est une question juridique
La Belgique compte trois langues officielles : le néerlandais, le français et l'allemand. Les lois sont publiées en néerlandais et en français, et les deux versions font également foi, ce qui signifie qu'en droit, aucune n'est la traduction de l'autre. Certains textes paraissent également en allemand pour la Communauté germanophone.
Pour le lecteur, cela a trois conséquences.
Premièrement, une même institution porte deux noms, et aucun n'est plus correct que l'autre. Le tribunal des petites affaires est à la fois le vredegerecht et la justice de paix, et le juge qui y siège est le vrederechter ou le juge de paix. Le tribunal du travail est à la fois l'arbeidsrechtbank et le tribunal du travail. Ce site cite les deux noms, car un lecteur qui cherche en néerlandais et un lecteur qui cherche en français utilisent des mots différents pour désigner la même chose.
Deuxièmement, les sites officiels sont en miroir linguistique. Si justitie.belgium.be ne charge pas une page, justice.belgium.be en propose généralement le même contenu, et inversement.
Troisièmement, la langue de la procédure est fixée par des règles, non par une préférence. En dehors de Bruxelles, elle suit en général la langue de la région où siège le tribunal. À Bruxelles, la situation est plus précise que « vous pouvez choisir » : en vertu de la loi du 15 juin 1935, la langue est déterminée en premier lieu par le domicile du défendeur, et le demandeur ne dispose d'un véritable choix entre le néerlandais et le français que lorsque le défendeur réside dans l'agglomération bruxelloise ou n'a pas d'adresse belge connue. Par ailleurs, un défendeur peut demander, lors de sa première comparution, que l'affaire bascule vers l'autre langue.
Les tribunaux devant lesquels vous pourriez réellement vous retrouver
Les tribunaux belges sont organisés bien davantage par matière que par le montant du litige.
Le juge de paix est le tribunal le plus accessible et celui qu'une personne ordinaire a le plus de chances de rencontrer. Il connaît des demandes civiles de montant limité et, surtout, dispose d'une compétence spécifique pour les litiges de bail et les litiges de voisinage, quel que soit le montant en jeu.
Le tribunal du travail connaît des litiges de travail et de sécurité sociale, y compris les demandes relatives au licenciement et à l'indemnité de rupture.
Le tribunal de la famille siège au sein du tribunal de première instance et traite presque toutes les affaires familiales, y compris le divorce, l'autorité parentale et les pensions alimentaires.
Le tribunal de la jeunesse siège également au sein du tribunal de première instance et traite à la fois des mineurs en danger et des faits qualifiés infraction commis par des mineurs. Il applique les décrets communautaires relatifs à l'aide à la jeunesse plutôt que le Code pénal ordinaire, ce qui constitue l'exemple quotidien le plus net de l'effet juridique réel du niveau communautaire.
Le tribunal de police connaît des infractions de roulage et des demandes civiles consécutives aux accidents de la route, et statue sur les recours contre les amendes administratives communales.
Le tribunal correctionnel est la section pénale du tribunal de première instance et connaît de la catégorie intermédiaire d'infractions, laquelle inclut, sous le code actuel, la plupart des poursuites en diffamation.
Au-dessus siègent la cour d'appel, puis la Cour de cassation, laquelle contrôle uniquement la légalité d'une décision et ne constitue pas un troisième degré de juridiction sur les faits. Par ailleurs, la Cour constitutionnelle statue sur la conformité d'une loi, d'un décret ou d'une ordonnance à la répartition des compétences et aux droits fondamentaux du Titre II de la Constitution.

Une règle sur les frais qui surprend les Américains
La Belgique ne suit pas la règle américaine selon laquelle chaque partie paie son propre avocat quelle que soit l'issue du procès. La partie perdante doit en général à la partie gagnante une contribution légale aux frais de justice, l'indemnité de procédure, en vertu de l'article 1022 du Code judiciaire. Il s'agit d'un montant plafonné, fixé par barème par arrêté royal en fonction de la valeur de la demande, et non de la note d'honoraires réelle du gagnant, de sorte qu'elle ne rembourse jamais totalement le gagnant tout en n'exposant pas non plus le perdant à un risque illimité. Cela signifie néanmoins que perdre un procès en Belgique coûte plus cher que perdre l'argumentation, ce qui mérite d'être intégré dans toute décision d'agir en justice.
Les professions du droit, et qui fait quoi
La Belgique ne connaît pas de profession unique équivalente à l'attorney américain. Le travail est réparti.
Un avocat conseille et représente les clients devant les tribunaux. La plaidoirie devant les juridictions leur est pour l'essentiel réservée en vertu de l'article 440 du Code judiciaire, sous réserve d'exceptions étroites. Ils sont organisés en deux fédérations d'ordres, l'Orde van Vlaamse Balies et AVOCATS.BE.
Un notaire est un officier public qui s'occupe des successions, des testaments, des donations, des transferts de biens immobiliers et de la liquidation du régime matrimonial dans un divorce par consentement mutuel. Pour la plupart des questions successorales, c'est le notaire, et non l'avocat, qui est le professionnel auquel vous aurez affaire.
Un huissier de justice signifie les actes et exécute les jugements.
Un point utile à connaître : il n'existe pas de monopole général du conseil juridique en Belgique. Ce qui est réservé, c'est la représentation devant les tribunaux. Les banques, les assureurs, les services sociaux communaux et diverses associations donnent légitimement des informations juridiques de première ligne, ce qui explique pourquoi il est relativement facile de trouver des conseils gratuits de première ligne.

Ce qui change en 2026
La Belgique traverse une année exceptionnellement chargée, et plusieurs de ces changements sont assez récents pour que la plupart des sources ne les aient pas encore intégrés.
Un nouveau Code pénal entre en vigueur le 1er septembre 2026. Publié en avril 2024 et initialement attendu pour avril 2026, son entrée en vigueur a été reportée en mars 2026 après des inquiétudes exprimées par le monde judiciaire. Il s'agit d'un véritable remplacement, et non d'une simple modification. Il abolit l'ancienne classification tripartite des infractions en crime, délit et contravention, et la remplace par huit niveaux de peine. Il renumérote les infractions : l'enregistrement illicite d'une conversation privée passe de l'article 314bis à l'article 342, et les infractions de diffamation et d'injure sortent de l'ancien chapitre des articles 443 à 452. Fait le plus marquant, le niveau le plus léger ne comporte aucune option de peine d'emprisonnement, et la diffamation se situe précisément à ce niveau, de sorte que l'emprisonnement disparaît comme sanction possible pour cette infraction.
Les amendes pénales ont augmenté le 1er février 2026. Les montants d'amende inscrits dans le Code pénal actuel sont des chiffres historiques qu'il faut multiplier par un coefficient fixé séparément, les décimes additionnels. Ce coefficient est passé de 70 à 90 décimes, ce qui signifie que le chiffre indiqué dans l'article est désormais multiplié par dix et non plus par huit. Toute source citant le chiffre brut de l'article, ou appliquant l'ancien coefficient, sous-estime largement l'amende réelle. Le nouveau Code pénal supprime cette particularité et indique directement les montants réels.
Les délais de préavis ont changé à deux reprises. Pour les contrats débutant à partir du 1er juin 2026, le préavis dû par l'employeur est plafonné à 52 semaines dès que le travailleur atteint 17 ans d'ancienneté. Une seconde réforme, pour les contrats débutant à partir du 1er août 2026, remplace les paliers progressifs de préavis durant les six premiers mois par une semaine fixe.
Bruxelles a comblé l'écart du délai de rappel des donations le 1er janvier 2026. Une donation non enregistrée est réintégrée dans la succession taxable si le donateur décède dans un délai déterminé. La Wallonie est passée à cinq ans en 2022, la Flandre en 2025 ; Bruxelles, qui restait à trois ans, les a rejointes en janvier de cette année.
La Flandre a relevé une exonération de droits de succession le 1er janvier 2026, faisant passer la tranche exonérée sur les biens mobiliers de 50 000 à 75 000 euros. Attention à la limite de cette mesure : elle s'applique à ce qu'hérite le conjoint survivant ou le partenaire survivant, et ne s'étend pas aux enfants ni aux autres héritiers.
Ce que ce site couvre déjà sur le droit belge
Trois pages consacrées à la Belgique existent déjà dans le cadre de nos dossiers mondiaux, et chacune est disponible en néerlandais ainsi qu'en anglais :
- Droit belge de l'enregistrement audio, qui traite du moment où vous pouvez enregistrer une conversation à laquelle vous participez
- Droit belge de la protection des données, qui traite du RGPD tel qu'appliqué en Belgique et du rôle de l'Autorité de protection des données
- Droit belge de la diffamation, qui traite des voies pénale et civile
Elles s'ajoutent à nos dossiers plus larges sur les lois d'enregistrement dans le monde et les lois de protection des données dans le monde.
Cet article est fourni à titre purement informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Il ne remplace pas l'avis d'un avocat, d'un notaire ou d'un autre professionnel du droit compétent pour votre situation. Les informations sont générales et peuvent ne pas correspondre à votre cas. Le droit varie en outre selon la Région (Flandre, Wallonie, Bruxelles) et évolue régulièrement, vérifiez les textes en vigueur sur ejustice.just.fgov.be et le site officiel compétent. Mis à jour le 20 juillet 2026.
Questions fréquentes
Le droit belge est-il le même partout dans le pays ?
Presque, mais pas entièrement. Le droit du travail, le droit de la famille, le droit pénal, le casier judiciaire, les infractions de roulage et les règles civiles des successions sont fédéraux et identiques dans tout le pays. Trois matières sont régionales et diffèrent sensiblement entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles : les droits de succession et de donation, les droits d'enregistrement lors de l'achat d'un logement, et le bail de résidence principale. Si une source vous donne un taux national unique de droits de succession, un droit d'achat national unique, ou un plafond national unique de garantie locative, elle se trompe.
Quels droits de succession régionaux s'appliquent à une succession ?
La Région où le défunt a eu son domicile fiscal pendant la plus longue période au cours des cinq années précédant le décès. Ce n'est déterminé ni par le lieu de résidence des héritiers, ni par la localisation du bien. Une personne ayant passé la majeure partie de cette période en Wallonie est taxée selon le régime wallon, même si elle est décédée dans un hôpital flamand et possédait un appartement à Bruxelles. Le même test de cinq ans détermine également quelle Région taxe une donation entre vifs.
J'ai subi un dommage causé par quelqu'un. Sur quel article puis-je agir aujourd'hui ?
Pour tout fait survenu à partir du 1er janvier 2025, la règle de la responsabilité pour faute est l'article 6.5 du nouveau Code civil, la faute étant définie à l'article 6.6. Le Livre 6 a remplacé l'ancien cadre, et les articles 1382 à 1386bis ont été abrogés. Ce qui détermine le régime applicable, c'est la date du fait dommageable, et non la date de la saisine du tribunal, de sorte que les incidents plus anciens restent jugés sous l'article 1382. Une source qui fonde une demande civile actuelle uniquement sur l'article 1382 travaille sur la base du droit antérieur à 2025.
Où puis-je lire gratuitement le texte exact d'une loi belge ?
Sur le site du Moniteur belge, à l'adresse ejustice.just.fgov.be. Sa base de données Justel contient des versions coordonnées des codes, c'est-à-dire que les modifications y sont déjà intégrées. Tout est publié en néerlandais et en français, et les deux versions font également foi.
Ai-je besoin d'un avocat, d'un notaire, et que faire si je n'ai pas les moyens d'en payer un ?
Cela dépend du sujet plutôt que de la gravité. Un notaire s'occupe des successions, des testaments, des donations et des transferts de biens immobiliers, et c'est le professionnel vers lequel se tournent la plupart des questions successorales. Un avocat conseille et représente les clients devant les tribunaux, et la plaidoirie devant les juridictions leur est pour l'essentiel réservée. Sur le plan du coût, la Belgique dispose d'un système structuré d'aide juridique : les consultations gratuites de première ligne sont ouvertes à tous, et l'aide de deuxième ligne, soumise à condition de revenus, vous attribue un avocat par l'intermédiaire du Bureau d'aide juridique de votre arrondissement judiciaire. Lorsque cette aide est partielle plutôt que totale, vous payez une contribution fixée par l'article 508/13/2 du Code judiciaire, selon un barème progressif compris entre 25 et 125 euros par désignation. Les bénéficiaires d'une aide entièrement gratuite ne paient rien.
Si je perds un procès en Belgique, dois-je payer les honoraires d'avocat de l'autre partie ?
En partie, et c'est une réelle différence avec les États-Unis. La Belgique n'applique pas la règle américaine selon laquelle chaque partie supporte ses propres frais. La partie perdante doit à la partie gagnante une indemnité de procédure en vertu de l'article 1022 du Code judiciaire. Il s'agit d'un montant forfaitaire, fixé par barème par arrêté royal en fonction de la valeur de la demande, de sorte qu'il ne correspond ni à la note d'honoraires réelle du gagnant, ni à une exposition illimitée pour le perdant.
Que change l'entrée en vigueur du nouveau Code pénal le 1er septembre 2026 ?
Les infractions sont renumérotées, de sorte que les citations des articles actuels ne correspondent plus. L'ancienne classification des infractions en crime, délit et contravention est remplacée par huit niveaux de peine. La diffamation relève désormais du niveau le plus léger, qui ne comporte aucune option d'emprisonnement, si bien que la prison cesse d'être une peine possible pour cette infraction. Le nouveau code indique également des montants d'amende réels en euros, au lieu de chiffres historiques nécessitant le coefficient des décimes additionnels.
Pourquoi les termes juridiques belges apparaissent-ils toujours en deux langues ?
Parce que les lois sont publiées à la fois en néerlandais et en français, et que les deux versions font également foi en droit. Aucun des deux noms d'une institution n'est le nom officiel et aucun n'est la traduction de l'autre. Le tribunal des petites affaires est réellement à la fois le vredegerecht et la justice de paix, et c'est pourquoi ce site cite les deux noms.
Le droit belge est-il disponible en anglais ?
Les textes officiels ne le sont pas. La Belgique publie en néerlandais et en français, certains textes existant également en allemand, et aucune version anglaise n'a force juridique. Certains portails fédéraux proposent des résumés en anglais, mais pour le texte qui fait foi, il faut lire l'une des langues officielles. C'est en partie pour cela que ces pages existent en anglais, aux côtés de leurs versions en néerlandais et en français.
Sources et références
- Moniteur belge (Belgisch Staatsblad), base de données de la législation consolidée (Justel)(ejustice.just.fgov.be).gov
- Belgium.be, le portail fédéral : les Régions(belgium.be).gov
- Belgium.be, le portail fédéral : les Communautés et leurs compétences(belgium.be).gov
- SPF Justice, communiqué reportant l'entrée en vigueur du nouveau Code pénal au 1er septembre 2026(justitie.belgium.be).gov
- Loi du 29 février 2024 portant le livre 1er du Code pénal (nouveau Code pénal, Livre 1er, niveaux de peine)(ejustice.just.fgov.be).gov
- Loi du 29 février 2024 portant le livre 2 du Code pénal (nouveau Code pénal, Livre 2, les infractions)(ejustice.just.fgov.be).gov
- Code pénal du 8 juin 1867, texte coordonné(ejustice.just.fgov.be).gov
- Loi du 5 mars 1952 relative aux décimes additionnels sur les amendes pénales, texte coordonné indiquant 90 décimes(ejustice.just.fgov.be).gov
- Loi du 7 février 2024 portant le livre 6 « Responsabilité extracontractuelle » du Code civil(ejustice.just.fgov.be).gov
- Loi du 3 juillet 1978 relative aux contrats de travail, texte coordonné(ejustice.just.fgov.be).gov
- Code judiciaire, texte coordonné (article 440, monopole de la plaidoirie ; article 1022, indemnité de procédure ; article 508/13/2, contribution à l'aide juridique)(ejustice.just.fgov.be).gov
- Loi du 15 juin 1935 concernant l'emploi des langues en matière judiciaire(ejustice.just.fgov.be).gov
- Loi du 24 juin 2013 relative aux sanctions administratives communales (SAC), texte coordonné(ejustice.just.fgov.be).gov
- Cours et Tribunaux, le portail officiel du pouvoir judiciaire belge(rechtbanken-tribunaux.be).gov
- Cour de cassation, présentation de son propre rôle(hofvancassatie.be).gov
- Cour constitutionnelle(const-court.be).gov
- SPF Emploi, Travail et Concertation sociale : commissions paritaires et la force obligatoire des conventions collectives sectorielles(werk.belgie.be).gov
- Vlaanderen.be, droits d'enregistrement lors de l'achat d'un logement (Région flamande)(vlaanderen.be).gov
- Logement.wallonie.be, droits d'enregistrement sur une habitation propre et unique (Région wallonne)(logement.wallonie.be).gov
- Be.brussels, l'abattement sur les droits d'enregistrement (Région de Bruxelles-Capitale)(be.brussels).gov
- Autorité de protection des données, l'autorité belge de protection des données(gegevensbeschermingsautoriteit.be).gov
- Statbel, l'office belge de statistique, éditeur de l'indice santé utilisé pour l'indexation des loyers(statbel.fgov.be).gov
- Vlaamse Belastingdienst (VLABEL), l'administration fiscale flamande(belastingen.vlaanderen.be).gov
- SPF Finances(financien.belgium.be).gov