La dénonciation calomnieuse aux autorités en Belgique : en quoi elle diffère de la diffamation

Dénoncer quelqu'un à la police, à un procureur ou à une autre autorité n'est pas le même acte que le diffamer dans une conversation ou par écrit, et le droit belge en fait une infraction à part. La dénonciation calomnieuse punit une plainte écrite, malveillante et mensongère, adressée à une autorité, et elle figure dans le même ancien chapitre du Code pénal que la diffamation ordinaire, à l'article 445, mais il s'agit d'une infraction réellement différente, avec ses propres éléments constitutifs et sa propre peine.
En lisant attentivement l'article 445, on constate qu'il comporte en réalité deux volets, ce qui est facile à manquer car la plupart des résumés ne décrivent que le premier. Le premier couvre une dénonciation calomnieuse écrite faite aux autorités, c'est-à-dire le cas de la plainte à la police. Le second couvre des imputations calomnieuses écrites adressées à une personne au sujet de son propre subordonné, c'est-à-dire le cas d'un écrit adressé à l'employeur de quelqu'un à son sujet. Les deux figurent à l'article 445, et le volet applicable dépend de qui a reçu l'écrit. Seul le premier implique réellement les autorités.
Cette page se concentre sur cette infraction spécifique et sur ce qui la distingue réellement des infractions de calomnie et de diffamation traitées sur la page complémentaire consacrée à la diffamation.
Informations vérifiées pour la dernière fois le 21 juillet 2026. Cette page fournit des informations juridiques générales et ne constitue pas un conseil juridique pour un cas individuel.
Ce que punit réellement la dénonciation calomnieuse
L'article 445 du Code pénal punit quiconque fait méchamment une plainte écrite et mensongère contre une personne, auprès d'une autorité judiciaire, d'une autorité administrative, ou de toute personne ayant le pouvoir d'agir sur cette base, comme un employeur disposant d'une autorité disciplinaire sur la personne accusée. La peine est un emprisonnement de 15 jours à 6 mois, assorti d'une amende, également soumise au multiplicateur des décimes additionnels décrit sur la page complémentaire consacrée à la diffamation.
Ce que l'infraction vise réellement, c'est l'acte de dénoncer lui-même : une plainte formelle, par écrit, adressée à une personne exerçant une autorité sur la personne accusée. Il s'agit d'un acte plus étroit et différent du fait de faire une déclaration diffamatoire au public ou à la personne concernée, ce que punissent les infractions ordinaires de calomnie et de diffamation prévues aux articles 443 et 444.
En quoi elle diffère de la diffamation ordinaire
Trois éléments distinguent une dénonciation calomnieuse aux autorités de la diffamation ordinaire.

Le destinataire est différent. La calomnie et la diffamation visent à porter atteinte à la réputation de quelqu'un auprès d'autres personnes en général, y compris le public. La dénonciation calomnieuse vise une plainte adressée spécifiquement à une autorité capable d'agir sur cette base.
La forme est différente. L'infraction de l'article 445 exige une plainte écrite. Une accusation orale, ou une déclaration verbale portant atteinte à la réputation de quelqu'un, doit au contraire être jugée sous les infractions ordinaires de diffamation, et non sous l'article 445.
L'élément moral requis est également différent. La diffamation ordinaire n'exige pas que l'accusé sache que le fait imputé est faux, puisque la loi n'admet tout simplement pas la preuve de sa véracité dans un sens ou dans l'autre. La dénonciation calomnieuse, en revanche, exige à la fois la malveillance et la fausseté : une plainte faite dans la conviction sincère et honnête qu'elle était vraie, même si cette conviction s'avère ensuite erronée, ne constitue pas cette infraction.
Pourquoi cette distinction compte
Quelqu'un qui dénonce de bonne foi un crime, un problème au travail, ou une infraction réglementaire, et qui s'avère avoir tort, n'a pas commis de dénonciation calomnieuse. L'infraction exige la malveillance : une intention de nuire au moyen d'une plainte dont l'auteur savait, ou aurait dû savoir, qu'elle était fausse. Cela compte parce que la crainte d'être accusé de cette infraction ne devrait pas, en soi, décourager quelqu'un de signaler une préoccupation réelle à l'autorité compétente.

Ce qu'elle vise, en revanche, c'est la situation inverse : utiliser une plainte formelle adressée à une autorité judiciaire, à un employeur, ou à un autre organisme ayant un pouvoir sur la personne accusée, comme une arme, tout en sachant que la plainte est fausse.
Ce qui change le 1er septembre 2026
Le même remplacement complet du Code pénal évoqué sur la page complémentaire consacrée à la diffamation renumérote également cette infraction. L'article 445 devient l'article 242 dans le nouveau code, qui entre en vigueur le 1er septembre 2026. Les éléments décrits sur cette page constituent le droit actuel jusqu'à cette date ; après celle-ci, recherchez le nouveau numéro d'article.

Cette page décrit l'infraction belge de plainte malveillante et mensongère à une autorité et ne constitue pas un conseil juridique pour une situation individuelle. Le fait qu'une plainte donnée réunisse les éléments de malveillance et de fausseté exigés par l'article 445 dépend des faits exacts. Vérifiez le texte en vigueur sur ejustice.just.fgov.be, ou consultez un avocat, avant d'agir sur la base de ce qui précède.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la dénonciation calomnieuse ?
C'est l'infraction, prévue à l'article 445 du Code pénal, qui consiste à faire méchamment une plainte écrite et mensongère contre quelqu'un auprès d'une autorité judiciaire ou autre capable d'agir sur cette base, punie d'un emprisonnement de 15 jours à 6 mois assorti d'une amende.
En quoi cela diffère-t-il de la diffamation ordinaire ?
La calomnie et la diffamation ordinaires punissent le fait de porter atteinte à la réputation de quelqu'un auprès d'autres personnes en général. L'article 445 punit un acte spécifique, une plainte écrite à une autorité, et exige à la fois la malveillance et la fausseté, ce que la diffamation ordinaire n'exige pas toujours.
Puis-je être poursuivi pour avoir signalé quelque chose à la police qui s'avère erroné ?
Pas en vertu de l'article 445, si vous croyiez sincèrement que la plainte était vraie au moment où vous l'avez faite. L'infraction exige la malveillance, c'est-à-dire que la plainte a été faite en sachant, ou en ayant des raisons de savoir, qu'elle était fausse.
Une fausse accusation doit-elle être écrite pour constituer cette infraction ?
Oui. L'article 445 exige une plainte écrite. Une fausse accusation orale est au contraire jugée sous les infractions ordinaires de diffamation, et non sous l'article 445.
Quelle est la peine encourue pour une plainte malveillante et mensongère en Belgique ?
Un emprisonnement de 15 jours à 6 mois assorti d'une amende en vertu de l'article 445, l'amende réellement infligée étant multipliée par les décimes additionnels, actuellement de dix depuis le 1er février 2026, par rapport au montant brut inscrit dans l'article.
Le numéro de l'article de cette infraction va-t-il changer ?
Oui. Un nouveau Code pénal entrant en vigueur le 1er septembre 2026 renumérote l'article 445 en article 242. Les faits décrits sur cette page correspondent à l'article 445 actuel, en vigueur jusqu'à cette date.
Sources et références
- Code pénal, texte coordonné (article 445, dénonciation calomnieuse)(ejustice.just.fgov.be).gov
- Code pénal du 8 juin 1867, Livre II, titres VI, VIbis et VII (coordination officieuse en langue allemande, comprend le titre VII)(etaamb.openjustice.be).gov
- Loi du 29 février 2024 introduisant le Livre II du Code pénal(etaamb.openjustice.be).gov
- SPF Justice, Réforme du Code pénal(justice.belgium.be).gov
- SPF Justice, Nouveau Code pénal : entrée en vigueur reportée au 1er septembre 2026(justice.belgium.be).gov
- SPF Justice, Plainte à la police(justice.belgium.be).gov
- Belgium.be, Plaintes et déclarations(belgium.be).gov