Droit belge de l'enregistrement : la règle du participant et ce qu'elle ne règle pas (2026)

La règle belge sur l'enregistrement d'une conversation privée repose sur une seule distinction : la personne qui enregistre participe-t-elle réellement à la conversation. Cette distinction, et l'infraction pénale construite autour d'elle, se trouve à l'article 314bis du Code pénal, et elle répond à l'essentiel de ce qu'une personne veut réellement savoir lorsqu'elle se demande si elle peut enregistrer un appel téléphonique, une réunion, ou une dispute sur le pas de sa propre porte.
Cette section contient la page détaillée consacrée à cette règle, ainsi qu'à la doctrine qui détermine si un enregistrement contesté peut malgré tout être utilisé devant un tribunal. Ce qui suit est une orientation : ce que la règle couvre réellement, ce qu'elle laisse ouvert, et où trouver la réponse aux questions plus difficiles, par exemple si un enregistrement fait légalement peut être partagé ou publié sans risque.
Informations vérifiées pour la dernière fois le 21 juillet 2026. Cette page fournit des informations juridiques générales et ne constitue pas un conseil juridique pour un cas individuel.
Ce que couvre cette section
Le droit belge distingue trois questions qu'un lecteur croit souvent n'en être qu'une seule. Le fait de savoir si vous pouvez enregistrer une conversation à laquelle vous participez relève du droit pénal, la réponse se trouvant à l'article 314bis du Code pénal et étant traitée en détail sur la page ci-dessous. Le fait de savoir si vous pouvez filmer un lieu avec une caméra, plutôt qu'enregistrer une conversation, relève d'une loi totalement différente, la loi caméras, traitée dans la section droit belge de la vie privée. Et le fait de savoir si l'utilisation ou la publication d'un enregistrement vous expose à une action pour atteinte à la réputation d'autrui est traité dans la section droit belge de la diffamation. Cette page porte sur la première de ces trois questions : le fait même de réaliser l'enregistrement.
La règle du participant
L'article 314bis, paragraphe 1er, punit quiconque intercepte, prend connaissance ou enregistre une communication privée à laquelle il ne participe pas, sans le consentement de toutes les personnes qui y participent. Depuis l'arrêt de 2001 de la Cour de cassation, un participant à la conversation, une personne qui y prend réellement part, échappe entièrement à cette infraction. C'est pourquoi on décrit parfois la Belgique, de façon un peu imprécise, comme un pays qui permet à un participant d'enregistrer ses propres conversations.

Cette description ne répond qu'à la question de savoir si le fait d'enregistrer constituait une infraction. Elle ne dit rien de ce qui se passe une fois que l'enregistrement existe, qu'il puisse être montré à quelqu'un d'autre, publié en ligne, ou remis à un tribunal. Ce sont des questions juridiques distinctes, traitées sur la page ci-dessous, avec l'ensemble du régime des peines, l'infraction d'usage frauduleux, et la version aggravée applicable aux agents publics en vertu de l'article 259bis.
Un enregistrement illégal peut-il malgré tout être utilisé
Un enregistrement fait illégalement, c'est-à-dire par une personne qui n'était pas participante et qui n'avait aucun consentement, n'est pas automatiquement écarté d'une procédure judiciaire belge. La doctrine Antigoon permet à un tribunal d'admettre une preuve obtenue de façon irrégulière, sauf si une règle spécifique impose son exclusion, si l'irrégularité entache sa fiabilité, ou si son admission porterait atteinte au droit à un procès équitable. Le raisonnement complet, et les raisons pour lesquelles ce n'est pas un feu vert pour enregistrer n'importe quoi, se trouvent sur la page Enregistrer une conversation en Belgique.
Ce qui change le 1er septembre 2026
Un tout nouveau Code pénal entre en vigueur le 1er septembre 2026 et renumérote tout ce qui figure sur cette page. L'article 314bis devient les articles 342, 344 et 346, et l'article 259bis, la version aggravée de la même infraction pour les agents et fonctionnaires publics, se scinde en articles 343 et 345. Si vous lisez ceci après cette date, la page détaillée ci-dessous mentionne les nouveaux numéros à côté des numéros actuels.

Pour aller plus loin
Pour la règle complète, les peines, la doctrine Antigoon en détail, et un aperçu de la renumérotation de 2026, voir Enregistrer une conversation en Belgique. Pour les caméras et la surveillance plutôt que les conversations, voir la section droit belge de la vie privée. Pour ce qui se passe lorsqu'un enregistrement est utilisé pour accuser quelqu'un, voir la section droit belge de la diffamation. Pour les autres sujets, retournez à Droit belge.

Cette page fournit des informations juridiques générales sur un système juridique étranger et ne constitue pas un conseil juridique pour un cas individuel. La légalité de l'enregistrement d'une conversation donnée, de son utilisation, ou de son invocation dans un litige, dépend des faits exacts, et le droit applicable change, le plus prochainement le 1er septembre 2026. Vérifiez le texte en vigueur sur ejustice.just.fgov.be, ou consultez un avocat, avant d'agir sur la base de ce qui précède.
Questions fréquentes
Puis-je enregistrer une conversation à laquelle je participe en Belgique ?
En règle générale, oui. L'article 314bis, paragraphe 1er, du Code pénal ne punit que l'enregistrement d'une communication privée à laquelle on ne participe pas. Depuis un arrêt de 2001 de la Cour de cassation, un participant qui enregistre sa propre conversation échappe à cette infraction. Ce que vous faites ensuite de l'enregistrement est une question distincte, traitée sur la page mentionnée dans cette section.
Est-il illégal d'enregistrer une conversation à laquelle je ne participe pas ?
Oui, si vous l'enregistrez sans le consentement de toutes les personnes qui y participent. L'article 314bis, paragraphe 1er, punit exactement ce cas, d'un emprisonnement de 6 mois à 2 ans et d'une amende qui, après application du multiplicateur des décimes additionnels, actuellement de dix, s'élève en réalité de 2 000 à 100 000 euros.
Quelle est la différence entre enregistrer une conversation et filmer avec une caméra en Belgique ?
Ces deux situations relèvent de lois différentes. L'enregistrement d'une conversation privée relève de l'article 314bis du Code pénal, traité sur cette page. Le fait de filmer un lieu avec une caméra de surveillance ou de sonnette relève de la loi caméras, une loi distincte traitée dans la section droit belge de la vie privée.
Un enregistrement fait sans consentement peut-il malgré tout être utilisé devant un tribunal belge ?
C'est possible. En vertu de la doctrine Antigoon, une preuve obtenue illégalement n'est écartée que si une règle spécifique l'impose, si l'irrégularité entache sa fiabilité, ou si son admission serait contraire au droit à un procès équitable. Le tribunal apprécie néanmoins les circonstances, et cette doctrine ne rend pas pour autant licite le fait d'avoir réalisé l'enregistrement.
Ce domaine du droit belge va-t-il bientôt changer ?
Oui. Un tout nouveau Code pénal entre en vigueur le 1er septembre 2026 et renumérote entièrement ce domaine. L'article 314bis devient les articles 342, 344 et 346, et l'article 259bis se scinde en articles 343 et 345.
Où puis-je trouver les peines complètes et la règle détaillée ?
La page détaillée de cette section, Enregistrer une conversation en Belgique, traite en détail la règle du participant, les peines applicables à l'enregistrement et à l'utilisation d'un enregistrement, la doctrine Antigoon, et la renumérotation de 2026.
Sources et références
- Code pénal (Strafwetboek), texte consolidé officiel en néerlandais (art. 314bis et 259bis)(ejustice.just.fgov.be).gov
- SPF Justice, Nouveau Code pénal : entrée en vigueur reportée au 1er septembre 2026(justice.belgium.be).gov
- SPF Justice, Réforme du Code pénal(justice.belgium.be).gov
- Autorité de protection des données, Quels sont mes droits ?(autoriteprotectiondonnees.be).gov
- Autorité de protection des données, Conversations téléphoniques professionnelles(autoriteprotectiondonnees.be).gov
- SPF Justice (FOD Justitie), site officiel (page en néerlandais)(justitie.belgium.be).gov