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Enregistrer une conversation en Belgique : la règle du participant, la doctrine Antigoon et le Code pénal de 2026

Par Équipe éditoriale de Recording Law13 min de lecture
Enregistrer une conversation en Belgique : la règle du participant, la doctrine Antigoon et le Code pénal de 2026

Questions fréquentes

Puis-je enregistrer un appel téléphonique auquel je participe en Belgique ?

En règle générale, oui. L'article 314bis, paragraphe 1er, du Code pénal ne punit que l'enregistrement d'une communication privée à laquelle on ne participe pas. Depuis un arrêt de 2001 de la Cour de cassation, un participant qui enregistre sa propre conversation échappe à cette infraction. Ce que vous faites ensuite de l'enregistrement est une question distincte.

Est-il illégal d'enregistrer quelqu'un sans le lui dire ?

Cela dépend de la question de savoir si vous participez à la conversation. Enregistrer une conversation que vous êtes en train d'avoir, sans en informer l'autre participant, ne constitue pas en soi l'infraction prévue à l'article 314bis. Enregistrer une conversation privée entre d'autres personnes, à laquelle vous ne participez pas, sans le consentement de tous ceux qui y participent, constitue en revanche cette infraction.

Quelle est la peine encourue pour avoir enregistré une conversation à laquelle je ne participe pas ?

Un emprisonnement de 6 mois à 2 ans et une amende de 200 à 10 000 euros, ou l'une de ces deux peines seulement, en vertu de l'article 314bis, paragraphe 1er. En raison du multiplicateur des décimes additionnels, actuellement de dix, l'amende réellement infligée est de 2 000 à 100 000 euros.

Un enregistrement fait sans consentement peut-il malgré tout être utilisé comme preuve devant un tribunal belge ?

C'est possible. En vertu de la doctrine Antigoon, une preuve obtenue illégalement n'est écartée que si une règle spécifique l'impose, si l'irrégularité entache sa fiabilité, ou si son utilisation serait contraire au droit à un procès équitable. Le tribunal apprécie néanmoins les circonstances, et cette doctrine ne rend pas pour autant licite le fait d'avoir réalisé l'enregistrement.

Puis-je avoir des problèmes pour avoir partagé un enregistrement que j'étais en droit de faire ?

Oui, dans certaines circonstances. L'article 314bis, paragraphe 2, punit séparément l'utilisation d'un enregistrement fait légalement d'une communication privée, avec une intention frauduleuse ou une intention de nuire, d'un emprisonnement de 6 mois à 3 ans et d'une amende de 500 à 20 000 euros avant application du multiplicateur des décimes additionnels.

Les agents publics sont-ils traités différemment par cette loi ?

Oui. L'article 259bis applique une version aggravée de la même infraction aux officiers publics, aux fonctionnaires publics et aux agents de la force publique agissant en cette qualité.

Cette loi va-t-elle bientôt changer ?

Oui. Un nouveau Code pénal entre en vigueur le 1er septembre 2026 et renumérote ce domaine du droit : l'article 314bis devient les articles 342, 344 et 346, et l'article 259bis se scinde en articles 343 et 345.

Enregistrer quelqu'un nécessite-t-il toujours le consentement de tous les participants à la conversation ?

Non, pas si vous êtes vous-même participant. Le consentement de tous les participants n'importe que pour celui qui enregistre une conversation à laquelle il ne participe pas. Un participant n'a pas besoin du consentement de l'autre personne pour réaliser l'enregistrement lui-même, bien que son utilisation ultérieure puisse malgré tout soulever des questions juridiques distinctes.

Sources et références

  1. Code pénal, texte coordonné (articles 259bis et 314bis, interception et enregistrement de communications)(ejustice.just.fgov.be).gov
  2. Code pénal (Strafwetboek) du 8 juin 1867, texte consolidé officiel en néerlandais (art. 314bis et 259bis)(ejustice.just.fgov.be).gov
  3. Loi du 29 février 2024 introduisant le Livre II du Code pénal(etaamb.openjustice.be).gov
  4. SPF Justice, Nouveau Code pénal : entrée en vigueur reportée au 1er septembre 2026(justice.belgium.be).gov
  5. SPF Justice, Réforme du Code pénal(justice.belgium.be).gov
  6. Autorité de protection des données, Conversations téléphoniques professionnelles(autoriteprotectiondonnees.be).gov
  7. Autorité de protection des données, Quels sont mes droits ?(autoriteprotectiondonnees.be).gov
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