Droits de succession en Wallonie : taux et la réforme 2028

Ce sont les Régions belges, et non l'État fédéral, qui fixent les droits de succession, et les trois régimes régionaux diffèrent suffisamment pour qu'un barème belge unique se tromperait sur au moins deux des trois. Cette page ne traite que de la Région wallonne : le prélèvement connu en français sous le nom de droits de succession et, dans l'autre langue de l'État fédéral, sous celui d'erfbelasting, fixé par le Code des droits de succession propre à la Wallonie. Si la succession concernée n'a pas été taxée en Wallonie, ses taux, abattements et règles pour le logement familial sont différents ; voir les pages distinctes pour la Flandre et Bruxelles.
Quelle région taxe effectivement une succession donnée n'est pas déterminé par l'endroit où vivent les héritiers ni par celui où se trouve un bien. C'est le propre domicile fiscal du défunt dans les années précédant le décès qui le détermine, et cette seule règle surprend davantage de familles que les barèmes eux-mêmes.
Informations vérifiées pour la dernière fois le 21 juillet 2026. Cette page fournit des informations juridiques générales et ne constitue pas un avis juridique pour un cas individuel.
La succession que la Wallonie taxe réellement
Les droits de succession belges sont attribués à une région par la loi spéciale du 16 janvier 1989 relative au financement des Communautés et des Régions. L'article 5 de cette loi renvoie, pour les droits de succession, au domicile fiscal du défunt : la résidence réelle et habituelle, avec la famille et le centre des activités économiques, et non simplement une adresse enregistrée. Lorsque le domicile a changé de région au cours des 5 années précédant le décès, la région applicable est celle qui a détenu ce domicile le plus longtemps durant cette fenêtre précise de 5 ans, et non celle où le défunt a vécu la plus grande partie de sa vie.
Cette règle surprend davantage de familles qu'aucun barème. Prenons une personne ayant vécu en Wallonie pendant vingt-cinq ans, puis ayant déménagé en Flandre pour les trois dernières années avant le décès, peut-être pour se rapprocher de la famille d'un enfant. Comme le test ne porte que sur les 5 années immédiatement avant le décès, et que la Flandre a détenu le domicile fiscal du défunt pendant trois de ces cinq années contre deux pour la Wallonie, c'est la Flandre qui taxe la succession, non la Wallonie, même si le défunt a passé la majeure partie de sa vie active en Wallonie. Lorsque la succession comprend un bien immobilier, l'emplacement de ce bien n'entre pas non plus en ligne de compte dans cette décision ; seul compte le propre domicile fiscal du défunt.
Le barème en ligne directe : conjoint, cohabitant légal et enfants
En Wallonie, un conjoint survivant, un cohabitant légal et les enfants (et autres descendants héritant à leur place) relèvent du barème en ligne directe prévu par l'article 48, Tableau I, du Code des droits de succession. Comme chaque barème en Wallonie, il s'applique à la part nette propre de chaque héritier individuellement ; le texte même du Code taxe « la part nette de chacun des ayants droit », jamais la succession comme un seul bloc combiné.
| Part nette (par héritier) | Taux en Wallonie |
|---|---|
| 0,01 à 12 500 euros | 3 % |
| 12 500,01 à 25 000 euros | 4 % |
| 25 000,01 à 50 000 euros | 5 % |
| 50 000,01 à 100 000 euros | 7 % |
| 100 000,01 à 150 000 euros | 10 % |
| 150 000,01 à 200 000 euros | 14 % |
| 200 000,01 à 250 000 euros | 18 % |
| 250 000,01 à 500 000 euros | 24 % |
| au-delà de 500 000 euros | 30 % |
Il s'agit du barème wallon actuel. Un décret adopté en décembre 2024 réduira sensiblement ces taux, mais uniquement pour les décès à partir du 1er janvier 2028 ; voir la section consacrée à cette réforme plus bas avant de présumer qu'un chiffre inférieur s'applique déjà.
Frères et sœurs, oncle-tante-neveu-nièce et autres : trois barèmes, tous par héritier
La Wallonie ne fusionne pas les frères et sœurs avec des parents plus éloignés, et elle ne taxe aucun héritier collatéral ou sans lien de parenté sur un total de catégorie combiné comme le fait la Flandre pour sa catégorie des « autres ». Chaque barème wallon ci-dessous s'applique à la part nette propre de chaque héritier.

| Part nette (par héritier) | Frères et sœurs | Oncle ou tante à neveu ou nièce |
|---|---|---|
| 0,01 à 12 500 euros | 20 % | 25 % |
| 12 500,01 à 25 000 euros | 25 % | 30 % |
| 25 000,01 à 75 000 euros | 35 % | 40 % |
| 75 000,01 à 175 000 euros | 50 % | 55 % |
| au-delà de 175 000 euros | 65 % | 70 % |
| Part nette (par héritier) | Tous les autres héritiers en Wallonie |
|---|---|
| 0,01 à 12 500 euros | 30 % |
| 12 500,01 à 25 000 euros | 35 % |
| 25 000,01 à 75 000 euros | 60 % |
| au-delà de 75 000 euros | 80 % |
Une version antérieure du barème « tous les autres héritiers » en Wallonie comportait une tranche supérieure à 90 %. La Cour d'arbitrage, aujourd'hui la Cour constitutionnelle, a annulé cette tranche dans son arrêt n° 107/2005, et elle n'a jamais été rétablie, ce qui explique pourquoi le taux le plus élevé actuel pour cette catégorie en Wallonie est de 80 %, et non 90 %.
L'outil ci-dessous applique les barèmes wallons ci-dessus à une part nette que vous saisissez et renvoie uniquement un chiffre indicatif, non une déclaration déposée.
Estimation des droits de succession
Les droits de succession sont une compétence régionale, la Région vient donc en premier. Les taux s’appliquent à la part de chaque héritier, avec une exception que cet outil intègre.
Estimation purement indicative, fondée sur les barèmes régionaux publiés. Il ne s’agit ni d’un calcul fiscal ni d’un conseil juridique ou fiscal. L’administration régionale compétente détermine le montant réellement dû.
Abattements : un montant doublé pour les parts plus modestes
Un héritier en ligne directe, un conjoint survivant ou un cohabitant légal en Wallonie peut déduire 12 500 euros de sa propre part nette avant l'application du barème ci-dessus, en vertu de l'article 54 du Code des droits de succession. Lorsque la part nette de cet héritier est de 125 000 euros ou moins, l'abattement double pour atteindre 25 000 euros. Un enfant mineur reçoit également 2 500 euros supplémentaires pour chaque année complète restant jusqu'à ses 21 ans. Rien de tout cela n'est accessible à un frère ou une sœur adulte, à un oncle, une tante, un neveu ou une nièce, ou à tout autre héritier en Wallonie, qui échappent à l'impôt uniquement si leur propre part nette est de 620 euros ou moins, et sont taxés sur la totalité du montant dès le premier euro au-delà de ce seuil.
Le logement familial : une exonération seulement après 5 ans
Un conjoint survivant ou un cohabitant légal hérite du logement familial en Wallonie en totale exonération de droits de succession en vertu de l'article 55quinquies, mais uniquement lorsque le logement a servi de résidence principale au couple pendant au moins 5 ans avant le décès, sous réserve d'exceptions limitées pour cas de force majeure ayant empêché cette résidence. Les autres héritiers en ligne directe, typiquement les enfants, ne reçoivent jamais cette exonération sur le même logement en Wallonie ; l'article 60ter leur accorde à la place un barème distinct à taux réduit, environ 1 % jusqu'à 25 000 euros, 2 % jusqu'à 50 000 euros, 5 % jusqu'à environ 160 000 à 175 000 euros, 12 % jusqu'à 250 000 euros, 24 % jusqu'à 500 000 euros et 30 % au-delà, à nouveau conditionné à la même exigence d'occupation de 5 ans. La réforme de 2028 décrite plus bas est le seul changement à l'horizon qui supprime cette condition de 5 ans.
La réforme wallonne de 2028 : adoptée, pas encore en vigueur
Un décret adopté le 4 décembre 2024 et promulgué le lendemain, publié au Moniteur belge du 13 décembre 2024 sous le NUMAC 2024011274, réduira sensiblement les droits de succession wallons. Mais l'article 30 de ce décret reporte l'entrée en vigueur de ses propres articles relatifs aux taux : ils s'appliquent, selon ses propres termes, « à tous les décès survenus à compter du 1er janvier 2028 ». Jusque-là, les barèmes publiés ailleurs sur cette page constituent le seul droit wallon applicable.

À partir de cette date, le taux le plus élevé wallon en ligne directe passera de 30 à 15 %, celui des frères et sœurs de 65 à 33 %, celui de l'oncle ou de la tante à neveu ou nièce de 70 à 35 %, et celui de tous les autres héritiers de 80 à 40 %. Aucun de ces chiffres plus bas ne peut être invoqué pour un décès survenu avant le 1er janvier 2028, aussi proche que cette date puisse paraître ; une succession réglée sous le droit wallon actuel en 2026 ou en 2027 est taxée selon les barèmes ci-dessus, et non selon ceux de 2028.
Déclarer et payer : le délai est fédéral, l'impôt est wallon
Le délai pour déposer la déclaration de succession est la même règle fédérale qui s'applique dans chaque région belge : 4 mois après un décès en Belgique, 5 mois après un décès ailleurs dans l'Espace économique européen et 6 mois après un décès hors d'Europe, le délai étant reporté au jour ouvrable suivant s'il tombe un week-end ou un jour férié. Déposer en retard coûte 25 euros par mois et par héritier en Wallonie. Le paiement lui-même est dû 2 mois après l'expiration de ce délai de dépôt, et non 2 mois à partir de la date à laquelle la déclaration a effectivement été déposée, ni à partir d'une taxation ultérieure. Des reports pour difficultés allant jusqu'à 5 ans existent en Wallonie lorsqu'un héritier ne peut réellement pas payer à temps.
Un exemple chiffré : ce que coûtent réellement les droits de succession wallons
Prenons une succession wallonne d'une valeur nette de 300 000 euros, laissée entièrement à un enfant adulte unique, sans conjoint ni partenaire survivant. La part propre de cet enfant, 300 000 euros, dépasse largement le plafond de 125 000 euros pour l'abattement doublé, de sorte que seul l'abattement standard de 12 500 euros s'applique en Wallonie, laissant une base taxable de 287 500 euros. En appliquant le barème en ligne directe ci-dessus tranche par tranche : 375 euros sur les premiers 12 500 euros, 500 euros sur les 12 500 euros suivants, 1 250 euros sur les 25 000 euros suivants, 3 500 euros sur les 50 000 euros suivants, 5 000 euros sur les 50 000 euros suivants, 7 000 euros sur les 50 000 euros suivants, 9 000 euros sur les 50 000 euros suivants jusqu'à 250 000 euros, et 9 000 euros sur les 37 500 euros restants à la tranche de 24 % au-delà de 250 000 euros. Cela totalise 35 625 euros dus sur une part de 300 000 euros, soit un taux effectif d'un peu moins de 12 %, alors même que le taux marginal le plus élevé du barème atteint 30 %.
La Flandre et Bruxelles taxent différemment le même type de succession
Aucun des chiffres de cette page ne s'applique en dehors de la Wallonie. Une succession taxée en Flandre suit un barème en ligne directe à trois tranches et taxe sa catégorie des « autres » sur un total de catégorie combiné plutôt que par héritier ; voir la page des droits de succession en Flandre. Une succession taxée dans la Région de Bruxelles-Capitale suit son propre barème en ligne directe à six tranches et trois barèmes collatéraux distincts ; voir la page des droits de succession à Bruxelles. Pour savoir qui hérite selon le droit civil belge avant tout calcul fiscal, voir qui hérite en Belgique ; pour savoir comment une donation faite des années avant le décès peut encore affecter une succession, voir les donations de son vivant en Belgique.

Cet article est fourni à titre purement informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Il ne remplace pas l'avis d'un notaire, d'un avocat ou d'un autre professionnel du droit compétent pour votre situation. Les droits de succession varient en outre selon la Région (Flandre, Wallonie, Bruxelles) et les règles évoluent régulièrement, vérifiez les textes en vigueur sur ejustice.just.fgov.be et auprès de l'administration régionale compétente. Mis à jour le 21 juillet 2026.
Questions fréquentes
Quelle région applique ses droits de succession si une personne a vécu dans plusieurs régions avant son décès ?
La région qui a détenu le domicile fiscal du défunt le plus longtemps durant les 5 années immédiatement avant le décès, et non la région où le défunt a passé la plus grande partie de sa vie ni celle où vivent les héritiers eux-mêmes.
La Wallonie taxe-t-elle les frères et sœurs et les parents plus éloignés sur leur part combinée comme le fait la Flandre ?
Non. Chaque barème en Wallonie, ligne directe, frères et sœurs, oncle ou tante à neveu ou nièce, et tous les autres héritiers, s'applique à la part nette propre de chaque héritier individuellement. Taxer toute une catégorie sur son total combiné est un mécanisme flamand qui n'existe pas en droit wallon.
Combien un héritier wallon en ligne directe peut-il déduire avant l'application du barème ?
12 500 euros en vertu de l'article 54 du Code des droits de succession, doublé à 25 000 euros lorsque la part nette propre de cet héritier est de 125 000 euros ou moins. Les enfants mineurs reçoivent aussi 2 500 euros pour chaque année restante jusqu'à leurs 21 ans.
Chaque héritier en ligne directe hérite-t-il du logement familial en exonération d'impôt en Wallonie ?
Non. Seul un conjoint survivant ou un cohabitant légal bénéficie de l'exonération complète, et uniquement si le couple a résidé dans le logement à titre de résidence principale pendant au moins 5 ans avant le décès. Les autres héritiers en ligne directe, comme les enfants, paient un barème distinct à taux réduit sur ce même logement.
Le taux maximal réduit de 15 % pour les héritiers en ligne directe est-il déjà en vigueur en Wallonie ?
Non. Le décret qui réduira les taux wallons a été adopté en décembre 2024, mais ses articles relatifs aux taux ne s'appliquent qu'aux décès survenus à partir du 1er janvier 2028. Tout décès antérieur à cette date est taxé selon les barèmes actuels décrits sur cette page, quelle que soit la date d'adoption du décret.
Quand les droits de succession wallons sont-ils réellement dus ?
La déclaration de succession est due 4 mois après un décès en Belgique, 5 mois pour un décès ailleurs dans l'EEE ou 6 mois hors d'Europe, et le paiement est dû 2 mois après l'expiration de ce délai de dépôt, quelle que soit la date à laquelle la déclaration a effectivement été déposée.
Est-il vrai que la Wallonie a un jour taxé les héritiers sans lien de parenté à 90 % ?
Une version antérieure du barème pour les autres héritiers comportait effectivement une tranche supérieure à 90 %, mais la Cour d'arbitrage l'a annulée en 2005 et elle n'a jamais été rétablie. Le taux le plus élevé actuel pour cette catégorie en Wallonie est de 80 %.
Sources et références
- Code des droits de succession (Région wallonne), texte consolidé: art. 48 (Tableau I et Tableau II, tarifs) et art. 54 (abattements)(wallonie.be).gov
- Wallonie.be, S'informer sur les droits de succession en Région wallonne(wallonie.be).gov
- Décret du 5 décembre 2024 portant réforme de la fiscalité wallonne (tarifs applicables en ligne directe, entre frères et sœurs, oncle ou tante à neveu ou nièce, et pour les autres héritiers, pour les décès survenus à partir du 1er janvier 2028 ; l'art. 30 reporte l'entrée en vigueur des articles relatifs aux tarifs), NUMAC 2024011274(wallex.wallonie.be).gov
- Loi spéciale du 16 janvier 1989 relative au financement des Communautés et des Régions, article 5 (domicile fiscal du défunt)(ejustice.just.fgov.be).gov
- Wikifin, Comment sont calculés les droits de succession ?(wikifin.be)
- notaire.be, Calcul et tarifs des droits de succession en Wallonie (contexte ; ne constitue pas la source unique d'un taux)(notaire.be)