Droits de succession en Flandre : taux de l'erfbelasting, abattements et logement familial

Ce sont les Régions belges, et non l'État fédéral, qui fixent les droits de succession, et les trois régimes régionaux diffèrent suffisamment pour qu'un barème belge unique se tromperait sur au moins deux des trois. Cette page ne traite que de la Région flamande : le prélèvement appelé erfbelasting en néerlandais et droits de succession en français, régi par la Vlaamse Codex Fiscaliteit (VCF) et administré par le Vlaamse Belastingdienst, connu sous son abréviation VLABEL. Si la succession concernée n'a pas été taxée en Flandre, ses taux, abattements et règles pour le logement familial sont différents ; voir les pages distinctes pour la Wallonie et Bruxelles.
Quelle région taxe effectivement une succession donnée n'est pas déterminé par l'endroit où vivent les héritiers ni par celui où se trouve un bien. C'est le propre domicile fiscal du défunt dans les années précédant le décès qui le détermine, et cette seule règle surprend davantage de familles que les barèmes eux-mêmes.
Informations vérifiées pour la dernière fois le 21 juillet 2026. Cette page fournit des informations juridiques générales et ne constitue pas un avis juridique pour un cas individuel.
La succession que la Flandre taxe réellement
Les droits de succession belges sont attribués à une région par la loi spéciale du 16 janvier 1989 relative au financement des Communautés et des Régions. Pour les droits de succession, l'article 5 de cette loi renvoie au domicile fiscal du défunt : la résidence réelle et habituelle, avec la famille et le centre des activités économiques, et non simplement une adresse enregistrée. Lorsque le domicile a changé de région au cours des 5 années précédant le décès, la région applicable est celle qui a détenu ce domicile le plus longtemps durant cette fenêtre précise de 5 ans, et non celle où le défunt a vécu la plus grande partie de sa vie.
Cette règle prend les familles au dépourvu plus souvent qu'aucun barème. Prenons une personne ayant vécu en Flandre pendant trente ans, puis ayant déménagé à Bruxelles pour les quatre dernières années avant le décès, peut-être pour se rapprocher d'un hôpital ou d'un enfant adulte. Comme le test ne porte que sur les 5 années immédiatement avant le décès, et que Bruxelles a détenu le domicile fiscal du défunt pendant quatre de ces cinq années contre une seule pour la Flandre, c'est Bruxelles qui taxe la succession, non la Flandre, même si le défunt a passé presque toute sa vie en Flandre et que les héritiers auraient pu s'attendre à ce que les taux flamands s'appliquent. Lorsque la succession comprend un bien immobilier, l'emplacement de ce bien n'entre pas non plus en ligne de compte dans cette décision ; seul compte le propre domicile fiscal du défunt.
Le barème en ligne directe : partenaire et enfants
En Flandre, un conjoint survivant, un cohabitant légal, un partenaire de fait qualifiant et les enfants (et autres descendants héritant à leur place) relèvent tous du barème en ligne directe prévu par l'article 2.7.4.1.1, Tableau I, du VCF. Le barème s'applique séparément à la part nette de chaque héritier, non à la succession dans son ensemble, de sorte qu'une famille plus nombreuse ne fait pas basculer un héritier dans une tranche supérieure simplement parce que la succession globale est importante.
| Part nette (par héritier) | Taux en Flandre |
|---|---|
| 0,01 à 50 000 euros | 3 % |
| 50 000,01 à 250 000 euros | 9 % |
| au-delà de 250 000 euros | 27 % |
Un chiffre souvent répété décrivant une « première tranche de 150 000 euros » pour la ligne directe flamande est erroné ; ce chiffre appartient au barème distinct des donations immobilières, non à celui des successions. Le barème ci-dessus, avec des seuils à 50 000 et 250 000 euros taxés à 3, 9 et 27 %, est celui qui s'applique lorsqu'une personne décède en possédant un bien ou d'autres actifs taxés en Flandre.
Frères et sœurs et autres : deux mécanismes différents sous une même étiquette
La Flandre taxe les frères et sœurs, et toute personne plus éloignée, en vertu de l'article 2.7.4.1.1, Tableau II, du VCF, mais les deux catégories fonctionnent différemment d'une manière qui trompe plus d'un lecteur de sites agrégateurs.

| Part nette | Frères et sœurs (par héritier) | Autres (sur le total combiné de toute la catégorie) |
|---|---|---|
| 0,01 à 35 000 euros | 25 % | 25 % |
| 35 000,01 à 75 000 euros | 30 % | 45 % |
| au-delà de 75 000 euros | 55 % | 55 % |
Les frères et sœurs sont taxés par héritier en Flandre, exactement comme dans le barème en ligne directe : la part nette propre de chaque frère ou sœur est mesurée séparément par rapport au barème. La catégorie des « autres », toute personne extérieure au cercle familial et tout partenaire ne remplissant pas les conditions du barème en ligne directe, fonctionne différemment en Flandre : le total combiné de toute la catégorie est taxé une seule fois, puis cet impôt combiné est réparti entre ses membres. Si deux amis sans lien de parenté héritent ensemble de 100 000 euros d'une succession flamande, la Flandre ne teste pas la part propre de 50 000 euros de chaque ami séparément par rapport au barème ; elle teste le total combiné de 100 000 euros. Sur ce total combiné, l'impôt s'élève à 8 750 euros sur les premiers 35 000 euros, 18 000 euros sur les 40 000 euros suivants et 13 750 euros sur les 25 000 euros restants, soit 40 500 euros au total, nettement plus que les 31 000 euros que les deux mêmes parts de 50 000 euros généreraient en Flandre si chacune était testée séparément par rapport aux mêmes taux. Ce mécanisme de catégorie combinée est propre à la Flandre ; la Wallonie et Bruxelles taxent chaque catégorie, frères et sœurs comme non-parents, par héritier de bout en bout, sans équivalent de cette étape combinée.
L'outil ci-dessous applique les barèmes flamands ci-dessus à une part nette que vous saisissez et renvoie uniquement un chiffre indicatif, non une déclaration déposée.
Estimation des droits de succession
Les droits de succession sont une compétence régionale, la Région vient donc en premier. Les taux s’appliquent à la part de chaque héritier, avec une exception que cet outil intègre.
Estimation purement indicative, fondée sur les barèmes régionaux publiés. Il ne s’agit ni d’un calcul fiscal ni d’un conseil juridique ou fiscal. L’administration régionale compétente détermine le montant réellement dû.
Abattements : pourquoi la Flandre paraît différente sur papier
La Wallonie et Bruxelles permettent chacune à un héritier en ligne directe de déduire un montant forfaitaire de sa part avant l'application du barème progressif. La Flandre n'offre pas d'abattement forfaitaire équivalent et universel. Le droit flamand utilise à la place une réduction plus étroite, fondée sur une formule, qui s'estompe à mesure que la valeur en jeu augmente, et ses seuils exacts ne sont pas établis assez clairement dans les propres directives publiques de la Flandre pour que cette page les reproduise de manière fiable. Un lecteur comptant sur le fait qu'une petite succession flamande ouvre droit à un chiffre de réduction précis devrait confirmer le montant actuel directement auprès de VLABEL ou d'un notaire plutôt que de se fier à un tableau générique.
Le logement familial : une exonération pour le partenaire, pas pour l'enfant
Un conjoint survivant hérite du logement familial en Flandre en totale exonération de droits de succession, et un cohabitant légal reçoit exactement la même exonération sans durée minimale de la relation exigée. Un cohabitant de fait, une personne n'ayant fait aucune déclaration formelle, ne reçoit la même exonération en Flandre qu'une fois que le couple a partagé un ménage et ce même logement comme résidence principale en continu pendant au moins 3 ans avant le décès. L'exonération n'est pas disponible entre parents en ligne directe qui partageraient simplement un logement, tels qu'un parent et un enfant adulte cohabitant. Elle ne couvre en outre que la part propre du partenaire exonéré dans le logement ; les enfants qui héritent aux côtés de ce partenaire paient toujours le barème ordinaire flamand en ligne directe sur leur propre part du même bien.
Deux changements pour les décès à partir du 1er janvier 2026
Un Programmadecreet adopté fin 2025 a modifié deux éléments des droits de succession flamands pour les décès survenus à partir du 1er janvier 2026.

Premièrement, l'exonération du partenaire sur les biens meubles, c'est-à-dire les comptes bancaires, placements et actifs similaires hérités par un conjoint, un cohabitant légal ou un partenaire de fait qualifiant, passe de 50 000 à 75 000 euros en vertu de l'article 2.7.6.0.6, paragraphe 2, du VCF. Il s'agit en Flandre d'une exonération réservée au partenaire : elle ne s'étend pas aux enfants, et elle ne s'applique pas aux biens immeubles au-delà des règles pour le logement familial décrites plus haut.
Deuxièmement, la Flandre a introduit la singlevermindering en vertu de l'article 2.7.4.2.5 du VCF, une nouvelle réduction permettant à un testateur sans partenaire et sans descendant en ligne directe de léguer jusqu'à 100 000 euros à un ou plusieurs bénéficiaires « autres » nommément désignés, à 3 % sur les premiers 50 000 euros et 9 % sur les 50 000 euros suivants, au lieu des taux ordinaires du Tableau II décrits plus haut. La réduction n'est pas automatique en Flandre ; elle doit être explicitement demandée dans un testament. L'ancien mécanisme de la vriendenerfenis, qui permettait à un groupe similaire de bénéficiaires de recevoir jusqu'à 15 000 euros à un taux réduit, ne continue désormais à s'appliquer en Flandre qu'aux testaments datés d'avant le 1er janvier 2026, et il ne peut pas être combiné avec la nouvelle singlevermindering dans la même succession.
Déclarer et payer : le délai est fédéral, l'impôt est flamand
Le délai pour déposer l'aangifte (déclaration de succession) est la même règle fédérale qui s'applique dans chaque région belge : 4 mois après un décès en Belgique, 5 mois après un décès ailleurs dans l'Espace économique européen et 6 mois après un décès hors d'Europe, le délai étant reporté au jour ouvrable suivant s'il tombe un week-end ou un jour férié. Déposer en retard coûte 25 euros par mois et par héritier en Flandre. Le paiement lui-même est dû 2 mois après l'expiration de ce délai de dépôt, et non 2 mois à partir de la date à laquelle la déclaration a effectivement été déposée, ni à partir d'un avis de taxation envoyé ultérieurement par VLABEL. Des reports pour difficultés allant jusqu'à 5 ans existent en Flandre lorsqu'un héritier ne peut réellement pas payer à temps.
Un exemple chiffré : ce que coûtent réellement les droits de succession flamands
Prenons une succession flamande d'une valeur nette de 300 000 euros, laissée à parts égales à deux enfants, sans conjoint ni partenaire survivant. La part propre de chaque enfant est de 150 000 euros, testée séparément selon le barème en ligne directe ci-dessus : 3 % sur les premiers 50 000 euros représente 1 500 euros, et 9 % sur les 100 000 euros restants jusqu'à la part de 150 000 euros de cet enfant représente 9 000 euros, soit 10 500 euros dus par chaque enfant. Ensemble, les deux enfants doivent 21 000 euros de droits de succession flamands sur la succession de 300 000 euros, soit un taux effectif de 7 % au total, alors même que le taux marginal le plus élevé du barème atteint 27 %.
La Wallonie et Bruxelles taxent différemment le même type de succession
Aucun des chiffres de cette page ne s'applique en dehors de la Flandre. Une succession taxée en Wallonie suit un barème en ligne directe à neuf tranches et des règles différentes pour le logement familial et les abattements ; voir la page des droits de succession en Wallonie. Une succession taxée dans la Région de Bruxelles-Capitale suit son propre barème en ligne directe à six tranches et trois barèmes collatéraux distincts ; voir la page des droits de succession à Bruxelles. Pour savoir qui hérite selon le droit civil belge avant tout calcul fiscal, voir qui hérite en Belgique ; pour savoir comment une donation faite des années avant le décès peut encore affecter une succession, voir les donations de son vivant en Belgique.

Cet article est fourni à titre purement informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Il ne remplace pas l'avis d'un notaire, d'un avocat ou d'un autre professionnel du droit compétent pour votre situation. Les droits de succession varient en outre selon la Région (Flandre, Wallonie, Bruxelles) et les règles évoluent régulièrement, vérifiez les textes en vigueur sur ejustice.just.fgov.be et auprès de l'administration régionale compétente. Mis à jour le 21 juillet 2026.
Questions fréquentes
Quelle région applique ses droits de succession si une personne a vécu dans plusieurs régions avant son décès ?
La région qui a détenu le domicile fiscal du défunt le plus longtemps durant les 5 années immédiatement avant le décès, et non la région où le défunt a passé la plus grande partie de sa vie ni celle où vivent les héritiers eux-mêmes.
Les taux de droits de succession flamands sont-ils identiques pour chaque héritier d'une succession ?
Non. La Flandre applique son barème en ligne directe et son barème pour les frères et sœurs séparément à la part nette propre de chaque héritier, mais elle applique le barème des « autres » au total combiné perçu par toute cette catégorie plutôt qu'au montant individuel de chaque personne.
N'existe-t-il vraiment aucun abattement forfaitaire en Flandre comme en Wallonie et à Bruxelles ?
La Flandre n'offre pas d'abattement forfaitaire universel équivalent. Elle utilise à la place une réduction plus étroite, fondée sur une formule, et ses seuils exacts ne sont pas reproduits sur cette page car les propres directives de la Flandre sur ce mécanisme ne sont pas établies assez clairement pour être restituées de manière fiable.
L'exonération relevée du partenaire à 75 000 euros s'applique-t-elle aussi aux enfants ?
Non. L'exonération sur les biens meubles, passée de 50 000 à 75 000 euros pour les décès à partir du 1er janvier 2026, appartient uniquement à un conjoint survivant, un cohabitant légal ou un partenaire de fait qualifiant. Les enfants et les autres héritiers sont taxés sur les biens meubles selon le barème ordinaire.
Un partenaire ayant vécu avec le défunt sans jamais rien enregistrer hérite-t-il du logement familial en exonération d'impôt ?
Seulement après avoir vécu en continu dans ce logement en tant que cohabitant de fait pendant au moins 3 ans avant le décès. Un cohabitant légal enregistré ou un conjoint reçoit l'exonération sans ce délai d'attente.
Quand les droits de succession flamands sont-ils réellement dus ?
La déclaration de succession est due 4 mois après un décès en Belgique, 5 mois pour un décès ailleurs dans l'EEE ou 6 mois hors d'Europe, et le paiement est dû 2 mois après l'expiration de ce délai de dépôt, quelle que soit la date à laquelle la déclaration a effectivement été déposée.
Une personne sans enfant peut-elle léguer de l'argent à un ami à un taux flamand réduit ?
Pour les décès à partir du 1er janvier 2026, un testateur sans partenaire et sans descendant en ligne directe peut léguer jusqu'à 100 000 euros à des bénéficiaires « autres » nommément désignés à 3 et 9 % grâce à la singlevermindering, à condition que le testament la demande explicitement. L'ancienne vriendenerfenis ne continue à s'appliquer qu'aux testaments datés d'avant cette date et ne peut pas être combinée avec la nouvelle réduction.
Sources et références
- Vlaamse Codex Fiscaliteit, texte coordonné : art. 2.7.4.1.1 (tarifs des droits de succession, ligne directe et ligne collatérale/tiers), art. 2.7.6.0.6 (exonération du partenaire sur les biens meubles, relevée par le Programmadecreet 2026), art. 2.7.1.0.5 (période suspecte) et art. 2.7.4.2.5 (singlevermindering)(codex.vlaanderen.be).gov
- Flanders.be, droits de succession (Vlaamse Belastingdienst / VLABEL : test de domicile fiscal, délais de dépôt, exonération du logement familial)(vlaanderen.be).gov
- Loi spéciale du 16 janvier 1989 relative au financement des Communautés et des Régions, article 5 (domicile fiscal du défunt)(ejustice.just.fgov.be).gov
- Wikifin, Détail des tarifs des droits de succession(wikifin.be)
- notaris.be, Réforme annoncée des droits de succession et d'enregistrement flamands (contexte sur la réforme de 2026 ; ne constitue pas la source unique d'un taux)(notaris.be)
- notaris.be, Exonérations et réductions (les droits de succession en Région flamande)(notaris.be)