Saisie sur Salaire : La Saisie des Rémunérations en France (2026)

La saisie sur salaire en France, plus formellement appelée saisie des rémunérations, permet à un créancier de recouvrer une dette impayée en faisant prélever à la source par l'employeur une partie de la rémunération d'une personne. Ce n'est pas une première étape : c'est un moyen d'exécuter une dette pour laquelle un créancier détient déjà un titre exécutoire.
Le droit français limite strictement la part de salaire pouvant être prélevée. La quote-part saisissable suit un barème de tranches de revenus réindexé chaque année, et un minimum protégé égal à la prestation sociale de référence est toujours laissé entre les mains du travailleur. Cette page explique les tranches actuelles, le plancher protégé, et la procédure, qui a considérablement changé en 2025. Elle fait partie du guide RecordingLaw sur les droits des consommateurs et de l'endettement en France au sein de notre couverture du droit en France.
Informations vérifiées pour la dernière fois le 22 juillet 2026. Cette page présente des informations juridiques générales, et non un conseil juridique.
Ce qu'est la saisie sur salaire
Une saisie sur salaire est une ordonnance légale qui oblige un employeur à retenir une partie de la rémunération d'un salarié et à la reverser pour éteindre une dette. L'employeur devient le tiers saisi et doit s'exécuter dès qu'il en est régulièrement informé.
Il est important de situer cette mesure dans le processus. La saisie est l'étape d'exécution. Avant qu'elle puisse intervenir, le créancier doit déjà détenir un titre exécutoire confirmant la dette. Une voie courante vers ce titre est l'injonction de payer, une ordonnance de paiement simplifiée ; une autre est un jugement ordinaire.
Il vous faut d'abord un titre judiciaire
Un créancier ne peut pas ordonner une saisie sur salaire simplement parce qu'un paiement est en retard. Il doit y avoir un titre exécutoire derrière. C'est la garantie qui distingue une saisie légale d'une simple pression.
L'officier qui procède à l'exécution est le commissaire de justice, la profession encore largement appelée huissier de justice. Son pouvoir de détourner un salaire découle entièrement du titre, si bien qu'une mise en demeure menaçant d'une saisie sans titre judiciaire à l'appui ne reflète pas le fonctionnement réel de la procédure.
Le barème 2026 : quelle part de votre salaire peut être prélevée
La part de salaire pouvant être saisie est plafonnée par un barème progressif. Il s'applique à la rémunération nette après prélèvements obligatoires et se calcule par tranches, de sorte que les revenus élevés ne cèdent une fraction plus importante que sur la partie supérieure de leur rémunération, et non sur l'ensemble.
Pour 2026, les tranches mensuelles, fixées par le décret n° 2025-1299 du 24 décembre 2025 et en vigueur depuis le 1er janvier 2026, sont les suivantes pour une personne seule sans personne à charge :
| Rémunération mensuelle saisissable | Fraction pouvant être prélevée |
|---|---|
| Jusqu'à 373,33 € | 1/20 |
| De 373,33 € à 727,50 € | 1/10 |
| De 727,50 € à 1 083,33 € | 1/5 |
| De 1 083,33 € à 1 435,83 € | 1/4 |
| De 1 435,83 € à 1 789,17 € | 1/3 |
| De 1 789,17 € à 2 150,83 € | 2/3 |
| Au-delà de 2 150,83 € | en totalité |
Chaque seuil est relevé de 145 euros par mois pour chaque personne à charge du débiteur, ce qui réduit le montant pouvant être prélevé. Ces chiffres étant réindexés chaque année, vérifiez toujours le décret de l'année en cours avant de vous fier à un chiffre précis ; la structure des tranches, en revanche, reste la même.
Le minimum protégé toujours laissé au débiteur
Quel que soit le résultat du calcul, le droit français garantit un plancher. Un montant égal au RSA (revenu de solidarité active), la prestation sociale de référence pour une personne seule, doit toujours être laissé au débiteur. Pour 2026, ce minimum protégé est de 651,69 euros, et il s'applique quelle que soit la composition du foyer.
Ce plancher explique pourquoi une saisie ne peut pas réduire un revenu modeste à néant. Si le calcul de la quote-part saisissable devait faire tomber le salaire net en dessous du montant équivalent au RSA, le prélèvement est réduit pour que le minimum protégé reste disponible.
La réforme de 2025 : le commissaire de justice, et non le greffe du tribunal
La procédure de saisie sur salaire ordinaire a changé le 1er juillet 2025. En vertu de la loi n° 2023-1059 du 20 novembre 2023, et du décret du 12 février 2025 qui l'a mise en œuvre, le processus a été transféré hors du greffe du tribunal et confié aux commissaires de justice. La réforme est en vigueur en 2026.
En pratique, c'est désormais le commissaire de justice du créancier qui pilote la procédure, et non plus le greffe et le juge de l'exécution gérant chaque dossier. Un registre numérique national des saisies des rémunérations enregistre les mesures actives afin que les créances concurrentes portant sur le même salaire puissent être classées et coordonnées. Un rôle spécifique, le commissaire de justice répartiteur, se charge de la répartition des sommes recouvrées.
La réforme couvre la saisie des rémunérations ordinaire. Certains mécanismes connexes en sont exclus, notamment la cession des rémunérations, la procédure de paiement direct de pension alimentaire, et les avis à tiers détenteur fiscaux.
Créances prioritaires et pluralité de créanciers
Toutes les créances ne se valent pas. Les dettes de pension alimentaire (comme une pension impayée pour enfants) bénéficient de leur propre mécanisme plus rapide, le paiement direct de pension alimentaire, qui se situe en dehors du barème ordinaire de saisie et n'est pas soumis de la même façon aux mêmes limites de tranches.
Lorsque plusieurs créanciers poursuivent le même salaire, ils ne saisissent pas chacun séparément sans limite. La fraction saisissable unique est calculée une seule fois sur la rémunération, et le registre national et le commissaire de justice répartiteur coordonnent le partage de la somme recouvrée, de sorte que le salarié ne se retrouve jamais en dessous du minimum protégé.
Comment fonctionne le calcul en pratique
Le barème s'applique tranche par tranche, et non comme un taux fixe unique. Prenons un salarié dont la rémunération mensuelle saisissable se situe au milieu du tableau : seule la portion comprise dans chaque tranche est prélevée selon la fraction de cette tranche, et les portions inférieures sont prélevées selon les fractions plus faibles qui leur sont applicables. Le résultat est que la part effectivement prélevée augmente progressivement avec le revenu plutôt que de bondir à un seuil.
Deux ajustements s'appliquent ensuite en plus du barème brut. D'abord, chaque limite de tranche est relevée de 145 euros par mois pour chaque personne à charge, ce qui fait basculer davantage de rémunération vers les fractions inférieures, plus légères. Ensuite, le plancher absolu égal au RSA est vérifié en dernier, de sorte que, quel que soit le résultat des tranches, le minimum protégé est préservé. Les limites des tranches comme le montant du RSA étant révisés par décret chaque année, les chiffres exacts en euros changent même si la méthode reste la même, c'est pourquoi tout chiffre précis doit être vérifié auprès du décret en vigueur pour l'année en cours.
Questions fréquentes
Quelle part de mon salaire peut être prélevée par une saisie sur salaire en France ?
Seule une fraction, fixée par un barème progressif annuel. Pour 2026, elle va de 1/20 pour la plus faible tranche de rémunération mensuelle jusqu'à la totalité sur la rémunération au-delà d'environ 2 150 euros par mois, selon le décret n° 2025-1299. Chaque seuil est relevé de 145 euros par mois pour chaque personne à charge, et un montant égal au RSA (651,69 euros en 2026) est toujours laissé.
Mon salaire peut-il être saisi sans décision de justice ?
Non. Une saisie sur salaire ordinaire exige un titre exécutoire, comme un jugement ou une injonction de payer devenue définitive. Un créancier ne peut pas saisir un salaire simplement parce qu'un paiement est en retard, et une mise en demeure menaçant d'une saisie sans titre à l'appui ne reflète pas la procédure réelle.
Qui traite la saisie sur salaire en France désormais ?
Depuis le 1er juillet 2025, en application de la loi n° 2023-1059 du 20 novembre 2023, une saisie sur salaire ordinaire est traitée par un commissaire de justice plutôt que par le greffe du tribunal. Les mesures actives sont enregistrées dans un registre numérique national, et un commissaire de justice répartiteur coordonne la répartition des sommes recouvrées.
Existe-t-il un montant minimum qui ne peut pas être prélevé sur mon salaire ?
Oui. Un montant égal au RSA pour une personne seule, 651,69 euros en 2026, doit toujours être laissé au débiteur, quelle que soit la taille du foyer. Si le calcul de la quote-part saisissable devait faire tomber le salaire net en dessous de ce plancher, le prélèvement est réduit pour que le minimum protégé soit préservé.
Que se passe-t-il si plusieurs créanciers saisissent le même salaire ?
La fraction saisissable unique est calculée une seule fois sur la rémunération, et non séparément pour chaque créancier. Le registre national des saisies des rémunérations et le commissaire de justice répartiteur coordonnent le partage de la somme recouvrée entre les créanciers, et le salarié n'est jamais amené en dessous du minimum protégé équivalent au RSA.
Sources et références
- Service-Public.gouv.fr : Saisie sur salaire (saisie des rémunérations)(service-public.gouv.fr).gov
- Service-Public.gouv.fr : Saisie sur salaire, le barème 2026(service-public.gouv.fr).gov
- Légifrance : Décret n° 2025-1299 du 24 décembre 2025 révisant le barème des saisies et cessions des rémunérations(legifrance.gouv.fr).gov
- Légifrance : Code du travail, article L3252-2 (quotité saisissable)(legifrance.gouv.fr).gov
- Légifrance : Code du travail, articles R3252-1 à R3252-49 (saisies et cessions)(legifrance.gouv.fr).gov
- Légifrance : Décret n° 2025-125 du 12 février 2025 relatif à la nouvelle procédure de saisie des rémunérations(legifrance.gouv.fr).gov
- Légifrance : Décret n° 2025-493 du 3 juin 2025 (registre numérique des saisies des rémunérations)(legifrance.gouv.fr).gov
- Service-Public.gouv.fr : Injonction de payer(service-public.gouv.fr).gov