Le Surendettement en France : La Procédure de la Banque de France

Lorsqu'une personne vivant en France ne parvient plus à faire face à ses dettes personnelles, le droit français propose une procédure formelle et gratuite appelée surendettement. Elle est traitée en premier lieu non par un tribunal mais par une commission de surendettement, dont le secrétariat est assuré par la Banque de France, la banque centrale du pays. Les règles sont fixées par le Code de la consommation à l'article L711-1 et les articles suivants.
Cette page est une présentation de la procédure. Elle décrit qui peut déposer un dossier, ce qui arrive aux créanciers une fois un dossier accepté, et les deux grandes directions que peut prendre la procédure. Il s'agit d'informations juridiques générales sur le fonctionnement du système, et non d'un conseil financier ou juridique, et elle ne dit à personne quoi faire face à sa propre situation.
Informations vérifiées pour la dernière fois le 22 juillet 2026. Cette page présente des informations juridiques générales, et non un conseil juridique.
Ce que signifie le surendettement
Le surendettement désigne une situation dans laquelle une personne, de bonne foi, se trouve réellement dans l'impossibilité de faire face à l'ensemble de ses dettes non professionnelles, tant celles déjà échues que celles à échoir. Cette définition provient de l'article L711-1 du Code de la consommation. Les mots clés sont non professionnelles et bonne foi. La procédure vise les dettes ordinaires du foyer et de la consommation, comme les crédits à la consommation, les arriérés de loyer, les factures impayées d'énergie ou d'impôts, et les découverts, plutôt que les dettes d'une entreprise gérée par la personne.
La bonne foi est présumée. Une personne n'a pas à prouver son honnêteté ; la commission ne peut au contraire écarter un dossier que s'il existe des éléments montrant que le débiteur a agi de mauvaise foi, par exemple en organisant sa propre insolvabilité ou en faisant de fausses déclarations. Le montant de la dette n'est pas, à lui seul, le critère. Ce qui compte, c'est l'écart entre ce que le foyer peut payer et ce qu'il doit.
La procédure concerne les personnes physiques, pas les sociétés. Une personne dont les difficultés proviennent d'une activité professionnelle ou commerciale est généralement orientée vers une autre voie légale plutôt que vers la commission de surendettement.
Qui peut déposer un dossier et la décision de recevabilité
Un dossier, appelé dossier de surendettement, est ouvert auprès de la commission dont dépend le lieu de résidence de la personne. Le secrétariat est assuré par la Banque de France, et la procédure est entièrement gratuite. Le débiteur y expose ses revenus, ses dépenses, les personnes composant son foyer, et la liste complète de ce qu'il doit et à qui.
La commission examine ensuite le dossier et rend une décision de recevabilité. Cette première étape ne tranche qu'un seul point : si la situation de la personne correspond à la définition légale du surendettement. Elle ne décide pas encore comment les dettes seront traitées. Une personne peut être déclarée recevable même si une partie de la difficulté est récente, à condition que l'impossibilité de payer globale soit réelle.
Si le dossier est accepté, la personne est généralement inscrite pour une durée au FICP, le fichier national des incidents de remboursement des crédits tenu par la Banque de France. Cette inscription signale aux prêteurs que la personne est engagée dans la procédure.
Ce que le dépôt du dossier suspend
L'un des effets les plus importants d'une décision de recevabilité est qu'elle suspend et interdit la plupart des mesures d'exécution que les créanciers pourraient sinon poursuivre sur les dettes couvertes par le dossier. En pratique, cela peut suspendre des mesures telles qu'une saisie sur salaire ou des saisies effectuées par un commissaire de justice, l'officier autrefois appelé huissier de justice.
Cette suspension n'est pas illimitée. Elle s'applique aux dettes incluses dans la procédure, elle court pour une durée déterminée et non indéfiniment, et certaines obligations, en particulier les pensions alimentaires ou aides familiales courantes, sont traitées séparément. La suspension vise à laisser à la commission le temps d'élaborer une solution sans qu'un créancier ne prive le foyer de ses ressources entre-temps. La portée exacte dépendant du type de dette et du stade de la procédure, l'étendue précise de la suspension dans un dossier donné relève de la commission et, si besoin, du juge.
Les deux issues possibles
Une fois le dossier déclaré recevable, la commission examine si le foyer dispose d'une capacité de remboursement. À partir de là, la procédure prend l'une de deux grandes directions.
Un plan de remboursement
Lorsque le foyer peut rembourser une partie de ses dettes, l'objectif est un plan. La commission tente d'abord de négocier un plan conventionnel de redressement entre le débiteur et les créanciers. Cela peut impliquer un rééchelonnement des dettes, une réduction des taux d'intérêt, ou un report des paiements. Si les parties s'accordent, le plan est mis par écrit et suivi.
Si aucun accord ne peut être trouvé, la commission peut elle-même imposer ou recommander des mesures, appelées mesures imposées, qui rééchelonnent ou ajustent autrement les dettes. Un plan de remboursement ou un ensemble de mesures imposées ne peut, en principe, dépasser sept ans. Certaines mesures peuvent aller au-delà de cette limite dans des cas particuliers, notamment lorsqu'elles concernent le remboursement d'un prêt contracté pour l'achat de la résidence principale du foyer, ou lorsqu'elles visent à permettre à la famille de conserver ce logement. Ce chiffre de sept ans a été confirmé au regard des informations officielles de la Banque de France et de service-public en vigueur en 2026.
Le rétablissement personnel
Lorsque la situation est jugée si gravement et irrémédiablement compromise qu'aucun plan de remboursement n'est réaliste, la procédure se tourne à la place vers le rétablissement personnel. C'est la voie française vers un nouveau départ, et elle se présente sous deux formes.
Lorsque la personne ne possède rien qui puisse utilement être vendu pour payer les créanciers, la commission peut s'orienter vers un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire. S'il est accordé, la plupart des dettes non professionnelles existant avant la procédure sont effacées. Lorsque la personne possède des biens susceptibles d'être vendus, un rétablissement personnel avec liquidation judiciaire peut être ouvert devant le tribunal, avec l'accord du débiteur ; les biens sont vendus, le produit de la vente revient aux créanciers, et les dettes restantes éligibles sont ensuite effacées.
Combien de temps durent les effets
La durée des effets de la procédure dépend de l'issue retenue. Une personne soumise à un plan de remboursement ou à des mesures imposées peut rester inscrite au FICP jusqu'à sept ans. Une personne qui passe par un rétablissement personnel est généralement inscrite pour une durée plus courte, rapportée à cinq ans, pendant laquelle tout nouvel emprunt est en pratique fermé. Ces durées sont fixées par le cadre réglementaire et sont revérifiées au regard des règles du fichier de la Banque de France ; toute personne ayant besoin du chiffre pour un dossier précis devrait le confirmer auprès de la commission, ces durées d'inscription pouvant être ajustées.
Le surendettement étant une procédure publique, elle s'ouvre directement auprès de la Banque de France et ne coûte rien. Il est utile de savoir que ce site internet n'est ni la commission, ni la Banque de France, ni un tribunal, et ne peut pas ouvrir ou gérer un dossier. Pour la voie officielle et les formulaires actuels, la Banque de France et le portail service-public sont les points de départ faisant autorité.
Cette page fait partie de notre guide sur les droits des consommateurs français, qui couvre également des sujets connexes tels que l'injonction de payer qu'un créancier peut obtenir et le rôle d'exécution du commissaire de justice. Pour une vision plus large de la vie juridique en France, consultez notre portail d'information juridique sur la France.
Questions fréquentes
Qui gère la procédure de surendettement en France ?
Elle est gérée par une commission de surendettement, dont le secrétariat est assuré par la Banque de France, la banque centrale. La procédure est gratuite. Elle n'est gérée par aucune société privée ni par ce site internet.
Qui est éligible pour déposer un dossier de surendettement ?
En vertu de l'article L711-1 du Code de la consommation, une personne agissant de bonne foi qui se trouve dans l'impossibilité manifeste de payer ses dettes non professionnelles, échues et à échoir, peut déposer un dossier. Les difficultés doivent concerner des dettes personnelles et familiales plutôt que les dettes d'une entreprise.
Le dépôt d'un dossier empêche-t-il les créanciers de saisir mes revenus ou mes biens ?
Une fois que la commission déclare un dossier recevable, la plupart des mesures d'exécution sur les dettes incluses dans le dossier, comme une saisie sur salaire ou des saisies par un commissaire de justice, sont suspendues. La suspension est limitée dans sa portée et sa durée et ne couvre pas toutes les obligations, si bien que son étendue exacte dépend du dossier.
Combien de temps peut durer un plan de remboursement ?
Un plan de remboursement, qu'il soit négocié en tant que plan conventionnel ou imposé par la commission, ne peut en principe pas dépasser sept ans. Certaines mesures peuvent durer plus longtemps dans des cas particuliers, notamment celles concernant un prêt sur la résidence principale du foyer.
Qu'est-ce que le rétablissement personnel ?
Le rétablissement personnel est l'issue utilisée lorsque la situation est jugée irrémédiablement compromise et qu'aucun plan de remboursement réaliste n'est possible. Il peut effacer la plupart des dettes non professionnelles restantes, soit sans liquidation judiciaire lorsqu'il n'y a pas de biens vendables, soit avec liquidation judiciaire lorsque des biens existent et sont vendus au préalable.
Sources et références
- Code de la consommation, article L711-1 (définition de la situation de surendettement), Légifrance(legifrance.gouv.fr).gov
- Code de la consommation, Titre IV : Rétablissement personnel (articles L741-1 à L743-2), Légifrance(legifrance.gouv.fr).gov
- Surendettement : plan conventionnel de redressement (maximum sept ans), Service-Public(service-public.gouv.fr).gov
- Le surendettement : guide à destination des particuliers, Banque de France(banque-france.fr).gov
- Détail de la procédure de surendettement, Banque de France(banque-france.fr).gov
- Difficultés financières : comment déposer un dossier de surendettement, economie.gouv.fr(economie.gouv.fr).gov
- Comprendre la procédure de surendettement, Banque de France(banque-france.fr).gov
- Foire aux questions dossier de surendettement, Banque de France(banque-france.fr).gov