Le divorce en Belgique : consentement mutuel, désunion irrémédiable et pension alimentaire entre époux (2026)

La Belgique reconnaît deux voies vers le divorce, et ce ne sont pas des alternatives interchangeables. L'une exige que les époux aient tout réglé à l'avance. L'autre dépend entièrement du paragraphe applicable, parmi trois, d'un seul et même article, et inverser ces paragraphes indique au lecteur qu'il peut introduire sa demande alors qu'il ne le peut pas.
Les deux voies aboutissent devant la même juridiction, le tribunal de la famille, et toutes deux peuvent donner lieu à une demande de pension alimentaire entre époux en vertu d'un article distinct, avec ses propres règles.
Informations vérifiées pour la dernière fois le 21 juillet 2026. Cette page fournit des informations juridiques générales et ne constitue pas un avis juridique pour un cas individuel.
Deux procédures, et non une seule
L'article 230 de l'ancien Code civil reconnaît le divorce par consentement mutuel. Sa procédure figure aux articles 1287 à 1304 du Code judiciaire, une partie distincte du code par rapport aux dispositions relatives à la désunion irrémédiable.
Les articles 1287 et 1288 exigent que les époux se présentent devant le tribunal de la famille avec un accord écrit complet déjà établi, couvrant les modalités de garde, la contribution de chaque parent à l'entretien des enfants, et le partage des biens et des dettes. Le tribunal de la famille prononce ensuite le divorce ; il s'agit d'un acte judiciaire, non d'une formalité accomplie par un seul notaire. Il n'existe aujourd'hui aucune condition d'âge pour l'un ou l'autre époux, ni aucune durée minimale de mariage requise.
Aucune source officielle n'indique de délai type pour la durée de cette procédure, du dépôt jusqu'au jugement, et cette page n'en énonce pas un ; les chiffres qui circulent ailleurs à ce sujet ne proviennent pas d'une source officielle.
Le divorce pour désunion irrémédiable : bien distinguer les paragraphes
L'article 229 de l'ancien Code civil est la seconde voie, et ses trois paragraphes sont fréquemment rapportés dans le mauvais ordre.

Le paragraphe 1er permet à l'un ou l'autre époux d'établir la désunion par toute voie de droit, sans aucun délai d'attente. C'est la voie immédiatement disponible, à condition que la désunion elle-même puisse effectivement être démontrée.
Le paragraphe 2 est une demande conjointe, ouverte dès que les époux vivent déjà séparés depuis plus de six mois.
Le paragraphe 3 est une demande unilatérale, ouverte à un seul époux agissant seul, une fois plus d'un an de séparation écoulé.
Inverser les paragraphes 2 et 3, en traitant la voie conjointe comme la voie d'un an ou la voie unilatérale comme la voie de six mois, indique au lecteur la mauvaise date de dépôt possible, ce qui est précisément l'erreur que cette page vise à éviter.
L'article 1255 du Code judiciaire ajoute un mécanisme qui compte en pratique : un époux peut introduire sa demande avant que le délai de six mois ou d'un an ne soit réellement écoulé. Le tribunal ne rejette pas la demande ; il reporte l'audience juste après l'expiration du délai. Ce qui se passe à cette audience diffère selon la voie, et la différence compte. Sur la voie conjointe de six mois, l'article 1255 §1er exige que les parties confirment leur volonté, de sorte que les deux doivent encore être d'accord. Sur la voie unilatérale d'un an, l'article 1255 §2 prévoit que le juge prononce le divorce si l'une des parties le demande, de sorte que l'époux qui a introduit la demande n'a pas besoin de l'accord de l'autre. Le paragraphe 5 confirme que la voie de l'article 229 paragraphe 1er permet un divorce sans délai, sans aucune période d'attente, une fois la désunion effectivement prouvée.
Le tribunal de la famille
Les deux procédures aboutissent au même endroit. Le tribunal de la famille est une section spécialisée au sein du tribunal de première instance, créée en vertu de l'article 76 §1er du Code judiciaire, et il fonctionne dans chaque arrondissement judiciaire depuis le 1er septembre 2014.

Pension alimentaire entre époux : trois mécanismes de faute distincts
Un divorce peut également donner lieu à une demande de pension alimentaire entre époux en vertu de l'article 301 de l'ancien Code civil, et ses règles sont plus structurées qu'un seul critère de faute global.

La demande est plafonnée en montant à un tiers du revenu de l'époux débiteur, en vertu du paragraphe 3, et plafonnée en durée à la longueur du mariage lui-même, en vertu du paragraphe 4. Lorsque le bénéficiaire reste réellement dans le besoin sans faute de sa part une fois ce délai écoulé, une prolongation pour circonstances exceptionnelles est possible. Les montants sont indexés sur l'indice des prix à la consommation et ajustés tous les douze mois en vertu du paragraphe 6, et le paragraphe 3 permet également à un tribunal de rendre la pension dégressive dans le temps.
La faute modifie le résultat par trois mécanismes distincts, et les traiter comme une seule règle dénature le droit :
Premièrement, le paragraphe 2 permet au tribunal de refuser entièrement la pension lorsque le demandeur a commis une faute grave rendant impossible la poursuite de la vie commune. Le refus sur ce fondement exige cette constatation précise ; ce n'est pas un critère de faute général.
Deuxièmement, et séparément, le paragraphe 2 impose également un obstacle absolu à la pension lorsque le demandeur a été condamné pour certaines infractions pénales commises contre l'époux débiteur. C'est un fondement distinct et plus étroit que le premier.
Troisièmement, le paragraphe 5 permet au tribunal de refuser ou de réduire la pension, sur des fondements encore différents, lorsque le besoin du demandeur résulte de son propre choix unilatéral et injustifié, plutôt que d'une faute liée à la désunion du mariage.
Ces trois mécanismes fonctionnent indépendamment. Une affaire peut échouer sur l'un et aboutir sur l'autre, et les traiter comme un seul critère de faute combiné revient à mal appliquer l'article 301.
Cette page fournit des informations juridiques générales sur un système juridique étranger et ne constitue pas un avis juridique pour un cas individuel. Le divorce dépend des faits propres à chaque mariage, et le droit sous-jacent évolue de temps à autre. Vérifiez le texte en vigueur sur ejustice.just.fgov.be et justice.belgium.be, ou consultez un avocat, avant d'agir sur la base des informations contenues dans cette page.
Questions fréquentes
Quelles sont les deux façons de divorcer en Belgique ?
Le divorce par consentement mutuel, qui exige un accord écrit complet préalable entre les époux, et le divorce pour désunion irrémédiable, en vertu de l'article 229 de l'ancien Code civil, qui repose sur la preuve de la désunion ou sur une période de séparation.
Combien de temps dois-je être séparé avant de pouvoir demander le divorce ?
Cela dépend de qui introduit la demande. Une demande conjointe en vertu de l'article 229 paragraphe 2 est possible après plus de six mois de séparation. Une demande unilatérale en vertu du paragraphe 3 exige plus d'un an. En vertu du paragraphe 1er, la preuve de la désunion par toute voie de droit ne requiert aucun délai d'attente.
Puis-je introduire ma demande avant que le délai de six mois ou d'un an ne soit écoulé ?
Oui, en pratique. L'article 1255 du Code judiciaire permet à un époux d'introduire sa demande de façon anticipée ; le tribunal reporte l'audience juste après l'expiration du délai. Sur la voie conjointe de six mois, les deux parties doivent confirmer leur volonté à cette audience (article 1255 §1er). Sur la voie unilatérale d'un an, seule la partie demanderesse doit le demander et le juge prononce le divorce (article 1255 §2), de sorte que l'accord de l'autre époux n'est pas nécessaire.
Combien de temps dure un divorce par consentement mutuel ?
Aucune source officielle n'indique une durée type, et cette page n'en propose pas non plus. Le délai dépend de la rapidité avec laquelle les époux parviennent à l'accord écrit complet exigé par les articles 1287 et 1288, ainsi que du calendrier propre du tribunal de la famille.
Quelle juridiction traite un divorce belge ?
Le tribunal de la famille, section spécialisée du tribunal de première instance ordinaire, plutôt qu'une juridiction distincte. Il fonctionne sur tout le territoire depuis le 1er septembre 2014.
La pension alimentaire entre époux est-elle automatique après le divorce ?
Non. Elle naît en vertu de l'article 301 de l'ancien Code civil uniquement lorsqu'une demande est introduite et que les conditions sont réunies, et elle est plafonnée à un tiers du revenu de l'époux débiteur et à la longueur du mariage, sous réserve d'une prolongation exceptionnelle en cas de besoin persistant.
La faute peut-elle affecter la pension alimentaire entre époux ?
Oui, par trois mécanismes distincts : un refus pur et simple pour faute grave du demandeur, un obstacle absolu à la suite de certaines condamnations pénales contre l'autre époux, et un refus ou une réduction distincts lorsque le choix injustifié du demandeur lui-même est à l'origine de son besoin.
Sources et références
- Ancien Code civil (21 mars 1804), Livre Ier : Des personnes (art. 1 à 515), texte consolidé(ejustice.just.fgov.be).gov
- Code judiciaire, Partie IV : Procédure civile (art. 664 à 1385octiesdecies), dont les art. 1255, 1287 à 1304, 1321 et 1322(ejustice.just.fgov.be).gov
- Code judiciaire, Partie II : Organisation judiciaire (art. 58 à 555/16), dont l'art. 76 §1er (tribunal de la famille)(ejustice.just.fgov.be).gov
- Loi du 30 juillet 2013 relative à la création d'un tribunal de la famille et de la jeunesse(etaamb.openjustice.be).gov
- Cours & Tribunaux : le tribunal de la famille et de la jeunesse(rechtbanken-tribunaux.be).gov
- SPF Justice : le divorce, aperçu des procédures(justice.belgium.be).gov
- SPF Justice : le divorce par consentement mutuel, conditions(justice.belgium.be).gov