Le droit de la famille en Belgique : divorce, pension alimentaire et tribunal de la famille (2026)

Le droit de la famille belge est fédéral, et non régional. Les règles qui déterminent un divorce, la contribution alimentaire d'un enfant ou une demande de pension alimentaire entre époux sont identiques, que l'affaire soit introduite à Anvers, à Namur ou à Bruxelles.
Presque rien de tout cela ne se trouve dans le code qu'un nouveau venu pourrait attendre. Le divorce, la filiation, la contribution alimentaire pour les enfants et la pension alimentaire entre époux restent régis par l'ancien Code civil, promulgué en 1804 et modifié à de nombreuses reprises depuis lors. La seule exception délibérée est le droit patrimonial de la famille, qui a été transféré dans le nouveau Code civil, au Livre 2 Titre 3, en vigueur depuis le 1er juillet 2022. Citer le nouveau code pour un divorce, ou l'ancien code pour un régime matrimonial, est une erreur réelle, et c'est l'erreur la plus fréquente commise à propos de ce domaine du droit belge.
Informations vérifiées pour la dernière fois le 21 juillet 2026. Cette page fournit des informations juridiques générales et ne constitue pas un avis juridique pour un cas individuel.
Où se trouvent les règles
Le droit de la famille belge se répartit selon une ligne claire, et se tromper de sens est le moyen le plus rapide de citer le mauvais article.
Le divorce, la relation parent-enfant, la contribution alimentaire pour les enfants et la pension alimentaire entre époux relèvent tous encore de l'ancien Code civil, datant de 1804, tel que modifié à de nombreuses reprises depuis lors. Rien dans la réforme du code civil de 2022 n'a touché ce terrain. La seule partie du droit de la famille qui a bougé est le droit patrimonial de la famille, c'est-à-dire les règles relatives à ce qu'un couple possède ensemble et à la manière dont il est réparti, qui se trouve désormais au Livre 2 Titre 3 du nouveau Code civil, en vigueur depuis le 1er juillet 2022. Une source qui cite le nouveau code pour une procédure de divorce, ou l'ancien code pour un régime matrimonial, a confondu les deux.
Le tribunal de la famille
Quel que soit le litige, il relève du tribunal de la famille. Malgré son nom, il ne s'agit pas d'une juridiction autonome. L'article 76 §1er du Code judiciaire en fait une section au sein du tribunal de première instance, aux côtés des sections civile et correctionnelle de la même juridiction. Il a été créé par la loi du 30 juillet 2013 et fonctionne dans chaque arrondissement judiciaire depuis le 1er septembre 2014.

Le tribunal de la famille connaît désormais pratiquement tous les litiges familiaux : divorce, filiation, contribution alimentaire pour les enfants, pension alimentaire entre époux et la plupart des litiges entre cohabitants, offrant à une famille une adresse judiciaire unique pour presque tout ce qui découle d'une séparation.
Le divorce : deux voies pour un même résultat
La Belgique reconnaît deux procédures de divorce, et les confondre indique au lecteur une information erronée sur le moment où il peut effectivement introduire sa demande.
Le divorce par consentement mutuel est régi par l'article 230 de l'ancien Code civil et par les articles 1287 à 1304 du Code judiciaire. Il exige que les époux aient déjà tout réglé par écrit avant que le tribunal de la famille ne prononce le divorce.
Le divorce pour désunion irrémédiable relève de l'article 229 de l'ancien Code civil, et ses trois paragraphes constituent réellement des voies distinctes plutôt que des variantes d'une seule. Le paragraphe 1er permet à l'un ou l'autre époux de prouver la désunion par toute voie de droit, sans aucun délai d'attente. Le paragraphe 2 est une demande conjointe, ouverte dès que les époux vivent séparés depuis plus de six mois. Le paragraphe 3 est une demande unilatérale, ouverte à un seul époux, seulement après plus d'un an de séparation.
Les deux procédures, l'accord qu'exige la voie du consentement mutuel, et ce que la pension alimentaire de l'article 301 plafonne réellement, sont traitées sur la page consacrée au divorce.
La contribution alimentaire des enfants : aucun barème officiel
Les parents belges qui se séparent se doivent, à eux-mêmes et à leurs enfants, une contribution en vertu des articles 203 et 203bis de l'ancien Code civil. Ce que la plupart des gens attendent ensuite, un tableau ou une formule officielle, n'existe pas.

La loi du 19 mars 2010 a créé la Commission des contributions alimentaires, mais ne lui a donné le pouvoir que d'émettre des recommandations. Le Roi peut fixer une méthode de calcul contraignante par arrêté royal, et ne l'a jamais fait. Cinq méthodes privées circulent, et aucune d'elles n'a force légale.
Ce que la loi fixe, en revanche, c'est un devoir de transparence pesant sur les juges et les parents, le traitement des frais extraordinaires, et le SECAL, le service d'État qui intervient lorsque la contribution alimentaire n'est pas payée. Tout cela se trouve sur la page consacrée à la contribution alimentaire des enfants.
Les cohabitants en cas de séparation : l'écart qui surprend
La Belgique reconnaît deux types très différents de couples non mariés, et les conséquences de la séparation ne pourraient guère être plus éloignées.

Un cohabitant légal, c'est-à-dire une personne ayant fait une déclaration formelle de cohabitation légale à la commune, bénéficie d'un cadre statutaire défini. L'article 1476 §2 de l'ancien Code civil permet de mettre fin à cette cohabitation par une simple déclaration écrite, unilatérale ou conjointe, sans intervention judiciaire. L'article 1477 énumère ensuite l'ensemble des droits et obligations par défaut entre cohabitants légaux, et rien dans cette liste ne correspond à une demande de pension alimentaire après séparation du type que l'article 301 accorde à un époux divorcé. L'article 1478 permet aux cohabitants légaux de convenir de leurs propres termes par convention notariée, de sorte que le régime par défaut ne va pas au-delà de ce que couvre l'article 1477, sauf si le couple a opté pour davantage.
Un cohabitant de fait, c'est-à-dire un couple n'ayant jamais fait cette déclaration, ne bénéficie d'aucun cadre statutaire. Le Titre Vbis de l'ancien Code civil ne réglemente que la cohabitation légale. Vivre ensemble pendant des années, partager un ménage, ou même avoir des enfants communs, ne crée en soi aucun droit lié à la séparation. Toute personne se trouvant dans cette situation qui souhaite une protection doit l'organiser délibérément, par un contrat ou un autre instrument ; la loi ne la lui fournit pas.
Cette page fournit des informations juridiques générales sur un système juridique étranger et ne constitue pas un avis juridique pour un cas individuel. Les situations familiales varient et le droit sous-jacent évolue de temps à autre. Vérifiez le texte en vigueur sur ejustice.just.fgov.be, ou consultez un avocat, avant d'agir sur la base des informations contenues dans cette page.
Questions fréquentes
Le droit de la famille est-il le même partout en Belgique ?
Oui. Le divorce, la contribution alimentaire pour les enfants, la pension alimentaire entre époux et la filiation sont des matières fédérales, régies par les mêmes dispositions de l'ancien Code civil que l'affaire soit entendue en Flandre, en Wallonie ou à Bruxelles. Le droit de la famille ne connaît aucune des variations régionales qui s'appliquent aux droits de succession.
Quelle juridiction connaît du divorce et de la contribution alimentaire des enfants ?
Le tribunal de la famille. Il s'agit d'une section spécialisée au sein du tribunal de première instance ordinaire, plutôt qu'une juridiction distincte, et il connaît de pratiquement tous les litiges familiaux sur tout le territoire depuis le 1er septembre 2014.
Quelle est la différence entre les deux procédures de divorce ?
Le divorce par consentement mutuel exige que les époux aient déjà tout réglé par écrit, en vertu des articles 1287 à 1304 du Code judiciaire. Le divorce pour désunion irrémédiable, en vertu de l'article 229 de l'ancien Code civil, peut au contraire reposer sur la preuve de la désunion sans délai d'attente, sur une demande conjointe après plus de six mois de séparation, ou sur une demande unilatérale après plus d'un an.
Existe-t-il un calculateur officiel de contribution alimentaire pour enfants en Belgique ?
Non. La Commission créée en 2010 ne peut recommander qu'une méthode de calcul, et aucun arrêté royal n'en a jamais rendu une contraignante. Les méthodes privées parfois présentées comme officielles n'ont aucune force légale, et une source qui en traite une comme la réponse exagère ce que la loi prévoit réellement.
Que devient une cohabitation légale lorsque le couple se sépare ?
Elle prend fin par une simple déclaration écrite, unilatérale ou conjointe, sans intervention judiciaire requise. Les droits statutaires par défaut entre cohabitants légaux n'incluent pas de demande de pension alimentaire après séparation ; le couple peut convenir de ses propres termes par convention notariée s'il souhaite davantage.
Un partenaire non marié qui ne s'est jamais déclaré cohabitant légal a-t-il des droits en cas de séparation ?
Pas dans ce cadre statutaire. Le droit belge ne réglemente que la cohabitation légale. Un cohabitant de fait, quelle qu'ait été la durée de la relation, n'a aucun droit lié à la séparation en vertu de ce cadre et doit conclure un contrat ou un autre instrument distinct pour organiser quoi que ce soit.
Le nouveau Code civil s'applique-t-il à mon divorce ?
Non. La réforme de 2022 n'a recodifié que le droit patrimonial de la famille, au Livre 2 Titre 3. Le divorce lui-même reste régi par l'ancien Code civil de 1804, tel que modifié, ainsi que par les articles procéduraux du Code judiciaire.
Sources et références
- Ancien Code civil (21 mars 1804), Livre Ier : Des personnes (art. 1 à 515), texte consolidé(ejustice.just.fgov.be).gov
- Loi du 19 janvier 2022 portant le livre 2, titre 3 « droit patrimonial des couples » et le livre 4 du Code civil, en vigueur depuis le 1er juillet 2022 pour le régime matrimonial(etaamb.openjustice.be).gov
- Code judiciaire, Partie II : Organisation judiciaire (art. 58 à 555/16), dont l'art. 76 §1er (tribunal de la famille)(ejustice.just.fgov.be).gov
- Code judiciaire, Partie IV : Procédure civile (art. 664 à 1385octiesdecies), dont les art. 1255, 1287 à 1304, 1321 et 1322(ejustice.just.fgov.be).gov
- Loi du 30 juillet 2013 relative à la création d'un tribunal de la famille et de la jeunesse(etaamb.openjustice.be).gov
- Cours & Tribunaux : le tribunal de la famille et de la jeunesse(rechtbanken-tribunaux.be).gov
- SPF Justice : le tribunal de la famille(justice.belgium.be).gov
- Ancien Code civil, Livre III, Titres III à V (art. 1101 à 1581), dont le Titre Vbis relatif à la cohabitation légale (art. 1475 à 1481)(ejustice.just.fgov.be).gov