Effacer un casier judiciaire en Belgique : effacement et réhabilitation

Une condamnation pénale en Belgique est inscrite au casier judiciaire / strafregister, le registre pénal central, et pour beaucoup de personnes la question pratique est de savoir comment et quand elle cesse d'y apparaître. Le droit belge offre deux voies distinctes pour quitter le casier : l'effacement / uitwissing, un effacement automatique qui intervient de plein droit pour les peines les plus légères, et la réhabilitation / herstel in eer en rechten, une procédure judiciaire à demander lorsque la peine est trop lourde pour être effacée automatiquement.
Cette page relève du droit pénal belge et explique les deux mécanismes : qui ils couvrent, ce qui doit être vrai avant qu'une condamnation ne quitte le casier, qui décide, et ce que «effacé» signifie réellement une fois que cela se produit. Elle va de pair avec la page voisine sur l'extrait de casier judiciaire, qui explique les différents modèles d'extrait qu'un employeur ou un citoyen peut demander.
Un point daté important traverse toute cette page. La règle de l'effacement automatique de l'art. 619 s'élargit le 1er septembre 2026 en vertu de la W 2026-03-11/03. La règle actuelle est étroite, et la nouvelle règle est bien plus large, de sorte que cette page expose les deux.
Informations vérifiées pour la dernière fois le 22 juillet 2026. Cette page fournit des informations juridiques générales et ne constitue pas un avis juridique pour un cas individuel.
Deux mécanismes : effacement ou réhabilitation
Le droit belge sépare le fait de quitter le casier en deux voies qui ne se chevauchent jamais. L'effacement / uitwissing est automatique. Il intervient de plein droit, ne coûte rien et n'exige aucune demande, mais il n'atteint que les peines les plus légères. La réhabilitation / herstel in eer en rechten est l'inverse à presque tous égards : c'est une procédure judiciaire que vous devez demander, les frais incombent au demandeur, et elle existe précisément pour les peines que l'effacement automatique ne peut atteindre.
Le lien entre les deux est l'art. 620, qui dispose que l'effacement d'une condamnation produit les effets de la réhabilitation. Autrement dit, une fois qu'une peine légère est effacée automatiquement, les conséquences juridiques sont les mêmes que si un juge avait accordé la réhabilitation. La différence tient seulement à la voie : l'une est gratuite et automatique, l'autre est demandée et conditionnelle.
L'effacement automatique (art. 619)
Sous l'art. 619 actuel, l'effacement automatique n'atteint qu'une peine de police / politiestraf. Une telle condamnation est effacée 3 ans après que la décision judiciaire est devenue définitive. Il n'y a aucune condition de bonne conduite et rien à demander ; l'effacement est purement fonction du temps qui passe. Une déclaration de culpabilité ou une suspension du prononcé est effacée sur la même base lorsque le fait sous-jacent n'emporte qu'une peine de police.

L'effacement n'empêche pas les autorités de continuer à percevoir une amende qui a été infligée. Il existe aussi une exclusion : une condamnation n'est pas effacée de cette manière si elle emporte une déchéance ou une interdiction (vervallenverklaring / déchéance) qui court plus de 3 ans, à l'exception d'une déchéance du droit de conduire imposée pour inaptitude physique.
Changement au 1er septembre 2026. La W 2026-03-11/03 élargit sensiblement l'art. 619 avec effet au 1er septembre 2026. À partir de cette date, l'effacement automatique 3 ans après la décision définitive atteindra aussi les amendes jusqu'à 20.000 euros, les peines de travail jusqu'à 120 heures, la probation jusqu'à 12 mois, les confiscations, les amendes fondées sur les produits, et certaines peines accessoires, entre autres. Le délai de 3 ans ainsi que les exceptions relatives à la perception de l'amende et aux longues déchéances sont préservés. Comme cette page paraît avant cette date, traitez la liste plus large comme un changement futur daté : la règle étroite de la peine de police est ce qui s'applique aujourd'hui, et la règle plus large prend le relais le 1er septembre 2026.
La réhabilitation (art. 621-634)
Lorsqu'une peine est trop lourde pour être effacée automatiquement, la voie est la réhabilitation / herstel in eer en rechten. Elle couvre les peines correctionnelles et criminelles que l'art. 619 ne peut atteindre. Sous l'art. 621, un demandeur n'est admissible que s'il n'a pas obtenu de réhabilitation au cours des 10 années précédentes.
Les conditions préalables sont de fond, et pas seulement de procédure. Sous l'art. 622, le demandeur doit avoir subi toute peine privative de liberté et payé les amendes. Sous l'art. 623, les restitutions, dommages et frais dus aux victimes et à l'État doivent être réglés, bien que le juge puisse y renoncer sur preuve d'une réelle impossibilité de payer. Sous l'art. 624, le demandeur doit avoir conservé une résidence fixe et fait preuve d'amendement et de bonne conduite tout au long d'un délai d'épreuve.
Ce délai d'épreuve est fixé par l'art. 626, et c'est là que se joue la véritable attente. Le palier de base sous l'art. 626 est d'un minimum de 3 ans, pour les peines de police ou l'emprisonnement correctionnel jusqu'à 5 ans ; il monte à 6 ans en cas de récidive légale ou de mesure de mise à la disposition / terbeschikkingstelling. Le palier supérieur est d'un minimum de 5 ans, pour les peines criminelles ou l'emprisonnement correctionnel supérieur à 5 ans ; il monte à 10 ans dans les situations de récidive équivalentes. L'éventail complet va donc de 3 à 10 ans de bonne conduite.
La procédure elle-même suit l'art. 628 et suivants. Le demandeur introduit une requête auprès du procureur du Roi / procureur des Konings de l'arrondissement où il réside (Bruxelles s'il réside à l'étranger), et cela peut se faire au plus tôt 1 an avant l'expiration du délai d'épreuve de l'art. 626. Sous l'art. 630, le procureur général soumet le dossier à la chambre des mises en accusation / kamer van inbeschuldigingstelling, qui décide dans le mois, à huis clos. Sous l'art. 631, si la réhabilitation est refusée, une nouvelle requête ne peut être introduite avant 2 ans. Les frais incombent au demandeur (art. 633).
L'effet est fixé par l'art. 634. La réhabilitation met fin aux conséquences futures de la condamnation : elle ne peut plus fonder la récidive, ne peut plus faire obstacle à un sursis, et ne peut plus être mentionnée sur les extraits de casier. Elle ne défait pas tout pour autant. Elle ne restitue pas les titres, grades ou fonctions perdus, ne lève pas une incapacité successorale, et ne bloque pas une action civile en dommages fondée sur les mêmes faits.
Ce que «effacé» signifie réellement
Les deux voies mènent au même résultat pratique par l'art. 620 et l'art. 634 : la condamnation est retirée des extraits de casier qu'un citoyen ou un employeur peut obtenir, et elle ne compte plus pour la récidive. C'est ce que la plupart des gens entendent par un casier vierge.

Ce n'est cependant pas une suppression du système judiciaire. Le dossier judiciaire sous-jacent subsiste, et les autorités judiciaires et les juridictions en conservent l'accès. Une condamnation qui a été effacée ou réhabilitée est invisible sur les extraits qui comptent pour l'emploi et la vie quotidienne, mais elle n'a pas été matériellement effacée des fichiers de l'État. Voilà l'image honnête et vérifiée : le casier est apuré pour les usages qui touchent un citoyen, non effacé de l'existence.
Le lien avec les modèles d'extrait
Les condamnations qui figurent sur un extrait donné dépendent du modèle demandé, fixé par les art. 594 à 596. Le modèle général 595 exclut plusieurs catégories, dont les jugements de réhabilitation eux-mêmes. Le modèle 596-1 est le modèle des activités réglementées, et le modèle 596-2 est le modèle mineurs, utilisé pour un travail impliquant des mineurs.
Le modèle mineurs 596-2 révèle plus d'antécédents liés aux mineurs qu'un extrait standard, et une interdiction judiciaire d'exercer des activités impliquant des mineurs y est mentionnée tant qu'elle reste en vigueur. Voilà le cadrage exact. Cela ne signifie pas qu'une condamnation ne peut jamais être apurée : une fois qu'une condamnation est effacée ou réhabilitée, elle n'apparaît plus sur aucun extrait, y compris le 596-2, car l'art. 634 et l'art. 620 l'écartent de tous les modèles. Ce que montre le 596-2, c'est une tranche plus large d'antécédents liés aux mineurs et une interdiction encore en cours, non une condamnation ineffaçable. La page voisine sur l'extrait de casier judiciaire couvre les modèles en détail.
Pages connexes du droit pénal belge
Cette page relève du droit pénal belge. Pour les différents modèles d'extrait et la façon d'en demander un, voir la page sur l'extrait de casier judiciaire.

Voici les questions les plus fréquentes sur l'effacement d'un casier judiciaire belge.
Cette page fournit des informations générales sur l'effacement d'un casier judiciaire en Belgique et ne constitue pas un avis juridique pour un cas individuel. Les articles, délais et chiffres décrits ici peuvent évoluer, et la règle d'effacement de l'art. 619 en particulier s'élargit le 1er septembre 2026. Vérifiez la situation actuelle auprès du SPF Justice / FOD Justitie ou d'un avocat avant de vous fier à quoi que ce soit ici.
Questions fréquentes
Quand une condamnation belge est-elle effacée automatiquement ?
Sous l'art. 619 actuel, seule une peine de police / politiestraf est effacée automatiquement, 3 ans après que la décision judiciaire est devenue définitive, sans condition de bonne conduite. À partir du 1er septembre 2026, sous la W 2026-03-11/03, l'effacement automatique s'élargit pour couvrir aussi les amendes jusqu'à 20.000 euros, les peines de travail jusqu'à 120 heures, la probation jusqu'à 12 mois, les confiscations et davantage, sur le même délai de 3 ans.
Quelle est la différence entre l'effacement et la réhabilitation ?
L'effacement / uitwissing est automatique, gratuit et n'exige aucune demande, mais n'atteint que les peines les plus légères (art. 619-620). La réhabilitation / herstel in eer en rechten est une procédure judiciaire à demander, avec des frais à charge du demandeur, pour les peines plus lourdes qui ne peuvent être effacées automatiquement (art. 621-634). L'art. 620 donne à l'effacement les mêmes effets que la réhabilitation.
Comment demander la réhabilitation ?
Vous introduisez une requête auprès du procureur du Roi / procureur des Konings de votre arrondissement (Bruxelles si vous résidez à l'étranger), au plus tôt 1 an avant la fin du délai d'épreuve de l'art. 626. La chambre des mises en accusation / kamer van inbeschuldigingstelling décide alors, dans le mois et à huis clos (art. 628-630).
Combien de temps dure le délai d'épreuve de la réhabilitation ?
Il est fixé par l'art. 626 et va d'un minimum de 3 ans pour les cas les plus légers à un minimum de 5 ans pour les cas plus lourds, montant respectivement à 6 ou 10 ans en cas de récidive légale ou de mesure de mise à la disposition / terbeschikkingstelling. L'éventail global est de 3 à 10 ans de bonne conduite.
Une fois apurée, la condamnation disparaît-elle complètement ?
Non. Après effacement ou réhabilitation, la condamnation n'apparaît plus sur les extraits de casier et ne compte plus pour la récidive (art. 620, art. 634), mais le dossier judiciaire sous-jacent subsiste et les autorités judiciaires en conservent l'accès. Elle est apurée pour les usages qui touchent un citoyen, non supprimée des fichiers de la justice.
Une condamnation effacée figure-t-elle encore sur l'extrait mineurs 596-2 ?
Non. Une condamnation effacée ou réhabilitée n'apparaît plus sur aucun extrait, y compris le 596-2, car l'art. 634 et l'art. 620 l'écartent de tous les modèles. Le 596-2 révèle plus d'antécédents liés aux mineurs qu'un extrait standard, et une interdiction judiciaire de travailler avec des mineurs reste visible tant qu'elle est en vigueur, mais ce n'est pas la même chose qu'une condamnation ineffaçable.
Sources et références
- Code d'instruction criminelle, art. 619-634 (uitwissing van veroordelingen en herstel in eer en rechten), texte consolidé(ejustice.just.fgov.be).gov
- Code d'instruction criminelle, art. 619-634 (effacement des condamnations et réhabilitation en matière pénale), texte consolidé(ejustice.just.fgov.be).gov
- SPF Justice, Extrait du casier judiciaire (modèles 595, 596-1, 596-2)(justitie.belgium.be).gov
- SPF Justice, Effacement et réhabilitation (casier judiciaire)(justice.belgium.be).gov