L'extrait de casier judiciaire belge : les modèles 595, 596.1 et 596.2 expliqués

Un extrait de casier judiciaire belge n'est pas un document unique. Demandez un extrait de casier judiciaire, et la réponse dépend entièrement de la raison pour laquelle vous en avez besoin : un emploi, un rôle de bénévolat auprès d'enfants, un permis de détention d'armes, ou simplement votre propre tranquillité d'esprit. La Belgique délivre trois modèles différents, numérotés 595, 596.1 et 596.2, et chacun montre une tranche différente, progressivement plus large, du dossier d'une personne.
Se tromper de modèle, ou supposer que le plus détaillé est simplement l'extrait standard, est l'erreur que cette page vise à éviter. Elle traite également de l'endroit où vous devez réellement faire la demande, de ce que coûte l'extrait et pourquoi le montant n'est pas fixé au niveau national, et de la manière dont une condamnation finit par cesser d'y figurer, par l'effacement et la réhabilitation.
Informations vérifiées pour la dernière fois le 21 juillet 2026. Cette page fournit des informations juridiques générales et ne constitue pas un avis juridique pour un cas individuel.
Les trois modèles, et ce que chacun montre
Tout extrait de casier judiciaire belge provient du même registre, le Casier judiciaire central fédéral, mais les trois modèles filtrent différemment ce qui en ressort. Les articles 594 à 596bis du Code d'instruction criminelle fixent ce qui figure sur chacun.
Modèle 595 : l'extrait général
C'est l'extrait le plus souvent demandé, et il exclut déjà les catégories que l'article 594 réserve aux administrations plutôt qu'au public. Même dans ce qu'il montre, les mentions ne restent pas indéfiniment : une peine de six mois ou moins, une simple déclaration de culpabilité, et une amende de 500 euros ou moins cessent toutes de figurer après trois ans, sauf si la condamnation comporte également une déchéance ou une interdiction dont les effets durent plus longtemps.
Modèle 596.1 : activités réglementées
Ce modèle est exigé lorsque l'accès à une activité déterminée, ou son exercice, est conditionné par la loi ou un règlement. En plus de tout ce que montre le modèle 595, il ajoute les décisions imposant une déchéance ou une interdiction de plus de trois ans qui empêcherait la personne d'exercer cette activité particulière. Le SPF Justice cite le transport de personnes ou de marchandises, les professions fiscales, les agents de sécurité, les armes, et les permis de chasse ou de pêche comme exemples typiques d'activités nécessitant ce modèle.
Modèle 596.2 : enseignement, travail des jeunes et encadrement de mineurs
C'est le modèle exigé pour l'enseignement, la guidance psycho-médico-sociale, l'aide à la jeunesse, la protection de l'enfance, l'animation, ou tout rôle d'encadrement de mineurs, et il montre nettement plus que les deux autres. En plus des modèles 595 et 596.1, il ajoute les décisions prises en vertu de l'article 594 points 4 à 6, les condamnations en vertu de l'article 590 alinéa 1er, points 1 et 17, et les décisions en vertu de l'article 590 alinéa 1er, points 2, 4, 5 et 16, mais seulement lorsque l'infraction a été commise contre un mineur et que cet élément est soit constitutif de l'infraction, soit aggrave la peine. Il doit également mentionner toute interdiction judiciaire de contact avec des mineurs imposée en vertu de l'article 35 §1er alinéa 2 de la loi du 20 juillet 1990.
Parce qu'il repose sur l'ensemble le plus large de catégories, le modèle 596.2 est souvent décrit comme le casier « complet », mais il existe dans un but précis, travailler avec des mineurs ou dans leur environnement, plutôt que comme une simple version renforcée du modèle 595.
Où faire la demande
L'endroit où la demande doit être adressée dépend de votre propre situation, et non du modèle dont vous avez besoin.

Toute personne domiciliée ou résidant en Belgique fait la demande à sa commune. Une personne sans domicile ni résidence belge, et toute personne morale, s'adresse plutôt au Casier judiciaire central fédéral, géré par le SPF Justice.
Commander en ligne via le guichet électronique sécurisé d'une commune, avec livraison dans votre eBox, est possible depuis avril 2022. Un extrait numérique obtenu de cette façon ne peut pas vous être envoyé par courriel, et il reste sur la plateforme eBox pendant six mois.
Une précaution s'impose ici plutôt qu'une promesse. Une étape de consultation policière a, par le passé, ralenti en particulier les demandes de modèle 596.2, et certains rapports évoquent une simplification de cette étape en 2025. Ce changement n'a pas pu être confirmé auprès d'une source officielle au moment de la rédaction, de sorte que cette page n'indique pas de délai de traitement actuel et n'affirme pas que l'étape a été supprimée. Si le délai vous importe, vérifiez directement auprès de votre propre commune.
Ce que cela coûte
L'article 20 de l'arrêté royal du 21 novembre 2016 fixe la règle : les communes peuvent délivrer les extraits « au prix coûtant ». Il n'existe pas de barème national, ni de prix qui varierait selon le modèle. C'est précisément la raison pour laquelle le montant payé varie d'une commune à l'autre : chaque commune fixe son propre prix en fonction de son coût réel de délivrance du document, sans appliquer un montant fixé au niveau central. Vérifiez le tarif publié par votre propre commune plutôt que de supposer qu'un montant annoncé pour une autre commune vous concerne.
Effacement et réhabilitation
Une condamnation ne reste pas indéfiniment inscrite au registre. Le Code d'instruction criminelle, aux articles 619 à 629, prévoit deux voies distinctes par lesquelles elle cesse d'y figurer : l'effacement automatique, et la réhabilitation demandée.

Effacement automatique. L'article 619 efface une condamnation à une peine de police trois ans après que la décision est devenue définitive, sauf si la condamnation comporte également une déchéance ou une interdiction dont les effets durent plus de trois ans. L'article 620 précise ensuite ce que signifie l'effacement en pratique : il produit les mêmes effets que la réhabilitation.
Réhabilitation. L'article 621 ouvre la réhabilitation à toute personne condamnée à une peine que l'article 619 n'efface pas, à condition qu'elle n'ait pas déjà bénéficié d'une réhabilitation au cours des dix dernières années. Avant qu'elle puisse être accordée, les articles 622 et 623 exigent que toute peine privative de liberté ait été purgée et toute amende payée, et que la restitution, les dommages et intérêts et les frais aient été réglés, bien qu'un tribunal puisse renoncer à cette dernière exigence lorsqu'elle causerait un préjudice excessif.
Le délai d'épreuve. L'article 626 le fixe précisément, et la fourchette est réellement de trois à dix ans, avec deux seuils. En vertu du §1er, le minimum est de trois ans pour une peine de police ou une peine correctionnelle allant jusqu'à cinq ans d'emprisonnement, passant à six ans en cas de récidive légale. En vertu du §2, le minimum est de cinq ans pour une peine criminelle ou une peine correctionnelle de plus de cinq ans, passant à dix ans en cas de récidive légale. L'attente la plus courte possible est donc de trois ans et la plus longue de dix ans, les deux seuils étant respectivement de trois passant à six, et de cinq passant à dix.
Où et quand introduire la demande. L'article 628 adresse la demande au procureur du Roi de l'arrondissement où réside la personne, ou au procureur de Bruxelles lorsqu'elle réside à l'étranger. Elle ne peut être introduite plus d'un an avant l'expiration effective du délai d'épreuve.
Ce que dit réellement l'article 629 §3 sur les infractions sexuelles
Ce point mérite d'être énoncé précisément, car une règle plus stricte que la règle réelle circule largement. L'article 629 §3 ne place pas les infractions sexuelles contre des mineurs définitivement hors de portée de la réhabilitation. Il rend expressément la réhabilitation possible pour les infractions à caractère sexuel, y compris lorsqu'un mineur était impliqué, sous réserve d'une exigence procédurale supplémentaire : le dossier du procureur doit contenir l'avis d'un service spécialisé dans la guidance ou le traitement des délinquants sexuels. C'est un obstacle supplémentaire intégré à la même procédure décrite ci-dessus, et non un obstacle permanent qui s'y ajouterait.
La règle selon laquelle cette catégorie ne pourrait jamais être effacée est une règle réelle, mais elle relève du droit français, où un formulaire connu sous le nom de bulletin n°2 et le fichier FIJAISV imposent précisément ce type de restriction permanente. Elle est assez souvent répétée pour la Belgique, sans doute parce que les deux pays partagent une langue et une grande partie de leur vocabulaire juridique, mais ce n'est pas la position belge. Si vous cherchez à déterminer si la réhabilitation vous est ouverte, ou à quelqu'un que vous conseillez, partez de l'article 629 §3 tel qu'il est rédigé, et non de ce que fait le droit français avec la même catégorie d'infraction.
Ce régime change le 1er septembre 2026
Tout ce qui précède décrit le droit tel qu'il se présente aujourd'hui, et sa durée de vie est courte. Le nouveau Code pénal entre en vigueur le 1er septembre 2026, et le texte consolidé du Code de procédure pénale contient déjà une version future parallèle des articles cités sur cette page, notamment les articles 594, 595, 596, 619, 621, 623, 625, 626, 627 et 629.

Le changement est substantiel, et non une simple renumérotation. L'article 619 actuel dépend du fait que la condamnation portait ou non sur une peine de police. Son remplaçant repose sur une liste énumérée liée à la nouvelle structure de peine à huit niveaux, couvrant des amendes jusqu'à un plafond fixé, des peines de travail, des peines de probation et la confiscation, de sorte que la question de savoir quelles condamnations s'effacent automatiquement après trois ans reçoit une réponse différente.
Si vous lisez cette page après le 1er septembre 2026, vérifiez le texte alors en vigueur sur ejustice.just.fgov.be avant de vous fier aux règles d'effacement et de réhabilitation exposées ci-dessus.
Cette page fournit des informations juridiques générales sur les extraits de casier judiciaire belges et ne constitue pas un avis juridique pour un cas individuel. Le modèle dont vous avez besoin, la manière dont l'effacement ou la réhabilitation s'applique à une condamnation précise, et les tarifs et procédures actuels de votre commune peuvent varier. Confirmez la position actuelle auprès de votre commune, du SPF Justice, ou d'un avocat, avant de vous fier aux informations contenues dans cette page.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre les modèles 595, 596.1 et 596.2 ?
Le modèle 595 est l'extrait général, et il exclut déjà les catégories réservées aux administrations. Le modèle 596.1 ajoute les déchéances ou interdictions de plus de trois ans liées à une activité réglementée précise, comme le transport, le travail de sécurité, les armes ou les permis de chasse et de pêche. Le modèle 596.2, exigé pour l'enseignement, le travail des jeunes, la protection de l'enfance ou tout rôle d'encadrement de mineurs, ajoute encore d'autres catégories, y compris des décisions prises spécifiquement parce qu'un mineur était concerné.
Où fait-on la demande d'un extrait de casier judiciaire en Belgique ?
Si vous êtes domicilié ou résidez en Belgique, vous faites la demande à votre commune. Si vous n'avez pas de domicile ni de résidence belge, ou si vous agissez pour le compte d'une personne morale, vous vous adressez plutôt au Casier judiciaire central fédéral, géré par le SPF Justice.
Puis-je recevoir mon extrait numériquement ?
Oui. Depuis avril 2022, vous pouvez commander via le guichet électronique sécurisé de votre commune et faire livrer l'extrait dans votre eBox. Un extrait numérique obtenu ainsi ne peut pas vous être envoyé par courriel, et il reste sur la plateforme eBox pendant six mois.
Combien coûte un extrait de casier judiciaire belge ?
Il n'existe pas de tarif national. L'article 20 de l'arrêté royal du 21 novembre 2016 exige que les communes délivrent les extraits au prix coûtant, et chaque commune fixe son propre montant en fonction de son coût réel, ce qui explique que le tarif varie réellement d'une commune à l'autre.
Combien de temps une condamnation reste-t-elle inscrite à mon casier judiciaire belge ?
Cela dépend de la peine. Les condamnations à une peine de police sont effacées automatiquement trois ans après que la décision est devenue définitive, en vertu de l'article 619. Pour tout le reste, la réhabilitation est ouverte en vertu des articles 621 à 629 une fois qu'un délai d'épreuve s'est écoulé, ce délai allant de trois à dix ans selon l'infraction et une éventuelle récidive.
Une infraction sexuelle contre un mineur peut-elle un jour être effacée du casier judiciaire belge ?
La réhabilitation est ouverte en vertu de l'article 629 §3, y compris pour les infractions à caractère sexuel et lorsqu'un mineur était impliqué, sous réserve d'une condition procédurale supplémentaire : le dossier du procureur doit contenir l'avis d'un service spécialisé dans la guidance ou le traitement des délinquants sexuels. C'est une exigence supplémentaire, non un obstacle permanent. Une règle selon laquelle cette catégorie ne pourrait jamais être effacée existe bien, mais elle relève du droit français, non du droit belge.
Combien de temps faut-il pour obtenir un extrait de casier judiciaire en Belgique ?
Aucun délai de traitement officiel n'est publié pour aucun des trois modèles, et cette page n'en indique pas. Le modèle 596.2 a notamment impliqué par le passé une étape supplémentaire de consultation policière, et le délai peut varier selon la commune. Renseignez-vous directement auprès de votre commune plutôt que de vous fier à un chiffre indiqué ailleurs.
Qui doit passer par le registre fédéral plutôt que par sa commune ?
Toute personne sans domicile ni résidence belge, et toute personne morale, s'adresse au Casier judiciaire central fédéral, au SPF Justice, plutôt qu'à une commune.
Sources et références
- Code d'instruction criminelle du 17 novembre 1808, texte consolidé (articles 594 à 596bis, les trois modèles d'extrait)(ejustice.just.fgov.be).gov
- Code d'instruction criminelle, texte consolidé (articles 619 à 629, effacement et réhabilitation)(ejustice.just.fgov.be).gov
- Arrêté royal du 21 novembre 2016 fixant les modalités de délivrance des extraits de casier judiciaire aux particuliers (article 20, délivrance au prix coûtant)(ejustice.just.fgov.be).gov
- Loi du 20 juillet 1990 relative à la détention préventive, texte consolidé (article 35 §1, alinéa 2)(ejustice.just.fgov.be).gov
- SPF Justice / FOD Justitie, extrait de casier judiciaire : comment faire la demande et quel modèle choisir(justice.belgium.be).gov
- FOD Justitie, demande d'extrait de casier judiciaire (version en langue néerlandaise)(justitie.belgium.be).gov
- SPF Justice, formulaire type de demande d'extrait de casier judiciaire(justice.belgium.be).gov