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Surveillance des salariés en France : géolocalisation et vidéosurveillance

Par Équipe éditoriale de Recording Law10 min de lecture

Questions fréquentes

Un employeur peut-il géolocaliser en permanence le véhicule d'un salarié ?

Non. La géolocalisation est un dispositif subsidiaire, admis seulement pour des finalités précises comme le suivi d'une prestation de transport, la sécurité du salarié ou du véhicule, ou l'optimisation des tournées. Elle ne peut servir à contrôler le temps de travail que lorsqu'aucun autre moyen n'existe. La Cour de cassation a d'ailleurs censuré une cour d'appel qui avait validé un tel usage sans vérifier que la géolocalisation était le seul moyen d'assurer ce contrôle. Un suivi permanent et systématique, sans justification proportionnée, est illicite.

Le véhicule peut-il être suivi en dehors des heures de travail ?

Non. Aucune collecte de données de localisation n'est autorisée en dehors du temps de travail, ce qui inclut le trajet domicile-travail, les temps de pause et l'usage personnel du véhicule. Le salarié doit disposer de la possibilité de désactiver la géolocalisation pendant ces périodes. L'employeur peut contrôler la fréquence de ces désactivations, mais il ne peut pas suivre le salarié une fois sa journée terminée.

Combien de temps les données de géolocalisation peuvent-elles être conservées ?

La CNIL retient trois durées selon la finalité. La conservation est en principe de deux mois. Elle peut aller jusqu'à un an lorsque les données servent à optimiser les tournées ou à apporter la preuve d'une intervention, lorsqu'aucun autre moyen de preuve n'existe. Enfin, la durée est de cinq ans lorsque les données sont utilisées pour le suivi du temps de travail, afin de respecter les obligations légales en la matière.

L'employeur doit-il consulter le CSE avant d'installer des caméras ?

Oui, dans les entreprises dotées d'un comité social et économique, l'employeur doit informer et consulter le CSE avant la mise en place d'un dispositif de vidéosurveillance. Chaque salarié concerné doit également être informé individuellement, par exemple sur la finalité du dispositif, sa base légale, les destinataires des images et ses droits. La vidéosurveillance ne doit pas placer un poste de travail sous surveillance permanente, sauf circonstances particulières justifiées, et l'enregistrement du son n'est en principe pas autorisé, réservé à des situations particulières déclenchées par le salarié, par exemple une agression.

Que risque un employeur qui surveille ses salariés de façon illicite ?

La CNIL peut prononcer une mise en demeure puis une sanction. Une entreprise a été condamnée à 10 000 euros pour avoir refusé de communiquer à un salarié ses propres données de géolocalisation après un accident, et pour avoir ignoré une mise en demeure. Dans une autre affaire, une amende de l'ordre de 100 000 euros a été rapportée à l'encontre d'une enseigne ayant installé des caméras dissimulées dans des réserves, un montant qui doit être pris avec prudence car la décision n'a pas été consultée ici. Au-delà de la CNIL, une preuve obtenue par un dispositif illicite peut être écartée par le juge.

Sources et références

  1. Code du travail, article L1121-1 (justification et proportionnalité) - Légifrance(legifrance.gouv.fr).gov
  2. Code du travail, article L1222-4 (information préalable du salarié) - Légifrance(legifrance.gouv.fr).gov
  3. CNIL - La géolocalisation des véhicules des salariés(cnil.fr).gov
  4. CNIL - La vidéosurveillance et vidéoprotection au travail(cnil.fr).gov
  5. CNIL - Les sanctions prononcées par la CNIL(cnil.fr).gov
  6. Code de la sécurité intérieure, article L252-1 (autorisation préfectorale de vidéoprotection) - Légifrance(legifrance.gouv.fr).gov
  7. Service-Public.gouv.fr - Un système de géolocalisation peut-il servir de preuve pour un licenciement ?(service-public.gouv.fr).gov
  8. CNIL - Le RGPD appliqué aux traitements de données des salariés(cnil.fr).gov
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