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Droit à l'image en France : consentement pour la photo et la vidéo

Par Équipe éditoriale de Recording Law11 min de lecture

Questions fréquentes

Dois-je demander la permission pour photographier quelqu'un dans la rue en France ?

Vous pouvez photographier une scène de rue générale, mais dès qu'une personne identifiable est isolée et reconnaissable dans le cadre, le droit à l'image s'applique et son consentement est attendu à la fois pour prendre et pour utiliser la photo. Un cadre public n'autorise pas en lui-même à capter ou à publier l'image d'une personne. Les exceptions étroites, comme une personnalité publique agissant dans une fonction officielle ou un véritable événement d'actualité, viennent de la jurisprudence de la Cour de cassation et sont interprétées strictement.

Le consentement à prendre une photo équivaut-il au consentement à la publier ?

Non. Les tribunaux français traitent la captation et la publication comme deux étapes distinctes, chacune nécessitant son propre accord. Une personne peut accepter d'être photographiée lors d'un événement sans jamais accepter que cette image apparaisse en ligne ou dans une publicité. Pour la publication, la pratique sûre consiste en une autorisation écrite et datée qui nomme l'usage précis, car un consentement donné pour un objectif ne couvre pas automatiquement un autre usage.

Quelles sont les exceptions au droit à l'image ?

Les exceptions couramment citées sont l'image d'une personnalité publique montrée dans l'exercice de sa fonction publique, l'illustration d'un événement d'actualité ou d'un sujet d'intérêt public, et une scène de foule où aucun individu n'est isolé. Ce sont des constructions prétoriennes développées par la Cour de cassation, et non des éléments énumérés à l'article 9. Elles sont appliquées de façon stricte, doivent rester dans les limites du droit à l'information, et ne justifient jamais une image qui porte atteinte à la dignité d'une personne ou qui est utilisée à des fins commerciales.

Qui consent pour l'image d'un enfant ?

Pour un mineur, l'autorisation doit être donnée par les titulaires de l'autorité parentale, et en pratique par les deux parents lorsque l'autorité est partagée. Cela s'applique même aux photos de classe, aux clubs sportifs et aux images publiées par des membres de la famille. Une réforme de 2024 a renforcé le devoir des parents de protéger l'image de leur enfant, de sorte que l'objection propre de l'enfant compte aussi, à mesure qu'il grandit.

Que puis-je faire si mon image est utilisée sans autorisation ?

Vous pouvez demander à la personne ou au site de retirer l'image, et si cela échoue, vous pouvez demander un référé, une ordonnance judiciaire d'urgence pour faire cesser ou retirer rapidement l'image, et réclamer des dommages-intérêts pour le préjudice subi. Pour un contenu en ligne, vous pouvez aussi utiliser la voie de suppression auprès du site et, le cas échéant, de la CNIL. Par ailleurs, capter ou transmettre l'image d'une personne prise dans un lieu privé sans son consentement constitue une infraction pénale au regard du Code pénal.

Sources et références

  1. Code civil, Article 9 (respect de la vie privée)(legifrance.gouv.fr).gov
  2. Cour de cassation, Droit au respect de la vie privée et droit à l'image (Lettre de la première chambre civile n° 15, juillet 2024)(courdecassation.fr).gov
  3. Service-Public, Le droit à l'image (fiche pratique)(service-public.gouv.fr).gov
  4. Code pénal, Article 226-1 (captation de l'image dans un lieu privé)(legifrance.gouv.fr).gov
  5. Code pénal, Article 226-2 (usage et diffusion de l'image)(legifrance.gouv.fr).gov
  6. CNIL, Le droit à l'image s'applique-t-il sur internet ?(cnil.fr).gov
  7. CNIL, Demander le retrait de votre image en ligne(cnil.fr).gov
  8. CNIL, Partage de photos et vidéos de votre enfant sur les réseaux sociaux(cnil.fr).gov
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