France
Lois sur la trottinette électrique en France : réglementation EDPM, âge minimum et amendes (2026)

Cet article fournit des informations générales sur la réglementation des trottinettes électriques (EDPM) en France et ne constitue pas un conseil juridique. En cas de litige concernant une amende, un accident ou une déclaration d'assurance, consultez un avocat français ou votre assureur, ou vérifiez le texte officiel en vigueur sur service-public.gouv.fr. Informations vérifiées pour la dernière fois le 23 juillet 2026.
La France réglemente les trottinettes électriques sous une catégorie juridique unique, l'EDPM (engin de déplacement personnel motorisé), plutôt que de les assimiler à des vélos ou à des cyclomoteurs. Les règles portent sur les lieux de circulation autorisés, l'âge minimum, l'assurance, et ce qui se passe si un engin est modifié pour dépasser la vitesse autorisée par la loi.
Le cadre juridique
Ce qui est considéré comme un EDPM
Le décret n° 2019-1082 du 23 octobre 2019 a créé la catégorie EDPM : un engin sans siège (les gyropodes peuvent avoir une selle), conçu pour une seule personne, sans capacité de transport de charge, à moteur non thermique, avec une vitesse maximale de construction comprise entre 6 et 25 km/h. Une trottinette électrique standard entre pleinement dans cette définition, et la catégorie couvre également les gyropodes, les hoverboards et les engins de mobilité personnelle similaires.
Les règles applicables aux EDPM figurent aux articles R412-43-1 à R412-43-4 du Code de la route (Section 6 bis, Chapitre II). Ce texte a été substantiellement modifié pour la dernière fois par le décret n° 2023-848 du 31 août 2023 (entré en vigueur le 1er septembre 2023) et le décret n° 2024-1074 du 27 novembre 2024 (entré en vigueur le 30 novembre 2024), qui a restructuré l'article R412-43-3 en paragraphes numérotés sans modifier le fond des règles relatives à l'âge ou à l'utilisateur unique.
Âge minimum : 14 ans
Le décret initial de 2019 fixait l'âge minimum pour les EDPM à 12 ans. Le décret n° 2023-848 du 31 août 2023 l'a relevé à 14 ans, et l'article R412-43-3 dans sa version actuelle prévoit toujours que tout utilisateur d'EDPM doit être âgé d'au moins quatorze ans. Un adulte qui laisse un mineur de moins de 14 ans utiliser un EDPM, ou qui l'accompagne, peut être verbalisé au titre d'une contravention de 4e classe.
Où circuler
En agglomération, l'usage d'une piste ou d'une bande cyclable est obligatoire partout où il en existe une. À défaut, la solution de repli est une route dont la limite de vitesse est de 50 km/h ou moins, en circulant en file simple plutôt qu'à deux de front ; les zones piétonnes ne sont autorisées que dans des conditions précises, et les accotements revêtus sont autorisés.
Hors agglomération, la circulation des EDPM est interdite, sauf sur les voies vertes et les pistes cyclables. Les trottoirs sont interdits par défaut partout en France ; un maire peut autoriser la circulation sur un trottoir précis à l'allure du pas, dès lors qu'elle ne gêne pas les piétons, mais cette autorisation doit exister pour ce tronçon de trottoir précis, ce n'est pas un droit général.
Un maire peut également autoriser la circulation des EDPM sur des routes dont la limite de vitesse atteint 80 km/h, mais uniquement avec un équipement de protection obligatoire : un casque attaché, un gilet à haute visibilité ou rétroréfléchissant, un éclairage complémentaire non éblouissant, et des feux de position de jour comme de nuit. En dehors de ce cas restreint soumis à autorisation du maire, le droit français n'impose pas de port du casque obligatoire de manière générale aux utilisateurs d'EDPM.
Un seul utilisateur, pas de remorquage
L'article R412-43-2 interdit de pousser ou de tracter une charge, ainsi que de se faire remorquer par un autre véhicule ; son non-respect constitue une contravention de 2e classe. L'article R412-43-3 limite par ailleurs l'EDPM à un seul utilisateur, ces engins n'étant pas conçus pour transporter un passager ; transporter une seconde personne constitue une contravention de 4e classe.
Assurance
L'article L211-1 du Code des assurances établit l'obligation générale d'assurance responsabilité civile en France. Il définit les véhicules concernés en des termes volontairement larges et neutres sur le plan technologique, à savoir tout véhicule terrestre à moteur capable de se déplacer par sa propre force motrice sans être guidé par des rails (les fauteuils roulants motorisés utilisés exclusivement pour la mobilité d'une personne handicapée sont expressément exclus). Les EDPM ne sont pas nommément désignés article par article, mais les assureurs et la doctrine juridique considèrent de manière constante que cette définition large couvre toute trottinette électrique, de sorte qu'un propriétaire doit disposer d'une assurance responsabilité civile avant de circuler, tout comme le propriétaire d'un cyclomoteur ou d'une voiture.
Les comptes rendus relatifs à l'application de cette obligation mentionnent une amende pouvant atteindre 3 750 euros en cas de circulation sans assurance, assortie de la confiscation de l'engin et d'une éventuelle suspension du permis de conduire. Ce chiffre revient de façon cohérente dans plusieurs sources secondaires, sans qu'un article de sanction précis n'ait été confirmé directement sur Légifrance ; il convient donc de le considérer comme une conséquence rapportée plutôt qu'un montant légal fixe rattaché à une citation unique.
Modifier un engin au-delà de 25 km/h
Dès lors que la vitesse de construction ou de débridage d'un engin dépasse le plafond de 25 km/h fixé pour l'EDPM, que ce soit par manipulation (débridage) ou de conception, il ne répond plus à la définition du décret de 2019 et cesse d'être un EDPM. Les sources consuméristes et d'assurance décrivent de manière constante le résultat pratique comme un basculement vers le régime ordinaire du cyclomoteur : immatriculation à la préfecture, réception par type, permis AM (l'ancien BSR), assurance de niveau cyclomoteur plutôt que la couverture responsabilité civile allégée de l'EDPM, et port du casque et des gants obligatoire. Aucun article unique du Code de la route n'énonce cette requalification en ces termes, mais elle découle directement de la définition vérifiée de l'EDPM, et un utilisateur envisageant de débrider son engin doit s'attendre à être traité comme circulant sur un cyclomoteur non immatriculé et non assuré plutôt que sur un EDPM.
Trottinettes en libre-service et l'interdiction à Paris
Paris a organisé un référendum en avril 2023, au cours duquel environ 90 pour cent des votants se sont prononcés en faveur de la fin de la location de trottinettes électriques en libre-service dans la ville. Les trois opérateurs qui exploitaient alors des flottes dans la capitale, Lime, Tier et Dott, ont dû se retirer de Paris à compter du 1er septembre 2023. Cette décision ne concerne que le modèle économique du libre-service. Elle n'a pas modifié les règles du Code de la route exposées ci-dessus, si bien qu'une trottinette électrique appartenant à un particulier reste aujourd'hui aussi légale (ou illégale) à utiliser à Paris que partout ailleurs en France ; le statut de location et la propriété privée sont des questions distinctes, et la trottinette personnelle d'un résident parisien n'a jamais été concernée par ce référendum.
Sanctions et amendes
Le droit français ne prévoit pas d'« amende trottinette » unique. Chaque infraction relève de sa propre classe de contravention et de son propre montant de forfait, et certaines relèvent directement du tribunal plutôt que d'une amende forfaitaire.
| Infraction | Amende | Classe / procédure |
|---|---|---|
| Circulation sur un trottoir sans autorisation du maire | Forfait de 135 € | Contravention de 4e classe |
| Transport de plus d'un utilisateur | Forfait de 135 € | Contravention de 4e classe |
| Remorquage, fait de se faire remorquer ou transport de charge | Forfait d'environ 35 € | Contravention de 2e classe |
| Modification d'un engin pour dépasser 25 km/h (débridage) | Jusqu'à 1 500 €, portée à 3 000 € en cas de récidive | Contravention de 5e classe, sans forfait, relève du tribunal |
| Circulation sans l'assurance responsabilité civile obligatoire | Rapportée jusqu'à 3 750 €, plus confiscation de l'engin et éventuelle suspension du permis | Conséquence rapportée, non rattachée à un article de sanction confirmé unique |
Ces montants reflètent le durcissement de septembre 2023 rapporté par le Cerema et corroboré par l'échange sénatorial cité ci-dessous ; un lecteur confronté à un avis de contravention réel doit vérifier le montant du forfait en vigueur auprès de l'autorité verbalisatrice ou d'un avocat, car les montants forfaitaires peuvent être révisés. Le régime général français relatif à la conduite sous l'emprise de l'alcool ou de stupéfiants s'applique également à tous les types de véhicules ; les lecteurs souhaitant connaître les seuils d'alcoolémie et les sanctions précis fixés par le droit français peuvent consulter le guide de RecordingLaw sur les lois françaises relatives à la conduite en état d'ivresse.
Application dans la pratique
Les pratiques d'application ne changent rien à ce que dit la loi, et elles ne constituent pas une autorisation de l'ignorer. Ce qui suit correspond à ce que documentent réellement les sources officielles, et non à une estimation du degré de rigueur avec lequel telle ou telle commune verbalise les utilisateurs d'EDPM.
Une question posée au Sénat en 2025 par le sénateur Olivier Paccaud, à laquelle a répondu le ministre de l'Intérieur, a confirmé une lacune précise et documentée : la nomenclature NATINF utilisée par la police et les parquets français pour qualifier les contraventions ne comporte aucun code permettant de verbaliser un utilisateur de moins de 13 ans pour non-respect de l'âge minimum, les mineurs de moins de 13 ans n'ayant pas de responsabilité pénale pour les contraventions en droit français. Les forces de l'ordre peuvent toujours arrêter et avertir un utilisateur de moins de 13 ans, et le ministre a indiqué que le ministère de l'Intérieur évaluerait les bases légales permettant de saisir un tel engin, mais à la date de cet échange sénatorial, il n'existait aucun mécanisme de sanction opérationnel pour cette tranche la plus jeune d'utilisateurs mineurs.
Par ailleurs, l'ONISR (Observatoire national interministériel de la sécurité routière), l'organisme officiel français de statistiques sur la sécurité routière, a confirmé qu'il suit les accidents impliquant des EDPM (trottinettes électriques, gyropodes) dans une catégorie qui leur est propre au sein du Bilan annuel national de la sécurité routière. Cela confirme que les données de sécurité relatives aux EDPM font l'objet d'un suivi officiel au niveau national, même si les chiffres précis de blessés et de tués n'étaient pas disponibles dans la source consultée pour cet article.
Comment la France se compare
Les règles françaises applicables aux EDPM se situent entre deux approches très différentes chez ses voisins. L'Allemagne exige une réception par type spécifique (Betriebserlaubnis) avant qu'un engin puisse être vendu ou même utilisé, un filtre plus strict que la définition française fondée sur la vitesse et le poids (voir les règles allemandes sur les trottinettes électriques). Le Royaume-Uni adopte la position inverse : une trottinette électrique appartenant à un particulier y reste totalement interdite sur la voie publique, la circulation légale étant limitée aux essais de location sous licence (voir les lois britanniques sur les trottinettes électriques). Pour une vue d'ensemble pays par pays, voir la carte mondiale des lois sur les trottinettes électriques de RecordingLaw, et pour les autres règles de circulation en France, voir le portail des lois françaises sur la conduite et le guide pays sur la France.
Questions fréquentes
Est-il légal de rouler en trottinette électrique privée en France ?
Oui. Un EDPM appartenant à un particulier peut être utilisé légalement par toute personne âgée de 14 ans ou plus qui respecte les règles de circulation du Code de la route relatives aux lieux de circulation, à la limite d'un seul utilisateur et à l'assurance. Cela est indépendant de la disponibilité des trottinettes en libre-service, qui varie selon les villes.
Quel est l'âge minimum pour rouler en trottinette électrique en France ?
14 ans. Le décret initial de 2019 fixait le minimum à 12 ans ; le décret n° 2023-848 l'a relevé à 14 ans à compter du 1er septembre 2023, et un décret ultérieur de 2024 a restructuré l'article sans modifier cet âge.
Ai-je besoin d'une assurance pour ma trottinette électrique en France ?
Oui. L'article L211-1 du Code des assurances établit une large obligation d'assurance responsabilité civile couvrant les véhicules terrestres à moteur, et les assureurs considèrent de manière constante que les EDPM en relèvent. Circuler sans assurance ferait risquer, selon les rapports, une amende pouvant atteindre 3 750 euros, la confiscation de l'engin et une éventuelle suspension du permis.
Puis-je rouler en trottinette électrique sur le trottoir en France ?
Pas par défaut. Les trottoirs sont interdits aux utilisateurs d'EDPM, sauf autorisation spécifique du maire pour circuler sur ce tronçon de trottoir à l'allure du pas. Circuler sans cette autorisation peut entraîner une amende de 135 euros.
L'interdiction des trottinettes électriques à Paris est-elle toujours en vigueur ?
Oui, mais uniquement pour les flottes en libre-service partagé. Paris a retiré les opérateurs de libre-service (Lime, Tier, Dott) de la ville le 1er septembre 2023 à la suite d'un référendum. Les trottinettes électriques appartenant à des particuliers n'ont jamais été concernées par cette interdiction et restent soumises aux règles nationales ordinaires.
Que se passe-t-il si je débride ma trottinette électrique pour dépasser 25 km/h ?
L'engin ne répond plus à la définition de l'EDPM et est traité selon les règles applicables au cyclomoteur : immatriculation, permis AM, assurance de niveau cyclomoteur, et port du casque et des gants obligatoire. Rouler débridé sans cela peut également entraîner une amende pouvant atteindre 1 500 euros, portée à 3 000 euros en cas de récidive.
Les enfants de moins de 14 ans peuvent-ils être verbalisés pour avoir roulé en trottinette électrique en France ?
Un échange sénatorial de 2025 a confirmé qu'il n'existe actuellement aucun code juridique permettant de verbaliser spécifiquement un utilisateur de moins de 13 ans, les mineurs de cet âge n'ayant pas de responsabilité pénale pour les contraventions. Les forces de l'ordre peuvent toujours arrêter, avertir et éventuellement saisir l'engin ; les utilisateurs âgés de 13 ans jusqu'au seuil minimum de 14 ans ne sont pas concernés par cette lacune restreinte.
Ai-je besoin d'un casque pour rouler en trottinette électrique en France ?
Pas de manière générale. Le droit français n'impose pas d'obligation générale de port du casque aux utilisateurs d'EDPM. Le casque ne devient obligatoire que lorsqu'un maire a autorisé la circulation sur une route dont la limite de vitesse atteint 80 km/h, avec des exigences de haute visibilité et d'éclairage pour ce tronçon de route précis.
Sources et références
- Décret n° 2019-1082 du 23 octobre 2019 relatif à la réglementation des engins de déplacement personnels (définition de l'EDPM)(legifrance.gouv.fr).gov
- Code de la route, art. R412-43-1 (où un EDPM peut circuler)(legifrance.gouv.fr).gov
- Code de la route, art. R412-43-2 (interdiction de remorquage, interdiction de transport de charges)(legifrance.gouv.fr).gov
- Code de la route, art. R412-43-3, version consolidée 2024 (âge minimum de 14 ans, un seul utilisateur)(legifrance.gouv.fr).gov
- Code des assurances, art. L211-1 (assurance responsabilité civile obligatoire pour les véhicules terrestres à moteur)(legifrance.gouv.fr).gov
- Service-public.fr, fiche F308 (règles applicables aux EDPM pour les particuliers)(service-public.gouv.fr).gov
- Cerema, Nouvelle réglementation des engins de déplacement personnels(cerema.fr).gov
- Sénat, question écrite n° 475 (2025) et la réponse du gouvernement sur la difficulté d'application de l'amende aux EDPM pour les moins de 13 ans(senat.fr).gov
- ONISR, Bilan de la sécurité routière 2024 (les EDPM font l'objet d'une catégorie d'accidents distincte)(onisr.securite-routiere.gouv.fr).gov