Code de la route en France : points, excès de vitesse, alcool au volant et amendes

La France traite les infractions routières d'abord comme un problème de points, avant d'en faire un problème d'amendes. Presque toutes les règles décrites dans cette section se rattachent à une seule idée organisatrice, le permis à points : un permis français complet compte 12 points, chaque infraction qualifiante en retire un nombre déterminé, et un permis dont le solde atteint zéro est invalidé plutôt que simplement sanctionné. L'argent compte, mais ce sont les points qui mettent réellement fin à une carrière de conducteur.
Cette structure explique pourquoi deux conducteurs pris en train de faire la même chose peuvent subir des conséquences très différentes. Un conducteur nouvellement qualifié détient un permis probatoire qui ne compte au départ que 6 points, est soumis à un seuil d'alcoolémie plus bas, et roule à des limitations de vitesse réduites, de sorte qu'une seule infraction grave peut effacer la majeure partie du solde. Les pages ci-dessous décomposent le système en ses éléments constitutifs, et cette page explique comment ils s'articulent.
Informations vérifiées pour la dernière fois le 20 juillet 2026. Cette page présente des informations juridiques générales, et non un avis juridique.
Le permis à points, l'idée organisatrice
Presque toutes les sanctions routières françaises comportent deux volets : une sanction financière, et un retrait de points sur le permis du conducteur. Le volet financier varie selon la classe de l'infraction et, pour certaines infractions, selon la rapidité avec laquelle le conducteur paie. C'est le volet des points qui s'accumule.
Les points se récupèrent, mais lentement, et le rythme dépend de la gravité de l'infraction. Un seul point perdu se récupère automatiquement après 6 mois. Des pertes de points plus importantes prennent 2 ou 3 ans, selon la classe de l'infraction concernée.
Il existe un moyen d'accélérer cette récupération. Un stage de sensibilisation agréé par la préfecture peut restituer jusqu'à 4 points, mais un conducteur ne peut en bénéficier qu'une fois tous les 12 mois. C'est cette limite qui rend une série d'infractions sur une courte période bien plus dommageable que les mêmes infractions réparties dans le temps.
Lorsque le solde atteint zéro, la conséquence n'est pas une amende mais l'invalidation du permis. Pour un conducteur en période probatoire, cela signifie devoir refaire une demande et repasser les examens requis. C'est parce qu'il faut avoir ce dénouement à l'esprit qu'il vaut la peine de savoir exactement ce que coûte chaque infraction avant, plutôt qu'après, qu'elle ne survienne.
Nouveaux conducteurs : le permis probatoire
Un permis français nouvellement délivré est probatoire, et la différence n'est pas cosmétique. Il commence avec 6 points au lieu des 12 habituels, et le solde augmente de 2 points par an sur 3 ans, ou de 3 points par an sur 2 ans pour les conducteurs ayant suivi la conduite accompagnée (AAC). Une infraction entraînant une perte de points au cours d'une année probatoire interrompt l'augmentation prévue pour cette année-là, si bien qu'une seule erreur peut bloquer la progression vers un solde complet.
Le régime probatoire modifie également les règles de circulation elles-mêmes. Le conducteur doit apposer un disque A sur le véhicule pendant toute la période probatoire, et des limitations de vitesse réduites s'appliquent tout au long de celle-ci : 110 km/h sur autoroute, 100 km/h sur les routes à chaussées séparées, et 80 km/h sur les autres routes hors agglomération.
Il existe aussi un déclencheur de stage obligatoire. Une infraction entraînant la perte de 3 points ou plus en une seule fois impose un stage de sensibilisation obligatoire de 2 jours, à effectuer dans les 4 mois suivant la notification. Les conducteurs en période probatoire sont également soumis à un seuil d'alcoolémie réduit de 0,2 g/L, bien en dessous de la limite générale de 0,5 g/L.
Comme le solde probatoire est deux fois moindre que le solde normal, le seuil d'invalidation arrive beaucoup plus vite. Le permis probatoire en France : points, limitations de vitesse et règles pour les nouveaux conducteurs détaille le barème complet, les règles du disque A, et ce qu'implique concrètement, pour le conducteur, une invalidation survenue pendant la période probatoire.
Excès de vitesse : tranches, points et un nouveau seuil pénal
L'excès de vitesse est l'infraction que rencontrent le plus de conducteurs, et la France la classe par tranches. Les points perdus vont de 1 à 6 selon que le dépassement va de moins de 20 km/h à 50 km/h ou plus. Les amendes pour un faible dépassement dépendent de la limitation de vitesse affichée : 135 EUR lorsque la limite est de 50 km/h ou moins, mais seulement 68 EUR lorsque la limite dépasse 50 km/h.
Plus haut dans le barème, les conséquences changent de nature, et pas seulement de degré. La suspension du permis devient possible dès un dépassement de 30 à 39 km/h.
Le changement récent le plus important concerne le haut du barème. Une réforme de 2025 fait d'un dépassement de 50 km/h ou plus un délit, une infraction pénale, dès la première infraction et non plus seulement en cas de récidive, à compter du 29 décembre 2025. L'amende forfaitaire délictuelle pour cette tranche est de 300 EUR (250 EUR en cas de paiement rapide, 600 EUR en cas de retard), tandis qu'un tribunal peut infliger jusqu'à 3 750 EUR et jusqu'à 3 mois d'emprisonnement. La confiscation du véhicule est obligatoire en cas de récidive d'un dépassement de 50 km/h ou plus, sauf décision spécialement motivée du tribunal de ne pas l'ordonner.
Les amendes pour excès de vitesse en France : barème complet des sanctions 2026 et grille des points présente le tableau tranche par tranche, la grille des points, et le détail du fonctionnement pratique du nouveau seuil du délit.
Alcool au volant : deux limites, deux types d'infraction
La conduite en état d'ivresse en France repose sur deux seuils et deux catégories d'infraction. La limite générale d'alcoolémie est de 0,5 g/L de sang, soit 0,25 mg/L d'air expiré. Un seuil réduit de 0,2 g/L, soit 0,1 mg/L d'air expiré, s'applique aux titulaires d'un permis probatoire, aux conducteurs de véhicules de transport en commun, et aux conducteurs contraints de circuler dans un véhicule équipé d'un éthylotest anti-démarrage ordonné par un tribunal.
Au-delà de la limite générale, l'infraction se divise en deux. Conduire entre 0,5 et 0,79 g/L constitue une contravention de 4e classe, entraînant une amende forfaitaire de 135 EUR, le retrait de 6 points, et une possible suspension du permis jusqu'à 3 ans. Conduire à 0,8 g/L ou plus constitue un délit, et depuis une réforme entrée en vigueur le 11 juillet 2025, il est puni de 3 ans d'emprisonnement et de 9 000 EUR d'amende, avec une suspension pouvant aller jusqu'à 5 ans.
Cette date de réforme est importante lorsqu'on vérifie des chiffres ailleurs. Le barème des sanctions en vigueur avant le 11 juillet 2025 ne s'applique plus aux infractions commises après cette date, bien que des documents plus anciens encore en circulation puissent afficher les chiffres précédents, désormais dépassés.
Deux points connexes sont faciles à manquer. Conduire sous l'emprise de stupéfiants constitue une infraction distincte, avec son propre barème de sanctions plus sévère, et le cumul d'un test positif aux stupéfiants et d'alcool est puni plus sévèrement que chacune des deux infractions prise isolément. Refuser un contrôle d'alcoolémie ou une prise de sang constitue lui-même une infraction et entraîne la rétention immédiate du permis. Alcool au volant : limites et sanctions expliquées en France détaille chaque seuil et les sanctions qui y sont attachées.
Délit de fuite : quitter les lieux d'un accident
Ne pas s'arrêter après avoir été impliqué dans un accident, tout en sachant que celui-ci s'est produit, constitue l'infraction grave de cette section. Le délit de fuite est puni de 3 ans d'emprisonnement et de 75 000 EUR d'amende, avec retrait de 6 points. Le droit français impose à un conducteur impliqué dans un accident de s'arrêter, et s'éloigner brièvement pour appeler les secours est une chose bien différente de quitter délibérément les lieux pour échapper à l'identification.
Lorsque le délit de fuite se conjugue à un homicide involontaire ou à des blessures involontaires, c'est la peine encourue pour cet homicide ou ces blessures qui est doublée, et non la peine du délit de fuite elle-même qui serait doublée de manière forfaitaire. Cette distinction est fréquemment mal rapportée, et elle change considérablement le calcul.
Une réforme entrée en vigueur en 2025 a également créé deux nouvelles infractions, l'homicide routier et les blessures routières, dotées de leur propre barème de sanctions distinct de l'ancien mécanisme de doublement. L'homicide routier est puni de 7 ans d'emprisonnement et de 100 000 EUR d'amende lorsqu'un conducteur a causé un décès par une violation manifestement délibérée d'une règle de sécurité, une emprise manifeste de l'alcool, ou l'usage de stupéfiants, la peine étant encore aggravée en cas de cumul de plusieurs circonstances aggravantes. Les blessures routières, infraction miroir en matière de blessures, voient leur peine varier selon la gravité de la blessure et la présence de circonstances aggravantes.
L'homicide routier constitue une qualification distincte, propre à la route, par rapport à l'infraction générale d'homicide involontaire, créée pour traiter les décès dus à une conduite dangereuse au moyen de sanctions dédiées et plus sévères. Le délit de fuite en France : sanctions pour avoir quitté les lieux d'un accident explique comment ces infractions s'articulent.
Que faire face à une contravention
Recevoir un avis de contravention déclenche un délai. Une requête en exonération contestant une amende pour infraction en circulation doit être déposée auprès de l'ANTAI dans les 45 jours suivant l'avis de contravention, et la plupart des contestations exigent le versement d'une consignation, un dépôt égal au montant de l'amende, remboursé si l'affaire est classée sans suite ou si le conducteur est relaxé.
La consignation n'est pas exigée pour des motifs spécifiques, notamment un véhicule volé, des plaques usurpées, un véhicule vendu avant la date de l'infraction, ou un cas de force majeure. Si l'amende est déjà devenue une amende forfaitaire majorée, le délai général pour la contester est de 30 jours, avec un délai distinct et plus restreint de 3 mois applicable uniquement pour prouver qu'un changement d'adresse déclaré a entraîné une mauvaise adresse de notification.
Les redevances de stationnement fonctionnent différemment. Un forfait post-stationnement (FPS) se conteste par un RAPO adressé à la commune dans un délai d'un mois, puis par un recours dans un délai supplémentaire d'un mois si le RAPO est rejeté ou reste sans réponse. Ce recours est porté devant le Tribunal du stationnement payant (TSP), nouveau nom de la Commission du contentieux du stationnement payant (CCSP), depuis le 1er janvier 2025.
Contester sans motif valable comporte son propre risque, car un recours infructueux peut laisser dû le montant majoré, plus élevé. Comment contester une amende routière en France : ANTAI, délais et recours décrit la procédure et ses délais, sans conseiller à quiconque de contester.
Où aller ensuite
Si vous venez de réussir votre examen, commencez par les règles du permis probatoire, car elles modifient à la fois les limites auxquelles vous conduisez et le coût de toute erreur. Si vous avez déjà été notifié d'une infraction, la page sur la contestation des amendes présente en premier les délais qui comptent. Pour le paysage juridique plus large au-delà de la route, voir le portail pays France.
Questions fréquentes
Combien de points comporte un permis de conduire français ?
Un permis français complet comporte 12 points. Un permis nouvellement délivré est un permis probatoire et commence avec 6 points, qui augmentent de 2 points par an sur 3 ans, ou de 3 points par an sur 2 ans pour les conducteurs ayant suivi la conduite accompagnée (AAC). Si le solde atteint zéro pendant la période probatoire, le permis est invalidé et le conducteur doit refaire une demande et repasser les examens requis.
Quand l'excès de vitesse devient-il une infraction pénale en France ?
Une réforme de 2025 fait d'un dépassement de 50 km/h ou plus par rapport à la limite affichée un délit, c'est-à-dire une infraction pénale, dès la première infraction et non plus seulement en cas de récidive, à compter du 29 décembre 2025. L'amende forfaitaire délictuelle est de 300 EUR (250 EUR en cas de paiement rapide, 600 EUR en cas de retard), et un tribunal peut infliger jusqu'à 3 750 EUR et jusqu'à 3 mois d'emprisonnement. Le détail complet figure sur la page consacrée aux sanctions pour excès de vitesse.
Quelle est la limite d'alcoolémie au volant en France ?
La limite générale est de 0,5 g/L de sang, soit 0,25 mg/L d'air expiré. Un seuil réduit de 0,2 g/L, soit 0,1 mg/L d'air expiré, s'applique aux titulaires d'un permis probatoire, aux conducteurs de véhicules de transport en commun, et aux conducteurs contraints de circuler dans un véhicule équipé d'un éthylotest anti-démarrage ordonné par un tribunal.
Comment récupère-t-on des points perdus sur un permis français ?
Un seul point perdu se récupère automatiquement après 6 mois, tandis que des pertes de points plus importantes prennent 2 ou 3 ans selon la classe de l'infraction. Un stage de sensibilisation agréé par la préfecture peut restituer jusqu'à 4 points, mais une seule fois tous les 12 mois.
Combien de temps a-t-on pour contester une amende routière française ?
Une requête en exonération doit être déposée auprès de l'ANTAI dans les 45 jours suivant l'avis de contravention, et la plupart des contestations exigent le versement d'une consignation, un dépôt égal au montant de l'amende, remboursé si l'affaire est classée sans suite ou si le conducteur est relaxé. Si l'amende est déjà devenue une amende forfaitaire majorée, le délai général pour la contester est de 30 jours. Les redevances de stationnement suivent une voie distincte, par un RAPO adressé à la commune.
Sources et références
- Récupération des points du permis de conduire(service-public.gouv.fr).gov
- Qu'est-ce que le permis de conduire probatoire ?(service-public.gouv.fr).gov
- Article R413-5 - Code de la route (permis probatoire, disque A, vitesses réduites)(legifrance.gouv.fr).gov
- Barème du retrait de points par infraction(service-public.gouv.fr).gov
- Le grand excès de vitesse est désormais un délit(service-public.gouv.fr).gov
- Article L413-1 - Code de la route (grand excès de vitesse)(legifrance.gouv.fr).gov
- Alcool au volant(service-public.gouv.fr).gov
- LOI n° 2025-622 du 9 juillet 2025 créant l'homicide routier et visant à lutter contre la violence routière(legifrance.gouv.fr).gov
- Article 434-10 - Code pénal (délit de fuite)(legifrance.gouv.fr).gov
- Contester un avis de contravention(aide.antai.gouv.fr).gov
- Forfait post-stationnement en cas de stationnement non payé(service-public.gouv.fr).gov
- La CCSP devient le Tribunal du stationnement payant(conseil-etat.fr).gov