EnglishFrançais
France flag

France

Dénonciation calomnieuse : la fausse accusation en droit français (art. 226-10)

Par Équipe éditoriale de Recording Law12 min de lecture
Dénonciation calomnieuse : la fausse accusation en droit français (art. 226-10)

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la dénonciation calomnieuse en droit français ?

C'est l'infraction prévue à l'article 226-10 du Code pénal : une accusation fausse dirigée contre une personne déterminée, portant sur un fait de nature à entraîner une sanction judiciaire, administrative ou disciplinaire, adressée à une autorité en mesure d'y donner suite ou à l'employeur ou au supérieur hiérarchique de la personne accusée, alors que l'auteur de la dénonciation savait le fait totalement ou partiellement faux. Elle est punie de cinq ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende.

En quoi une fausse accusation diffère-t-elle de la diffamation ?

La diffamation, prévue par la loi du 29 juillet 1881, protège la réputation contre une imputation de fait portant atteinte à l'honneur, et doit être poursuivie dans un délai de trois mois. La dénonciation calomnieuse, prévue par le Code pénal, vise une fausse accusation adressée à une autorité ayant le pouvoir de sanctionner l'accusé. N'étant pas une infraction de la loi de presse, elle obéit à la prescription ordinaire de six ans, et non au délai de trois mois.

Peut-on l'utiliser une fois le délai de trois mois de la diffamation dépassé ?

Parfois. La dénonciation calomnieuse est un délit ordinaire du Code pénal, soumis à une prescription de six ans en vertu de l'article 8 du Code de procédure pénale, si bien qu'elle peut rester accessible bien après qu'une action en diffamation serait prescrite. Ce n'est pas un substitut universel, car ses éléments constitutifs sont plus restreints, mais lorsque les faits correspondent à l'article 226-10, ce délai plus long est réellement ouvert.

Comment un tribunal décide-t-il qu'une accusation était fausse ?

Lorsqu'une décision devenue définitive d'acquittement, de relaxe ou de non-lieu a constaté que le fait dénoncé n'était pas établi ou n'était pas imputable à la personne, la fausseté est acquise de manière définitive et le juge ne la rouvre pas. Dans tous les autres cas, par exemple après un classement sans suite, le tribunal saisi de l'auteur de la dénonciation apprécie lui-même la véracité de l'accusation au vu des preuves.

La dénonciation calomnieuse est-elle la même chose que la dénonciation mensongère ?

Non. La dénonciation mensongère, prévue à l'article 434-26 du Code pénal, sanctionne le fait de signaler faussement un crime ou un délit ayant exposé les autorités à des investigations inutiles, et elle est punie de six mois d'emprisonnement et de 7 500 euros d'amende. Elle vise le gaspillage des moyens d'enquête, et non une fausse accusation ciblée visant une personne nommément désignée, adressée à quelqu'un en mesure de la sanctionner.

Sources et références

  1. Légifrance, Code pénal, article 226-10 (dénonciation calomnieuse)(legifrance.gouv.fr).gov
  2. Légifrance, Code pénal, Section 3 : De la dénonciation calomnieuse (articles 226-10 à 226-12)(legifrance.gouv.fr).gov
  3. Légifrance, Code pénal, article 434-26 (dénonciation mensongère)(legifrance.gouv.fr).gov
  4. Légifrance, Code de procédure pénale, article 8 (prescription du délit, six ans)(legifrance.gouv.fr).gov
  5. Légifrance, Loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, article 65 (prescription de trois mois)(legifrance.gouv.fr).gov
  6. Service-Public.gouv.fr, Justice pénale : quels sont les délais de prescription ? (fiche F31982)(service-public.gouv.fr).gov
  7. Service-Public.gouv.fr, Porter plainte (fiche F1435)(service-public.gouv.fr).gov
Partager :