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Ordonnances restrictives en Nouvelle-Écosse : l'ordonnance de protection d'urgence expliquée

Si vous êtes en danger immédiat en Nouvelle-Écosse, appelez d'abord le 911. Pour tout le reste, la seule ordonnance civile de violence familiale offerte dans la province est la « emergency protection order » (EPO, ordonnance de protection d'urgence) prévue par la Domestic Violence Intervention Act, qu'un juge de paix spécialement désigné peut accorder par téléphone, habituellement en 24 heures, et qui peut désormais durer jusqu'à un an, à la suite d'une modification de 2026 qui a fait passer le plafond antérieur de 30 jours à un an.
Informations vérifiées le 2026-08-15. Cet article n'a pas encore été révisé par un avocat.
Si vous êtes en danger immédiat
Une ordonnance de protection d'urgence est un outil juridique, pas une barrière physique. Elle est appliquée après qu'une personne y ait manqué, et elle ne peut pas empêcher une personne déterminée de se présenter avant que la police n'intervienne. Si vous êtes en danger en ce moment, appelez le 911. Ne confrontez pas un agresseur et ne comptez pas sur un bout de papier pour assurer votre sécurité dans l'immédiat.
Le ministère de la Justice de la Nouvelle-Écosse recense plusieurs autres numéros à conserver : le 211 (appel ou texto) pour les services de crise et les références communautaires, le 1-855-466-4994 comme ligne de crise de rechange, la ligne de demande d'EPO 1-866-816-6555 (qui vous met aussi en contact avec la maison de transition ou le service de police le plus proche), la ligne Voisins, amis et famille (Neighbour Friends and Family) au 1-855-225-0220, la ligne d'urgence sur la traite de personnes au 1-833-900-1010, et Jeunesse, J'écoute (Kids Help Phone) au 1-800-668-6868 pour les enfants et les jeunes.
La Domestic Violence Intervention Act de la Nouvelle-Écosse
La loi applicable est la Domestic Violence Intervention Act, S.N.S. 2001, c. 29, en vigueur depuis le 1er avril 2003 et modifiée le plus récemment par 2026, c. 4. Elle crée un seul type d'ordonnance, l'emergency protection order (EPO). L'article 6 de la loi porte le titre « Emergency intervention order », mais le texte qui suit ce titre accorde en réalité une « emergency protection order », et la section des définitions de la loi (art. 2f)) confirme qu'il s'agit bien du nom réel de l'ordonnance. Une lecture complète des 22 articles de la loi n'a révélé aucun deuxième type d'ordonnance, aucune « victim assistance order » (ordonnance d'assistance aux victimes) et aucune ordonnance restrictive civile générale créée séparément de l'EPO. (Le Nouveau-Brunswick, traité dans sa propre page, possède une ordonnance au nom similaire mais juridiquement distincte, l'ordonnance d'intervention d'urgence (emergency intervention order); les noms de ces deux ordonnances provinciales sont faciles à confondre, mais chacune relève de sa propre loi.)
Qui est admissible à une ordonnance de protection d'urgence
Selon l'article 2g), une « victime » est une personne âgée d'au moins 16 ans qui a été soumise à de la violence familiale par une personne qui :

- a cohabité ou cohabite avec la victime dans une relation conjugale, ou
- est, avec la victime, le parent d'un ou de plusieurs enfants, peu importe leur état civil ou le fait qu'elles aient déjà vécu ensemble.
La loi n'impose aucune durée minimale de cohabitation ou de relation avant de s'appliquer. Son libellé est neutre sur le plan du genre tout au long du texte, ce qui donne à penser que les partenaires de même sexe sont visés, bien qu'aucun article ne l'affirme explicitement. Les partenaires amoureux qui n'ont jamais cohabité et qui n'ont pas d'enfant en commun, tout comme les autres membres de la famille tels que les frères et sœurs, les parents, les colocataires ou les enfants adultes, échappent entièrement à cette loi. Si votre relation avec l'autre personne était une union de fait, consultez les unions de fait en Nouvelle-Écosse pour savoir comment ce statut est défini ailleurs dans le droit provincial.
Ce qu'une ordonnance de protection d'urgence peut exiger
L'article 8(1) permet à un juge de paix d'inclure toute combinaison des éléments suivants : l'occupation exclusive de la résidence de la victime pour une période déterminée; une directive à la police d'expulser le défendeur de cette résidence et de superviser le retrait de ses effets personnels; une interdiction de contact visant la victime ou une autre personne nommée; une obligation pour le défendeur de rester à l'écart d'un lieu déterminé; la possession temporaire de biens personnels précis tels qu'un véhicule, un chéquier, des cartes bancaires ou de santé, des pièces d'identité ou des clés; la protection de biens contre le fait d'être pris, convertis ou endommagés; une interdiction de commettre d'autres actes de violence familiale; une interdiction de publier le nom, l'adresse ou des renseignements permettant d'identifier la victime; une saisie policière des armes et de tout document d'autorisation d'armes; et la garde et les soins temporaires d'un enfant. Une clause fourre-tout permet au juge d'ajouter toute autre condition jugée nécessaire.
Les dispositions d'une EPO relatives à la garde et aux droits d'accès prévalent sur une ordonnance existante rendue en vertu de la Loi sur le divorce ou de la Parenting and Support Act de la Nouvelle-Écosse, mais pas sur une ordonnance rendue en vertu de la Children and Family Services Act. Pour les règles générales encadrant la façon dont les tribunaux canadiens tranchent les questions de garde et d'accès en dehors d'une ordonnance d'urgence, consultez le temps parental et la prise de décision.
Comment présenter une demande
Les demandes se font uniquement par téléphone, et le juge de paix est tenu d'enregistrer l'appel. Une victime qui présente elle-même une demande ne peut le faire qu'entre 9 h et 21 h. Cette plage horaire ne s'applique pas à une « personne désignée » qui présente une demande au nom de la victime, ce qui comprend un agent de la paix, un intervenant des services aux victimes du ministère de la Justice, de la police ou de la GRC, ou un employé désigné d'une maison de transition; une personne désignée peut présenter une demande en tout temps, ce qui rend le processus effectivement accessible en tout temps. L'ordonnance est accordée par un juge de paix spécialement désigné à cette fin par le juge en chef de la Cour provinciale, et l'audience doit se conclure dans les 24 heures suivant la présentation de la demande. Pour amorcer une demande, appelez le 1-866-816-6555 ou communiquez avec la maison de transition ou le service de police le plus proche.
Après le prononcé de l'ordonnance : transmission et révision
Une fois l'EPO accordée, le juge de paix doit la transmettre, avec les documents à l'appui incluant l'enregistrement, au tribunal dans les deux jours ouvrables. Un juge la révise ensuite dans les 7 jours ouvrables suivant sa réception par le tribunal. Si le juge est convaincu qu'il y avait suffisamment de preuves, l'ordonnance est confirmée ou modifiée; sinon, le juge ordonne la tenue d'une audience complète, au cours de laquelle l'ordonnance peut tout de même être confirmée même si le défendeur ne se présente pas.
Durée d'une ordonnance de protection d'urgence
C'est ici que l'information à jour et l'information désuète entrent véritablement en conflit, alors il vaut la peine de le dire clairement : selon l'article 8(2), tel que modifié par 2026, c. 4, art. 10, un juge de paix peut accorder une EPO pour une période maximale d'un an. Il s'agit d'un changement récent et important. Avant cette modification, le maximum était de 30 jours, et un communiqué du ministère de la Justice de la Nouvelle-Écosse daté du 25 février 2026 précisait que le maximum antérieur de 30 jours était, à l'époque, la durée d'EPO la plus courte de tout le Canada. Une brochure d'éducation publique du ministère de la Justice antérieure à la modification indique encore « jusqu'à 30 jours »; cette brochure n'a pas été mise à jour en fonction de la loi actuelle, et les lecteurs devraient considérer le chiffre de 30 jours, où qu'ils le rencontrent, comme dépassé.

Une EPO peut aussi être prolongée : selon l'article 12(4), un juge peut prolonger une ordonnance pour une période supplémentaire maximale d'un an à compter de la date d'expiration de l'ordonnance initiale. Un tribunal peut par ailleurs modifier, mettre fin à ou révoquer toute partie d'une ordonnance en tout temps après sa signification.
Frais
Une lecture complète des règlements de la Domestic Violence Intervention Act n'a révélé aucune disposition relative à des frais pour une demande d'EPO, et les règlements généraux de la Costs and Fees Act de la Nouvelle-Écosse ne contiennent non plus aucune mention des questions de violence familiale ou de protection d'urgence. Cette absence laisse fortement croire que la démarche est gratuite, mais aucune source néo-écossaise ne l'affirme explicitement, de sorte que cette page traite cela comme une absence documentée de frais plutôt que comme une garantie confirmée de gratuité.
Ce qui se passe en cas de manquement à l'ordonnance
Selon l'article 18, constitue une infraction le fait de ne pas se conformer à une EPO, d'en demander une de façon fausse ou malveillante, de faire obstacle à une personne qui exerce une fonction autorisée par la loi, ou de publier des renseignements que l'ordonnance interdit de divulguer. Sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire, une première infraction entraîne une amende maximale de 5 000 $, jusqu'à trois mois d'emprisonnement, ou les deux; une infraction subséquente entraîne une amende maximale de 10 000 $, jusqu'à deux ans d'emprisonnement, ou les deux. L'article 19 confère à la police le pouvoir d'arrêter une personne sans mandat lorsqu'il existe des motifs raisonnables de croire qu'elle a manqué à une ordonnance. Une disposition distincte, l'article 20, vise l'outrage ou la résistance au processus judiciaire prévu par la loi, avec une amende maximale de 5 000 $ ou une peine maximale de 90 jours d'emprisonnement. Pour un portrait plus large du droit criminel entourant la violence familiale au Canada, consultez les lois sur la violence familiale au Canada.
Engagements de ne pas troubler l'ordre public et autres options
Un engagement de ne pas troubler l'ordre public (peace bond) est une voie distincte, relevant du tribunal criminel. Les documents d'éducation juridique publique en droit familial de la Nouvelle-Écosse décrivent une demande présentée à la Cour provinciale, précisent que la Cour suprême (Division de la famille) ne traite habituellement pas les engagements de ne pas troubler l'ordre public, et expliquent qu'un tel engagement exige de donner un avis à l'autre personne et de lui laisser la possibilité de répondre, ce qui rend le processus plus lent qu'une EPO pour une situation véritablement urgente. Les engagements de ne pas troubler l'ordre public sont généralement compris comme étant délivrés en vertu de l'article 810 du Code criminel, bien que la source néo-écossaise précise décrivant le processus ne cite pas directement ce numéro d'article. Pour une explication plus complète du fonctionnement des engagements de ne pas troubler l'ordre public partout au Canada, consultez les engagements de ne pas troubler l'ordre public au Canada.
Ordonnances provenant d'autres provinces
Une lecture complète de la Domestic Violence Intervention Act n'a révélé aucune disposition traitant de la reconnaissance, de l'enregistrement ou de l'exécution d'une ordonnance de protection délivrée par une autre province ou un autre territoire canadien. Aucune loi néo-écossaise complémentaire traitant précisément de cette question n'a non plus été trouvée. Ceci ne correspond pas à une recherche exhaustive de l'ensemble du recueil des lois de la Nouvelle-Écosse pour une éventuelle loi générale distincte sur l'exécution réciproque, de sorte que ceci est présenté ici comme une lacune documentée plutôt que comme la certitude qu'aucun tel mécanisme n'existe nulle part dans le droit provincial.

Ressources connexes en Nouvelle-Écosse
Si votre situation implique aussi une séparation d'avec un conjoint ou un conjoint de fait, consultez les unions de fait en Nouvelle-Écosse, le divorce au Canada et les accords de séparation au Canada. Pour savoir comment un dossier judiciaire de la Nouvelle-Écosse, y compris une EPO transmise au tribunal après l'étape d'urgence, est traité une fois qu'il fait partie du dossier judiciaire, consultez les dossiers judiciaires en Nouvelle-Écosse. Pour savoir comment l'approche de la Nouvelle-Écosse se compare au reste du pays, consultez l'échelle des ordonnances restrictives partout au Canada.
Avis de non-responsabilité
Cet article est fourni à titre informatif seulement et ne constitue pas un avis juridique. Les lois de la Nouvelle-Écosse en matière de violence familiale évoluent, plus récemment en 2026 lorsque la durée maximale de l'ordonnance de protection d'urgence a été portée de 30 jours à un an, de sorte que les chiffres présentés dans cette page devraient être vérifiés par rapport à la version actuelle de la Domestic Violence Intervention Act avant de vous y fier. Cette page signale également ce qui n'a pas pu être confirmé auprès d'une source primaire : si les partenaires de même sexe sont explicitement visés (ce qui est implicite en raison du libellé neutre sur le plan du genre, mais n'est pas énoncé explicitement), si la démarche est formellement gratuite (aucune disposition relative à des frais n'a été trouvée, mais aucune source n'affirme explicitement « gratuit »), et si une loi néo-écossaise reconnaît une ordonnance de protection d'une autre province (aucune disposition n'a été trouvée dans la loi elle-même, bien que l'ensemble du recueil des lois de la province n'ait pas fait l'objet d'une recherche exhaustive). Si vous êtes en danger immédiat, appelez le 911. Pour une ordonnance de protection d'urgence, appelez le 1-866-816-6555 ou communiquez avec la maison de transition ou le service de police le plus proche.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une ordonnance de protection d'urgence en Nouvelle-Écosse?
Il s'agit de la seule ordonnance civile en matière de violence familiale créée par la Domestic Violence Intervention Act de la Nouvelle-Écosse. Un juge de paix spécialement désigné peut en accorder une par téléphone, habituellement en 24 heures, à une victime admissible de violence familiale.
Combien de temps dure une ordonnance de protection d'urgence en Nouvelle-Écosse?
Jusqu'à un an, à la suite d'une modification de 2026 apportée à la loi. Le maximum antérieur était de 30 jours, un chiffre qui figure encore dans certains documents néo-écossais plus anciens, mais qui n'est plus à jour.
Qui peut présenter une demande d'ordonnance de protection d'urgence en Nouvelle-Écosse?
Une victime admissible, soit une personne d'au moins 16 ans qui a cohabité avec l'autre personne dans une relation conjugale ou qui partage un enfant avec elle, peut présenter elle-même une demande par téléphone entre 9 h et 21 h. Un agent de police, un intervenant des services aux victimes ou un employé d'une maison de transition peut présenter une demande au nom de la victime en tout temps.
Est-ce que cela coûte de l'argent pour demander une ordonnance de protection d'urgence en Nouvelle-Écosse?
Aucune disposition relative à des frais n'a été trouvée dans la loi habilitante ou ses règlements, ce qui laisse fortement croire que la démarche est gratuite, bien qu'aucune source néo-écossaise ne l'affirme explicitement.
Que se passe-t-il si une personne manque à une ordonnance de protection d'urgence en Nouvelle-Écosse?
Il s'agit d'une infraction. Un premier manquement entraîne une amende maximale de 5 000 $, jusqu'à trois mois d'emprisonnement, ou les deux. Un manquement subséquent entraîne une amende maximale de 10 000 $, jusqu'à deux ans d'emprisonnement, ou les deux, et la police peut arrêter sans mandat une personne soupçonnée d'avoir manqué à l'ordonnance.
La Nouvelle-Écosse reconnaîtra-t-elle une ordonnance restrictive provenant d'une autre province?
Aucune disposition traitant de cette question n'a été trouvée dans la Domestic Violence Intervention Act elle-même. Il s'agit d'une lacune documentée dans ce qui a été examiné, et non d'une affirmation confirmant qu'aucune autre loi néo-écossaise ne traite de cette question.
Sources et références
- Domestic Violence Intervention Act, S.N.S. 2001, c. 29 (codifiée en date du 9 avril 2026)(nslegislature.ca).gov
- Règlements de la Domestic Violence Intervention Act(novascotia.ca).gov
- Ministère de la Justice de la Nouvelle-Écosse - Services aux victimes, violence familiale(novascotia.ca).gov
- Gouvernement de la Nouvelle-Écosse - Des modifications renforcent le soutien et la sécurité des enfants et des familles (25 février 2026)(news.novascotia.ca).gov
- Règlements de la Costs and Fees Act de la Nouvelle-Écosse(novascotia.ca).gov
- nsfamilylaw.ca - Demandes et ordonnances urgentes/d'urgence : aperçu(nsfamilylaw.ca)
- nsfamilylaw.ca - Demandes et ordonnances urgentes/d'urgence : engagements de ne pas troubler l'ordre public(nsfamilylaw.ca)
- Ministère de la Justice de la Nouvelle-Écosse - Brochure sur la Domestic Violence Intervention Act (chiffres antérieurs à 2026)(novascotia.ca).gov