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Les unions de fait en Nouvelle-Écosse : droits et biens

En Nouvelle-Écosse, le simple fait de vivre ensemble ne donne pas à un conjoint de fait le droit de partager les biens ou d'hériter d'un conjoint décédé sans testament; ces droits n'apparaissent que si le couple franchit l'étape supplémentaire d'enregistrer un partenariat domestique, tandis que le soutien alimentaire entre conjoints devient automatiquement offert dès que le couple a cohabité pendant deux ans ou a un enfant ensemble.
Informations vérifiées le 2026-08-15. Cet article n'a pas encore été révisé par un avocat.
La Nouvelle-Écosse applique deux régimes distincts pour les couples non mariés
La plupart des provinces accordent aux couples de fait un ensemble unique, bien que limité, de droits automatiques. La Nouvelle-Écosse fait les choses différemment : elle sépare le soutien alimentaire entre conjoints, qui devient automatiquement offert dès qu'un couple satisfait à un critère de cohabitation, de tout le reste, soit le partage des biens, l'héritage et environ vingt autres protections légales, qui demeurent fermés à un couple non marié à moins qu'il ne s'enregistre officiellement comme partenaires domestiques.
Cette distinction est l'élément le plus important à comprendre avant de lire quoi que ce soit d'autre sur le statut de conjoint de fait en Nouvelle-Écosse. Pour savoir comment les autres provinces se comparent, voir notre aperçu des unions de fait au Canada.
Première voie : le soutien alimentaire entre conjoints est automatique
En vertu de la Parenting and Support Act, R.S.N.S. 1989, c. 160, alinéa 2(m), vous comptez comme un « spouse » (conjoint) aux fins du soutien alimentaire si vous n'êtes pas marié à votre conjoint et que :
- Vous êtes des partenaires domestiques, ou d'anciens partenaires domestiques, enregistrés en vertu de la Vital Statistics Act (traité ci-dessous); ou
- Vous avez cohabité dans une relation conjugale de façon continue pendant au moins deux ans; ou
- Vous avez cohabité dans une relation conjugale et avez un enfant ensemble, peu importe la durée de la relation.
Remplir l'une ou l'autre de ces trois conditions ouvre la porte à une demande de soutien alimentaire en vertu de la même loi qu'utilisent les conjoints mariés. Cela ne crée pas, en soi, de droit sur les biens ou l'héritage; ceux-ci sont régis par des lois entièrement distinctes, traitées ci-dessous. Pour savoir comment le montant et la durée du soutien alimentaire sont généralement établis une fois le droit établi, voir notre guide sur le soutien alimentaire entre conjoints au Canada.
Deuxième voie : l'enregistrement d'un partenariat domestique
La Nouvelle-Écosse est l'une des rares provinces qui permet à un couple non marié d'opter, sur demande, pour un statut complet équivalent à celui de conjoint, sans attendre l'écoulement d'un délai de cohabitation. Le mécanisme est l'enregistrement d'un partenariat domestique en vertu des articles 52 à 56 de la Vital Statistics Act, R.S.N.S. 1989, c. 494.

Deux personnes qui cohabitent, ou qui ont l'intention de cohabiter, dans une relation conjugale signent une déclaration devant témoin. L'enregistrement est interdit si l'une des deux personnes est mineure, ne réside pas habituellement en Nouvelle-Écosse ou n'y possède pas de bien, est déjà mariée, ou est déjà partie à une déclaration en vigueur avec une autre personne.
Les directives de la Nouvelle-Écosse elle-même sur l'enregistrement énoncent clairement les conditions d'admissibilité pratiques : les deux conjoints doivent « avoir 19 ans ou plus, avoir vécu en Nouvelle-Écosse pendant au moins 3 mois immédiatement avant d'enregistrer leur partenariat domestique, ou posséder un bien immobilier en Nouvelle-Écosse ». Ces chiffres précis ne se trouvent pas explicitement dans le texte même de la loi, qui parle plus généralement de minorité et de résidence habituelle, mais la page de service de la province les énonce comme les conditions actuelles pour s'enregistrer.
Ce que l'enregistrement fait réellement est le fait structurel le plus important de cette page. En vertu du paragraphe 54(2) de la loi, une fois enregistrés, les partenaires domestiques ont, entre eux et à l'égard de toute autre personne, les mêmes droits et obligations qu'un conjoint en vertu, entre autres lois, de l'Intestate Succession Act, de la Matrimonial Property Act, de la Probate Act, et en tant que veuve ou veuf en vertu de la Testators' Family Maintenance Act, en plus de plus d'une douzaine d'autres lois de la Nouvelle-Écosse portant sur les pensions, les assurances, l'indemnisation des accidents du travail et les décisions en matière de santé. L'enregistrement transforme une union de fait en un statut complet de conjoint en vertu d'environ vingt lois, en une seule étape. Ne pas s'enregistrer, peu importe depuis combien de temps le couple vit ensemble, ne procure pas ce statut.
Partage des biens : aucun droit sans enregistrement
La Matrimonial Property Act, R.S.N.S. 1989, c. 275, définit étroitement « spouse » (conjoint) : « l'un ou l'autre d'un homme et d'une femme qui (i) sont mariés l'un à l'autre, (ii) sont mariés l'un à l'autre par un mariage annulable qui n'a pas été annulé par une déclaration de nullité, ou (iii) ont contracté l'un avec l'autre, de bonne foi, une forme de mariage qui est nulle et cohabitent ou ont cohabité ».
Cette définition ne comporte aucune branche fondée sur la seule cohabitation. Un conjoint de fait non marié et non enregistré en Nouvelle-Écosse n'a aucun droit légal au partage égal des biens matrimoniaux, peu importe la durée de la relation. L'enregistrement d'un partenariat domestique comble entièrement cette lacune, au moyen de l'extension prévue au paragraphe 54(2) décrite ci-dessus.
Sans enregistrement, les seuls recours offerts sont les mêmes doctrines d'equity qui s'appliquent à l'échelle nationale : une action pour enrichissement injustifié, pouvant donner lieu à une fiducie par interprétation sur des biens précis, selon les principes établis par la Cour suprême du Canada dans Kerr v. Baranow, 2011 SCC 10, ou ce que prévoit une convention de cohabitation privée. Le concept de « contrat familial » (domestic contract) prévu par la Matrimonial Property Act elle-même est structuré autour des conjoints mariés ou enregistrés, de sorte que la convention d'un couple non marié fonctionne comme un contrat ordinaire plutôt que comme un contrat familial légal. Voir notre guide sur les conventions de séparation au Canada pour savoir comment ces conventions sont habituellement structurées.
Si votre conjoint décède sans testament : également aucun droit sans enregistrement
L'Intestate Succession Act, R.S.N.S. 1989, c. 236, est encore plus catégorique que la loi sur les biens. Sa section d'interprétation ne définit que « estate » (succession), « issue » (descendants) et « net value » (valeur nette); elle ne contient aucune définition du terme « spouse » (conjoint), et aucune mention nulle part dans la loi de la cohabitation, des conjoints de fait ou des partenaires domestiques. Le régime de distribution accorde au conjoint survivant et à un enfant la moitié de la succession, plus une part préférentielle, qui se lit, dans le texte codifié actuel, comme 50 000 $ (la date d'en-tête de la codification remonte à 1999, de sorte qu'un lecteur qui s'y fie devrait confirmer que ce montant n'a pas été mis à jour par une modification ultérieure), avant que le reliquat ne soit partagé; un conjoint ayant deux enfants ou plus obtient le tiers. Un conjoint de fait non enregistré n'apparaît nulle part dans ce régime et n'en hérite rien.
Le filet de sécurité qui existe pour les conjoints exclus d'un testament, la Testators' Family Maintenance Act, R.S.N.S. 1989, c. 465, n'aide pas non plus par défaut : elle définit « dependant » (personne à charge) comme « la veuve ou le veuf, ou l'enfant, d'un testateur », là encore sans branche fondée sur la cohabitation. Ainsi, un conjoint de fait non enregistré en Nouvelle-Écosse n'a ni part automatique en cas de succession ab intestat, ni recours en aide aux personnes à charge.
Le pont est le même que celui décrit ci-dessus : les alinéas 54(2)e) et o) de la Vital Statistics Act étendent à un partenaire domestique enregistré à la fois le statut de conjoint au sens de l'Intestate Succession Act et le statut de veuve ou de veuf au sens de la Testators' Family Maintenance Act. L'enregistrement, ou simplement le fait d'avoir un testament, comble entièrement cette lacune. Voir notre guide sur le décès sans testament au Canada pour savoir comment fonctionne généralement la succession ab intestat.
Les programmes fédéraux appliquent des règles entièrement différentes
Les prestations de survivant du RPC et la définition fiscale fédérale de 12 mois de l'ARC sont des règles fédérales qui s'appliquent de la même façon dans toutes les provinces, y compris en Nouvelle-Écosse. Elles ne suivent pas le seuil provincial de 2 ans de la Nouvelle-Écosse ni son système d'enregistrement de partenariat domestique, et remplir un critère ne rend pas automatiquement admissible à l'autre.

Ce que les couples de fait de la Nouvelle-Écosse devraient réellement faire
- Si vous voulez un statut complet de conjoint dès maintenant, et que vous remplissez les conditions d'admissibilité (19 ans ou plus, 3 mois de résidence en Nouvelle-Écosse ou propriété d'un bien immobilier néo-écossais), l'enregistrement d'un partenariat domestique est la voie la plus rapide vers des droits sur les biens, l'héritage et les pensions équivalents à ceux du mariage.
- Si vous ne vous enregistrez pas, une convention de cohabitation écrite est le principal outil pour établir vos propres conditions en matière de biens, et un testament est essentiel, puisque la succession ab intestat laisse autrement un conjoint non enregistré sans rien. Voir notre guide sur la rédaction d'un testament au Canada.
- La preuve de la cohabitation pour le critère de 2 ans ou d'enfant commun aux fins du soutien alimentaire suit généralement le même schéma pratique utilisé à l'échelle nationale : finances communes, bail ou hypothèque conjoints, déclarations de revenus et représentation publique en tant que couple, bien qu'aucune liste de vérification légale propre à la Nouvelle-Écosse n'ait été trouvée dans le texte même de la loi.
Conjoints mariés, partenaires enregistrés et conjoints de fait non enregistrés : comparaison
| Droit | Conjoint marié | Partenaire domestique enregistré | Conjoint de fait non enregistré |
|---|---|---|---|
| Partage des biens (Matrimonial Property Act) | Automatique | Automatique, par le pont de la Vital Statistics Act | Non automatique; doit prouver l'enrichissement injustifié ou s'appuyer sur une convention de cohabitation |
| Soutien alimentaire entre conjoints | Automatique | Automatique | Automatique après 2 ans de cohabitation, ou plus tôt en présence d'un enfant commun |
| Succession ab intestat (Intestate Succession Act) | Automatique | Automatique, par le pont de la Vital Statistics Act | Aucun; la loi ne reconnaît pas du tout les conjoints de fait |
| Aide aux personnes à charge (Testators' Family Maintenance Act) | Automatique, en tant que veuve ou veuf | Automatique, par le pont de la Vital Statistics Act | Non offerte; la personne à charge visée par la loi se limite à une veuve, un veuf ou un enfant |
L'option d'enregistrement de la Nouvelle-Écosse est inhabituelle à l'échelle nationale. L'Ontario, à titre de comparaison, n'a pas d'équivalent facultatif et intègre plutôt directement un critère de 3 ans (ou fondé sur un enfant) dans sa propre définition de conjoint aux seules fins du soutien alimentaire; voir notre page sur les unions de fait en Ontario pour ce contraste.
Avis de non-responsabilité
Cet article fournit des renseignements généraux sur le droit de la famille en Nouvelle-Écosse et ne constitue pas un avis juridique. Deux chiffres présentés ici méritent une réserve : l'âge exact et les conditions de résidence pour l'enregistrement d'un partenariat domestique (19 ans, 3 mois de résidence, ou propriété immobilière) proviennent de la page de service de la province plutôt que du texte même du règlement, qui n'a pas été consulté directement dans le cadre de cette recherche, et la part préférentielle de 50 000 $ prévue par l'Intestate Succession Act est tirée d'une codification portant une date d'en-tête de 1999 et devrait être confirmée par rapport au montant actuel avant de s'y fier. Les résultats en matière de droit de la famille et de succession dépendent des faits propres à chaque relation. Consultez un avocat autorisé en droit de la famille de la Nouvelle-Écosse au sujet de votre situation.

Questions fréquentes
Les conjoints de fait de la Nouvelle-Écosse ont-ils les mêmes droits que les couples mariés?
Pas automatiquement. Les conjoints de fait de la Nouvelle-Écosse sont admissibles au soutien alimentaire entre conjoints après 2 ans de cohabitation, ou plus tôt en présence d'un enfant commun, mais ils n'ont aucun droit automatique de partager les biens ou d'hériter en cas de succession ab intestat. Ces droits n'apparaissent que si le couple enregistre un partenariat domestique en vertu de la Vital Statistics Act, ce qui le traite ensuite comme un conjoint en vertu d'environ 20 lois différentes de la Nouvelle-Écosse.
Combien de temps faut-il vivre ensemble pour être considéré conjoint de fait en Nouvelle-Écosse?
Pour le soutien alimentaire entre conjoints, le seuil est de 2 ans de cohabitation continue, ou n'importe quelle durée si vous et votre conjoint avez un enfant ensemble. Pour le partage des biens et l'héritage, aucun seuil de cohabitation ne crée de droits automatiques; ceux-ci ne découlent que de l'enregistrement d'un partenariat domestique, peu importe depuis combien de temps le couple vit ensemble.
Qu'est-ce qu'un partenariat domestique enregistré en Nouvelle-Écosse et comment l'obtenir?
Il s'agit d'une déclaration officielle, signée et attestée par un témoin, que deux conjoints qui cohabitent ou qui ont l'intention de cohabiter déposent en vertu de la Vital Statistics Act. Les directives de la Nouvelle-Écosse précisent que les deux conjoints doivent être âgés d'au moins 19 ans et avoir vécu dans la province pendant au moins 3 mois immédiatement avant l'enregistrement, ou posséder un bien immobilier en Nouvelle-Écosse. Une fois enregistré, le couple a les mêmes droits que les conjoints mariés en vertu de la Matrimonial Property Act, de l'Intestate Succession Act et d'environ 20 autres lois.
Les conjoints non mariés partagent-ils les biens lorsqu'ils se séparent en Nouvelle-Écosse?
Pas à moins d'avoir enregistré un partenariat domestique. La Matrimonial Property Act définit le conjoint comme une personne mariée, de sorte qu'un conjoint de fait non enregistré n'a aucun droit légal au partage égal des biens, peu importe la durée de la relation. Le recours de repli est une action pour enrichissement injustifié ou une convention de cohabitation.
Un conjoint de fait hérite-t-il automatiquement en Nouvelle-Écosse en l'absence de testament?
Non, à moins que le couple n'ait enregistré un partenariat domestique. L'Intestate Succession Act ne définit pas du tout le terme conjoint, et le recours en aide aux personnes à charge de la Testators Family Maintenance Act ne vise qu'une veuve, un veuf ou un enfant, et non un conjoint non marié. L'enregistrement, ou le fait d'avoir un testament, comble cette lacune.
La règle sur l'union de fait de la Nouvelle-Écosse est-elle la même que la définition de l'ARC aux fins fiscales?
Non. L'ARC considère généralement un couple comme étant en union de fait aux fins fiscales fédérales après 12 mois de cohabitation, ce qui est une règle fédérale distincte qui ne suit pas le seuil provincial de 2 ans de la Nouvelle-Écosse ni son système d'enregistrement de partenariat domestique.
Que devrait faire un couple de fait de la Nouvelle-Écosse s'il ne veut pas enregistrer un partenariat domestique?
Mettre en place une convention de cohabitation écrite pour établir les conditions relatives aux biens, puisque la loi par défaut laisse très peu de droits à un conjoint non enregistré, et rédiger un testament, puisqu'un conjoint de fait non enregistré n'hérite de rien automatiquement en cas de succession ab intestat en Nouvelle-Écosse.
Sources et références
- Parenting and Support Act, R.S.N.S. 1989, c. 160, al. 2(m) (définition du conjoint aux fins du soutien alimentaire)(nslegislature.ca).gov
- Vital Statistics Act, R.S.N.S. 1989, c. 494, art. 52 à 56 (enregistrement du partenariat domestique et ses effets)(nslegislature.ca).gov
- Matrimonial Property Act, R.S.N.S. 1989, c. 275 (définition du conjoint limitée aux personnes mariées et partage des biens)(nslegislature.ca).gov
- Intestate Succession Act, R.S.N.S. 1989, c. 236 (régime de distribution en cas de succession ab intestat; aucune définition du conjoint)(nslegislature.ca).gov
- Testators' Family Maintenance Act, R.S.N.S. 1989, c. 465 (aide aux personnes à charge limitée à une veuve, un veuf ou un enfant)(nslegislature.ca).gov
- Gouvernement de la Nouvelle-Écosse : enregistrer votre partenariat domestique (conditions d'admissibilité)(novascotia.ca).gov
- Kerr v. Baranow, 2011 SCC 10, [2011] 1 SCR 269 (enrichissement injustifié, entreprise familiale commune) - motifs de la Cour suprême du Canada, copie officielle(decisions.scc-csc.ca).gov