Canada
Ordonnances restrictives et ordonnances de protection d'urgence à Terre-Neuve-et-Labrador

Si vous êtes en danger immédiat à Terre-Neuve-et-Labrador, appelez le 911. Au-delà de cette urgence, la Family Violence Protection Act permet à un juge de la Cour provinciale d'accorder une ordonnance de protection d'urgence sans préavis à l'autre personne, habituellement en 24 heures, plafonnée à 90 jours, et par la loi, elle ne peut être renouvelée ni prolongée une fois expirée.
Informations vérifiées le 2026-08-15. Cet article n'a pas encore été révisé par un avocat.
Une loi, un seul type d'ordonnance
Le cadre de violence familiale de Terre-Neuve-et-Labrador relève de la Family Violence Protection Act (FVPA), SNL 2005, chapitre F-3.1, modifiée le plus récemment par une loi modificatrice de 2024. Contrairement à certaines provinces, elle crée un seul type d'ordonnance : l'ordonnance de protection d'urgence (EPO). Il n'y a aucune ordonnance civile distincte à plus long terme dans cette loi. Une protection à plus long terme provient plutôt d'une autre loi, l'ordonnance restrictive propre à la Family Law Act, décrite ci-dessous.
Une EPO est une ordonnance civile de la Cour provinciale. Elle ne constitue pas elle-même une accusation criminelle et ne crée pas de casier judiciaire. Les tribunaux mêmes de Terre-Neuve-et-Labrador l'expliquent directement : la loi « n'a pas pour but de décriminaliser la violence familiale », de sorte qu'une enquête criminelle, des accusations criminelles et une demande d'EPO peuvent toutes progresser en même temps pour la même conduite.
Qui la FVPA protège
Une EPO peut être demandée par une personne qui :
- réside ou a résidé avec le défendeur dans une relation conjugale, mariée ou non, sans durée minimale requise;
- est, avec le défendeur, le parent d'un ou de plusieurs enfants, peu importe leur état civil ou le fait qu'elles aient déjà vécu ensemble;
- est liée au défendeur par le sang, le mariage ou l'adoption, qu'elles aient déjà vécu ensemble ou non; ou
- est ou était dans une relation d'aide avec le défendeur, c'est-à-dire qu'une personne est ou était dépendante de l'autre pour l'assistance aux activités de la vie quotidienne en raison d'un handicap, d'une maladie ou d'une déficience. Cette catégorie a été ajoutée par une modification de 2024.
Il n'existe aucune catégorie autonome de « relation amoureuse » pour un partenaire non cohabitant sans enfant en commun; selon le libellé actuel, ce type de relation ne semble relever d'aucune des quatre catégories ci-dessus.
La « violence familiale » au sens de la loi comprend les voies de fait causant une crainte pour sa sécurité, un acte ou une omission intentionnel, imprudent ou menacé causant des lésions corporelles ou des dommages matériels, la séquestration, l'agression sexuelle, l'exploitation, la molestation ou une menace de celles-ci, une conduite causant une crainte raisonnable pour sa sécurité comme le fait de suivre, de contacter ou d'enregistrer quelqu'un, un ensemble de comportements causant un préjudice psychologique ou émotionnel, une conduite de contrôle financier, et le fait de priver quelqu'un de nourriture, de vêtements, de soins médicaux, de logement, de transport ou d'autres nécessités de la vie.
Ce qu'une EPO peut exiger
Un juge convaincu que de la violence familiale s'est produite et que l'ordonnance est nécessaire et souhaitable pour la protection immédiate du demandeur peut inclure, entre autres dispositions : l'occupation exclusive de la résidence pour une période déterminée, peu importe la propriété; l'expulsion du défendeur de la résidence par la police, ou l'accompagnement policier pour superviser le retrait d'effets personnels; l'interdiction de tout contact direct ou indirect avec le demandeur ou une autre personne nommée; l'interdiction pour le défendeur de s'approcher de lieux déterminés, y compris la résidence, le lieu de travail ou l'école d'un enfant du demandeur; la possession temporaire de biens personnels précis tels qu'un véhicule, des pièces d'identité, des cartes bancaires ou des clés; l'interdiction pour le défendeur de disposer de biens dans lesquels le demandeur a un intérêt, de faire cesser les services publics, ou de commettre d'autres actes de violence familiale; l'interdiction de publier le nom ou l'adresse du demandeur ou d'un enfant; l'obligation pour le défendeur de continuer d'effectuer les paiements de loyer ou d'hypothèque; et l'attribution de la garde temporaire d'un enfant. Lorsqu'une arme a été utilisée ou que son usage a été menacé, l'ordonnance peut exiger que le défendeur remette ses armes et tout document d'autorisation à la police, qui est autorisée à les rechercher et à les saisir en cas de non-conformité.

Comment présenter une demande : une véritable lacune d'accès
Seul un juge de la Cour provinciale accorde une EPO à Terre-Neuve-et-Labrador, y compris un juge de garde spécialement désigné pour les heures en dehors des heures normales. La façon dont une personne accède réellement à ce juge dépend de qui présente la demande :
- Un demandeur direct, c'est-à-dire la victime elle-même, doit présenter sa demande en personne, pendant les heures normales du tribunal, du lundi au vendredi, à l'exclusion des jours fériés.
- Un avocat ou un agent de police présentant une demande au nom de la victime, avec son consentement, peut le faire en personne ou par télécopieur, pendant les heures normales.
- En dehors des heures normales, seul un agent de police peut présenter une demande, par télécopieur au juge de garde, après avoir d'abord téléphoné pour confirmer sa disponibilité.
La Cour provinciale décrit cela comme une voie accessible 24 heures sur 24, mais cette voie passe par la police, et non par une victime qui appellerait directement. Aucune disposition de la loi ou de ses règles ne permet à un demandeur de téléphoner lui-même pour présenter une demande d'EPO en tout temps. Une décision est normalement attendue dans les 24 heures suivant le dépôt de la demande.
Durée : plafonnée et explicitement non renouvelable
La durée d'une EPO ne peut excéder 90 jours, fixée par le juge dans cette limite. La loi précise ensuite directement qu'une ordonnance de protection d'urgence ne peut être renouvelée ni prolongée. La Cour provinciale de Terre-Neuve-et-Labrador explique le raisonnement : comme elle est conçue comme une réponse d'urgence à court terme, elle ne peut pas être prolongée une fois expirée. Une personne qui a toujours besoin de protection après 90 jours doit se tourner vers un autre mécanisme, comme l'ordonnance restrictive de la Family Law Act ou un engagement de ne pas troubler l'ordre public, et non vers une seconde EPO en vertu de cette loi.
Révision après coup
Il n'y a pas d'audience de confirmation automatique et intégrée par le tribunal comme l'exigent certaines provinces. Le défendeur a plutôt le droit de demander, dans les 10 jours suivant la signification ou l'avis de l'ordonnance, que celle-ci soit révisée et annulée. L'ordonnance n'est pas suspendue pendant que cette demande est en instance, de sorte qu'elle demeure en vigueur. Le demandeur ou le défendeur peut aussi, séparément, demander en tout temps avant l'expiration de l'ordonnance de la modifier ou d'y mettre fin en raison d'un changement important de circonstances.
Frais
Aucuns frais de demande, de dépôt ou d'audience pour une EPO n'ont été trouvés dans la loi, ses règles, les pages Web de la Cour provinciale, ou deux brochures du ministère de la Justice et de la Sécurité publique sur ce sujet. Aucun barème de frais de la Cour provinciale couvrant les demandes de violence familiale n'a non plus été trouvé; les barèmes de frais existants couvrent les affaires de la Cour des petites créances. Ceci est rapporté comme une déduction tirée d'une absence constante de toute disposition relative à des frais dans toutes les sources consultées, et non comme une affirmation gouvernementale explicite de gratuité.

Manquement à une ordonnance
Le fait de ne pas se conformer à une EPO, de faire sciemment une fausse déclaration dans une demande ou une audience, ou de faire obstacle à une personne qui exerce une fonction autorisée par la loi, constitue une infraction. Une première infraction entraîne une amende d'au plus 2 000 $ ou une peine d'emprisonnement d'au plus 6 mois, ou les deux. Une infraction subséquente entraîne une amende d'au plus 5 000 $ ou une peine d'emprisonnement d'au plus 12 mois, ou les deux. La police peut arrêter une personne sans mandat s'il existe des motifs raisonnables qu'un manquement s'est produit. Une EPO elle-même ne constitue pas un casier judiciaire, mais une déclaration de culpabilité pour manquement en constitue un.
Autres outils à Terre-Neuve-et-Labrador
Une EPO est l'un d'au moins trois mécanismes distincts offerts dans la province, chacun relevant d'une loi différente :
- Les engagements de ne pas troubler l'ordre public (peace bonds) du Code criminel, traités d'abord par un juge de paix et, s'ils sont contestés, tranchés par un juge. S'il est accordé, le défendeur souscrit un engagement d'une durée maximale de 12 mois, et le juge doit envisager une interdiction de possession d'armes à feu. Souscrire l'engagement ne constitue pas en soi une déclaration de culpabilité, mais une déclaration de culpabilité pour manquement en constitue une, en vertu de l'article 811 du Code criminel.
- L'« order restraining harassment » (ordonnance restrictive interdisant le harcèlement) de l'article 81 de la Family Law Act. Il s'agit d'une ordonnance de la Cour suprême relevant du droit de la famille, plus restreinte qu'une EPO : elle se limite à un conjoint, alors que les quatre catégories de demandeurs de la FVPA sont plus larges. Elle n'a aucun plafond de durée comparable aux 90 jours de l'EPO, et peut inclure la possession exclusive du foyer conjugal.
- La cour spécialisée d'intervention en matière de violence entre partenaires intimes (Intimate Partner Violence Intervention Court) de la Cour provinciale, offerte dans trois centres de la province, est un tribunal criminel spécialisé pour les accusations en vertu du Code criminel découlant d'une relation entre partenaires intimes. Il s'agit d'un processus de tribunal criminel, et non d'un moyen d'obtenir une ordonnance de protection.
Pour la façon dont le droit criminel traite généralement la violence familiale et entre partenaires intimes au Canada, consultez les lois sur la violence familiale au Canada; pour le fonctionnement à l'échelle nationale du mécanisme d'engagement de ne pas troubler l'ordre public du Code criminel, consultez les engagements de ne pas troubler l'ordre public au Canada. Pour des démarches plus générales de droit de la famille comme la séparation ou l'organisation du temps parental, consultez le divorce au Canada, les accords de séparation au Canada et le temps parental et la prise de décision. Pour savoir comment fonctionnent les règles de cohabitation de fait de la province en dehors de la FVPA, consultez les unions de fait à Terre-Neuve-et-Labrador. Si une EPO fait partie d'un dossier judiciaire que vous devrez retrouver plus tard, consultez les dossiers judiciaires à Terre-Neuve-et-Labrador. Pour savoir comment l'approche de Terre-Neuve-et-Labrador se compare au reste du pays, consultez l'échelle des ordonnances restrictives partout au Canada.
Ordonnances provenant d'autres provinces
Une lecture complète de la FVPA et de ses règles n'a révélé aucune disposition traitant de la reconnaissance ou de l'exécution d'une ordonnance de protection délivrée par une autre province ou un autre territoire canadien. La loi établit bien le rang d'une EPO par rapport à d'autres ordonnances de Terre-Neuve-et-Labrador, telles que les ordonnances de garde, d'accès ou de protection de l'enfance, mais elle ne dit rien au sujet d'une ordonnance provenant de l'extérieur de la province. Aucune source traitant de la façon dont la police ou les tribunaux traiteraient concrètement une ordonnance provenant de l'extérieur de la province n'a non plus été trouvée, de sorte qu'il s'agit d'une véritable lacune plutôt que d'un constat confirmé de « non-reconnaissance ».
Obtenir de l'aide à Terre-Neuve-et-Labrador
En cas de danger immédiat, appelez le 911 ou votre police locale. Les Services aux victimes, un service gratuit du ministère de la Justice et de la Sécurité publique, soutiennent les victimes de violence entre partenaires intimes et de violence familiale pour la planification de la sécurité, la préparation aux audiences et les références, qu'un crime ait été signalé ou non : 709-729-7970, ou victimservices@gov.nl.ca. La Royal Newfoundland Constabulary peut être jointe au 709-729-8000, et la GRC au 1-800-709-7267. La ligne de crise en santé mentale est le 811.

Avis de non-responsabilité
Cet article est fourni à titre informatif seulement et ne constitue pas un avis juridique. Les procédures de Terre-Neuve-et-Labrador en matière de violence familiale peuvent changer. Deux points ici demeurent véritablement non résolus par les sources officielles : si le processus de demande d'EPO est affirmativement gratuit plutôt que simplement dépourvu de toute disposition relative à des frais trouvée, et comment la province traiterait une ordonnance de protection délivrée par une autre autorité, puisque la loi elle-même est silencieuse sur cette question. Si vous êtes en danger immédiat, appelez le 911. Pour de l'aide concernant une ordonnance de protection d'urgence à Terre-Neuve-et-Labrador, communiquez avec les Services aux victimes au 709-729-7970.
Questions fréquentes
Combien de temps dure une ordonnance de protection d'urgence à Terre-Neuve-et-Labrador?
Jusqu'à 90 jours, fixée par le juge dans cette limite. Par la loi, une ordonnance de protection d'urgence ne peut être renouvelée ni prolongée une fois expirée; une protection à plus long terme doit provenir d'un autre processus, comme une ordonnance restrictive en vertu de la Family Law Act.
Puis-je demander une ordonnance de protection d'urgence par téléphone à Terre-Neuve-et-Labrador?
Non. Un demandeur direct doit présenter sa demande en personne pendant les heures normales du tribunal. En dehors de ces heures, seul un agent de police peut présenter une demande, par télécopieur, à un juge de garde. Aucune disposition ne permet à une victime de téléphoner elle-même pour présenter une demande en tout temps.
Une ordonnance de protection d'urgence me donne-t-elle un casier judiciaire?
Non. Une ordonnance de protection d'urgence est une ordonnance civile et ne constitue pas elle-même un casier judiciaire. Une déclaration de culpabilité pour manquement en constitue toutefois un.
Que se passe-t-il si une personne manque à une ordonnance de protection d'urgence à Terre-Neuve-et-Labrador?
Il s'agit d'une infraction distincte. Un premier manquement entraîne une amende d'au plus 2 000 $ ou jusqu'à 6 mois d'emprisonnement, ou les deux; un manquement subséquent entraîne une amende d'au plus 5 000 $ ou jusqu'à 12 mois, ou les deux. La police peut arrêter une personne sans mandat s'il existe des motifs raisonnables qu'un manquement s'est produit.
Y a-t-il des frais pour demander une ordonnance de protection d'urgence à Terre-Neuve-et-Labrador?
Aucune disposition relative à des frais n'a été trouvée dans la loi, ses règles, les pages de la Cour provinciale, ou deux brochures du ministère de la Justice, ce qui est considéré comme une preuve solide de gratuité, bien qu'aucune source n'affirme explicitement « gratuit ».
Qui peut demander une ordonnance de protection d'urgence à Terre-Neuve-et-Labrador?
Les partenaires conjugaux actuels ou anciens, les coparents peu importe qu'ils aient déjà vécu ensemble, les personnes liées par le sang, le mariage ou l'adoption, et, depuis une modification de 2024, les personnes dans une relation d'aide où l'une dépend de l'autre pour l'assistance aux activités de la vie quotidienne en raison d'un handicap, d'une maladie ou d'une déficience.
Sources et références
- Family Violence Protection Act, SNL 2005, chapitre F-3.1(assembly.nl.ca).gov
- Cour provinciale - Ordonnances de protection d'urgence, manquements et révision(court.nl.ca).gov
- Cour provinciale - Ordonnances de protection d'urgence, qu'est-ce qu'une ordonnance de protection d'urgence(court.nl.ca).gov
- Cour provinciale - Ordonnances de protection d'urgence, présenter une demande(court.nl.ca).gov
- Family Law Act, RSNL1990 c F-2(assembly.nl.ca).gov
- Gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador - Services aux victimes(gov.nl.ca).gov