Canada
Ordonnances restrictives et ordonnances de protection d'urgence à l'Île-du-Prince-Édouard

Si vous êtes en danger immédiat à l'Île-du-Prince-Édouard, appelez le 911. Une fois en sécurité, la Victims of Family Violence Act permet à un juge de paix judiciaire spécialement désigné d'accorder une ordonnance de protection d'urgence sans préavis à l'autre personne, habituellement en 24 heures et sans frais pour le demandeur, tandis qu'un juge peut séparément accorder une ordonnance d'assistance aux victimes plus longue, sans durée fixe.
Informations vérifiées le 2026-08-15. Cet article n'a pas encore été révisé par un avocat.
Deux outils, une seule loi
Le cadre de violence familiale de l'Île-du-Prince-Édouard relève de la Victims of Family Violence Act (VFVA), R.S.P.E.I. 1988, Cap. V-3.2, codifiée en date du 1er août 2023. Elle crée deux types d'ordonnances nommées : l'ordonnance de protection d'urgence (EPO) et l'ordonnance d'assistance aux victimes (VAO). Les deux sont des ordonnances de tribunal civil, distinctes de toute accusation criminelle que la police pourrait également porter pour la même conduite, et ni l'une ni l'autre ne crée à elle seule un casier judiciaire. Seule une déclaration de culpabilité pour manquement à une ordonnance le fait.
Qui la VFVA protège
La loi définit une « victime » comme une personne qui a résidé, ou réside, avec le défendeur dans une relation familiale, ou qui est, avec le défendeur, le parent d'un ou de plusieurs enfants, peu importe leur état civil ou le fait qu'elles aient déjà vécu ensemble. La « relation familiale » couvre les personnes qui sont ou ont été mariées ou qui ont cohabité dans une relation conjugale ou sexuelle, ainsi que les membres d'une même famille. Aucune durée minimale de cohabitation n'est énoncée nulle part dans ces définitions.
La « violence familiale » au sens de la loi comprend les voies de fait, un acte ou une omission imprudent causant une blessure ou des dommages matériels, un acte ou une menace causant une crainte raisonnable de blessure ou de dommages, la séquestration, les menaces ou actes d'abus sexuel, physique ou émotionnel, et le fait de priver la victime de nourriture, de vêtements, de soins médicaux, de logement, de transport ou d'autres nécessités de la vie. Un défendeur qui encourage ou sollicite une autre personne à commettre de la violence familiale est réputé l'avoir commise lui-même.
Une autre loi de l'Î.-P.-É., la Family Law Act, prévoit sa propre ordonnance restrictive à l'article 45, mais celle-ci se limite à un « conjoint ou ex-conjoint », et la définition de conjoint de cette loi exige qu'un partenaire de fait ait cohabité dans une relation conjugale pendant au moins 3 ans, ou qu'il partage un enfant peu importe la durée. Ce critère de 3 ans appartient à la Family Law Act, pas à la VFVA. Il s'agit d'un groupe de demandeurs sensiblement plus restreint que la définition de relation familiale de la VFVA, qui n'impose aucune exigence de durée.
Ordonnances de protection d'urgence
Une EPO est accordée sans préavis à l'autre personne par un juge de paix judiciaire spécifiquement désigné à cette fin. Le juge doit être convaincu que de la violence familiale s'est produite et que la gravité ou l'urgence de la situation justifie une ordonnance, en soupesant la nature de la violence, son historique et la probabilité qu'elle se poursuive, s'il y a un danger immédiat, et l'intérêt supérieur de la victime, de tout enfant et des autres personnes à sa charge.

Une EPO peut, entre autres : accorder à la victime l'occupation exclusive de la résidence pour une période déterminée, peu importe qui en est propriétaire; ordonner à la police d'expulser le défendeur de la résidence ou de superviser le retrait de ses effets personnels; interdire tout contact avec la victime ou une autre personne nommée; obliger le défendeur à rester à l'écart d'un lieu déterminé; accorder à la victime la garde temporaire d'un enfant; accorder à la victime la possession temporaire de biens personnels précis tels qu'un véhicule, des pièces d'identité, des cartes bancaires ou des clés; interdire au défendeur d'endommager des biens ou de faire cesser les services publics de la résidence; interdire d'autres actes de violence familiale; interdire la publication du nom ou de l'adresse de la victime; et obliger le défendeur à continuer d'effectuer les paiements de loyer ou d'hypothèque de la résidence. Le juge peut aussi ajouter toute autre condition jugée nécessaire à la protection immédiate de la victime ou des autres membres de la famille. Aucune disposition autorisant une condition de remise d'armes ou d'armes à feu n'a été trouvée nulle part dans la loi ou ses règlements, ce qui constitue une véritable lacune par rapport aux lois sur la violence familiale de certaines autres provinces.
Durée : une EPO ne peut excéder 90 jours, à moins qu'un juge n'en décide autrement par la suite.
La lacune dans le processus de demande à connaître
La loi elle-même permet qu'une demande d'EPO soit faite par télécommunication. En pratique, toutefois, les règlements restreignent cette possibilité : une demande doit être faite en personne, sauf lorsqu'elle est faite par une « personne désignée » au nom de la victime, c'est-à-dire un agent de la paix ou un intervenant des Services aux victimes, qui peut présenter une demande en personne ou par télécommunication. Cela signifie qu'une victime qui présente elle-même une demande doit actuellement se présenter en personne, tandis que la télécommunication est réservée à la police ou au personnel des Services aux victimes agissant avec le consentement de la victime.
Ces règlements ont été codifiés pour la dernière fois en 2009, dix-sept ans avant la codification de 2023 de la loi elle-même, et aucune mise à jour réglementaire plus récente n'a été trouvée. Compte tenu de cet écart, considérez ceci comme le processus confirmé le plus récemment plutôt que comme une garantie qu'il n'a pas changé depuis, et confirmez les étapes de demande actuelles auprès des Services aux victimes de l'Î.-P.-É. avant de vous y fier.
Ordonnances d'assistance aux victimes
Une VAO est tranchée par un juge, les deux parties pouvant être entendues, sur constat que de la violence familiale s'est produite. Elle peut inclure tout ce qu'une EPO peut ordonner, en plus de dispositions sur l'accès aux enfants (la sécurité et le bien-être de la victime et des enfants étant la considération primordiale) et toute autre disposition que le juge juge appropriée. Contrairement à l'EPO, la VFVA ne fixe aucune durée maximale pour une VAO; sa durée est laissée à la discrétion du juge.
Confirmation et révision
Une EPO ne repose pas simplement sur elle-même. Le juge de paix judiciaire qui l'accorde doit transmettre l'ordonnance et tous les documents à l'appui à un juge dans les deux jours ouvrables. Le juge doit ensuite la réviser dans les cinq jours ouvrables et soit la confirmer, auquel cas elle devient une ordonnance du tribunal, soit la modifier. Si le juge n'est pas convaincu qu'il y avait suffisamment de preuves, il ordonne une nouvelle audience, à laquelle le défendeur a le droit d'être entendu et de contre-interroger les témoins; l'ordonnance peut tout de même être confirmée si le défendeur ne se présente pas. L'une ou l'autre des parties peut, en tout temps après la signification au défendeur, demander de modifier, de prolonger, d'écourter ou de révoquer une disposition d'une ordonnance, et une ordonnance demeure généralement en vigueur pendant qu'une telle demande est en instance.
Frais
Selon les règlements de la VFVA, aucuns frais ne sont exigés du demandeur pour le dépôt ou la signification des documents. En vertu de la loi elle-même, le tribunal peut plutôt ordonner au défendeur de payer les frais qui s'appliqueraient autrement en vertu de la Court Fees Act de l'Î.-P.-É. Le processus est donc confirmé gratuit pour la personne qui cherche à obtenir une protection, les frais éventuels étant transférés à l'autre partie si le tribunal décide d'en imposer.

Manquement à une ordonnance
Manquer à une EPO ou à une VAO, en demander une de façon fausse ou malveillante, faire obstacle à une personne qui exerce une fonction autorisée par la loi, ou publier des renseignements que l'ordonnance interdit de divulguer, constitue une infraction. Une première infraction entraîne une amende d'au moins 500 $ et jusqu'à 5 000 $, ou une peine d'emprisonnement d'au plus 3 mois, ou les deux. Une infraction subséquente entraîne une amende d'au moins 1 000 $ et jusqu'à 10 000 $, ou une peine d'emprisonnement d'au plus 2 ans, ou les deux. La police peut arrêter une personne sans mandat s'il existe des motifs raisonnables qu'un manquement s'est produit. Par ailleurs, le tribunal peut sanctionner l'outrage volontaire à son propre processus ou à ses ordonnances, avec une amende maximale de 5 000 $ et jusqu'à 90 jours d'emprisonnement.
À titre de comparaison, le manquement à l'ordonnance restrictive plus restreinte de la Family Law Act entraîne les mêmes fourchettes d'amendes et de peines d'emprisonnement, mais sans minimums prévus par la loi, seulement des maximums.
Ordonnances provenant d'autres provinces
Une lecture complète de la VFVA et de ses règlements n'a révélé aucune disposition traitant de la reconnaissance ou de l'exécution d'une ordonnance de protection délivrée par une autre province ou un autre territoire. Il s'agit d'une lacune documentée dans cette loi précise, et non d'un examen complet de chaque loi de l'Î.-P.-É., et cela ne devrait donc pas être interprété comme signifiant que « l'Î.-P.-É. n'a aucun mécanisme du tout » pour une ordonnance de protection provenant d'ailleurs; seulement que la VFVA elle-même est silencieuse sur la question.
Comment cela s'articule avec les autres options
La ressource officielle Aide juridique et judiciaire de l'Î.-P.-É. confirme que les Services aux victimes peuvent aider à l'évaluation des risques, à la planification de la sécurité et à l'obtention d'une ordonnance de protection d'urgence, et renvoie séparément vers l'Aide juridique en droit de la famille pour la représentation dans les affaires de droit de la famille et de violence familiale, et vers les médiateurs du tribunal de la famille pour les différends relatifs à la garde et au soutien. Elle n'aborde pas elle-même la comparaison entre un engagement criminel de ne pas troubler l'ordre public et une ordonnance de la VFVA, et aucune source gouvernementale de l'Î.-P.-É. établissant cette comparaison n'a pu être trouvée pendant la recherche, de sorte que cette page ne tente pas d'énoncer un détail propre à l'Î.-P.-É. sur les engagements de ne pas troubler l'ordre public. Pour le mécanisme général de l'engagement de ne pas troubler l'ordre public du Code criminel utilisé partout au Canada, consultez les engagements de ne pas troubler l'ordre public au Canada; pour la façon dont le droit criminel traite séparément la violence familiale, consultez les lois sur la violence familiale au Canada.
Une ordonnance de la VFVA est un recours en matière de violence familiale, pas un arrangement général de séparation ou de garde. Pour ces démarches plus générales de droit de la famille, consultez le divorce au Canada, les accords de séparation au Canada et le temps parental et la prise de décision. Pour savoir comment fonctionne le seuil de cohabitation de fait de l'Î.-P.-É. en dehors de la VFVA, consultez les unions de fait à l'Île-du-Prince-Édouard et l'aperçu national des unions de fait. Si une EPO ou une VAO fait partie d'un dossier judiciaire que vous devrez retrouver plus tard, consultez les dossiers judiciaires à l'Île-du-Prince-Édouard. Pour savoir comment l'approche de l'Île-du-Prince-Édouard se compare au reste du pays, consultez l'échelle des ordonnances restrictives partout au Canada.
Obtenir de l'aide à l'Île-du-Prince-Édouard
En cas de danger immédiat, appelez le 911. Pour une EPO ou un soutien général en matière de violence familiale, communiquez avec les Services aux victimes : Charlottetown 902-368-4582, Summerside 902-888-8218. L'Association d'information juridique communautaire peut répondre à des questions juridiques générales au 902-892-0853 ou au 1-800-240-9798. Bureaux de l'Aide juridique en droit de la famille : Charlottetown 902-368-6656, Summerside 902-888-8066. La Island Helpline, 1-800-218-2885, est décrite comme gratuite, confidentielle et accessible 24 heures sur 24.

Avis de non-responsabilité
Cet article est fourni à titre informatif seulement et ne constitue pas un avis juridique. Les lois et procédures de l'Île-du-Prince-Édouard en matière de violence familiale peuvent changer. Deux points de cette page demeurent véritablement non résolus par les sources officielles : si la règle de 2009 sur les demandes en personne par rapport aux demandes par télécommunication a depuis été mise à jour, et si une loi de l'Î.-P.-É. autre que la VFVA traite de la reconnaissance d'une ordonnance de protection provenant d'une autre autorité. Si vous êtes en danger immédiat, appelez le 911. Pour de l'aide concernant une ordonnance de protection d'urgence ou une ordonnance d'assistance aux victimes à l'Île-du-Prince-Édouard, communiquez avec les Services aux victimes au 902-368-4582 (Charlottetown) ou au 902-888-8218 (Summerside).
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre une ordonnance de protection d'urgence et une ordonnance d'assistance aux victimes à l'Î.-P.-É.?
Une ordonnance de protection d'urgence (EPO) est accordée rapidement, sans préavis à l'autre personne, par un juge de paix judiciaire désigné, et est plafonnée à 90 jours à moins qu'un juge ne la prolonge. Une ordonnance d'assistance aux victimes (VAO) est tranchée par un juge après avoir entendu les deux parties, peut inclure des dispositions plus larges comme l'accès aux enfants, et n'a aucune durée maximale fixée par la loi.
À quelle vitesse puis-je obtenir une ordonnance de protection d'urgence à l'Î.-P.-É.?
Les règlements de la VFVA exigent que l'audience sur une demande d'EPO se conclue dans les 24 heures suivant la demande, et l'ordonnance prend effet immédiatement une fois accordée.
Est-ce que cela coûte quelque chose pour demander une ordonnance de protection à l'Île-du-Prince-Édouard?
Aucuns frais ne sont exigés du demandeur pour le dépôt ou la signification des documents en vertu des règlements de la VFVA. Le tribunal peut plutôt ordonner au défendeur de payer les frais applicables de la Court Fees Act.
Puis-je demander une ordonnance de protection d'urgence par téléphone à l'Î.-P.-É.?
La loi permet les demandes par télécommunication, mais les règlements réservent actuellement cette voie à un agent de la paix ou à un intervenant des Services aux victimes agissant au nom de la victime. Une victime qui présente elle-même une demande doit s'attendre à le faire en personne. Ces règlements ont été mis à jour pour la dernière fois en 2009, alors confirmez la procédure actuelle auprès des Services aux victimes de l'Î.-P.-É. avant de vous fier à ce détail.
Que se passe-t-il si une personne manque à une ordonnance de protection à l'Î.-P.-É.?
Manquer à une EPO ou à une VAO constitue une infraction. Une première infraction entraîne une amende d'au moins 500 $ jusqu'à 5 000 $ ou jusqu'à 3 mois d'emprisonnement, ou les deux; une infraction subséquente entraîne une amende d'au moins 1 000 $ jusqu'à 10 000 $ ou jusqu'à 2 ans d'emprisonnement, ou les deux. La police peut arrêter une personne sans mandat s'il existe des motifs raisonnables qu'un manquement s'est produit.
Une ordonnance de protection de l'Î.-P.-É. sera-t-elle reconnue dans une autre province?
Aucune disposition de la Victims of Family Violence Act ou de ses règlements ne traite de la reconnaissance des ordonnances de protection délivrées par une autre province ou un autre territoire, et aucune ne traite non plus de la question de savoir si une autre autorité reconnaîtrait une ordonnance de l'Î.-P.-É. Il s'agit d'une lacune précise dans cette loi, et non d'une affirmation confirmée au sujet de chaque loi de l'Î.-P.-É.
Sources et références
- Victims of Family Violence Act, R.S.P.E.I. 1988, Cap. V-3.2(princeedwardisland.ca).gov
- Règlements de la Victims of Family Violence Act, EC558/96(princeedwardisland.ca).gov
- Family Law Act, R.S.P.E.I. 1988, Cap. F-2.1(princeedwardisland.ca).gov
- Aide juridique et judiciaire - Comité d'action du premier ministre sur la prévention de la violence familiale(stopfamilyviolence.pe.ca)