Canada
Ordonnances restrictives (« restraining order ») au Canada : le palier provincial, territorial et fédéral expliqué

« Restraining order » (ordonnance restrictive) est le terme que recherchent les internautes d'origine américaine, mais le Canada n'a pas de loi nationale unique sur l'ordonnance restrictive; il existe plutôt un palier d'outils provinciaux, territoriaux et fédéraux, de sorte que l'instrument qui s'applique à vous dépend entièrement de l'endroit où vous vivez et de l'urgence de votre situation.
Informations vérifiées le 2026-08-15. Cet article n'a pas encore été révisé par un avocat.
Si vous êtes en danger en ce moment
Composez le 911. Chaque instrument décrit sur cette page, qu'il s'agisse d'une ordonnance d'urgence provinciale, d'une ordonnance restrictive du tribunal de la famille, d'un engagement de ne pas troubler l'ordre public fédéral ou d'une condition pénale de non-contact, fonctionne de la même façon : c'est un document juridique qui devient exécutoire une fois accordé, et la police agit après qu'il a été enfreint, pas avant. Aucun de ces outils n'est une barrière physique qui empêche une personne de se présenter à votre porte. Si vous avez déjà une ordonnance en vigueur et qu'elle est violée, le conseil standard dans toutes les juridictions couvertes sur ce site est le même : appelez la police et signalez le manquement. Rien sur cette page ne remplace le fait de vous mettre en sécurité en premier lieu.
« Restraining Order » est un terme américain, pas canadien
Rechercher « restraining order Canada » suppose que le Canada dispose d'un seul instrument portant ce nom, comme le font de nombreux États américains. Ce n'est pas le cas. Le ministère de la Justice du Canada l'indique explicitement dans ses directives juridiques actuelles : « Selon votre province ou territoire, une ordonnance de protection civile ou une ordonnance restrictive peut être demandée en vertu du droit de la famille ou d'une loi sur la violence familiale. » Les mêmes directives ajoutent un second point tout aussi important : « Bien que les ordonnances de protection ou restrictives soient des affaires civiles, un manquement peut entraîner des accusations pour une infraction provinciale, territoriale ou criminelle, selon la juridiction. » Autrement dit, l'outil qui existe et la façon dont un manquement est puni varient tous deux selon l'endroit où vous vous trouvez, et aucun des deux n'est normalisé à l'échelle nationale. Cette page vise à traduire le terme de recherche américain dans l'outil canadien réel applicable à votre province, territoire ou situation fédérale particulière.
Le palier : quatre niveaux de protection
Les outils de protection du Canada s'organisent en quatre niveaux, du plus rapide et plus restreint au plus lent et plus large.

Premier niveau : une ordonnance d'urgence provinciale ou territoriale. Chaque province et territoire, sauf l'Ontario, applique sa propre ordonnance civile d'urgence, accordée le jour même ou dans un délai d'environ 24 heures, habituellement sans en aviser l'autre personne au préalable, par un juge de paix, un arbitre ou un juge selon la juridiction. C'est le niveau le plus rapide et celui dont la plupart des personnes qui recherchent « restraining order » ont réellement besoin.
Deuxième niveau : une ordonnance restrictive, de protection, de prévention ou d'assistance du tribunal de la famille. Un processus civil plus lent et plus large, entendu avec préavis à l'autre partie, qui peut ajouter des recours qu'une ordonnance d'urgence ne permet pas, comme une indemnisation monétaire, des arrangements relatifs aux biens ou une durée plus longue.
Troisième niveau : un engagement de ne pas troubler l'ordre public (« peace bond ») prévu au Code criminel fédéral. Les articles 810, 810.1 et 810.2 créent un processus devant un tribunal pénal, amorcé par un signalement à la police plutôt que par une demande au tribunal de la famille, et accessible contre toute personne peu importe le lien, pas seulement un membre de la famille ou un partenaire. Il relève de la division pénale de la cour provinciale, pas du tribunal de la famille, et il n'exige aucun lien préalable entre le demandeur et l'intimé. Cette page ne réexplique pas le mécanisme de l'engagement de ne pas troubler l'ordre public en détail; voir les engagements de ne pas troubler l'ordre public au Canada pour le portrait complet de qui peut présenter une demande, la norme des motifs raisonnables, les périodes d'engagement pouvant aller jusqu'à 12 mois ou jusqu'à 2 ans, et ce qui se passe si quelqu'un refuse de signer.
Quatrième niveau : les conditions pénales de non-contact. Elles ne surviennent qu'une fois qu'une personne a réellement été accusée ou reconnue coupable d'une infraction criminelle distincte; ce sont des conditions rattachées à une mise en liberté sous caution, à une probation ou à une peine, décrites dans la section fédérale ci-dessous, et elles suivent leur propre trajectoire, indépendamment des ordonnances civiles des niveaux un et deux.
Comment votre province ou territoire l'appelle : comparaison des 13 juridictions
Les noms d'instruments ci-dessous sont exactement ceux employés par la loi habilitante propre à chaque juridiction; ils ne sont pas interchangeables, et utiliser le mauvais nom en cherchant de l'aide peut vous diriger vers la mauvaise page gouvernementale.
| Juridiction | Principal(aux) instrument(s) | Voie d'urgence | Plafond de durée |
|---|---|---|---|
| Colombie-Britannique | Ordonnance de protection de la partie 9 de la Family Law Act (loi sur le droit de la famille) | Cour provinciale ou Cour suprême, le jour même, sans préavis | 1 an par défaut |
| Alberta | Ordonnance de protection d'urgence (EPO) prévue par la PAFVA (loi sur la prévention de la violence familiale), plus une ordonnance de protection de la Cour du Banc du Roi | Alberta Court of Justice (Cour de justice de l'Alberta) ou un juge de paix, le jour même, sans préavis | Jusqu'à 1 an, renouvelable par tranches supplémentaires d'un an |
| Saskatchewan | Ordonnance d'intervention d'urgence (EIO) plus une ordonnance d'assistance aux victimes (VAO), en vertu de The Victims of Interpersonal Violence Act (loi sur les victimes de violence interpersonnelle) | Juge de paix désigné, audience dans les 24 heures | Aucun plafond légal fixe pour l'une ou l'autre ordonnance |
| Manitoba | Ordonnance de protection (juge de paix judiciaire) plus une ordonnance de prévention (Cour du Banc du Roi), en vertu de la Loi sur la violence familiale et le harcèlement criminel | Juge de paix judiciaire, le jour même, sans préavis | 3 ans par défaut pour une ordonnance de protection; aucune expiration fixée pour une ordonnance de prévention |
| Ontario | Aucune loi sur l'ordonnance d'urgence; ordonnance restrictive prévue à l'article 46 de la Family Law Act (conjoint ou partenaire cohabitant) ou à l'article 35 de la Children's Law Reform Act (toute personne) | Tribunal de la famille, avec ou sans préavis selon l'urgence | Fixé par le tribunal selon les faits; aucun plafond légal dans l'une ou l'autre disposition |
| Québec | Ordonnance de protection civile, articles 515.1 à 515.4 du Code de procédure civile (en vigueur depuis le 4 juin 2025) | Cour supérieure, ex parte pendant jusqu'à 10 jours avant qu'un préavis soit requis | Jusqu'à 5 ans, renouvelable |
| Nouvelle-Écosse | Emergency protection order (EPO, ordonnance de protection d'urgence), Domestic Violence Intervention Act | Juge de paix spécialement désigné, par téléphone, dans les 24 heures | Jusqu'à 1 an, porté de 30 jours par une modification de 2026 |
| Nouveau-Brunswick | Ordonnance d'intervention d'urgence, Loi sur l'intervention en matière de violence entre partenaires intimes | Un arbitre, décision dans les 24 heures | Jusqu'à 180 jours, renouvelable par tranches supplémentaires de 180 jours sans limite de renouvellements |
| Île-du-Prince-Édouard | Emergency protection order (EPO, ordonnance de protection d'urgence) plus une victim assistance order (VAO, ordonnance d'assistance aux victimes), Victims of Family Violence Act | Juge de paix judiciaire, audience dans les 24 heures | Jusqu'à 90 jours pour une EPO; aucun maximum fixe pour une VAO |
| Terre-Neuve-et-Labrador | Emergency protection order (EPO, ordonnance de protection d'urgence), le seul type d'ordonnance prévu par la Family Violence Protection Act | Juge de la Cour provinciale, y compris un juge de garde en dehors des heures normales | Jusqu'à 90 jours; la loi interdit tout renouvellement ou prolongation |
| Yukon | Ordonnance d'intervention d'urgence (EIO) plus une ordonnance d'assistance aux victimes (VAO), Loi sur la prévention de la violence familiale | Juge de paix désigné, ex parte | Aucun plafond légal; les directives de pratique évoquent environ 30 jours pour une EIO et environ 90 jours pour une VAO |
| Territoires du Nord-Ouest | Ordonnance de protection d'urgence (EPO) plus une ordonnance de protection (Cour suprême), Loi sur les mesures de protection contre la violence familiale | Juge désigné, ex parte, révisée dans les 3 jours ouvrables | Jusqu'à 90 jours pour une EPO; aucun maximum légal trouvé pour une ordonnance de protection |
| Nunavut | Emergency Protection Order (EPO, ordonnance de protection d'urgence), Community Intervention Order (CIO, ordonnance d'intervention communautaire), Assistance Order (ordonnance d'assistance) et Compensation Order (ordonnance d'indemnisation), Family Abuse Intervention Act (loi sur l'intervention en cas de violence familiale) | Juge de paix désigné pour une EPO ou une CIO, ex parte | Jusqu'à 1 an pour une EPO, jusqu'à 3 ans pour une CIO, aucun plafond pour une Assistance Order. La loi du Nunavut est lue à partir d'une codification à jour seulement au 5 février 2013; ces chiffres doivent être vérifiés à nouveau |
Les frais varient tout autant que les noms
Plusieurs juridictions ont confirmé que leur ordonnance d'urgence est gratuite à demander : la voie de la Cour provinciale en Colombie-Britannique, l'ordonnance restrictive de l'Ontario en vertu de l'une ou l'autre disposition, l'ordonnance de protection du Manitoba, l'EPO de la Nouvelle-Écosse (aucune disposition sur les frais trouvée dans la loi ou ses règlements), l'EIO du Nouveau-Brunswick (aucuns frais trouvés dans une recherche en texte intégral de la loi et de son règlement), et l'EPO de l'Île-du-Prince-Édouard (le demandeur ne paie rien; le tribunal peut plutôt transférer les frais à l'intimé). La voie de la Cour suprême de la Colombie-Britannique coûte 80 $ si un dossier y est déjà ouvert, ou 280 $ sinon, en date du 3 février 2025. Deux juridictions demeurent réellement non résolues plutôt que confirmées dans un sens ou dans l'autre : le guide officiel de demande de l'Alberta n'indique aucuns frais pour la demande d'ordonnance de protection de la Cour du Banc du Roi elle-même, et le règlement actuel sur les frais judiciaires du Québec ne tranche pas clairement si son ordonnance de protection refondue comporte des frais, puisque l'outil est sorti de la catégorie générale des injonctions autrefois taxée. Ne présumez pas la gratuité dans l'un ou l'autre de ces deux cas; confirmez directement auprès du tribunal.
La sanction d'un manquement varie également selon la juridiction
C'est l'une des différences les plus marquées de tout le palier. L'Alberta, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, l'Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador ont chacun inscrit leur propre échelle de peines progressive directement dans leur loi sur la violence familiale, de sorte qu'un manquement dans ces provinces est poursuivi en vertu de la loi propre à cette province, et non du Code criminel. L'Ontario, la Saskatchewan et le Manitoba ont adopté l'approche inverse : leurs ordonnances restrictives, de protection ou de prévention ne comportent aucune clause de peine qui leur soit propre, de sorte qu'un manquement relève du mécanisme général de repli du Code criminel, l'article 127, désobéissance à une ordonnance légale d'un tribunal, une infraction passible d'une peine maximale de deux ans d'emprisonnement, à moins qu'une disposition plus précise ne s'applique. Les documents officiels de la Colombie-Britannique confirment qu'un manquement peut mener à une arrestation et à des accusations criminelles, mais ne nomment aucun article précis du Code criminel; traitez toute affirmation nommant « l'article 127 » pour un manquement en Colombie-Britannique comme une inférence, et non un fait confirmé, puisqu'aucune source gouvernementale de la Colombie-Britannique ne l'énonce explicitement. L'ordonnance de protection refondue du Québec écarte expressément l'outrage au tribunal comme voie d'exécution et indique aux demandeurs qu'une violation est une affaire criminelle à signaler à la police; l'article 127 est également le mécanisme le plus probable dans ce cas, déduit de la structure de la loi plutôt que confirmé par une source propre au Québec. Le Nunavut fait figure d'exception : une recherche exhaustive de sa loi n'a révélé aucune infraction autonome pour la simple désobéissance aux conditions d'une ordonnance. La police dispose plutôt d'un pouvoir d'arrestation sans mandat en cas de manquement soupçonné, avec des infractions distinctes uniquement pour l'entrave et pour la violation d'une interdiction de publication, une différence structurelle qui est elle-même une inférence tirée de l'absence d'une infraction de manquement pur dans le texte de la loi, et non une voie d'exécution confirmée de façon indépendante. Le manquement à un engagement de ne pas troubler l'ordre public repose sur un mécanisme entièrement différent de tout ce qui précède : il est poursuivi en vertu de l'article 811 du Code criminel, et non de l'article 127, et il est passible d'une peine maximale de 4 ans d'emprisonnement.

Le palier fédéral qui s'applique partout
Les outils ci-dessus sont provinciaux et territoriaux. Sous chacun d'eux, et à leurs côtés, se trouve un palier fédéral qui s'applique peu importe où vous vivez au Canada.
Les engagements de ne pas troubler l'ordre public : le mécanisme de repli pénal accessible contre toute personne
Les articles 810, 810.1 et 810.2 du Code criminel créent l'engagement de ne pas troubler l'ordre public (« peace bond »), un engagement devant un tribunal pénal accessible à quiconque a des motifs raisonnables de craindre des lésions à sa personne, à ses biens ou, en vertu des deux articles élargis, une infraction d'ordre sexuel contre une personne de moins de 16 ans ou une infraction grave contre la personne. Contrairement à tous les outils provinciaux et territoriaux ci-dessus, un engagement de ne pas troubler l'ordre public n'exige aucun lien familial, conjugal ou amoureux entre le demandeur et la personne qu'il craint. Il commence par un signalement à la police plutôt que par une demande au tribunal de la famille, et sa propre disposition sur le manquement, l'article 811, est distincte de l'article 127 général et plus sévère que celui-ci, lequel est utilisé pour la plupart des manquements aux ordonnances civiles. Le mécanisme complet, y compris la norme des motifs raisonnables, les périodes d'engagement pouvant aller jusqu'à 12 mois ou jusqu'à 2 ans, la visibilité lors d'une vérification des antécédents et ce qui se passe si quelqu'un refuse de signer, est traité dans les engagements de ne pas troubler l'ordre public au Canada; cette page ne répète pas ces détails.
La mise en liberté sous caution, la probation et le mécanisme général de repli du Code criminel
Une fois qu'une personne est réellement accusée d'une infraction criminelle distincte, un troisième palier fédéral s'ajoute, indépendant de toute ordonnance civile. En vertu de l'article 515, un juge qui met en liberté un accusé en attendant son procès peut assortir cette mise en liberté de conditions, notamment s'abstenir de communiquer avec une victime ou un témoin et s'abstenir de se rendre à un endroit précis. Fait crucial, l'article 515(4.1) rend obligatoire, et non simplement possible, une condition d'interdiction de possession d'armes à feu ou d'armes, lorsque l'accusé est inculpé d'une infraction comportant de la violence, du harcèlement criminel, de l'intimidation d'un participant au système judiciaire, une infraction liée aux armes, une infraction de terrorisme ou une infraction désignée liée aux drogues, à moins que le juge ne consigne par écrit les motifs pour lesquels il ne l'impose pas (cette liste suit les catégories propres à la loi et n'est pas exhaustive de toutes les circonstances déclenchantes). En vertu de l'article 732.1, une ordonnance de probation comporte le même modèle de non-contact et d'interdiction de fréquenter certains lieux à titre de condition facultative, l'article 732.1(3)(a.1), une fois qu'une personne a réellement été condamnée. Et sous ces deux dispositions, l'article 127 est l'infraction générale de désobéissance à une ordonnance légale d'un tribunal, passible d'une peine maximale de deux ans d'emprisonnement, mais il s'agit explicitement d'un mécanisme de repli : il s'applique « à moins qu'une peine ou une autre forme de procédure ne soit expressément prévue par la loi », ce qui explique précisément pourquoi il cède le pas aux manquements à un engagement de ne pas troubler l'ordre public (article 811), aux manquements aux conditions de mise en liberté (article 145) et à toute infraction de manquement propre à la loi d'une province, comme décrit dans la comparaison ci-dessus.
Une ordonnance de protection véritablement fédérale : les terres de réserve en vertu de la FHRMIRA
Une ordonnance de protection au Canada n'est ni provinciale ni territoriale : elle est entièrement fédérale. La Loi sur les foyers familiaux situés dans les réserves et les droits ou intérêts matrimoniaux (FHRMIRA) permet à un juge désigné d'accorder une ordonnance de protection d'urgence excluant un époux ou un conjoint de fait du foyer familial situé sur une réserve, de façon urgente, pour une durée maximale de 90 jours, dans des situations de violence familiale. Cette loi existe précisément parce que le droit provincial et territorial des biens familiaux ne s'applique généralement pas aux terres de réserve, une lacune que cette loi a été créée pour combler. Une fois accordée, l'ordonnance est transmise à la cour provinciale pour révision dans les 3 jours ouvrables, la même structure de révision intégrée qu'utilisent plusieurs des lois territoriales décrites ci-dessus, et il existe une fenêtre de 21 jours pour demander de la modifier ou de la révoquer. Une ordonnance d'occupation exclusive subséquente, prévue à l'article 20, peut prolonger davantage cet arrangement, avec sa propre liste de facteurs semblable au libellé sur les « intérêts des personnes résidant dans le foyer » utilisé dans certaines lois territoriales.
La définition de la violence familiale dans la Loi sur le divorce
Indépendamment de toute ordonnance de protection, la propre définition de la violence familiale de la Loi sur le divorce fédérale, à l'article 2(1), façonne la manière dont un tribunal de la famille évalue la sécurité une fois qu'une affaire de divorce ou de parentalité lui est soumise. Cette définition inclut expressément un ensemble de comportements coercitifs et dominants, et elle s'applique sans exiger de déclaration de culpabilité criminelle ni la norme de preuve criminelle. Pour savoir comment cela influence précisément les décisions relatives à la garde et à la parentalité, voir le temps parental et la prise de décisions, et pour l'aspect pénal de la violence familiale en général, voir les lois sur la violence familiale au Canada.
Une ordonnance de protection vous suit-elle d'une province à l'autre? La loi type de la CHLC
Un véritable mécanisme national de reconnaissance d'une ordonnance de protection civile d'une province à l'autre existe, mais il est facile d'en exagérer la portée. La Uniform Enforcement of Canadian Judgments Act (2023) de la Conférence pour l'harmonisation des lois au Canada définit une « ordonnance de protection civile canadienne » de façon assez large pour couvrir à la fois une ordonnance provinciale sur la violence familiale et un engagement de ne pas troubler l'ordre public prévu au Code criminel, et elle crée une voie accélérée selon laquelle une ordonnance reconnue est réputée être une ordonnance du tribunal receveur et directement exécutoire par la police locale, sans exigence d'enregistrement. Le hic : il s'agit d'une loi type uniforme publiée par la CHLC. Elle n'a aucune force légale nulle part tant qu'une province ou un territoire donné n'a pas adopté sa propre loi la mettant en œuvre. La question de savoir si chaque province l'a réellement fait n'a pas été vérifiée de façon indépendante juridiction par juridiction; n'affirmez pas que « le Canada a adopté une reconnaissance uniforme des ordonnances de protection » comme un fait établi. La façon dont une province ou un territoire donné traite réellement une ordonnance de protection civile provenant d'une autre province varie également, et cette page n'a pas confirmé de façon indépendante la loi de reconnaissance d'une province en particulier par rapport au texte de la source primaire au cours de cette recherche; aucune loi précise n'est donc affirmée ici pour quelque juridiction que ce soit. Si vous déménagez d'une province ou d'un territoire à un autre, ne présumez pas que votre ordonnance existante est transférée automatiquement ou selon un échéancier fixe; communiquez directement avec le bureau des services aux victimes ou les tribunaux de la province ou du territoire de destination et demandez quelle reconnaissance, le cas échéant, s'applique avant de vous y fier. Quel que soit le mécanisme, il est propre au Canada; rien de ce qui est décrit sur cette page ne s'étend à une ordonnance américaine ou étrangère.
Le Canada reconnaîtra-t-il une ordonnance restrictive américaine?
Les documents officiels d'aucune province ni d'aucun territoire, dans l'ensemble des juridictions couvertes sur ce site, ne décrivent de mécanisme de reconnaissance ou d'exécution d'une ordonnance restrictive délivrée par un tribunal des États-Unis ou de tout autre pays. Quel que soit le mécanisme de reconnaissance qu'une province donnée puisse avoir pour une ordonnance provenant d'une autre province, dont il a été question plus haut, il se limite aux autres provinces et territoires canadiens, et non aux ordonnances étrangères. La loi type de la CHLC, dont il a été question plus haut, définit une « ordonnance de protection civile canadienne », et non une ordonnance étrangère. Si vous déménagez au Canada depuis les États-Unis avec une ordonnance restrictive existante, ne présumez pas qu'elle est transférée; la réponse honnête, fondée sur ce que dit réellement chaque source gouvernementale provinciale et territoriale, est qu'aucune juridiction couverte ici ne décrit de voie pour cette situation précise. Une nouvelle demande dans la province ou le territoire où vous déménagez serait la voie réaliste, et non un transfert automatique de l'ordonnance américaine.

Guides par province et territoire
Chacun des guides suivants traite en détail des noms d'instruments, de l'admissibilité, du processus de demande, des frais, de la durée et des conséquences d'un manquement propres à sa juridiction.
- Ontario
- Colombie-Britannique
- Alberta
- Saskatchewan
- Manitoba
- Québec
- Nouvelle-Écosse
- Nouveau-Brunswick
- Île-du-Prince-Édouard
- Terre-Neuve-et-Labrador
- Yukon, Territoires du Nord-Ouest et Nunavut
Sujets connexes
Une ordonnance de protection vise la sécurité; elle ne règle pas à elle seule les questions sous-jacentes de droit de la famille. Si la relation prend fin, voir le divorce au Canada ou, pour les couples qui n'étaient pas mariés, les ententes de séparation au Canada et l'aperçu national des unions de fait. Lorsque des enfants sont concernés, une ordonnance de protection peut coexister avec un arrangement de temps parental et de prise de décisions, sans le remplacer. Pour l'aspect pénal de la violence familiale et entre partenaires intimes, voir les lois sur la violence familiale au Canada, et pour le mécanisme fédéral de l'engagement de ne pas troubler l'ordre public à lui seul, voir les engagements de ne pas troubler l'ordre public au Canada.
Avis de non-responsabilité
Cet article est fourni à titre informatif seulement et ne constitue pas un avis juridique. Plusieurs points de cette page demeurent réellement nuancés plutôt que confirmés : le statut réel d'adoption provinciale et territoriale du mécanisme uniforme d'exécution des ordonnances de protection de la CHLC n'a pas été vérifié de façon indépendante juridiction par juridiction; la question de savoir si et comment une province ou un territoire donné reconnaît une ordonnance de protection civile provenant d'une autre province n'a pas non plus été confirmée de façon indépendante par rapport au texte de la loi primaire, de sorte qu'aucune loi de reconnaissance précise n'est affirmée pour quelque juridiction que ce soit sur cette page; l'article précis sur le manquement en Colombie-Britannique, l'article précis sur le manquement au Québec et la structure du manquement postérieure à 2013 au Nunavut sont des inférences raisonnées, et non des citations directement confirmées; le fondement légal de l'« ordonnance restrictive » générale de l'Alberta en dehors de la PAFVA n'est pas confirmé; et l'ensemble du portrait juridique du Nunavut repose sur une codification à jour seulement au 5 février 2013. La modification de 2025 de l'Ontario élargissant qui peut demander une ordonnance restrictive a été adoptée mais n'est pas encore en vigueur. Les lois, les frais et les procédures changent; confirmez les exigences actuelles auprès de la province, du territoire concerné ou d'un avocat autorisé avant de vous fier à cette page. Si vous êtes en danger immédiat, composez le 911. La plupart des guides par province et territoire liés ci-dessus incluent les coordonnées des services aux victimes propres à cette juridiction; lorsqu'elles ne sont pas encore répertoriées, communiquez directement avec le bureau des services aux victimes de cette province ou de ce territoire, ou avec la police.

Questions fréquentes
Quel est l'équivalent canadien d'une ordonnance restrictive (« restraining order ») américaine?
Il n'existe pas d'équivalent unique. Le ministère de la Justice du Canada indique directement que les ordonnances de protection civile ou les ordonnances restrictives sont demandées en vertu du droit de la famille ou de la loi sur la violence familiale propre à chaque province ou territoire. L'outil civil rapide le plus proche dans la plupart des juridictions est une ordonnance de protection ou d'intervention d'urgence; un engagement de ne pas troubler l'ordre public prévu au Code criminel fédéral est une option distincte devant un tribunal pénal, accessible contre toute personne peu importe le lien.
Chaque province canadienne a-t-elle une ordonnance de protection d'urgence?
Non. L'Ontario fait exception. Elle n'a aucune loi autonome sur l'ordonnance de protection d'urgence; ses outils sont une ordonnance restrictive en vertu de l'article 46 de la Family Law Act ou de l'article 35 de la Children's Law Reform Act, en plus de la possession exclusive du foyer conjugal et de l'engagement de ne pas troubler l'ordre public fédéral. Toutes les autres provinces et les trois territoires appliquent leur propre ordonnance civile d'urgence.
Quelle est la différence entre un engagement de ne pas troubler l'ordre public et une ordonnance de protection provinciale?
Un engagement de ne pas troubler l'ordre public est un processus fédéral prévu au Code criminel, amorcé par un signalement à la police et entendu devant un tribunal pénal, accessible contre toute personne peu importe le lien. Une ordonnance de protection provinciale ou territoriale est un processus civil de droit de la famille ou de violence familiale, généralement limité aux personnes ayant un lien familial, conjugal ou de soins admissible, et demandée devant un tribunal de la famille ou civil.
Mon ordonnance de protection me suivra-t-elle si je déménage dans une autre province canadienne?
Cela dépend de la province, et cette page n'a pas confirmé de façon indépendante de mécanisme de reconnaissance précis pour une juridiction en particulier par rapport au texte de la loi primaire. Une loi type nationale à ce sujet existe grâce à la Conférence pour l'harmonisation des lois au Canada, mais elle ne s'applique pas d'elle-même; elle ne s'applique que là où une province ou un territoire l'a réellement adoptée, et ce statut d'adoption n'a pas été vérifié de façon indépendante juridiction par juridiction. Si vous déménagez, communiquez directement avec le bureau des services aux victimes ou les tribunaux de la province ou du territoire de destination et demandez quelle reconnaissance, le cas échéant, s'applique à votre ordonnance existante.
Le Canada reconnaîtra-t-il une ordonnance restrictive obtenue aux États-Unis?
Aucun mécanisme à cet effet n'a été trouvé dans les documents officiels d'une province ou d'un territoire. La loi de reconnaissance réciproque du Manitoba se limite explicitement aux autres provinces et territoires canadiens, et aucune juridiction couverte sur ce site ne décrit de voie pour la reconnaissance d'une ordonnance américaine ou étrangère.
Que se passe-t-il si quelqu'un enfreint une ordonnance de protection au Canada?
Cela dépend entièrement de la juridiction. L'Alberta, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, l'Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador ont chacun créé leur propre échelle de peines progressive dans leur propre loi. L'Ontario, la Saskatchewan et le Manitoba font passer un manquement par l'infraction générale de désobéissance à une ordonnance de tribunal du Code criminel, l'article 127, passible d'une peine maximale de deux ans d'emprisonnement. Le Nunavut n'a aucune infraction autonome de manquement; la police dispose plutôt d'un pouvoir d'arrestation sans mandat en cas de manquement soupçonné.
Existe-t-il une ordonnance de protection fédérale au Canada?
La plupart des ordonnances de protection sont provinciales ou territoriales, mais une ordonnance véritablement fédérale existe : la Loi sur les foyers familiaux situés dans les réserves et les droits ou intérêts matrimoniaux permet à un juge désigné d'accorder une ordonnance de protection d'urgence excluant un époux ou un conjoint de fait d'un foyer familial situé sur une réserve pour une durée maximale de 90 jours, puisque le droit provincial des biens familiaux ne s'applique généralement pas aux terres de réserve.
La loi sur les ordonnances de protection de quelle juridiction canadienne est-elle la plus désuète?
Le Nunavut. Sa Family Abuse Intervention Act est lue à partir d'une codification officielle à jour seulement au 5 février 2013, et trois lois modificatives ultérieures, de 2017, 2018 et 2020, n'ont jamais été consultées pour cette recherche. Chaque chiffre propre au Nunavut sur ce site est accompagné de cette mise en garde.
Sources et références
- Code criminel, art. 515 (mise en liberté provisoire par voie judiciaire, conditions de mise en liberté sous caution)(laws-lois.justice.gc.ca).gov
- Code criminel, art. 732.1 (conditions de l'ordonnance de probation)(laws-lois.justice.gc.ca).gov
- Code criminel, art. 127 (désobéissance à une ordonnance du tribunal)(laws-lois.justice.gc.ca).gov
- Ministère de la Justice Canada - Trousse HELP, Guide de réponse juridique (LR.1.3 Ordonnances de protection ou restrictives)(justice.gc.ca).gov
- Loi sur les foyers familiaux situés dans les réserves et les droits ou intérêts matrimoniaux, F-1.2 (ordonnance de protection d'urgence, art. 16 à 20)(laws-lois.justice.gc.ca).gov
- Loi sur le divorce, art. 2(1) (définition de la violence familiale)(laws-lois.justice.gc.ca).gov
- Conférence pour l'harmonisation des lois au Canada - Uniform Enforcement of Canadian Judgments Act (2023, telle qu'adoptée)(cms.ulcc-chlc.ca)