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Clauses de non-concurrence et de non-sollicitation au Canada

Par Équipe éditoriale de Recording Law12 min de lecture
Clauses de non-concurrence et de non-sollicitation au Canada

Questions fréquentes

Les clauses de non-concurrence sont-elles légales au Canada?

Cela dépend de l'endroit où travaille l'employé. L'Ontario a interdit les clauses de non-concurrence pour la plupart des employés depuis le 25 octobre 2021, avec des exceptions limitées pour la vente d'une entreprise et certains cadres supérieurs. Dans toutes les autres provinces et tous les autres territoires de common law, une clause de non-concurrence est légale à signer, mais elle n'est exécutoire que si un tribunal la juge raisonnable. Le Québec les permet en vertu du Code civil, sous réserve de ses propres exigences quant aux modalités écrites et à la portée limitée.

Une clause de non-concurrence est-elle exécutoire en Ontario?

Généralement non, si elle a été conclue le 25 octobre 2021 ou après cette date et que l'employé ne fait pas partie des exceptions relatives à la vente d'entreprise ou aux cadres supérieurs prévues à la partie XV.1 de l'Employment Standards Act, 2000. Une clause de non-concurrence signée avant cette date n'est pas automatiquement nulle en vertu de cette loi, mais elle peut tout de même être contestée selon le même test de caractère raisonnable de common law utilisé dans les autres provinces.

Quelle est la différence entre une clause de non-concurrence et une clause de non-sollicitation?

Une clause de non-concurrence cherche à empêcher un ancien employé de travailler dans le même domaine ou pour un concurrent, tout simplement. Une clause de non-sollicitation empêche seulement l'ancien employé de solliciter activement les clients ou le personnel de l'ancien employeur. Comme elle restreint moins, une clause de non-sollicitation est généralement plus facile à faire respecter, et l'interdiction législative ontarienne ne s'étend pas aux clauses de non-sollicitation.

Les clauses de non-concurrence sont-elles exécutoires au Québec?

Elles peuvent l'être, en vertu des articles 2089 et 2095 du Code civil du Québec, mais seulement si la clause est écrite, en termes exprès, et limitée quant au temps, au lieu et au genre de travail à ce qui est nécessaire pour protéger les intérêts légitimes de l'employeur. L'employeur doit prouver que la clause est valide, et il ne peut pas la faire respecter s'il a mis fin à l'emploi sans motif sérieux.

Mon employeur peut-il quand même m'empêcher d'utiliser des listes de clients ou des renseignements confidentiels après mon départ?

Généralement oui. Une obligation de confidentialité ou de protection des secrets commerciaux est un engagement distinct d'une clause de non-concurrence. Elle ne restreint pas l'endroit où un ancien employé peut travailler, elle est donc traitée différemment d'une restriction au commerce et elle peut habituellement encore être exécutée même là où une clause de non-concurrence figurant dans le même contrat ne le pourrait pas.

Y aura-t-il une interdiction nationale des clauses de non-concurrence au Canada?

Pas encore, et pas complètement. À la mi-2026, un projet de loi devant le Parlement, faisant partie de la Budget 2025 Implementation Act, No. 2, interdirait les clauses de non-concurrence pour les employeurs relevant de la compétence fédérale, comme les banques et les compagnies aériennes, mais il n'a franchi que la deuxième lecture et se trouve encore devant un comité de la Chambre. Il n'aurait aucune incidence sur les employés relevant de la compétence provinciale, qui demeurent assujettis à l'interdiction ontarienne, au test de common law ailleurs, ou au Code civil du Québec, selon l'endroit où ils travaillent.

Sources et références

  1. Gouvernement de l'Ontario - Votre guide de l'Employment Standards Act : clauses de non-concurrence (date d'entrée en vigueur, définition, et les exceptions relatives à la vente d'une entreprise et aux cadres supérieurs)(ontario.ca).gov
  2. Gouvernement de l'Ontario - Employment Standards Act Policy and Interpretation Manual, partie XV.1 : clauses de non-concurrence(ontario.ca).gov
  3. Shafron v KRG Insurance Brokers (Western) Inc, 2009 SCC 6 - la divisibilité fictive (notional severance) ne permet pas de corriger une clause restrictive ambiguë ou trop large; la divisibilité par suppression (blue-pencil severance) se limite aux termes accessoires et non essentiels(canlii.org)
  4. Elsley v J.G. Collins Insurance Agencies Ltd, 1978 CanLII 7 (SCC) - test fondateur de caractère raisonnable applicable aux clauses restrictives, y compris la préférence pour une clause de non-sollicitation lorsqu'elle protégerait adéquatement l'intérêt de l'employeur(canlii.org)
  5. Code civil du Québec, CCQ-1991, article 2089 - exigences applicables à une stipulation de non-concurrence valide dans un contrat de travail (écrite, expresse, limitée quant au temps, au lieu et au genre de travail; fardeau de la preuve sur l'employeur)(legisquebec.gouv.qc.ca).gov
  6. Code civil du Québec, CCQ-1991, article 2095 - un employeur ne peut invoquer une stipulation de non-concurrence s'il a résilié le contrat de l'employé sans motif sérieux, ou s'il a lui-même donné à l'employé un tel motif de démissionner(legisquebec.gouv.qc.ca).gov
  7. Parlement du Canada, LEGISinfo - Bill C-31 (45e législature, 1re session), Budget 2025 Implementation Act, No. 2; a franchi l'étape de la deuxième lecture le 3 juin 2026 et a été renvoyé au Comité permanent des finances; la section 9 de la partie 4 modifierait le Code canadien du travail afin de restreindre les clauses de non-concurrence pour les employeurs relevant de la compétence fédérale(parl.ca).gov
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