Exigences de consentement RGPD : qu'est-ce qu'un consentement valide (2026)

Par Équipe éditoriale de Recording Law30 min de lecture
Exigences de consentement RGPD : qu'est-ce qu'un consentement valide (2026)

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un consentement valide au regard du RGPD ?

Un consentement RGPD valide doit être libre, spécifique, éclairé et univoque. La personne concernée doit accomplir un acte positif clair : cocher une case initialement non cochée, cliquer sur un bouton de consentement, ou choisir des paramètres précis. Les cases précochées, le silence, l'inaction et le simple défilement de la page sont explicitement exclus. Chaque finalité de traitement nécessite son propre consentement, et la personne concernée doit recevoir une information claire sur qui traite ses données et pourquoi, avant de consentir.

Peut-on utiliser des cases précochées pour le consentement RGPD ?

Non. Le RGPD et son considérant 32 interdisent explicitement les cases précochées comme forme de consentement. Le consentement exige un acte positif clair de la part de la personne concernée. La case doit être initialement décochée, et la personne doit la cocher activement. La CJUE l'a confirmé dans l'arrêt Planet49 (affaire C-673/17, 2019), jugeant que les cases précochées ne constituent pas un consentement valide au regard du droit de l'Union.

Faut-il un consentement pour chaque type de traitement de données ?

Non. Le consentement n'est que l'une des six bases légales prévues à l'article 6. Le consentement peut ne pas être nécessaire si le traitement est requis pour l'exécution d'un contrat, le respect d'une obligation légale, la protection d'intérêts vitaux, l'accomplissement d'une mission d'intérêt public, ou la poursuite d'un intérêt légitime qui ne prévaut pas sur les droits de la personne concernée. S'appuyer sur le consentement alors qu'une autre base s'applique crée une charge de gestion inutile et des risques liés au retrait.

À partir de quel âge un enfant peut-il consentir au regard du RGPD ?

Le RGPD fixe un seuil par défaut de 16 ans pour les services de la société de l'information (applications, réseaux sociaux, plateformes en ligne). Les États membres de l'UE peuvent abaisser ce seuil jusqu'à un minimum de 13 ans. En pratique, l'âge varie : 13 ans en Belgique, au Danemark, en Suède et ailleurs ; 14 ans en Autriche, en Italie, en Espagne et ailleurs ; 15 ans en France et en Grèce ; 16 ans en Allemagne, en Irlande, aux Pays-Bas et ailleurs. Un service opérant à l'échelle européenne doit appliquer l'âge applicable dans chaque pays.

Comment retirer son consentement au regard du RGPD ?

Le consentement peut être retiré à tout moment. Le processus de retrait doit être aussi simple que l'octroi du consentement. Si le consentement a été donné en un clic, le retrait ne doit pas nécessiter plus d'un clic. Le droit de retrait doit être communiqué avant que le consentement ne soit obtenu. Le retrait n'affecte pas la licéité des traitements effectués avant celui-ci, mais l'organisation doit cesser tout traitement fondé sur ce consentement pour l'avenir.

Faut-il un consentement pour les cookies sur mon site web ?

Les cookies non essentiels (analyse, publicité, suivi, réseaux sociaux) requièrent un consentement en vertu de la directive ePrivacy. Ce consentement doit satisfaire aux exigences du RGPD. L'intérêt légitime ne peut pas justifier le dépôt de cookies non essentiels. Les cookies strictement nécessaires (gestion de session, sécurité, répartition de charge) en sont exemptés. Le Digital Omnibus de novembre 2025 propose de simplifier ces règles, mais elles ne sont pas encore entrées en vigueur.

Quelle est la différence entre consentement et consentement explicite ?

Le consentement ordinaire exige un acte positif clair pour le traitement standard de données à caractère personnel. Le consentement explicite constitue une exigence plus stricte, requise pour les données sensibles (santé, données biométriques, données génétiques, origine raciale ou ethnique, opinions politiques, convictions religieuses, appartenance syndicale, vie sexuelle ou orientation sexuelle). Le consentement explicite exige une déclaration écrite claire identifiant expressément la catégorie de données sensibles et la finalité précise du traitement ; un consentement implicite ou général n'est jamais suffisant.

Un modèle « consentement ou paiement » est-il licite au regard du RGPD ?

Pas automatiquement. L'avis 08/2024 du CEPD a conclu que, dans la plupart des cas, une grande plateforme en ligne ne peut pas obtenir un consentement valide dans le cadre d'un modèle purement binaire (consentir à la publicité comportementale, ou payer une redevance). Le CEPD exige que les plateformes proposent également une alternative véritablement équivalente n'impliquant pas de publicité comportementale, comme un accès financé par une publicité contextuelle. Les redevances ne doivent pas être fixées à un niveau tel qu'elles contraignent de fait au consentement. L'option de consentement doit toujours satisfaire aux quatre conditions du consentement RGPD.

Que change le Digital Omnibus de novembre 2025 concernant le consentement aux cookies ?

Rien pour l'instant : il ne s'agit encore que d'une proposition législative. La Commission a proposé d'intégrer les règles relatives aux cookies dans le RGPD, d'introduire une liste blanche pour l'analyse de base, d'exiger un refus en un clic, de limiter les demandes répétées de consentement à une tous les six mois par finalité, et d'autoriser des signaux de préférence intégrés au navigateur d'ici environ 2028. Tant que la proposition n'aura pas franchi le processus législatif de l'UE et pris effet, les règles actuelles de consentement aux cookies prévues par la directive ePrivacy demeurent inchangées.

Mises à jour

Expansion majeure : réforme des cookies du Digital Omnibus de novembre 2025, sanctions de la CNIL contre Google (325 millions d'euros) et SHEIN (150 millions d'euros), lignes directrices conjointes CEPD-Commission sur le DMA et le RGPD, section sur les erreurs courantes en matière de consentement, composant UpdatesLog.

Publication initiale.

Sources et références

  1. Texte intégral du RGPD, règlement (UE) 2016/679(eur-lex.europa.eu).gov
  2. Lignes directrices 05/2020 du CEPD sur le consentement au titre du règlement 2016/679(edpb.europa.eu).gov
  3. Résumé du CEPD sur le consentement (avril 2026)(edpb.europa.eu).gov
  4. Commission européenne, quand le consentement est-il valide ?(commission.europa.eu).gov
  5. Commission européenne, comment mon consentement doit-il être demandé ?(commission.europa.eu).gov
  6. ICO, qu'est-ce qu'un consentement valide ?(ico.org.uk).gov
  7. ICO, comment obtenir, enregistrer et gérer le consentement ?(ico.org.uk).gov
  8. ICO, quand le consentement est-il approprié ?(ico.org.uk).gov
  9. Commission européenne, garanties spécifiques pour les données des enfants(commission.europa.eu).gov
  10. Avis 08/2024 du CEPD sur le consentement valide dans le cadre des modèles consentement ou paiement(edpb.europa.eu).gov
  11. Rapport du groupe de travail du CEPD sur les bandeaux cookies (2023)(edpb.europa.eu).gov
  12. Lignes directrices 03/2022 du CEPD sur les interfaces trompeuses(edpb.europa.eu).gov
  13. ICO, cookies et technologies similaires(ico.org.uk).gov
  14. Lignes directrices 1/2024 du CEPD sur l'intérêt légitime(edpb.europa.eu).gov
  15. Lignes directrices 3/2025 du CEPD sur l'articulation entre le DSA et le RGPD(edpb.europa.eu).gov
  16. Lignes directrices conjointes du CEPD et de la Commission européenne sur l'articulation entre le DMA et le RGPD(edpb.europa.eu).gov
  17. CNIL, Google sanctionné de 325 millions d'euros pour manquements au consentement en matière de cookies et de publicité (septembre 2025)(cnil.fr).gov
  18. CNIL, SHEIN sanctionné de 150 millions d'euros pour dépôt de cookies sans consentement (septembre 2025)(cnil.fr).gov
  19. Commission européenne, paquet Digital Omnibus (novembre 2025)(digital-strategy.ec.europa.eu).gov
  20. Your Europe, la confidentialité en ligne pour les entreprises(europa.eu).gov
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