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Lois sur l'enregistrement au Cameroun : consentement de toutes les parties et sanctions (2026)

Par Équipe éditoriale de Recording Law31 min de lecture
Lois sur l'enregistrement au Cameroun : consentement de toutes les parties et sanctions (2026)

Questions fréquentes

Puis-je enregistrer mes propres appels téléphoniques au Cameroun ?

Non. Le Cameroun exige le consentement de toutes les parties pour tout enregistrement. L'article 74 de la loi sur la cybersécurité (loi n° 2010/012) sanctionne pénalement le fait de fixer, d'enregistrer ou de transmettre des données électroniques privées sans le consentement de leur auteur. Même en tant que participant à la conversation, l'enregistrer à l'insu et sans la permission de l'autre personne expose à des peines d'un à deux ans de prison et à des amendes de 1 000 000 à 5 000 000 XAF. Si l'appel est intercepté en temps réel sans autorisation, l'article 65 impose des peines bien plus lourdes, de cinq à dix ans.

Le système bijuridique du Cameroun signifie-t-il que les lois sur l'enregistrement diffèrent entre les régions anglophones et francophones ?

Non. Bien que les deux régions anglophones du Cameroun suivent la procédure de la common law anglaise et que les huit régions francophones suivent la procédure du droit civil français, les textes pénaux tels que la loi sur la cybersécurité et le Code pénal s'appliquent uniformément à l'ensemble du pays. Les règles de fond relatives au consentement à l'enregistrement sont identiques dans les deux systèmes juridiques. Les différences ne concernent que des questions procédurales, telles que la manière dont les affaires sont instruites et jugées.

Que se passe-t-il si j'enregistre secrètement une conversation sur le lieu de travail au Cameroun ?

Enregistrer secrètement une conversation sur le lieu de travail viole l'article 74 de la loi sur la cybersécurité et peut également engager la responsabilité de son auteur en vertu de l'article 310 du Code pénal si le contenu implique des confidences professionnelles. Les sanctions comprennent un à deux ans de prison et des amendes de 1 000 000 à 5 000 000 XAF en vertu de la loi sur la cybersécurité, ainsi que trois mois à trois ans et des amendes supplémentaires en vertu du Code pénal pour violation du secret professionnel. Si l'auteur de l'enregistrement est un agent public, toutes les peines sont doublées en vertu de l'article 132, alinéa 2.

Les forces de l'ordre camerounaises peuvent-elles enregistrer mes appels à mon insu ?

Uniquement sous un contrôle judiciaire strict. L'article 245, alinéa 4, du Code de procédure pénale permet à un juge d'instruction d'autoriser l'interception de télécommunications dans le cadre d'enquêtes portant sur des infractions punissables d'au moins deux ans d'emprisonnement. L'autorisation doit être écrite, préciser le moyen de communication et l'infraction concernés, et ne pas excéder quatre mois par période. Les communications des avocats et celles des personnes protégées par une immunité sont exemptées d'interception.

Comment la loi camerounaise de 2024 sur la protection des données affecte-t-elle les pratiques d'enregistrement ?

La loi n° 2024/017, promulguée le 23 décembre 2024, exige un consentement explicite et éclairé avant tout traitement de données personnelles. Les enregistrements vocaux et les images vidéo de personnes identifiables constituant des données personnelles, toute activité d'enregistrement relève désormais à la fois de la loi sur la cybersécurité et de la nouvelle loi sur la protection des données. Les amendes administratives peuvent atteindre 100 000 000 XAF (environ 174 000 dollars américains) ; les sanctions pénales peuvent atteindre 1 000 000 000 XAF (1 milliard de francs CFA, environ 1 740 000 dollars américains) et 10 ans d'emprisonnement. Les organisations doivent mettre leurs pratiques en conformité avant le 23 juin 2026.

Puis-je filmer des policiers au Cameroun ?

Il n'existe aucun droit légal explicite de filmer la police au Cameroun. Les risques juridiques sont importants. La loi antiterroriste (loi n° 2014/028) contient des infractions formulées en termes larges que les autorités ont appliquées à des journalistes ayant enregistré des opérations de sécurité à proximité de zones de conflit. Dans les régions anglophones, les forces de sécurité ont saisi des téléphones portables et utilisé leur contenu pour étayer des accusations de terrorisme. Le risque de poursuites en vertu de la loi sur la cybersécurité, de la loi antiterroriste, ou des deux, est réel. Toute personne ayant l'intention de documenter le comportement de la police devrait consulter au préalable un avocat camerounais.

Les hypertrucages sont-ils illégaux au Cameroun ?

Le Cameroun ne dispose d'aucune loi visant spécifiquement les hypertrucages en date de mai 2026. Toutefois, générer ou diffuser un contenu synthétisé par intelligence artificielle intégrant les données biométriques, l'image ou la voix d'une personne réelle sans son consentement viole les dispositions relatives aux données sensibles de la loi de 2024 et l'article 74 de la loi sur la cybersécurité. Les sanctions prévues par la loi de 2024 peuvent atteindre 10 ans d'emprisonnement et 100 000 000 XAF d'amende. L'absence de loi dédiée aux hypertrucages ne crée pas de zone d'impunité juridique.

Puis-je envoyer des enregistrements réalisés au Cameroun vers un autre pays ?

L'envoi hors du Cameroun d'enregistrements contenant des données personnelles doit respecter les dispositions relatives aux transferts transfrontaliers de la loi n° 2024/017. Les transferts vers des pays ne présentant pas une protection adéquate des données nécessitent une autorisation préalable de l'ANPDP. L'ANPDP n'ayant pas encore été constituée en date de mai 2026, cette procédure d'autorisation n'est pas encore disponible. Les organisations devraient dès à présent documenter leurs garanties de transfert et se préparer à demander une autorisation une fois l'autorité opérationnelle.

Mises à jour

May 2026 refresh: Added Section 65 illegal interception 5-10 years, Recording Police H2 with Anti-Terrorism Law 2014 and Anglophone crisis context, RSF 133/180 2026, AP journalist detention Feb 2026, Voyeurism H2, Deepfake/AI H2, Cross-Border Recording H2. Expanded PDPL 2024 section with ANPDP operational status, data subject rights, sensitive data categories. Updated penalties table. Fixed broken internal link. Word count expanded from 2,850 to 6,270 words.

Mise à jour de mai 2026 : ajout de l'article 65 (interception illégale, 5 à 10 ans), de la section « Enregistrement de la police et des agents publics » (loi antiterroriste de 2014, crise anglophone, RSF 133/180 en 2026, détention de journalistes de l'AP en février 2026), des sections sur le voyeurisme, sur l'IA et les hypertrucages, et sur l'enregistrement transfrontalier. Développement de la section relative à la loi de 2024 avec le statut opérationnel de l'ANPDP (non encore constituée), les droits des personnes concernées, les catégories de données sensibles et l'urgence de l'échéance du 23 juin. Mise à jour du tableau des sanctions pour inclure l'article 65. Correction d'un lien interne rompu dans la liste de conformité. Nombre de mots porté d'environ 2 850 à environ 6 200 mots.

Sources et références

  1. Loi n° 2010/012 du 21 décembre 2010 relative à la cybersécurité et à la cybercriminalité au Cameroun(minpostel.gov.cm).gov
  2. Constitution de la République du Cameroun (loi n° 96/6 du 18 janvier 1996)(prc.cm).gov
  3. Code de procédure pénale (loi n° 2005/007 du 27 juillet 2005)(unodc.org)
  4. Code pénal du Cameroun (loi n° 2016/007 du 12 juillet 2016)(wipo.int)
  5. Loi n° 2024/017 du 23 décembre 2024 relative à la protection des données à caractère personnel au Cameroun(prc.cm).gov
  6. La protection de la vie privée dans les communications électroniques en droit camerounais(hallelaw.com)
  7. Aperçu de la protection des données au Cameroun(lexafrica.com)
  8. Profil pays du Cameroun - Communauté Octopus sur la cybercriminalité du Conseil de l'Europe(coe.int)
  9. Aperçu du système juridique camerounais(hg.org)
  10. Loi camerounaise sur la protection des données : principales règles de conformité(lexafrica.com)
  11. Rapport sur les droits numériques et les libertés au Cameroun(clfr.globalnetworkinitiative.org)
  12. Principales caractéristiques de la nouvelle loi camerounaise sur la protection des données - African Law and Business(africanlawbusiness.com)
  13. La police camerounaise interroge des journalistes enquêtant sur les expulsions de migrants américains - CPJ, février 2026(cpj.org)
  14. Cameroun : des journalistes, pas des terroristes - Rapport du CPJ sur la loi antiterroriste(cpj.org)
  15. Classement de la liberté de la presse au Cameroun 2026 - Reporters sans frontières(rsf.org)
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