Manitoba
Lois sur le délit de fuite au Manitoba : sanctions et réclamations à la SAM

Lois sur le délit de fuite au Manitoba : sanctions et réclamations à la SAM
Quitter les lieux d'une collision au Manitoba déclenche deux régimes juridiques distincts. Sur le plan fédéral, l'art. 320.16 du Code criminel crée une infraction criminelle pouvant entraîner un casier judiciaire permanent et, dans les cas graves, une peine se mesurant en années ou en décennies. Sur le plan provincial, la Loi sur la sécurité routière, CPLM c H60, impose sa propre obligation de s'arrêter, d'échanger des renseignements et de signaler l'incident, avec des amendes allant de 400 $ à 2 000 $ sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire. En plus des deux, la Société d'assurance publique du Manitoba (SAM) administre le régime public sans égard à la responsabilité Autopac, ce qui signifie que les victimes de conducteurs non identifiés ont un accès direct aux prestations pour blessures et pour dommages au véhicule par l'entremise de la SAM plutôt que de devoir poursuivre un défendeur fantôme devant les tribunaux.
L'infraction fédérale : l'art. 320.16 du Code criminel
La loi manitobaine sur le délit de fuite commence sur le plan fédéral. Chaque province et territoire est régi par le Code criminel du Canada (RSC 1985, c C-46), et l'art. 320.16 (qui fait partie de la vaste partie VIII.1 sur les infractions relatives aux moyens de transport) est la disposition nationale actuelle en matière de délit de fuite. Elle est entrée en vigueur le 18 décembre 2018, lorsque le projet de loi C-46 du gouvernement (LC 2018, c 21) a reçu la sanction royale et a été proclamé en vigueur.
Il importe de noter ce qui ne s'applique plus. L'ancien art. 252 du Code criminel, cité pendant des décennies comme la disposition relative au délit de fuite, a été abrogé par l'art. 14 de LC 2018, c 21. Tout guide ou article citant encore l'art. 252 comme droit actuel est désuet. L'art. 252 se lit désormais simplement « 252 [Abrogé, 2018, ch. 21, art. 14] ». La disposition actuelle est l'art. 320.16, sans exception.
Trois paliers de l'infraction
L'art. 320.16 est structuré en trois paliers progressifs selon la gravité du préjudice en cause.
Palier 1 : art. 320.16(1) (aucune blessure ou dommages matériels seulement). Commet une infraction quiconque conduit un moyen de transport, sachant (ou faisant preuve d'insouciance quant au fait) que le moyen de transport a été impliqué dans un accident avec une personne ou un autre moyen de transport, et qui omet, sans excuse raisonnable, de s'arrêter, de donner ses nom et adresse, et, si une personne est blessée ou semble avoir besoin d'assistance, d'offrir cette assistance. Il s'agit d'une infraction mixte. Par mise en accusation, le maximum est de 10 ans d'emprisonnement (art. 320.19(5) du Code criminel). Sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire, un maximum moindre s'applique. Aucune peine minimale obligatoire n'existe pour ce palier.
Palier 2 : art. 320.16(2) (lésions corporelles). Lorsque le conducteur sait, ou fait preuve d'insouciance quant au fait, que l'accident a causé des lésions corporelles à une autre personne et omet de se conformer aux obligations du palier 1, l'infraction est plus grave. Par mise en accusation, la peine maximale s'élève à 14 ans (art. 320.2). Des peines minimales obligatoires s'appliquent : une première infraction entraîne une amende minimale de 1 000 $; une deuxième infraction, 30 jours d'emprisonnement; et les infractions subséquentes, 120 jours d'emprisonnement. Sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire, le maximum est une amende de 5 000 $ ou deux ans moins un jour, avec les mêmes peines minimales obligatoires.
Palier 3 : art. 320.16(3) (décès). La forme la plus grave s'applique lorsque le conducteur sait, ou fait preuve d'insouciance quant au fait, que l'accident a causé la mort ou des lésions corporelles ayant subséquemment entraîné la mort. Ce palier constitue une mise en accusation obligatoire, sans possibilité de procédure sommaire. La peine maximale est l'emprisonnement à perpétuité (art. 320.21). Les mêmes peines minimales obligatoires que pour le palier des lésions corporelles s'appliquent.
L'élément moral (mens rea)
Une caractéristique essentielle de l'art. 320.16 est son exigence relative à l'élément moral. L'infraction exige que le conducteur ait su, ou ait fait preuve d'insouciance quant au fait, que le moyen de transport était impliqué dans un accident. La Couronne ne peut obtenir une déclaration de culpabilité en vertu de l'art. 320.16 en prouvant simplement qu'un conducteur a quitté les lieux. Elle doit prouver l'état d'esprit du conducteur : la connaissance réelle, ou l'insouciance subjective (la conscience du risque et le fait de continuer malgré tout), quant au fait de la collision.
Cela importe pour les conducteurs manitobains, car cela signifie que l'ignorance accidentelle (le fait de véritablement ne pas savoir qu'une collision est survenue) peut constituer une réponse possible à une accusation. L'article préserve également un moyen de défense d'« excuse raisonnable » à l'art. 320.16(1) : un conducteur qui a fui en raison d'une menace réelle à sa sécurité, par exemple, peut invoquer ce moyen de défense, bien que ce qui constitue une excuse valable soit une question de fait propre à chaque affaire pour le juge des faits.
Ce que couvre le terme « moyen de transport »
La partie VIII.1 utilise le terme défini « moyen de transport » (art. 320.11 du Code criminel) plutôt que l'ancienne expression « véhicule, bateau ou aéronef ». Un moyen de transport comprend un véhicule à moteur, un bateau, un aéronef et du matériel ferroviaire. L'art. 320.16 couvre donc les collisions impliquant l'un ou l'autre de ces moyens, et non seulement la circulation routière.
Un casier judiciaire
Une déclaration de culpabilité en vertu de l'art. 320.16 entraîne un casier judiciaire fédéral. Ce casier peut avoir une incidence sur l'emploi, l'octroi de permis professionnels, les voyages vers d'autres pays (y compris les États-Unis, qui refusent systématiquement l'entrée aux personnes ayant un casier judiciaire canadien pour infractions liées à la conduite), et la détermination de la peine dans toute affaire criminelle subséquente. Les graves conséquences à long terme d'une déclaration de culpabilité criminelle s'ajoutent à celles de toute pénalité provinciale prévue par la Loi sur la sécurité routière, et sont distinctes de celles-ci.

Le cadre provincial du Manitoba : la Loi sur la sécurité routière
Parallèlement au Code criminel fédéral, le Manitoba possède sa propre loi provinciale : la Loi sur la sécurité routière, CPLM c H60. Les articles 153 à 160 énoncent les obligations provinciales en cas d'accident et les obligations de signalement des collisions qui s'appliquent à tous les conducteurs sur les routes manitobaines.
L'obligation de s'arrêter et d'échanger des renseignements
Lorsqu'un conducteur est impliqué dans une collision, la Loi sur la sécurité routière exige qu'il s'arrête sur les lieux et fournisse les renseignements suivants à tout autre conducteur, passager ou personne impliquée :
- Nom et adresse complets
- Numéro de permis de conduire
- Immatriculation du véhicule et renseignements sur le propriétaire
- Renseignements d'assurance
Cette obligation s'applique peu importe si l'accident a causé des blessures ou s'est limité à des dommages matériels. Elle reflète, sans en dépendre, l'obligation fédérale distincte prévue à l'art. 320.16. Un conducteur qui échange ses renseignements n'a pas nécessairement évité une accusation fédérale. S'il avait la connaissance ou l'insouciance requise et qu'il y a eu une blessure, l'analyse du Code criminel s'applique tout de même séparément.
Lorsqu'une collision implique un véhicule non surveillé ou un bien (comme une voiture stationnée ou une structure au bord de la route), le conducteur doit laisser un avis écrit dans un endroit bien visible sur le bien, comprenant ses nom, adresse et numéro d'immatriculation, et doit signaler la collision au poste de police le plus proche dès que possible.
Le signalement à la police
L'obligation de signaler l'incident à la police en vertu de la Loi sur la sécurité routière est déclenchée dans les circonstances suivantes : lorsque la collision cause des blessures graves ou la mort, le signalement doit se faire immédiatement ou dès que la situation le permet. Pour les collisions où un conducteur ne peut être identifié (scénarios de délit de fuite) et où des dommages matériels sont survenus, le rapport de police doit être fait dans les sept jours.
Ce délai de sept jours pour le signalement à la police est important sur le plan des assurances. La SAM exige que les victimes de collisions par délit de fuite aient fait un rapport de police avant de déposer une réclamation Autopac. Le non-respect de ce délai de sept jours peut compliquer ou empêcher l'accès de la victime aux prestations Autopac pour les dommages matériels causés par un conducteur non identifié.
Sanctions provinciales
Le défaut de s'arrêter, d'échanger des renseignements ou de signaler l'incident tel que l'exige la Loi sur la sécurité routière constitue une infraction provinciale. Sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire, l'amende varie de 400 $ à 2 000 $. De plus, le registraire des véhicules automobiles peut suspendre le permis d'un conducteur pour une période pouvant atteindre deux ans. Des points d'inaptitude sont également attribués en vertu du système de démérite du Manitoba, et l'accumulation de points d'inaptitude peut déclencher indépendamment une suspension de permis.
Les sanctions provinciales s'ajoutent à toute poursuite fédérale en vertu du Code criminel, et ne la remplacent pas. Un conducteur impliqué dans un délit de fuite peut faire face à la fois à une amende provinciale en vertu de la Loi sur la sécurité routière et à une accusation fédérale en vertu du Code criminel découlant du même incident.

Autopac de la SAM : le régime public sans égard à la responsabilité du Manitoba
Le Manitoba est l'une des quatre provinces canadiennes (avec la Colombie-Britannique et l'ICBC, le Québec et la SAAQ, et la Saskatchewan et la SGI) qui exploite un assureur automobile public. La SAM (Société d'assurance publique du Manitoba) administre le programme Autopac, qui offre une couverture de base obligatoire pour tous les véhicules immatriculés au Manitoba. Puisqu'Autopac est un régime sans égard à la responsabilité, il couvre les blessures peu importe qui a causé l'accident, y compris les collisions causées par des conducteurs non identifiés.
Couverture pour blessures : le régime d'indemnisation des personnes accidentées (RIPP)
La prestation de base sans égard à la responsabilité pour blessures en vertu d'Autopac est le régime d'indemnisation des personnes accidentées (RIPP). Le RIPP couvre toutes les personnes blessées dans des accidents de la route au Manitoba (conducteurs, passagers, piétons, cyclistes et autres), sans égard à la responsabilité. Puisque le RIPP fonctionne sans égard à la responsabilité, une personne blessée n'a pas besoin de prouver l'identité du conducteur responsable pour recevoir des prestations. Cela rend le RIPP particulièrement important pour les victimes de délit de fuite.
Les prestations du RIPP comprennent le remplacement de revenu (jusqu'à 90 pour cent du revenu net perdu en raison de la blessure), les frais médicaux et de réadaptation (physiothérapie, médicaments d'ordonnance, traitement spécialisé et appareils fonctionnels), les soins auxiliaires pour les personnes gravement blessées, les prestations pour les parents proches aidants d'un enfant blessé, et les prestations de décès pour les familles des personnes tuées. Il n'existe aucun plafond monétaire comparable à ceux que les provinces à marché privé imposent par l'entremise de leurs fonds pour automobilistes non assurés, bien que chaque catégorie de prestations ait ses propres limites.
Dommages au véhicule : garanties collision et tous risques
Pour les dommages matériels causés par un délit de fuite où le conducteur responsable n'est pas identifié et ne peut être tenu responsable, la garantie collision d'Autopac s'applique. Un conducteur manitobain qui détient la garantie collision sur sa police Autopac peut réclamer les dommages à son propre véhicule après avoir payé la franchise applicable. La franchise collision standard en vertu d'Autopac est de 500 $, bien que les conducteurs puissent choisir des franchises plus élevées ou plus basses.
Lorsqu'un véhicule stationnaire est heurté par un conducteur en délit de fuite alors que l'assuré n'est pas présent (par exemple, une voiture stationnée endommagée dans un stationnement), la garantie tous risques peut s'appliquer selon les circonstances précises de la perte. Les conducteurs devraient confirmer auprès de la SAM si l'incident est traité comme une réclamation collision ou tous risques.
La règle des deux rapports : police et SAM
Pour qu'une réclamation pour délit de fuite progresse par l'entremise de la SAM, la victime doit signaler l'incident à deux entités distinctes.
Étape 1 : rapport de police. La collision doit être signalée à la police. À Winnipeg, les réclamations pour délit de fuite impliquant un véhicule inoccupé peuvent être signalées en ligne par l'entremise du portail du Service de police de Winnipeg. Pour les incidents impliquant un véhicule occupé, appelez le Service de police de Winnipeg au 204-986-6222. À l'extérieur de Winnipeg, communiquez avec le détachement de police local ou de la GRC. Le rapport de police doit être fait dans les sept jours suivant la collision.
Étape 2 : rapport à la SAM. Une fois le rapport de police fait, communiquez avec la SAM pour ouvrir une réclamation. À Winnipeg, composez le 204-985-7000. À l'extérieur de Winnipeg ou sans frais, composez le 1-800-665-2410. La SAM vous indiquera si un rendez-vous dans un centre de services est requis pour une inspection du véhicule.
Omettre le rapport de police empêchera normalement une réclamation à la SAM de progresser, car la SAM exige la vérification que la collision a été signalée aux forces de l'ordre. Les victimes devraient faire le rapport de police dès que possible après la collision, même avant que les blessures n'aient été entièrement évaluées, afin de préserver l'accès à la fois aux prestations pour blessures du RIPP et à la garantie collision.
Aucun avenant SEF 44 au Manitoba
Dans les provinces qui utilisent des assureurs automobiles privés (Ontario, Alberta, provinces de l'Atlantique), la réponse standard à une collision avec un conducteur non identifié est la garantie pour automobiliste non assuré ou, à des fins de bonification, l'avenant SEF 44 de protection familiale. Les conducteurs manitobains n'ont pas besoin de ces avenants, car Autopac de la SAM couvre déjà le même risque par l'entremise du régime public. Le RIPP sans égard à la responsabilité couvre toutes les blessures sans identifier le défendeur, et la garantie collision répond aux dommages au véhicule. Il n'existe aucun écart nécessitant un avenant distinct.

Que faire si vous êtes le conducteur qui a quitté les lieux?
Si vous avez été impliqué dans une collision au Manitoba et que vous avez quitté les lieux (que ce soit par panique, confusion ou décision délibérée), l'exposition juridique est importante et urgente.
La première obligation est de vous arrêter et de retourner sur les lieux le plus rapidement possible, ou de communiquer immédiatement avec la police si le retour sur les lieux n'est pas possible. L'art. 320.16 du Code criminel prévoit effectivement un moyen de défense d'« excuse raisonnable », mais ce moyen de défense est étroit et propre aux faits de chaque affaire. La panique seule n'est généralement pas acceptée comme une excuse raisonnable par les tribunaux canadiens.
Les conséquences criminelles s'aggravent rapidement à mesure que la gravité des blessures devient claire. Une collision qui semblait d'abord n'impliquer que des dommages matériels peut devenir une infraction de palier 2 ou 3 (comportant des peines minimales obligatoires et potentiellement l'emprisonnement à perpétuité) si les victimes développent subséquemment des blessures graves ou décèdent. Un conducteur qui signale l'incident rapidement et honnêtement à la police se trouve dans une position juridique nettement différente de celui qui attend que les enquêteurs le retrouvent.
En vertu de la Loi sur la sécurité routière, un conducteur doit également aviser la SAM de toute collision à laquelle il a été impliqué, peu importe la responsabilité. Le défaut de signaler une collision à laquelle vous avez été impliqué, et le fait de la dissimuler à la SAM, constitue une infraction réglementaire distincte en vertu du cadre de l'assureur public.
Que faire si vous êtes la victime?
Si un autre conducteur a heurté votre véhicule et a quitté les lieux, voici les démarches pratiques à suivre.
Sur les lieux. Assurez votre sécurité; éloignez votre véhicule de la circulation si possible. Appelez le 911 si quelqu'un est blessé. Si l'autre véhicule est encore visible, notez la plaque d'immatriculation, la couleur, la marque, le modèle et la direction de déplacement. Cherchez des témoins et demandez si des entreprises avoisinantes ont des caméras de sécurité orientées vers la route. Ne poursuivez pas le conducteur en fuite.
Dès que possible après les lieux. Déposez un rapport de police dans les sept jours. À Winnipeg, les rapports de délit de fuite non liés à des blessures sur des véhicules inoccupés peuvent être soumis en ligne. Pour les collisions avec blessures ou à l'extérieur de Winnipeg, communiquez directement avec la police.
Communiquez avec la SAM. Composez le 204-985-7000 (Winnipeg) ou le 1-800-665-2410 (ailleurs) pour ouvrir une réclamation Autopac. La SAM vous guidera dans le processus pour les dommages au véhicule et, si vous avez été blessé, les prestations du RIPP.
Conservez les preuves. Gardez des photographies des dommages, toute séquence de caméra embarquée, et le numéro de référence du rapport de police. Les experts en sinistres de la SAM examineront les preuves lors du traitement de la réclamation.
Ne tardez pas. Le délai de sept jours pour le rapport de police est le délai clé pour les réclamations de dommages matériels par délit de fuite. Les réclamations pour blessures en vertu du RIPP devraient être ouvertes rapidement, car les prestations de réadaptation et de remplacement de revenu commencent à courir dès la date de la blessure, et les retards dans l'ouverture d'une réclamation peuvent avoir une incidence sur le paiement rétroactif des prestations.
Points d'inaptitude et conséquences pour le permis
Le système de démérite du Manitoba ajoute une dimension administrative aux infractions routières provinciales. Une déclaration de culpabilité pour défaut de s'arrêter après un accident ou défaut de signaler une collision en vertu de la Loi sur la sécurité routière entraîne des points d'inaptitude contre le permis du conducteur. Lorsqu'un conducteur accumule suffisamment de points au cours d'une période mobile de 24 mois, le registraire des véhicules automobiles émettra une lettre d'avertissement ou suspendra le permis. Une suspension de permis de deux ans peut également être imposée directement comme sanction pour avoir quitté les lieux.
Pour les nouveaux conducteurs ou les jeunes conducteurs dans le cadre du programme de permis progressif du Manitoba, le seuil de démérite déclenchant une suspension est plus bas que pour les conducteurs pleinement titulaires d'un permis, ce qui rend les conséquences d'une seule déclaration de culpabilité provinciale pour délit de fuite particulièrement importantes pour ce groupe.
Comparaison des conséquences provinciales et fédérales
Il est utile de garder les deux régimes juridiques distincts en pratique.
L'accusation fédérale en vertu du Code criminel, art. 320.16, est la procédure la plus grave. Elle est poursuivie devant un tribunal criminel, exige la preuve de la connaissance ou de l'insouciance, et entraîne un casier judiciaire sur déclaration de culpabilité. Les sanctions vont d'amendes jusqu'à l'emprisonnement à perpétuité selon le palier. Un avocat en défense criminelle devrait être engagé immédiatement si la police indique qu'une accusation en vertu du Code criminel est possible.
L'infraction provinciale en vertu de la Loi sur la sécurité routière est une affaire réglementaire poursuivie devant un tribunal provincial. Elle exige une preuve moindre (aucun élément moral au même titre), entraîne des amendes, des points d'inaptitude et une suspension de permis, et ne produit pas de casier judiciaire. Les deux peuvent découler du même incident et progresser simultanément.
Sur le plan des assurances, une déclaration de culpabilité en vertu de l'une ou l'autre loi entraînera presque certainement une surprime sur les futures primes Autopac et pourrait avoir une incidence sur l'admissibilité aux rabais de la cote de sécurité du conducteur (CSC) d'Autopac. Le système de CSC de la SAM récompense les dossiers de conduite sécuritaire par des primes réduites; les collisions, que le conducteur soit responsable ou non, et particulièrement les déclarations de culpabilité, ont une incidence sur le calcul de la CSC.
Pour un aperçu du droit fédéral dans toutes les provinces, consultez le guide central des lois canadiennes sur le délit de fuite. Pour les règles applicables aux États américains, consultez le guide central des lois américaines sur le délit de fuite.
Autres lois du Manitoba
- Lois sur la pension alimentaire pour enfants au Manitoba
- Lois internationales sur l'enregistrement au Manitoba
Voir aussi
- Lois canadiennes sur le délit de fuite (guide central national)
- Lois américaines sur le délit de fuite (50 États)
Autres guides canadiens
Frequently Asked Questions
Quelle est la loi sur le délit de fuite au Manitoba?
Deux lois distinctes s'appliquent. Sur le plan fédéral, l'art. 320.16 du Code criminel crée une infraction pour défaut de s'arrêter, de donner ses nom et adresse, et d'offrir assistance après une collision, avec des sanctions pouvant aller jusqu'à l'emprisonnement à perpétuité si la mort en résulte. Sur le plan provincial, la Loi sur la sécurité routière, CPLM c H60, art 153 à 160, exige de s'arrêter, d'échanger des renseignements et de déposer un rapport de police; les amendes vont de 400 $ à 2 000 $ sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire, avec une suspension de permis pouvant atteindre deux ans.
Quel article du Code criminel régit le délit de fuite au Canada?
L'art. 320.16 du Code criminel (RSC 1985, c C-46), en vigueur depuis le 18 décembre 2018. L'ancien art. 252 a été abrogé par LC 2018, c 21, art. 14, et ne s'applique plus. Toute source citant l'art. 252 comme droit actuel est désuète.
Le Manitoba a-t-il une présomption voulant que quitter les lieux prouve l'intention d'échapper à la responsabilité?
Non. Cette présomption se trouvait dans l'ancien art. 252(2) du Code criminel, qui a été abrogé en 2018. L'art. 320.16 ne contient aucune présomption équivalente. La Couronne doit prouver que le conducteur savait, ou faisait preuve d'insouciance quant au fait, que le moyen de transport était impliqué dans un accident. L'ignorance véritable de la collision demeure une réponse possible à une accusation.
Combien de temps ai-je pour signaler un délit de fuite à la police au Manitoba?
La Loi sur la sécurité routière exige un signalement à la police dans les sept jours lorsqu'un conducteur ne peut être identifié. Les collisions causant des blessures graves ou la mort doivent être signalées immédiatement ou dès que possible. Le signalement dans les sept jours est également important pour les réclamations Autopac de la SAM : la SAM exige un rapport de police avant de traiter les réclamations pour dommages matériels impliquant un conducteur non identifié.
Autopac de la SAM couvre-t-elle les blessures causées par un conducteur non identifié au Manitoba?
Oui. Le régime d'indemnisation des personnes accidentées (RIPP), sans égard à la responsabilité, de la SAM couvre toutes les personnes blessées dans des accidents de la route au Manitoba, peu importe qui a causé l'accident. Puisque le RIPP fonctionne sans égard à la responsabilité, vous n'avez pas besoin d'identifier le conducteur responsable pour recevoir le remplacement de revenu, les prestations médicales et de réadaptation, et les autres prestations du RIPP. Vous devez tout de même signaler l'incident à la police et à la SAM pour ouvrir une réclamation.
Quelles sont les étapes pour une réclamation à la SAM pour délit de fuite au Manitoba?
Étape 1 : signalez la collision à la police dans les sept jours. À Winnipeg, les rapports de délit de fuite non liés à des blessures sur des véhicules inoccupés peuvent être déposés en ligne auprès du Service de police de Winnipeg; pour les collisions avec blessures, composez le 204-986-6222. À l'extérieur de Winnipeg, communiquez avec la police locale ou la GRC. Étape 2 : communiquez avec la SAM au 204-985-7000 (Winnipeg) ou au 1-800-665-2410 (sans frais) pour ouvrir une réclamation Autopac pour les dommages au véhicule et une réclamation RIPP pour toute blessure.
Quelle est la sanction pour délit de fuite au Manitoba?
Sanctions fédérales du Code criminel : aucune blessure (infraction mixte, jusqu'à 10 ans par mise en accusation); lésions corporelles (jusqu'à 14 ans, peines minimales obligatoires comprenant une amende de 1 000 $ pour une première infraction); décès (jusqu'à l'emprisonnement à perpétuité, mise en accusation obligatoire). Sanctions provinciales de la Loi sur la sécurité routière : amende de 400 $ à 2 000 $ sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire, suspension de permis pouvant atteindre deux ans, et points d'inaptitude. Les accusations fédérales et provinciales peuvent progresser simultanément à partir du même incident.
Le délit de fuite est-il une infraction criminelle au Manitoba?
Oui. Si le conducteur savait ou faisait preuve d'insouciance quant au fait d'être impliqué dans une collision et a omis de s'arrêter, de donner ses nom et adresse, ou d'offrir assistance, l'art. 320.16 du Code criminel s'applique et une déclaration de culpabilité produit un casier judiciaire permanent. Les collisions avec dommages matériels sous le seuil criminel peuvent n'entraîner que l'infraction provinciale de la Loi sur la sécurité routière, qui ne produit pas de casier judiciaire.
Dois-je détenir l'avenant SEF 44 au Manitoba pour couvrir un délit de fuite par un conducteur non identifié?
Non. L'avenant SEF 44 de protection familiale est utilisé dans les provinces à marché privé (Ontario, Alberta, provinces de l'Atlantique) pour bonifier la couverture contre les conducteurs non assurés ou sous-assurés. Autopac de la SAM au Manitoba couvre déjà les blessures causées par un conducteur non identifié par l'entremise du RIPP sans égard à la responsabilité, et les dommages au véhicule par la garantie collision. Il n'existe aucun écart nécessitant un avenant distinct.
Quelle est la différence entre les accusations fédérale et provinciale de délit de fuite au Manitoba?
L'accusation fédérale en vertu de l'art. 320.16 du Code criminel exige la preuve de la connaissance ou de l'insouciance du conducteur quant à la collision; une déclaration de culpabilité entraîne un casier judiciaire avec des sanctions pouvant aller jusqu'à l'emprisonnement à perpétuité. L'infraction provinciale de la Loi sur la sécurité routière est une affaire réglementaire avec des exigences de preuve moindres; une déclaration de culpabilité entraîne des amendes (400 $ à 2 000 $), une suspension de permis (jusqu'à deux ans) et des points d'inaptitude, mais aucun casier judiciaire. Les deux peuvent découler du même incident.
Sources and References
- Code criminel, RSC 1985, c C-46, art 320.16 : Défaut de s'arrêter après un accident (disposition actuelle, en vigueur le 18 décembre 2018)(laws-lois.justice.gc.ca)
- Code criminel, RSC 1985, c C-46, art 320.19(5) et art 320.2 : Dispositions relatives à la peine (aucune blessure : jusqu'à 10 ans; lésions corporelles : jusqu'à 14 ans, peines minimales obligatoires)(laws-lois.justice.gc.ca)
- Code criminel, RSC 1985, c C-46, art 320.21 : Peine en cas de décès (jusqu'à l'emprisonnement à perpétuité, mise en accusation obligatoire)(laws-lois.justice.gc.ca)
- Code criminel, RSC 1985, c C-46, art 252 (archivé) : abrogé par LC 2018, c 21, art 14 (n'est plus la disposition relative au délit de fuite)(laws-lois.justice.gc.ca)
- LC 2018, c 21 : Loi modifiant le Code criminel (infractions relatives aux moyens de transport), art 14-15 abrogeant l'art. 252 et édictant la partie VIII.1 incluant l'art. 320.16(laws-lois.justice.gc.ca)
- Code criminel, RSC 1985, c C-46, art 320.11 : Définition de moyen de transport (véhicule à moteur, bateau, aéronef, matériel ferroviaire)(laws-lois.justice.gc.ca)
- Loi sur la sécurité routière, CPLM c H60, art 153-160 : obligations en cas d'accident, signalement et sanctions (loi provinciale du Manitoba)(web2.gov.mb.ca)
- Société d'assurance publique du Manitoba : Signaler une réclamation pour collision de véhicule (signalement du délit de fuite à la police dans les 7 jours; communiquer avec la SAM au 204-985-7000 ou au 1-800-665-2410)(mpi.mb.ca)
- Société d'assurance publique du Manitoba : aperçu de la couverture de base Autopac (régime public obligatoire sans égard à la responsabilité pour tous les véhicules immatriculés au Manitoba)(mpi.mb.ca)
- Justice Canada : Contexte législatif du projet de loi C-46, partie VIII.1 (confirme que l'art. 320.16 est l'une des 10 infractions de base relatives au transport en vertu de la nouvelle partie)(justice.gc.ca)
- Parlement du Canada : page de sanction royale du projet de loi C-46 (42e législature, 1re session), confirmant la sanction le 21 juin 2018(parl.ca)