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Lois sur l'enregistrement en France 2025 : règles de consentement de toutes les parties et sanctions

Lois sur l'enregistrement en France 2025 : règles de consentement de toutes les parties et sanctions

Questions fréquentes

La France applique-t-elle le consentement d'une seule partie ou de toutes les parties pour l'enregistrement ?

La France est un pays à consentement de toutes les parties. En vertu de l'article 226-1 du Code pénal, enregistrer une conversation privée sans le consentement de chaque participant constitue une infraction pénale passible d'une peine pouvant aller jusqu'à 1 an d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende. Il n'existe en France aucune exception légale fondée sur le consentement d'une seule partie.

Puis-je enregistrer un appel téléphonique en France ?

Non, pas sans le consentement de toutes les parties. L'article 226-1 du Code pénal couvre les paroles prononcées à titre privé ou confidentiel, ce qui inclut les appels téléphoniques. Enregistrer un appel téléphonique à l'insu et sans l'accord de tous les participants constitue une infraction pénale. Les entreprises qui enregistrent les appels de leur service client doivent en informer l'appelant avant le début de l'enregistrement et disposer d'une base légale conforme au RGPD.

Puis-je filmer des policiers en France ?

Oui. Filmer des policiers en service est légal en France. Le Conseil constitutionnel a censuré, dans sa décision n° 2021-817 DC du 20 mai 2021, la disposition de la loi sécurité globale de 2021 qui aurait restreint le fait de filmer des policiers. La seule infraction subsistante consiste à provoquer activement l'identification d'un agent dans le but manifeste de porter atteinte à son intégrité physique ou psychique, ce qui constitue une exigence bien plus restrictive que le simple fait de filmer ou de photographier.

Quelles sont les sanctions applicables en cas de violation des lois françaises sur l'enregistrement ?

La peine de base prévue par l'article 226-1 est de 1 an d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende. Des circonstances aggravantes (par exemple, si l'auteur est le conjoint de la victime, ou si la personne visée est un agent public) portent cette peine à 2 ans et 60 000 euros. La diffusion en ligne de deepfakes à caractère sexuel au titre de l'article 226-8-1 est passible d'une peine pouvant aller jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende. La fabrication de dispositifs de surveillance clandestine au titre de l'article 226-3 peut entraîner une peine de 5 ans d'emprisonnement et 300 000 euros d'amende.

Les conversations enregistrées secrètement sont-elles recevables devant les tribunaux français ?

Cela dépend de la procédure. En matière pénale, la chambre criminelle admet généralement les enregistrements comme éléments de preuve à l'appui de plaintes pénales. En matière civile, la Cour de cassation, en assemblée plénière, a jugé en décembre 2023 (n° 20-20.648 et 21-11.330) que les enregistrements clandestins peuvent être admis si leur production est indispensable à l'exercice du droit à la preuve et si l'atteinte à la vie privée est strictement proportionnée au but poursuivi. L'enregistrement demeure toutefois pénalement illicite au regard de l'article 226-1, indépendamment de sa recevabilité en matière civile.

Mon employeur peut-il m'enregistrer au travail en France ?

Les employeurs peuvent recourir à la vidéosurveillance à des fins de sécurité légitimes, mais sous des limites strictes. L'enregistrement sonore par les caméras de vidéoprotection sur le lieu de travail est interdit par la loi (recommandations de la CNIL). La surveillance permanente d'un salarié à son poste de travail est interdite, sauf circonstances exceptionnelles (Cass. soc., n° 19-13.856, 23 juin 2021). Les employeurs doivent consulter le comité social et économique (CSE), informer l'ensemble des salariés, et limiter la surveillance à ce qui est proportionné à l'intérêt de l'entreprise. La CNIL a infligé à Amazon France Logistique une amende de 32 millions d'euros en 2023 pour surveillance excessive.

Le contenu deepfake généré par IA est-il illégal en France ?

Oui, en vertu de l'article 226-8 du Code pénal, tel que modifié par la loi SREN (loi n° 2024-449 du 21 mai 2024). Publier ou diffuser un contenu généré algorithmiquement qui reproduit l'image ou la voix d'une personne sans son consentement, lorsque le caractère artificiel n'est pas évident ou clairement signalé, est puni d'une peine pouvant aller jusqu'à 2 ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende. Les deepfakes à caractère sexuel sont soumis à des peines plus lourdes en vertu du nouvel article 226-8-1 : jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende en cas de diffusion en ligne.

Le RGPD s'applique-t-il aux enregistrements réalisés en France ?

Oui. Tout enregistrement captant des personnes identifiables constitue un traitement de données à caractère personnel au sens du RGPD (règlement (UE) 2016/679), applicable en France depuis le 25 mai 2018. Une base légale au sens de l'article 6 du RGPD est requise, de même que des obligations de transparence, la minimisation des données et des mesures de sécurité appropriées. La CNIL assure l'application du RGPD en France et peut prononcer des amendes allant jusqu'à 20 millions d'euros ou 4 % du chiffre d'affaires mondial.

Un touriste américain peut-il enregistrer des conversations en France sans consentement ?

Non. La règle française du consentement de toutes les parties, prévue à l'article 226-1, s'applique à tout enregistrement réalisé en France, quelle que soit la nationalité des participants. Un visiteur originaire d'un pays appliquant le consentement d'une seule partie qui enregistre une conversation en France sans le consentement de toutes les parties commet une infraction pénale au regard du droit français.

Qu'est-ce que le « droit à l'image » et comment affecte-t-il l'enregistrement en France ?

Le droit à l'image est un principe fondé sur l'article 9 du Code civil, qui confère à chaque personne le droit exclusif de contrôler la manière dont son image est captée et utilisée. Il s'applique même dans les espaces publics : photographier ou filmer une personne identifiable et publier ce contenu sans son consentement peut engager la responsabilité civile de son auteur, avec condamnation à des dommages et intérêts, des injonctions et la destruction du matériel, indépendamment de toute infraction pénale au regard du Code pénal.

Mises à jour

Droit applicable revérifié pour les changements récents

Droit applicable revérifié pour les changements récents

Vérification indépendante contre les sources primaires citées

Full refresh: added phone calls, recording police, Article 226-8 deepfake amendments (Loi SREN 2024), EU AI Act, Cour de cassation 2023 admissibility ruling, Cass. soc. 2024 workplace proportionality test, CNIL Amazon fine, cross-border section, Authorities Cited, disclaimer. Title updated from 'France Recording Laws: Consent Rules and Penalties' to 'France Recording Laws 2025: All-Party Consent Rules and Penalties'. Meta description rewritten for AEO. Citations expanded from 1 placeholder to 22 Tier-1 sources.

Actualisation complète : ajout des appels téléphoniques, de l'enregistrement de la police, des modifications de l'article 226-8 relatives aux deepfakes (loi SREN 2024), du règlement européen sur l'IA, de l'arrêt de la Cour de cassation de 2023 sur la recevabilité des preuves, du test de proportionnalité en matière de surveillance au travail (Cass. soc. 2024), de l'amende de la CNIL contre Amazon, d'une section sur les situations transfrontalières, des autorités citées et d'un avertissement. Le titre est passé de « France Recording Laws: Consent Rules and Penalties » à « Lois sur l'enregistrement en France 2025 : règles de consentement de toutes les parties et sanctions ». La méta description a été réécrite pour l'AEO. Les citations sont passées d'un espace réservé unique à 22 sources de niveau 1.

Sources et références

  1. La France est une juridiction à consentement de toutes les parties. En vertu de l'article 226-1 du Code pénal, capter, enregistrer ou transmettre volontairement, sans consentement, des paroles prononcées à titre privé ou confidentiel constitue une atteinte à la vie privée punie de 1 an d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende.(legifrance.gouv.fr)
  2. Le consentement est présumé lorsque l'enregistrement est réalisé au vu et au su de la personne concernée et que celle-ci, pouvant s'y opposer, ne l'a pas fait. L'article 226-1 codifie explicitement cette doctrine.(legifrance.gouv.fr)
  3. L'article 226-1 interdit également d'enregistrer l'image d'une personne dans un lieu privé sans son consentement, ainsi que de suivre la localisation, en temps réel ou en différé, d'une personne sans autorisation. La modification de 2024 (loi 2024-247 du 21 mars 2024) a ajouté l'interdiction relative à la géolocalisation.(legifrance.gouv.fr)
  4. Des peines aggravées de 2 ans d'emprisonnement et 60 000 euros s'appliquent lorsque l'auteur est le conjoint, le concubin ou le partenaire de PACS de la victime, ou lorsque la personne visée est un agent public, un élu, un candidat à une élection, ou un membre de leur famille.(legifrance.gouv.fr)
  5. L'article 226-2 réprime le fait de conserver, d'utiliser ou de porter à la connaissance du public ou d'un tiers tout enregistrement ou document obtenu au moyen d'une infraction à l'article 226-1. Les peines sont identiques à celles de l'article 226-1 : 1 an / 45 000 euros, avec les mêmes circonstances aggravantes applicables.(legifrance.gouv.fr)
  6. L'article 226-2-1 (créé par la loi 2016-1321 du 7 octobre 2016) prévoit des peines aggravées de 2 ans d'emprisonnement et 60 000 euros d'amende pour la diffusion d'enregistrements ou d'images à caractère sexuel pris dans un lieu public ou privé sans consentement. Cette disposition couvre ce que l'on appelle en anglais le non-consensual intimate imagery (NCII).(legifrance.gouv.fr)
  7. La loi SREN (loi n° 2024-449 du 21 mai 2024, en vigueur le 23 mai 2024) a réécrit l'article 226-8 pour couvrir à la fois le montage traditionnel et le contenu généré algorithmiquement (deepfake par IA). Publier ou diffuser un contenu visuel ou sonore généré par un traitement algorithmique reproduisant l'image ou la voix d'une personne sans son consentement est puni de 1 an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende (hors ligne) ou de 2 ans et 45 000 euros (via un service de communication en ligne), lorsque le caractère artificiel n'est pas évident ou clairement signalé.(legifrance.gouv.fr)
  8. La loi SREN a également créé l'article 226-8-1, ciblant spécifiquement les deepfakes à caractère sexuel. Diffuser un montage à caractère sexuel ou un contenu à caractère sexuel généré par IA représentant une personne sans son consentement est puni de 2 ans d'emprisonnement et 60 000 euros d'amende, portés à 3 ans d'emprisonnement et 75 000 euros en cas de diffusion via un service de communication en ligne.(legifrance.gouv.fr)
  9. La loi pour une sécurité globale (loi n° 2021-646 du 25 mai 2021) comportait à l'origine un article 52 (initialement article 24) qui aurait érigé en infraction la diffusion d'images de policiers en service dans l'intention de porter atteinte à leur intégrité physique ou psychologique. Le Conseil constitutionnel a censuré cette disposition dans sa décision n° 2021-817 DC (20 mai 2021), estimant qu'elle méconnaissait le principe de légalité des délits et des peines faute de définir suffisamment les éléments constitutifs de l'infraction.(conseil-constitutionnel.fr)
  10. À la suite de la décision du Conseil constitutionnel, filmer des policiers en service demeure licite en France en règle générale. L'infraction maintenue ne couvre que la provocation à l'identification d'un agent « dans le but manifeste qu'il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique », et non le simple fait de filmer ou de photographier.(conseil-constitutionnel.fr)
  11. La Cour de cassation, chambre sociale, dans son arrêt du 23 juin 2021 (n° 19-13.856, publié au bulletin), a jugé que la vidéosurveillance constante d'un salarié travaillant seul à un poste isolé viole l'article L. 1121-1 du Code du travail, qui exige que les restrictions aux libertés des salariés soient justifiées par la nature de la tâche et proportionnées au but recherché. L'employeur ne pouvait pas invoquer les images pour justifier un licenciement pour faute grave.(legifrance.gouv.fr)
  12. La Cour de cassation, chambre sociale, dans son arrêt du 14 février 2024 (n° 22-23.073, publié au bulletin), a admis la recevabilité d'images de vidéosurveillance à l'encontre d'une caissière, en appliquant un test en trois volets : (1) l'existence de raisons légitimes et concrètes justifiant l'étendue de la surveillance ; (2) l'absence de moyens moins attentatoires à la vie privée permettant d'atteindre le même résultat ; (3) la proportionnalité de l'atteinte au regard du but légitime poursuivi. La Cour a jugé que le droit à la preuve peut justifier la production de tels éléments.(legifrance.gouv.fr)
  13. La Cour de cassation, en assemblée plénière, dans deux arrêts du 22 décembre 2023 (n° 20-20.648 et 21-11.330, publiés au bulletin), a renversé la règle antérieure excluant systématiquement la preuve déloyale ou clandestine en matière civile. La Cour a jugé que les juges doivent désormais mettre en balance le droit à la preuve et les droits concurrents, n'admettant une telle preuve que si sa production est indispensable et si l'atteinte à la vie privée est strictement proportionnée au but poursuivi.(legifrance.gouv.fr)
  14. Le RGPD (règlement 2016/679) s'applique directement en France depuis le 25 mai 2018. La loi française de transposition, la loi Informatique et Libertés (loi n° 78-17 du 6 janvier 1978, telle que modifiée par la loi n° 2018-493 du 20 juin 2018), complète le RGPD pour les marges de manœuvre nationales, notamment les données de santé, l'âge de consentement des mineurs (fixé à 15 ans), et certains contextes de traitement. Tout enregistrement audio ou vidéo captant des personnes identifiables constitue un traitement de données à caractère personnel soumis au RGPD.(legifrance.gouv.fr)
  15. La CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) est l'autorité de contrôle française pour le RGPD et la loi Informatique et Libertés. Elle peut prononcer des amendes allant jusqu'à 20 millions d'euros ou 4 % du chiffre d'affaires annuel mondial pour les manquements graves au RGPD. En 2023, la CNIL a infligé à Amazon France Logistique une amende de 32 millions d'euros pour surveillance excessive des salariés, la plus lourde sanction en matière de surveillance au travail dans l'histoire française.(cnil.fr)
  16. La CNIL interdit l'enregistrement sonore par les caméras de vidéoprotection sur le lieu de travail : « L'enregistrement du son par une caméra de vidéoprotection est interdit par la loi. » La surveillance vidéo permanente des salariés à leur poste de travail est également interdite, sauf circonstances de sécurité exceptionnelles. La durée de conservation des images de vidéoprotection au travail ne doit généralement pas excéder 30 jours.(cnil.fr)
  17. Le règlement européen sur l'IA (règlement 2024/1689) est entré en vigueur le 1er août 2024. Les dispositions d'interdiction, notamment l'interdiction de l'identification biométrique à distance en temps réel dans les espaces publics et l'interdiction de constituer des bases de données de reconnaissance faciale par extraction non ciblée de visages sur Internet ou à partir d'images de vidéosurveillance, sont devenues applicables le 2 février 2025. L'ensemble des obligations relatives aux systèmes d'IA à haut risque, y compris les systèmes de surveillance, s'appliquera à compter du 2 août 2026. La CNIL agit en tant qu'autorité de surveillance du marché pour le règlement sur l'IA en France.(eur-lex.europa.eu)
  18. En vertu du règlement européen sur l'IA, les fournisseurs de systèmes d'IA générant des contenus présentant un « risque de transparence spécifique » (tels que les outils de création de deepfakes et les chatbots) doivent veiller à ce que les productions soient visiblement signalées comme telles. L'absence de signalement des deepfakes générés par IA constitue à la fois une violation du règlement sur l'IA et, potentiellement, une violation de l'article 226-8 du Code pénal.(cnil.fr)
  19. L'article 226-3 réprime la fabrication, l'importation, la détention, l'exposition, l'offre, la location ou la vente de dispositifs techniques permettant de commettre les infractions prévues à l'article 226-1, ainsi que la publicité en faveur de tels dispositifs. Peine : 5 ans d'emprisonnement et 300 000 euros d'amende.(legifrance.gouv.fr)
  20. L'article 226-3-1 (créé par la loi 2018-703 du 3 août 2018) réprime le fait d'enregistrer des parties intimes lorsqu'elles sont dissimulées par un vêtement ou que la personne se trouve dans un lieu privé, sans consentement. Peine de base : 1 an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende. Une peine aggravée de 2 ans / 30 000 euros s'applique en cas d'abus d'autorité, de victime mineure ou vulnérable, de pluralité d'auteurs, de commission dans un moyen de transport en commun, ou lorsque les images sont effectivement captées et conservées.(legifrance.gouv.fr)
  21. L'article 9 du Code civil dispose : « Chacun a droit au respect de sa vie privée. » Les tribunaux français ont interprété cette disposition de manière extensive pour couvrir la protection de l'image personnelle, les conversations privées, la correspondance personnelle et les espaces privés. Les recours civils comprennent les dommages et intérêts, les injonctions, la saisie et la destruction des enregistrements, et la publication du jugement.(legifrance.gouv.fr)
  22. La loi SREN (loi n° 2024-449 du 21 mai 2024) est la principale loi française relative à la sécurité de l'espace numérique. Ses éléments pertinents pour l'enregistrement incluent : le renforcement des pouvoirs de la CNIL sur les plateformes en ligne ; les obligations de vérification d'âge pour les sites pornographiques appliquées par l'ARCOM ; les dispositions relatives au cyberharcèlement permettant des bannissements des réseaux sociaux de six mois ; et les modifications relatives aux deepfakes apportées aux articles 226-8 et 226-8-1. Elle adapte le droit français au DSA, au DMA et au règlement sur la gouvernance des données de l'Union européenne.(legifrance.gouv.fr)
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