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Lois sur l'enregistrement à l'Île-du-Prince-Édouard : consentement à une seule partie et droits à la vie privée

Lois sur l'enregistrement à l'Île-du-Prince-Édouard : consentement à une seule partie et droits à la vie privée

Questions fréquentes

L'Île-du-Prince-Édouard applique-t-elle la règle du consentement à une seule partie ou à deux parties pour l'enregistrement ?

L'Île-du-Prince-Édouard applique la règle fédérale du consentement à une seule partie. En vertu de l'alinéa 184(2)a) du Code criminel, toute partie à une communication privée peut l'enregistrer sans en aviser les autres parties ni obtenir leur consentement. Aucune province, y compris l'Î.-P.-É., n'a adopté de règle plus stricte exigeant le consentement des deux parties.

Puis-je enregistrer un appel téléphonique à l'Î.-P.-É. sans en informer l'autre personne ?

Oui, si vous êtes partie à l'appel. Le Code criminel fédéral le permet en vertu de l'exception du consentement à une seule partie prévue à l'alinéa 184(2)a). Si vous n'êtes pas partie à l'appel et que vous n'avez le consentement d'aucune partie, l'enregistrer constitue un acte criminel en vertu du paragraphe 184(1), passible d'une peine maximale de cinq ans d'emprisonnement.

L'Î.-P.-É. dispose-t-elle d'une Privacy Act me permettant de poursuivre quelqu'un pour m'avoir enregistré ?

Non. L'Île-du-Prince-Édouard n'a aucune Privacy Act de nature législative créant un délit civil de violation de la vie privée. Quatre provinces (la C.-B., la Saskatchewan, le Manitoba et Terre-Neuve-et-Labrador) ont de telles lois, mais l'Î.-P.-É. n'en fait pas partie. Les poursuites civiles en matière de vie privée à l'Î.-P.-É. reposent sur une common law incertaine. La principale protection juridique contre l'enregistrement illégal est le Code criminel.

Est-il légal d'enregistrer des policiers à l'Î.-P.-É. ?

Généralement oui, lorsqu'ils exercent leurs fonctions dans un lieu accessible au public. Aucune disposition du Code criminel n'interdit de filmer la police. Ce droit découle de l'alinéa 2b) de la Charte canadienne des droits et libertés. Vous ne devez pas entraver physiquement un agent en vertu de l'article 129 du Code criminel, mais vous tenir à une distance sécuritaire et filmer est légal.

Puis-je enregistrer une réunion avec mon employeur à l'Î.-P.-É. ?

Légalement oui, en vertu de l'alinéa 184(2)a) du Code criminel, pourvu que vous soyez partie à la réunion. Cependant, l'enregistrement clandestin en milieu de travail peut constituer un motif de congédiement même lorsqu'il est techniquement légal. Les arbitres et tribunaux canadiens ont confirmé des congédiements pour motif valable lorsque l'enregistrement était jugé porter atteinte à la confiance essentielle à la relation d'emploi. Consultez un avocat en droit du travail avant d'enregistrer des conversations en milieu de travail.

Quelle est la peine pour avoir illégalement enregistré une personne à l'Î.-P.-É. ?

Intercepter une communication privée sans le consentement d'une partie constitue un acte criminel en vertu du paragraphe 184(1) du Code criminel, passible d'une peine maximale de cinq ans d'emprisonnement. Communiquer un tel enregistrement constitue une infraction distincte en vertu du paragraphe 193(1), passible d'une peine maximale de deux ans. Le voyeurisme en vertu du paragraphe 162(1) est également passible d'une peine maximale de cinq ans.

La LPRPDE s'applique-t-elle à moi personnellement si j'enregistre une conversation à l'Î.-P.-É. ?

Non. La LPRPDE s'applique aux organisations du secteur privé qui recueillent, utilisent ou communiquent des renseignements personnels dans le cadre d'une activité commerciale. La loi exclut expressément la collecte, l'utilisation ou la communication de renseignements personnels effectuée par un individu à des fins strictement personnelles. Votre enregistrement personnel est régi par le Code criminel, et non par la LPRPDE.

Qu'est-ce que la Intimate Images Protection Act de l'Î.-P.-É. ?

La Intimate Images Protection Act (RSPEI 1988, ch. I-9.1, modifiée par SPEI 2020, ch. 71) est une loi provinciale de l'Î.-P.-É. qui crée un recours civil pour les victimes de diffusion non consensuelle d'images intimes. Elle permet aux tribunaux d'ordonner le retrait d'images, d'accorder des dommages-intérêts et de rendre toute autre ordonnance juste et raisonnable dans les circonstances. Elle fonctionne en complément de l'infraction fédérale prévue à l'article 162.1 du Code criminel, passible d'une peine maximale de cinq ans d'emprisonnement. Les deux voies sont accessibles à une victime.

Puis-je filmer secrètement quelqu'un à l'Î.-P.-É. ?

Pas dans les contextes où cette personne a une attente raisonnable en matière de vie privée. Le paragraphe 162(1) du Code criminel fait de l'enregistrement visuel clandestin un acte criminel passible d'une peine maximale de cinq ans lorsque la personne visée se trouve dans un lieu privé, est nue, ou lorsque l'enregistrement est fait à des fins sexuelles. Enregistrer des personnes dans des lieux véritablement publics est généralement légal.

Quelles provinces canadiennes offrent un droit civil de poursuivre pour atteinte à la vie privée plus fort que l'Î.-P.-É. ?

La Colombie-Britannique, la Saskatchewan, le Manitoba et Terre-Neuve-et-Labrador ont des Privacy Acts de nature législative créant des délits civils actionnables sans preuve de préjudice financier. L'Ontario reconnaît le délit de common law d'intrusion dans l'intimité issu de Jones c. Tsige (2012 ONCA 32). Le Québec offre la protection individuelle la plus large par les articles 35 à 41 du Code civil et l'article 5 de la Charte québécoise. L'Î.-P.-É., la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick sont dépourvues de ces protections législatives.

Mises à jour

Vérification indépendante contre les sources primaires citées

Les textes de loi derrière cet article

This article rests on 7 statutory provisions held in our own legal record, each retrieved from the official source. Tap a section to read the operative text.

Criminal Code

s. 129Offences relating to public or peace officerEn vigueurcited in 22 of our articles
Every one who (a) resists or wilfully obstructs a public officer or peace officer in the execution of his duty or any person lawfully acting in aid of such an officer, (b) omits, without reasonable excuse, to assist a public officer or peace officer in the execution of his duty in arresting a person or in preserving the peace, after having reasonable notice that he is required to do so, or (c) resists or wilfully obstructs any person in the lawful execution of a process against lands or goods or in making a lawful distress or seizure, is guilty of (d) an indictable offence and is liable to imprisonment for a term not exceeding two years, or (e) an offence punishable on summary conviction.

Official text (excerpt) · as of 2026-08-12 · Read the full section at laws-lois.justice.gc.ca

Cited in 15 court opinions1990s: 22000s: 32010s: 82020s: 2Most recently applied by a court: 2025

Leading cases: Kosoian v. Société de transport de Montréal (Supreme Court of Canada 2019, 2019 SCC 59) · R. v. Greenbaum (Supreme Court of Canada 1993, [1993] 1 SCR 674) · R. v. Sharma (Supreme Court of Canada 1993, [1993] 1 SCR 650)

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Also relied on in: Lois de l'Alberta sur l'enregistrement : règles du consentement d'une seule partie (2026), Lois sur l'enregistrement en Colombie-Britannique : consentement d'une seule partie et Privacy Act, Lois sur l'enregistrement au Manitoba : consentement d'une seule partie et Privacy Act

s. 162VoyeurismEn vigueurcited in 33 of our articles
(1) Every one commits an offence who, surreptitiously, observes — including by mechanical or electronic means — or makes a visual recording of a person who is in circumstances that give rise to a reasonable expectation of privacy, if (a) the person is in a place in which a person can reasonably be expected to be nude, to expose his or her genital organs or anal region or her breasts, or to be engaged in explicit sexual activity; (b) the person is nude, is exposing his or her genital organs or anal region or her breasts, or is engaged in explicit sexual activity, and the observation or recording is done for the purpose of observing or recording a person in such a state or engaged in such an activity; or (c) the observation or recording is done for a sexual purpose. (2) In this section, visual recording includes a photographic, film or video recording made by any means. (3) Paragraphs (1)(a) and (b) do not apply to a peace officer who, under the authority of a warrant issued under section 487.01, is carrying out any activity referred to in those paragraphs.

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Cited in 6 court opinions2010s: 22020s: 4Most recently applied by a court: 2023

Leading cases: R. v. Tim (Supreme Court of Canada 2022, 2022 SCC 12) · R. v. Jarvis (Supreme Court of Canada 2019, 2019 SCC 10) · Reference re Genetic Non‑Discrimination Act (Supreme Court of Canada 2020, 2020 SCC 17)

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Also relied on in: Enregistrer un appel au Canada : consentement d'une partie, Caméras de surveillance et sonnettes vidéo au Canada, Lois canadiennes sur l'enregistrement : consentement d'une seule partie et sanctions (2026)

s. 162.1Publication, etc., of an intimate image without consentEn vigueurcited in 29 of our articles
(1) Everyone who knowingly publishes, distributes, transmits, sells, makes available or advertises an intimate image of a person knowing that the person depicted in the image did not give their consent to that conduct, or being reckless as to whether or not that person gave their consent to that conduct, is guilty (a) of an indictable offence and liable to imprisonment for a term of not more than five years; or (b) of an offence punishable on summary conviction. (2) In this section, intimate image means a visual recording of a person made by any means including a photographic, film or video recording, (a) in which the person is nude, is exposing his or her genital organs or anal region or her breasts or is engaged in explicit sexual activity; (b) in respect of which, at the time of the recording, there were circumstances that gave rise to a reasonable expectation of privacy; and (c) in respect of which the person depicted retains a reasonable expectation of privacy at the time the offence is committed.

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Also relied on in: Lois sur l'enregistrement au Nouveau-Brunswick : guide du consentement d'une seule partie, Lois sur l'enregistrement à Terre-Neuve-et-Labrador, Lois sur l'enregistrement dans les Territoires du Nord-Ouest : consentement d'une seule partie

s. 183DefinitionsEn vigueurcited in 28 of our articles
In this Part, authorization means an authorization to intercept a private communication given under subsection 184.2(3), section 186 or subsection 188(2); ( autorisation ) electro-magnetic, acoustic, mechanical or other device means any device or apparatus that is used or is capable of being used to intercept a private communication, but does not include a hearing aid used to correct subnormal hearing of the user to not better than normal hearing; ( dispositif électromagnétique, acoustique, mécanique ou autre ) intercept includes listen to, record or acquire a communication or acquire the substance, meaning or purport thereof;

Official text (excerpt) · as of 2026-08-12 · Read the full section at laws-lois.justice.gc.ca

Cited in 8 court opinions1990s: 12000s: 22010s: 42020s: 1Most recently applied by a court: 2024

Leading cases: R. v. Marakah (Supreme Court of Canada 2017, 2017 SCC 59) · R. v. Mills (Supreme Court of Canada 2019, 2019 SCC 22) · R. v. Campbell (Supreme Court of Canada 2024, 2024 SCC 42)

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Also relied on in: Lois sur l'enregistrement en Nouvelle-Écosse : règles du consentement d'une seule partie, Lois sur l'enregistrement au Nunavut : la règle du consentement à une seule partie, Lois sur l'enregistrement en Ontario : est-ce légal d'enregistrer ? (2026)

s. 183.1Consent to interceptionEn vigueurcited in 26 of our articles
Where a private communication is originated by more than one person or is intended by the originator thereof to be received by more than one person, a consent to the interception thereof by any one of those persons is sufficient consent for the purposes of any provision of this Part.

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Also relied on in: Lois sur l'enregistrement au Québec : consentement à une seule partie et Code civil, Lois sur l'enregistrement en Saskatchewan : guide du consentement à une seule partie, Lois sur l'enregistrement au Yukon : la règle du consentement à une seule partie

s. 184InterceptionEn vigueurcited in 55 of our articles
(1) Every person who, by means of any electro-magnetic, acoustic, mechanical or other device, knowingly intercepts a private communication is guilty of (a) an indictable offence and liable to imprisonment for a term of not more than five years; or (b) an offence punishable on summary conviction. (2) Subsection (1) does not apply to (a) a person who has the consent to intercept, express or implied, of the originator of the private communication or of the person intended by the originator thereof to receive it; (b) a person who intercepts a private communication in accordance with an authorization or pursuant to section 184.4 or any person who in good faith aids in any way another person who the aiding person believes on reasonable grounds is acting with an authorization or pursuant to section 184.4;

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Cited in 5 court opinionsMost recently applied by a court: 2023

Leading cases: X (Re) (Federal Court 2017, 2017 FC 1047) · Canada (Information Commissioner) v. Canada (Transportation Accident Investigation and Safety Board) (Federal Court 2005, 2005 FC 384) · Morgan v. Alta Flights (Charters)Inc. (Federal Court 2005, 2005 FC 421)

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Also relied on in: Droit canadien par province : guide fédéral et provincial, Lois sur les caméras de bord au Canada : règles et preuve, Vie privée au travail et surveillance des employés au Canada

s. 193Disclosure of informationEn vigueurcited in 28 of our articles
(1) If a private communication has been intercepted by means of an electro-magnetic, acoustic, mechanical or other device without the consent, express or implied, of the originator of that communication or of the person intended by the originator to receive it, every person commits an offence who, without the express consent of the originator of that communication or of the person intended to receive it, knowingly (a) uses or discloses the private communication or any part of it or the substance, meaning or purpose of it or of any part of it, or (b) discloses the existence of the private communication. (1.1) Every person who commits an offence under subsection (1) is guilty of (a) an indictable offence and liable to imprisonment for a term of not more than two years; or (b) an offence punishable on summary conviction.

Official text (excerpt) · as of 2026-08-12 · Read the full section at laws-lois.justice.gc.ca

Cited in 79 court opinions1990s: 332000s: 222010s: 152020s: 9Most recently applied by a court: 2026

Leading cases: Blencoe v. British Columbia (Human Rights Commission) (Supreme Court of Canada 2000, 2000 SCC 44) · Canada (Attorney General) v. Bedford (Supreme Court of Canada 2013, 2013 SCC 72) · R. v. Sharpe (Supreme Court of Canada 2001, 2001 SCC 2)

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Sources et références

  1. Code criminel, L.R.C. 1985, ch. C-46, art. 184 : infraction d'interception et exception du consentement à une seule partie(laws-lois.justice.gc.ca)
  2. Code criminel, L.R.C. 1985, ch. C-46, art. 183 : définition de « communication privée »(laws-lois.justice.gc.ca)
  3. Code criminel, L.R.C. 1985, ch. C-46, art. 183.1 : consentement d'une seule partie suffisant pour les communications entre plusieurs personnes(laws-lois.justice.gc.ca)
  4. Code criminel, L.R.C. 1985, ch. C-46, art. 193 : infraction de communication d'une communication privée interceptée(laws-lois.justice.gc.ca)
  5. Code criminel, L.R.C. 1985, ch. C-46, art. 162 : infraction de voyeurisme(laws-lois.justice.gc.ca)
  6. Code criminel, L.R.C. 1985, ch. C-46, art. 162.1 : publication non consensuelle d'images intimes(laws-lois.justice.gc.ca)
  7. Code criminel, L.R.C. 1985, ch. C-46, art. 129 : entrave à un agent de la paix(laws-lois.justice.gc.ca)
  8. Charte canadienne des droits et libertés, al. 2b) : liberté d'expression (fondement du droit de filmer la police)(laws-lois.justice.gc.ca)
  9. Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques (LPRPDE), L.C. 2000, ch. 5 : loi fédérale sur la vie privée dans le secteur privé applicable à l'Î.-P.-É.(priv.gc.ca)
  10. Commissariat à la protection de la vie privée du Canada : lois provinciales pouvant s'appliquer à la place de la LPRPDE (C.-B., Alb. et Qc seulement; l'Î.-P.-É. n'en fait pas partie)(priv.gc.ca)
  11. Intimate Images Protection Act, RSPEI 1988, ch. I-9.1 (modifiée par SPEI 2020, ch. 71) : recours civil de l'Î.-P.-É. pour la diffusion non consensuelle d'images intimes(princeedwardisland.ca).gov
  12. Jones c. Tsige, 2012 ONCA 32 (CanLII) : la Cour d'appel de l'Ontario reconnaît le délit de common law d'intrusion dans l'intimité (non encore adopté à l'Î.-P.-É.)(canlii.org)
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